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samedi 30 décembre 2017

Credence Clearwater Revival


Crendence Clearwater Revival


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 On peut avoir du succès avec un nom imprononçable: CCR en est la preuve. Crendence Clearwater Revival, faut oser, non?


Un groupe de l’ouest américain, dont la profession de foi est de faire revivre le blues du sud est! Une gageure!

Une provocation? Non, car c’est bel et bien fait, messieurs dames. S’en suivent des titres inoubliables, comme Proud Mary ou Have you ever seen the rain, fortunate song ,popularisé par quelques apparitions dans des films à succès.
Hélàs, c’est difficile pou un groupe (US de surcroit), de se maintenir lorsque la mode est aux groupes des vilains anglais, qui font rien qu’à inonder.. Les ondes et à truster les premières places des hits parade. (parlez-en aux Beach Boys….).

Les frères Forgety (un homonyme…) se démènent! Bientôt, leur son est tellement authentique que leurs titres passeraient presque pour des reprises de blues du Bayou. Encore plus fort:

Tina Turner reprend Proud Mary. La dame est encore, toujours ou déjà, une icône, sa reprise est à elle seule un label, une consécration. Mais que dire, lorsque tout un chacun pensera que c’est elle qui a créé le titre, tellement elle l’incarne, et que CCR “n’a fait que” l’adapter, le reprendre! Fatalitas, une fois encore!
Malins, ils s’en diront flattés. Et peuvent l’être. Les débuts du groupe, renaissance après plusieurs années de galère, sont ostensiblement marqués par le Blues, avec de belles reprises de standards du genre sur le premier album, éponyme (I put a spell on you, et une interprétation fantastique de Suzie Q!!!).

Mais il faut reconnaître qu’à part pour une poignée d’initiés, les titres phares de CCR sont souvent connus à travers les reprises qui en ont été faites, et qu’aujourd’hui le groupe est un peu éloigné de la notoriété qu’il mériterait d’avoir…

Le ton est donné, dans un blues du sud revisité par une rythmique country, comme un rappel aux sources en pleine vague psychédélique. Woodstock en sera le témoin…. Invisible pour nous autres, puisque le groupe refusera que la prestation filmée apparaisse dans le film. Ce n’est donc pas là que Mon Histoire du Rock a découvert CCR!

Non, il faudra, étrangement, attendre les années… 80 ; 1983 précisément et les trajets Norwich /Londres, les weekends de cet été là, en autocar, casque vissé sur les oreilles, soundsystem dans le sac à dos… On en a déjà parlé. CCR rêvait du sud et du Mississipi, Je descendais vers la Tamise… raccord, non?

En 1969, alors que Beach Boys, Beatles, Kinks, Stones et autres s’engouffre dans le psychdélisme, le studio, les albums (sur) produits et la débauche d’effets et d’instruments (Wall of Sound, Dulcimer, Melotron, Sitar….), CCR reste fidèle à un rock authentique et sans artifice. L’album Willy and the Poor boys en est le témoin (Enorme Side o’the road, entre autres!!) . Je crois qu’on peut saluer cette fidélité au “son d’origine”, cette volonté de ne pas “suivre”, de ne pas prendre le risque de se perdre en n’étant qu’un pâle suiveur d’une mode, pour le seul but d’ “en être”.



Ce n’est pas pour avoir refusé le virage du rock progressif, mais plutôt du fait d’un progressif éloignement de feeling entre les membre du groupe (et particulièrement les frères Forgety), que le groupe périclitera au tout début des années 70.

Sans doute une raison pour laquelle Mon Histoire du Rock ne l’a découvert que tardivement, une dizaine d’année plus tard, et de façon très partielle, au détour de deux ou trois de ses grands succès, probablement après avoir vu les rediffusions britaniques de “the twilight Zone”, et la bande son (Midnight Special..), ce blues rock somme toute assez léger et contrastant avec le blues grave et lourd des Doors…. Toute la musique que j’aime, qu’il disait!



jeudi 5 octobre 2017

Dr.Feelgood , Lee Brillaux, Wilko Johnson

DR. FEELGOOD


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Dr Feelgood, Garage Blues

Joël, bassiste émérite du magnifique sextet MysterYvan, m’a remis dans les oreilles un groupe que les années 80 m'avaient fait perdre.

Merci Joël.

Ce groupe avait, avec quelques difficultés au début, pris dans ma K7tothèque la place de The Motors. The Motors, (qu’on connaît en France surtout pour “Airport”, et peu pour d’autres titres un peu plus “épais”, et une Rickenbacker incroyable). 

Juste après, et dans les bacs du disquaire du coin (était-ce Dany Music avenue de Saint Cloud? Au drugstore de Parly 2?? Ce n’était déjà plus à Maurepas, c’était après 1977…). 

Dans ces bacs donc, je cherche un Rolling Stones à me mettre sur la platine, un import de Chuck Berry. Le gars du magasin (c’est donc aps à Parly 2) passe un truc fabuleux. 

DR. FEELGOOD.

Ecoute, Blaise, écoute mon gars. Ecoute ce disque 33 tours qui passe dans la boutique… 
N’oublie pas. 
Dans 30 ans, un été, à Cabourg, des mecs dans le restau sur la digue joueront She does it right et ça te fera d’autant plus quelque chose que quelques semaines plus tard, Joël te parlera de DR.Feelgood et de son envie de jouer un de leur morceau “pour muscler notre répertoire”.
 Oui. 
Oui. 
Re OUI! Je veux jouer ça, je veux jouer comme Wilko Johnson!!!

 Non, je ne me souviens pas du titre entendu ce jour là chez ce disquaire. Même pour la beauté du concept (le mec écrit sur son blog qu’il se souvient d’un morceau entendu il y a 30 ans 5 minutes dans une boutique, ça fait Littérature de gare, non?). Roxette? She does it right? Down by the Jetty? Anyway…


Dr.Feelgood, c’était un truc énorme, du blues, bien sûr. 

Quoi d’autre que du Blues sur Mon Histoire du Rock??

Tu vois ce que c’est le garage rock? Un rock gras, rude, qui parait simple, rugueux mais tellement puissant.

Eh bien, je décrète ici le Garage Blues, et intronise Dr.Feelgood maitres du genre. Un blues gras, rude, qui parait simple, rugueux mais tellement puissant. 

Et authentique.

Un truc véritablement immense, une alchimie entre la voix de lee Brillaux (et son jeu d’harmonica), et la virtuosité détendue de Wilko Johnson…

Non mais, écoutons un peu le jeu de guitare de Wilko Johnson…. 

La langue française est étrange. On parle de travailler un morceau, travailler l’instrument, mais de jouer de la musique. 

Alors, jeu, ou travail?  Choisis ton camp, camarade! Wilko Johnson JOUE du blues. Ecoutez-le expliquer ses "techniques" de JEU. Qui parle de travail? Mais quelle maitrise, quel talent, quelle générosité!
Revenons à Dr.Feelgood, et à un aveu que je vois dois faire: Londres et ses années 80 m’ont fait oublier ce choc reçu chez ce disquaire around 1979. 
Expliquer comment? Expliquer pourquoi? Vaines explications, prétextes fades, et, surtout, sans intérêt. 
On va dier que j’étais jeune, épris de sons “nouveaux” et synthétiques, en rejet des instruments traditionnels, même electrifiés, à cordes… du TRAVAIL de l'instrument... Je n'avais pas Internet et n'ai jamais vu JOUER Wilko Johnson en vrai...

Bref, Dr.Feelgood est resté rangé, enfoui... dans ma mémoire, au fond de mes oreilles, réveillé cette année grâce à Joël. 

Merci my Friend.


Laissons la conclusion à Wilko Johnson…






samedi 3 décembre 2016

Blue & Lonesome The Rolling Stones 12 2 2016

The Rolling Stones, un album blues, en 2016 !!!


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Vous n'aimez pas les Rollings Stones? Vous aimez le Blues? Vous allez aimer les Rolling Stones!! 

 C’est peu dire que l’attente a été longue. Enthousiaste, je dirai que ça valait le coup d’attendre. Ils n’ont pas oublié. Ils se rappellent encore. 

Depuis 45 ans, ils nous désespéraient, à suivre toutes les modes et des chemins douteux. Hier 2 décembre a donc fait l’effet d’un séisme, les pistes tournent en boucle sur Spotify, hypnotisé, conquis. 

 Oui, ce sont des reprises. Mais quelles reprises!!! On revoit la scène du magnifique Cadillac Records où les Stones vont en pèlerinage à Chicago, chez Chess Records, écouter leurs ainés, leurs maitres. 

Car le blues est leur inspiration, leur source, leur mentra. On le sait peu, ils ont tout fait pour qu’on l’oublie. Les Stones ne sont plus au complet, Bill Wyman, et on peut regretter son absence, l’absence de son jeu, de sa rythmique implacable. Les Rolling Stones nous livrent un concentré de Chicago Blues, les titres de Willie Dixon, Little Walter, Holin’ Wolf, Eddie Taylor s’enchainent.

Le titre de l’album est lui même un hommage à Little Walter!


 Ce sont de magnifiques standards du Blues, magnifiquement interprétés. Ce ne sont pas nécessairement les titres les plus célèbres de l’écurie Chess, il manque évidement Muddy Waters, mais je retournerai l’argument: 

Découvrez des titres que vous connaissez moins, et reconnaissez que les Rolling Stones n’ont pas cédé à la facilité des hits rebachés. Jagger est à l’hamonica, et maitrise l’engin du blues avec talent. Clapton, le grand Eric Clapton, vient en ami et illumine I can’t quit you baby, et Everybody knows about my good thing. Qu’en pensez-vous? Pour moi, c’est un truc phénoménal, en même temps qu’une évidence. Un bonheur de chaque piste, ce que ce groupe aurait toujours dû faire. Je suis hyper fan, et me réconcilie avec les Rolling Stones, dont je n’écoutais rien depuis Exile on Main Street, en me forçant un peu depuis Aftermath, sauf pour Sticky Fingers. 

 S’ils en restent là, ce sera un formidable retour aux sources, on pourrait dire qu’après cela, il ne faut plus rien toucher...



samedi 11 juin 2016

The Box Tops, The Letter, 1967

The Box Top - The Letter - 1967

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Un garage rock rugueux et authentique.

Une autre raison de considérer 1967 comme « L’Année » !!

Un "groove" comme on dit maintenant, un son, une voix rauque qui semblent le résultat d'années d'errance et de galère à chanter le blues et à crier sa peine au fond de bars glauques de l'Amérique profonde, enfumés, gras et où on vient noyer sa lassitude et sa peine dans un bourbon de seconde zone.

Et tu regardes le clip, et tu restes interdit: En fait de vieux revenus de tout, tu découvres de très jeunes types, des gamins qui semblent avoir tout encore à découvrir.

Le choc ! Leçon intégrale de Soul en moins de 2 minutes, déclamée par le chanteur, du haut de ses 16 ans lorsqu'il crie son besoin d'un billet d'avion pour rejoindre sa belle. Alex Chilton,16 ans et le feeling d’un vieux bluesman.

De ce côté-là de l’atlantique, loin de Liverpool, du Crawdaddy et du Marquee, une vague moins légendaire, mais aussi volontaire, que le British Blues Boom tente de faire renaitre le Blues… Les Box Tops sont du voyage, de ce qu’on appelera la Blue eyed Soul.

Un peu comme pour mes chers Animals, hélàs avec un succès moins durable, ces Box Tops pratiquent un art qui vient des tripes et qui nous prend au même endroit.

Pas de sophistication, pas de fioriture, pas de faux semblant. C’est cash, ça vient des trippes et ça envoie sans réfléchir.

1 minute et 58 secondes, le temps qu’il faut pour tout dire, tout exprimer de la nécessité de retrouver l’autre à tout prix, par tout les moyens. Va pour l’ « éroplane ».

The Letter a été un hit énorme, et pourtant seul de ce groupe, véritable one hit wonder. On pense forcément à Louie Louie, Gloria, à ces titres phares qui ont marqué l’histoire du Rock d’un[ba1] e étincelle de génie, tellement intense que leurs créateurs et interprètes, comme si ils avaient tout donné, ne puissent ensuite livrer davantage.

C’est, en réalité, sans doute une des raisons qui font que ce titre, qui devrait respirer le bonheur du gars qui se paie l’avion pour rejoindre sa nana, parce que le train ne serait pas assez rapide, et que la solitude a assez duré, nous laisse pourtant « bluesy ».

Ou peut-être que ce son à la fois dur et brutal, cette rugosité « garage », auquel s’ajoute ce gout de « trop peu », qui fait qu’on s’attend à un couplet supplémentaire, alors que se termine le solo à l’orgue. Non, c’est fini. Deux couplets, un refrain, puis ensuite on reprend le couplet et le refrain.

Pourquoi en rajouter ?

The Letter figure, avec The House of the Rising Sun (the Animals), et les titers cités ci-dessus, au panthéon du Rock de Mon Histoire du Rock. Et je ne « sais » pas pourquoi.

Joe Cocker reprendra The Letter, mais cette fois, il ne fera pas mieux.







samedi 21 novembre 2015

Janis Joplin

Janis Joplin  

"Pearl"


LA voix féminine du blues.


LA voix du Summer of Love



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Mon Histoire du Rock décide cette semaine de mettre (enfin) Janis Joplin à l'honneur.

Janis Joplin devenue l'icône du rock californien des 60's, étoile filante dans le ciel du rock'n roll.


Plus encore que Melanie Safka,  qui suivra plutôt les traces folk de Joan Baez, et que Grace Slick(plus psychedelique et qui d'ailleurs quittera la sphère musicale pour les arts graphiques), Janis Joplin est la voix feminine du blues des années 60.
Elle établissait une distinction entre les hyppies, qui, disaient-elle, croyaient en une société et un monde meilleur, et les Beatnik, désabusés, qui n'y croyaient pas et adoptaient une attitude mi épicuriennne mi auto destructrice.


Disparue trop tôt, dans ce tourbillon fatal qui engloutira presque en même temps les " 4 J "(Jim Morison, Brian Jones, Jimy Hendrix et donc Janis Joplin), formant ainsi la promo "69/71) du club des 27.

Janis Joplin tentait d'oublier dans ses chants, cris de désespoir, et dans les excès de drogue et d'alcool, le mal de vivre qui la hantait, et sa peur constante de n'être pas aimée pour ce qu'elle était.

La Dame était particulièrement  instable et toujours en quête d'un autre chose destructeur. Perpétuelle insatisfaite, et craignant toujours de se faire avoir, elle quitta systématiquement chaque groupe qu'elle avait rejoint ou formé, à l'aube des premiers succès.

Son tempérament explosif lui donnait toutes les audaces, mais la laissait souvent dans une désespérante solitude:

“On stage, I make love to 25,000 different people, then I go home alone.” 


On n'entend plus beaucoup Janis Joplin de nos jours, et c'est regrettable. Elle avait le blues en elle, il suffit d'écouter… n'importe lequel de ses titres! Digne héritière d'Etta James et d'Ella Fitzgerald, Janis Joplin n'aura que trop peu de temps pour exprimer son art. Elle entre en studio pour enregistrer ce qui doit être l'album de sa consécration, après avoir enchanté San Francisco, Monterey (prestation énorme!!!) et Woodstock.

A Woodstock, sa prestation sera jugée décevante, y compris par elle-même. 
Woodstock est un mythe qui repose plus sur ce qu'on en raconte que par la qualité des prestations de chacun des artistes: Janis n’échappe pas à cette règle, ayant pas mal abusé des drogues et alcools à disposition des artistes pendant les trop longues attentes des trop longs retards (elle monte sur scène avec 1/2 journée de retard sur l'horaire!). Sa prestation (comme celle de CCR entre autres) ne sera pas conservée sur le film: les Directors cut la montrent hagarde, paumée, sans voix…).



La nuit précédant l'enregistrement du dernier morceau de l'album (Mercedes benz, dont elle n'a encore enregistré que la voix), elle tombe une fois de plus dans la solitude et la drogue, mais ce coup-là, ce sera la dernière.


Le 4 octobre 1970.


Je me souviens que ma sœur avait acheté "Pearl", je me souviens de "Cry Baby", a fond sur son minuscule electrophone; c'était avant les chaines hifi, bien avant les MP3…

... Je n'avais pas eu besoin de le lui emprunter. Le pauvre petit trucophone avait longtemps vibré au son de Pearl.....

Janis Joplin...

... Un journaliste lui avait demandé, un jour qu'elle retournait à Port Arthur, dans son Texas  natal: quel est votre meilleur souvenir du Texas? "Le jour ou je me suis tirée d'ici".



Get It While you can, un titre qui résume parfaitement Janis Joplin






samedi 15 août 2015

Powerage 1978 Cinquième ( et meilleur ? ) album d'AC/DC

POWERAGE

AC DC  



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Je n'ai pas encore chroniqué l'album d'AC/DC par lequel j'ai fait connaissance avec le groupe...


....En 1980. 

J'ai dû en parler, déjà, rapidement, trop rapidement? 

Il faut détailler tout ça.

A ceux qui ont catalogué ce groupe dans la case "hardrock" je préconise une écoute attentive, sereine, au calme, de cet album explosif.


Powerage.

Ecoutez-le…. Vous voyez bien (j'adore ce "écoutez, vous verrez"; Oximore, quand tu nous tiens!) que c'est du blues pur fruit! Je viens de me remettre Sin City en écrivant ce billet.

A 2 minutes 40, l'orage s'apaise, comme dans une saison de Vivaldi. Reste la basse, un soupçon de batterie et ce cher Bon Scott. Puis ça reprend de plus belle.

Comment ne pas bouger la tête dans une sorte de jerk frénétique!!!

Puis vient Rock'n Roll Damnation, que le groupe prêtera à Trust, de l'énergie à l'état pur. Du cri primal, mais maîtrisé, avec, encore une fois, un "break" vers 2 minutes 05.

La voix de Bon Scott est l'un des instruments du groupe, elle se mêle à la perfection aux guitares des frères Young; La preuve? What's Next to the Moon…. On n'arrêtera pas de regretter Bon Scott. Dis, remets What's Next to the Moon…

Ce disque est un marathon couru comme un sprint.

Down Payment Blues…. En vlà, de la basse, en vlà, et pas des moindres. C’est celle de Cliff Williams, qui vient d'arriver à ce poste. On n'est pas dans la fioriture, mais damned, c'est bon. Je monte (encore) le son.

J'avais oublié Down Payment Blues!!. 2'17, petit break. Ça repart très vite. Très fort. Angus y va de son solo, on ferme les yeux et on le voit en duck walk, preuve que l'inspiration elle vient de là, elle vient du Blues.

Ça dure, ça tient, plus de 6 minutes, comme du... Supertramp. Un peu plus fort, un peu plus chaud. Ecoute, à 5'45… Blues.

On ne s'arrête pas. Gimme a Bullet. Boom-Paf? Ouais, mais pas du léger, pas de la demi portion. C'est millimétré, construit, efficace. Presque lent, le tempo. Un slow! Je blague. Ici, pas de break, on n'a pas le temps. Enfin, vers 2'25…

La vache, j'adore cet album. Je me remercie de l'avoir acheté quand j'avais 17 ans. Quel gout parfait! Bravo mon ptit gars.

Up To My Neck in You. On s'énerve! C'est bon. Crie, crie ta rage, qu'elle sorte. Tout le monde à fond, pas de sourdine, on met la gomme. Va-t-il falloir décider qu'un morceau est ici meilleur qu'un autre? 4'13 de bonheur pur, à fond les manettes…

Riff Raff, une joie en concert, passe peut-être un peu moins bien, en conserve… quoique. La plupart de stitres ont été enregistrés en une prise, comme en live ! Le groupe était encore relativement "jeune", et pourtant déjà tout est là, tout est en place! Une intro survoltée de presque 2 minutes, les guitares se mêlent. On a beaucoup vanté Angus, beaucoup moins, à tort, son frère Malcolm qui fait beaucoup plus que de l'accompagner à la rythmique.

Vous doutez encore? Il faut encore vous convaincre que Bon Scott était un Bluesman, un chanteur de Blues? Kicked in the Teeth. Il fait renaître (une fois de plus) le Blues, le réinvente, le survolte. Angus Young le rejoint à mi morceau avant de se presque effondrer à 2'30 pour mieux repartir dans une montée chromatique dont il ne cessera de peaufiner ensuite la force et la grâce. Oui, la grâce.

L'album, certes, moins produit que ne le sera, plus tard, Highway to Hell, est d'une netteté incroyable, mais conserve un aspect "root", brut, brutal, qui ajoute au charme. Il se termine sur Gone Shootin', et après ça vous ne direz pas que c'est pas du blues.

La version européenne (il y avait une version par continent, selon les choix "éditoraux" des antennes locales des maisons de disques), contient un véritable bijou, Cold Hearted Man. J'en illustre le billet. A écouter à fond, bien au calme, les yeux fermés. Les paroles de Bon Scott ponctuent et soulignent le rythme du couple Cliff William/Phil Rudd/Malcolm Young (ménage à 3), rythmique d'une précision démoniaque.


AC/DC a perdu beaucoup plus qu'un chanteur en 1980. Bon Scott était aussi un parolier hors pair.


Haletant, Exaltant, Powerage est un must, pourtant méconnu et délaissé. Such A shame!


Mon Histoire du Rock se devait de célébrer cet album, que je considère comme le meilleur du groupe. D'ailleurs, voyez la liste des titres que l'on vient de parcourir: rien à jeter, tous les titres sont "bons". Très bons. Énormes.


Non?



Si.



vendredi 15 mai 2015

BB KING 15 mai 2015

BB KING


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Je m’appelle Lucille 


et je suis une guitare.




La guitare de BB King, roi du Blues.

Oh la belle Epihone tribute!

Aujourd’hui, j’ai perdu mon génie.


Faut être exact : BB King appelait chacune de ses guitares Lucille. La première Lucille n’était pas, comme aujourd’hui, une Gibson ES355 noire.


Aujourd’hui je suis seule car BB King est mort.


Putain de mois de mai, qui voit disparaître BB King après Ben e King (nombreux feront la confusion à l’annonce du décès de Ben E King), de Percey Sledge et de Jack Ely.


L’influence de celui qui m’a tenu si souvent entre ses bras (King est son nom véritable, et pas un nom de scène) est colossale, sur le blues et le rock. Pourtant, BB King ne laisse pas de « titre phare », de hit. Il n’a d’ailleurs jamais présenté aux maisons de disques un titre pour se faire recruter, comme le faisaient non loin de lui Muddy Waters, Bo Diddley, Willie Dixon et (un petit peu) plus tard Chuck Berry ou Little Richards par exemple.


Non, BB King, c’est le blues live dans toute sa grandeur, et il le prouvera par une infatigable présence sur scène… qui lui vaudra la reconnaissance de tous.


Jeune orphelin, il fuit vite les champs de coton pour tenter sa chance du côté du Gospel: Le Blues estt alors considéré comme la musique du diable (merci Robert Johnson, lui qui selon la légende expliquera son soudain talent par un pacte avec le Malin !!!). Il quitte son Mississipi natal pour Memphis à 20 ans, et alterne les boulots de disc jockey et de musicien de studio.


Moi, Lucille, je suis alors acoustique, sans doute une Gibson L 30. Vous savez tous maintenant pourquoi BB King m’a nommée Lucille, car l’histoire est racontée dans tous les hommages au grand homme, (par exemple ici). Mais il semble que l’homme appelait déjà Lucille mes ainées…


C’est en entendant T-Bone Walker (pionnier du blues électrique) qu’il jure de passer à cet instrument diabolique ! Je deviens donc une Fender Telecaster ‘Esquire’, pas forcément noire, puis une Gretsch, et beaucoup d’autres, avant de devenir l’emblématique Gibson ES 355 à la fin des années 59.


Improvisateur génial, il prétendra toute sa vie avoir dû s’en remettre à l’impro par faute de ne pas savoir jouer les accords à la guitare.


Mon œil.


Il a de ce fait créé ce style bien particulier de jeu repris par tous, ponctuant les phrases chantées par un gimmick improvisé, phrase musicale qui accompagne le chant dans un dialogue génial. Il avait cette façon si particulière de faire glisser sa main gauche sur le manche pour un effet proche du bottleneck. Une autre des caractéristiques de son jeu est ce vibrato aérien alors que sa main papillonne en lâchant le manche, (voyez la video) que seul touche le doigt qui produit la note. Enfin, n’oublions pas les fameux bends de BB King, technique qu’il a probablement inventée.


Un dernier message sur la page de son site web (http://www.bbking.com) date du 1er mai, et indique qu’il rentre chez lui à Las Vegas, « Home hospice care ».


Si il est difficile de détacher un titre, de citer de mémoire un morceau de BB King, son style est lui bien identifiable, même si il a inspiré tous les bluesmen depuis. Mais on peut recommander Lucille, The Thrill is gone, How blue can you get, etc, etc, etc.



samedi 13 décembre 2014

Peter Nathanson blues en live



Jeudi 11 décembre à l'Entrepont

 

Que ceux qui n'aiment pas le blues passent leur chemin… 

OU PAS, car voilà une bonne façon changer d'avis !!


Soirée blues donc le 11 décembre, dans un endroit sympa, l'Entrepont à Issy les Moulineaux. On ne connaissait pas, on reviendra, c'est sûr. Petite salle, ambiance « cosy » assurée, proximité avec les musiciens, super.

Faute avouée est, dit-on, à moitié pardonne, je ne connaissait pas Peter Nathason, et le regrette : Voilà un vrai bluesman !!! Deux heures d'un voyage au pays du blues, on peine à revenir à Issy les Moulineaux en sortant du concert, tant le voyage à Chicago a été énorme !!

Peter Nathanson déroule les riffs blues et enchaîne les solo avec une rapidité, une fluidité épatante. Il a joué avec les plus grands, Robben Ford, Steve Lukather...

Jamais il ne dérive vers les affres des « performances » ennuyeuses de certains virtuses avides de montrer leur dextérité. Lui est venu partager sa musique et son plaisir de jouer le blues, et ça se sent. Pas de frime, pas de démonstration. Il est pourtant diablement véloce et fait ce qu'il veut de sa Stratocaster. Mais il ne surjoue jamais, met son talent au service de la musique qu'il joue, jamais le contraire. Sensibilité et, dextérité et générosité sont les maitres mots de cette soirée au pays du blues.

Que tous ceux qui aiment le blues courent écouter Peter Nathanson, qui semble aimer se produire dans de petites salles, « au contact ». Contact qu'il a facile, venant discuter à la fin du concert, très sympa, disponible.

Vous l'avez compris, Mon Histoire du Rock recommande les concerts de Peter Nathanson, et vous recommande l'écoute de sa discographie !

Merci à Patrick de nous avoir indiqué ce concert, et à son ami Jean-Philippe "Pili" (qui tenait ce soir la basse, dans une décontraction pleine de groove et de plaisir de jouer).

dimanche 10 août 2014

The Doors, The End...

The DOORS:

The end, 

Groupe énorme, qui selon moi souffre cependant de deux handicaps, le premier étant d’être considéré à tort comme un groupe qu'on écoute en sortant de l'adolescence pour l'oublier ensuite (un peu comme les écrits de Boris Vian, vous voyez le truc ?). Le second est de disparaitre derrière l'aura écrasante de Jim Morrison, au point que la performance, le talent, des autres membres du groupe sont rarement reconnus. J'ai déjà salué et souligné le talent de Ray Manzarek il y a quelques temps, il faut également rendre à John Densmore, le batteur, au phrasé extatique, et Robby Krieger, le guitariste, dont les performances au Bottleneck sont souvent cachées au milieu des envolées de Manzarek au point de presque disparaitre.

Pourtant, Jim Morrison, pour charismatique qu'il ait été et pour médiatique qu'aient été sa vie, sa fin, son destin, a selon moi - je risque de me faire mal voir - autant le destructeur du groupe que celui de sa propre existence.. Faisant de chaque concert un épisode incontrôlable ou la musique, parfois à peine audible, disparaissait derrière une prestation déjantée et narcissique de Jim Morrison, qui ne laissait plus beaucoup de place à l'expression musicale des Doors.

Les accusations d'attentat à la pudeur suite au concert du 1 er mars 1969 sont probablement exagérées, autant par les fans des Doors que par leurs détracteurs (pas tous agricoles), et tout cela éloigne les Doors de la musique, tout comme Jim Morrison s'en est lui-même ensuite éloigné pour venir mourir à Paris.

J'ai rencontré l'univers des Doors assez tard, en 1982, à Londres (toujours et encore ! ) : Pas très original, c'est la devenue classique scène d'ouverture d'Apocalypse Now qui me fit découvrir ce monument du Rock et du Blues...

Premier film que j'allais voir en VO à Londres, dans un ciné de Leicester Square, en late night (deux films pour le prix d'un !!! ) immersion totale garantie ! J'en garde un très, très fort souvenir, très liés à ces débuts londoniens.

J'ai très vite déniché les quelques "LP" du groupe et garde, encore aujourd'hui, une grande affection pour lui, qui figure parmi mes "best of" mais il y en a tant.....Bien d'autres titres sont donc gravés dans mon petit panthéon du rock, quelque part entre le blues et le rock psychédélique, une parfaite synthèse entre les origines du rock, ce blues lent et rude, et les envolées planantes de l'acid rock, ce dont Light My Fire est une parfaite illustration. Ecoutez Light My Fire, et les Doors vous apparaitront, enfin, comme autre chose que le groupe du seul Jim Morrison ! Ceci dit non pas pour amoindrir le talent de celui-ci, mais pour ajouter à l'aura de ce groupe le talent musical de ses autres membres.

L'actualité nous reparle ces jours ci des Doors, par la porte du scandale et du scabreux, et par les frasques des son chanteur...Marianne Faithfull, proche de Morison et surtout de son dealer parisien, annonce comme si c'était un scoop que 'selon elle' c'est la dope fournie par ce dernier qui a tué ''the king lizzard' dans les chiottes du Whisky à Gogo rue de Bucy... Merci Madame, mais à quoi bon, et surtout what's new ? Sam Bernnett qui fut le patron de la boite de nuit mythique des années 70 n'a t il pas déjà; raconté tout ça en détail ?

vendredi 1 août 2014

Dire Straits, Brothers in arms

DIRE STRAIT:

Dire Strait


Un OVNI dans le paysage musical des années 80...

Le son Vintage de Dire Straits sur les premières platines Compact Disc

1985… c’est loin, hein ? Cet album est le marqueur d’une époque, pour de nombreuses raisons.

Je ne l’avais pas écouté depuis…. Oserai-je le dire ? Depuis « cette époque-là » ? 



Et je ne me rendais pas compte à quel point il est dans MonHistoire du Rock, comme le sont les bon vieux Madness, AC/DC, OMD, et tant d’autres dont j’ai parlé, dont je parlerai… 
Oh, bien sûr, au détour d’une radio, un titre ou l’autre, souvent l’autre, d’ailleurs, passe et on se dit, « ah, oui, tiens ».
Il faut dire d’abord ce que cet album fut  pour l’époque. Ce qui est sans doute d’ailleurs la raison pour laquelle, paradoxe ultime, il est aujourd’hui relégué au second plan.
Dire Straits est, dans les années 80, un groupe « à l’ancienne », loin des « tendances » New Wave ou Punk qui sévissent alors. 
En marge donc de la grosse artillerie, et volontairement proches du dogme rock’n roll : 
2 guitares/Basse/Batterie, compositions inspirées de quelques maitres du Blues  et du Rock (JJ Cale, Chet Atkins..) guitare peu « triturée » et jouée en son « clean », cabine « leslie » pour l’écho… on est loin des synthés de l’époque… puisque Dire Straits préfère l’Orgue Hamond… 
Les débuts sont difficiles (jeu dans les bars…) mais le succès est là dès le premier album, avec un « Sultans of Swing » qui deviendra le titre « étendard » du groupe.

On revient à Brothers in Arms, l’album. Enfin, album…. 

...Car c’est là le premier point qui en fait un « milestone » : Brothers in Arms sort en CD !!! 

C’est l’un des premiers albums à être conçu en fonction de ce nouveau support, et il sera utilisé à l’excès pour la promotion de celui-ci. On l’entendait partout, dans toutes les boutiques qui vendaient des lecteurs CD, il était dans toutes les « platines » de démo. 
Qui se souvient de la mention AAD ou ADD ou DDD qui figurait sur ces pochettes des cd ? DDD voulait dire enregistré, masterisé et gravé en digital. Brother In Arms a été l’un des premiers DDD, et le pressage de ce CD a monopolisé presque toutes les capacités de production de l’époque !! Le son cristallin de la guitare et l’écho (sur « Why Worry », par exemple, ou l’intro de Brother in Arms), semblait en effet avoir été « fait pour ça », et on était émerveillés…
Brother in Arms est donc l’album qui a vu naitre le CD… et ses pochettes ridiculement petites.

Mais plus encore, Brother In Arms nait en même temps que MTV, que l’avènement du clip à la télévision. Fini l’émission hebdomadaire à heure fixe, enregistrée en VHS quand on n’est pas là…. MTV, ce sont des clips toute la journée, une télé exclusivement musicale. Oh, je sais, aujourd’hui ça fait marrer, mais pour nous…
Brothers in Arms est donc l’album qui a vu naitre MTV et le CD: trois phénomènes liés par leur naissance!
Tout ça pour dire qu’on l’a « un peu » « sur-entendu » à l’époque. Pourtant, on a plaisir à l’écouter aujourd’hui, sans sentiment d’indigestion. 

C'est la voix de Sting, qui fait les ‘I Want My MTV’ sur Money for Nothing…. 
Tiens à propos, vous aviez remarqué vous, que ce qu’il chante en arrière plan c’est le thème de « Don’t Stand so close to me » , volontaire clin d’œil un brin moqueur à cet autre tube des radios FM… 
La batterie, un peu ‘boum paf’, le son de la guitare ! Ce son de guitare !!! 


Cet album – pour ce qui me concerne une K7 !! Je l’avais offerte à ma copine de l’époque,  pour inaugurer la « sound machine » qu’elle venait de s'offrir. A l’époque il n’était pas question de D portable !!!! Le CD était réservé aux lecteurs de salon high tech, à un happy few, et cette techno n’ira jusqu’à nous que 4 ou 5 ans plus tard !!! 
Je me souviens aussi qu’on l’écoutait, au 14 ème étage d’une tour HLM de Reims ou elle rejoignait au week end la colloc étudiante ou nous inventions « l’auberge espagnole » avant que le film n’existe !

Brother in Arms est donc l’album qui a vu naitre ma vie d’adulte.

jeudi 29 mai 2014

Depeche Mode : New Wave , Cold Wave ou monument rock des années 80 ?

Depeche Mode, 



groupe phare de la New Wave, des 80’s,


(lien vers site officiel

est toujours présent et actif aujourd’hui, et maintient une popularité ainsi qu’une créativité que l’on peut saluer, alors nombre de groupes de nos 80’s ont jeté l’éponge…On se souvient, pauvres bougres que nous sommes qui étions jeunes dans les années 80, des énormes « People are People », « Just can’t get enough », premier succès de cette pop froide et high tech, bientôt suivi par « Enjoy the Silence » et évidement « Personnal Jesus ». 

De fait le groupe est aujourd’hui parvenu au rang des grands groupes de Rock, et permet ainsi à cette fameuse New Wave d’accéder au statut de courant du rock…

Oui, la New Wave est un courant du Rock comme l’ont été le prog-rock, le rock psychédélique, le hard rock, le reggae, le punk…

Et, oui, Depeche Mode y joue un rôle prépondérant, majeur, accordant par exemple au synthétiseur une place centrale… au détriment de notre chère guitare, il est vrai….

Mais avec une telle maitrise (partagée avec d’autres, finalement assez proches (OMD (Orchestral Manoeuvre in the Dark bien sûr….)) qu’on peut leur pardonner..

Le parallèle avec OMD est flagrant, comme l’est la filiation que ces deux groupes partagent d’ailleurs avec Kraftwerk. Si Depeche Mode est souvent moins glacial qu’OMD, les deux sont de toute évidence plus versé dans une approche mélodieuse, moins rigide et plus « dansante » que leur référence germanique évidente.

Et c’est tant mieux : l’ensemble reste néanmoins (je parle de Depeche Mode) plutôt glacial et synthétique. On reste bien en 80’s !!!

Contrairement d’ailleurs à d’illustre prédécesseurs, dont le leader singera les excès (drogues, etc..), Depeche Mode saura, conserver jusqu’en …. 2013 (Delta Machine) une identité certaine et une haute fidélité envers le son et le style des débuts. Il faut le saluer, d’autant que chaque nouvel opus n’estpas pour autant pas un éternel pastiche de l’album précédent (que certains géants du hard rock australien suivent mon regard attristé !!) : Il y a dans Delta Machine une telle inventivité, dans une appropriation des thèmes du rock, et même du blues (« SLOW », « Secret to the End » « Angel»


....En fait, tout l’album !!! Le blues au synthé, iconoclaste et sublime !!!!)….

Mais déjà « par le passé », Depeche Mode a su nous montrer son respect des « traditions » du Rock et l’assimilation de l’Art des Maitres (un Diddley Beat sur « Flexible » en 1985, et évidement « Personnal Jesus », dont le titre évoque Elvis Presley, puisque c'est surnom dont Madame Presley affublait ce dernier.) Qu’on ne s’y trompe pas, on a ici affaire à un groupe culte, qui a acquis sa place dans les rangs des grands du rock, et, avec Delta Machine, du blues. Tu te rends compte : du blues sans guitare…..

samedi 15 février 2014

Theodore, Paul & Gabriel

Theodore, Paul et Gabriel


Eh bien, on dira pas que la scène rock française est inexistante !!!

Après Lilly Wood & The Prick, Revolver, Rover, voici un nouveau coup de cœur !!

Mon Histoire du Rock ne peut pas rester le regard figé sur le passé, et c’est tant mieux !!!! Quoi de mieux pour mettre en avant une Voix, un style, qu’une mélodie simple ?

C’est ce qu’on se dit à l’écoute de ‘Silent Veil’, de Theodore, Paul & Gabriel, étrange quatuor au nom de trio (le batteur restant dans l’ombre).

J’avais entendu parler de ce groupe il y a quelques mois lors d’un diner de notre groupe, dissous depuis. Mais je n’y avais pas prêté attention – je crois qu’on n’avait pas écouté, ce jour-là ?



Bref, c’est un tort, j’attendrai donc six mois de plus et le passage de ce groupe sur Oui FM dans « Au secours c’est du Live », pour découvrir dans l’auditorium mobile qu’est la voiture (l’un des meilleurs endroits pour écouter, étudier un morceau, tant on peut se concentrer malgré la peur du gendarme…).

Ce qui retient l’attention, de prime abord, c’est effectivement la voix de la chanteuse. Oui, je passe vite fait sur « c’est des filles, le nom du groupe c’est des noms de mecs, look androgyne, tout ça. D’une on ne peut pas lire un truc sur ce groupe qui ne d’appesantit pas là-dessus. De deux, on s’en fout un peu, même si c’est plus agréable à regarder 3 jeunes filles que les poilus de ZZ Top ou les rides de Mick Jagger, et pourquoi des filles ne feraient pas du Rock ? Comme un clin d’œil et une réponse, ces demoiselles reprennent «Mercedes Benz » de Janis Joplin : c’est sur Youtube, écoutez, vous allez voir : ce titre inachevé par la diva du blues est habilement adapté, sans doute plus folk que blues, mais la sobriété de la partie instrumentale porte la voix, et évite de caricaturer le modèle. Les influences affichées sont très 70s, folksongs, comme par exemple avec « Chasing The Sea», où Dylan, Simon et Garfunkel ne sont pas loin.

Mais on n’est jamais dans la redite, le « à la manière de », et le style est habilement modernisé (My Friend) et le batteur, qui cache donc son nom, ne boude pas son talent. Enfin, réduire le champ (le chant ?), le répertoire d’inspiration de Theodore, Paul & Gabriel à la pop folk 70s serait réducteur, même si on est plus dans le registre « ballades » que dans le rock « dur ».

Encore une fois, les instruments semblent au service de la voix, des voix, qui sont du coup traitées et entendues comme un instrument, et c’est bien comme ça. Le registre et les possibles de cette formation semblent du coup bien plus étendus : « Slow Sunday » , à la couleur résolument rétro-60s, dans lequel la voix va chercher l’évocation rocailleuse d’une Etta James (bah, j’exagère un peu le compliment, mais c’en est un !).

Je maintiens que la part belle est jusque -là faite aux voix, mais « Walk Away Renée » montre une capacité (déjà ébauchée dans « Slow Sunday ») à aborder un style plus homogène d’écriture « groupe » que d’autres titres où la chanteuse est mise en exergue, peut être au détriment du groupe… mais, pour finir comme on a commencé, avec une telle voix… ( écoutez « Bad Mood »).

samedi 8 février 2014

Bo Diddley, vous connaissez? Vous savez, cette rythmique 'tchack-tchack-tchak Tchak-tchack', qu'on entend par exemple chez Daft Punk (Get Lucky)...

Sombre inconnu, direz-vous, que Bo Diddley... 

Mais est-ce si sûr???

Pensez à lui en écoutant Daft Punk (Get Lucky)




C’est dommage, et c’est méconnaitre l’impact que ce bluesman a eu sur notre cher Rock’n Roll. Il suffit pourtant d’écouter Les Animals (Bo Diddley), Buddy Holly et les Stones (Not Fade Away), les Who (Magic Bus) et bien d’autres, jusqu'à Depeche Mode aujourd'hui, pour s’en convaincre.

Mais l’influence de Ellas Mac Daniel – Bo Diddley – sur le rock est beaucoup plus profonde et beaucoup plus ancienne :

Buddy Holly déjà, en 1957, utilise le « Diddley Beat » (boum-boum-boum boum-boum) pour « Not Fade Away » que les Rolling Stones, grands coveristes et habiles buvards de tout ce que le rock a de meilleur, reprendront à leur compte en 1964 au point qu’on pourrait croire qu’ils en sont les créateurs…

C’est sans doute lui d’ailleurs qui initiera Keith Richard à l’open tuning, cette technique où on accorde la guitare de façon à ce que les cordes à vides forment un accord (je vous la fais courte).

Les Stones auront toujours, quand ils le pourront, des paroles très reconnaissantes à l’égard de Bo Diddley, mais pas au point de reprendre « Hey Bo Diddley » en modifiant les paroles en forme d’hommage comme le feront les Animals…

Mais le jeu de Bo Diddley est avant tout rythmique, et il utilise la caisse de sa guitare pour ajouter à la partie mélodique un jeu de percussion caractéristique : parfois même, la guitare devient un instrument de percussion, le morceau étant joué intégralement sur un seul et même accord (« hey, Bo Diddley »).

Guitare qu’il trifouille et modifie, y intégrant des effets (tremolo de son invention), concevant la fameuse guitare ‘carrée’ qu’il fait fabriquer par Gretsch..

Le Diddley Beat est finalement partout, et aujourd’hui 8 février, date anniversaire de la sortie du morceau « Bo Diddley », il est rigolo de chercher dans ce qu’on écoute l’influence, qui est évidente parfois ( Not Fade Away), plus subtile ailleurs (Hey Jude des Beatles, Autobahn de Kraftwerk et « donc » surfi’ USA des Beach Boys).

Cherchez, cherchez, les influences ! (Osez, Osez, Joséphine, hahaha)…. Vous verrez que le Diddley Beat est « partout » !!

mercredi 6 novembre 2013

AC DC groupe de Hard Rock ????? N’importe quoi

AC/DC

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Il est de bon ton de dire qu' AC/DC est un groupe de hard rock vulgaire et sans finesse , mais c'est une erreur..




Voici le 59 ème billet de ce blog, et j’allais écrire, « le premier qui parle d’AC/DC » tant le précédent (sur Highway to Hell) me semble nécessiter que le clou soit enfoncé !!

Etonnant, non ? AC/DC, « toute ma jeunesse », en fait !!!

Mais l’idée de départ de ce blog était « sur mes K7,il y avait » : Or, peu d’AC/DC sur mes K7 ! J’avais, en 1982, au moment de partir à Londres, tous leurs 33 tours jusqu’à Black in Black…. Sauf en fait… Highway to Hell, qui fit l’objet d’une K7 quelques semaines avant que je ne courre chez le disquaire

Mais il est grand temps de lever ici une ambiguïté, de casser une légende urbaine (j’en fais trop ? ah bon ?). Voyez plutôt (pas le chien haha).

Je vous entends d’ici (assis d’ici, hahaha) ! « beurk, du hard rock, du Heavy Metal , c’est lourd et c’est moche… »

AC/DC, groupe de Hard-Rock ? Ecoutez Night-Prowler, (sur Highway to Hell) et revenez en parler !!!

C’est un blues, un vrai, comme le groupe savait alors nous en offrir depuis… toujours.

Car AC/DC est un groupe de Blues, qu’on se le dise. Du blues musclé, du blues devenu rock FM au tournant des années 80, faut bien vivre, mais du blues, du vrai, tenez :

Ride On sur Dirty deeds done dirty cheap

Night Prowler sur Highway to Hell

Little Lover et the Jack sur High Voltage

Go Down, Dog Eat Dog, Overdose Hell Ai’nt a Bad Place to be sur Let There be Rock.

Je ne mentionne aucun titre du magnifique Powerage, et pourtant… mais je ferai un billet sur cet album, qui est à mes yeux le meilleur du groupe… On reparlera donc de ma théorie blues-rock sur AC/DC à cette occasion!!!

Pour en revenir donc à mon propos, ce groupe, formé par les frères Young au début des 70’s. On parle souvent des Young qui jouent dans le groupe (Angus et Malcolm), mais le grand frère Young est aussi de la fête, puisqu’il produit le groupe (après avoir produit les Anglais The Easybeats (mais si !!! "Friday on my mind" !!!).

Affaire familiale donc, que ce groupe d’écossais émigrés en Australie.

Viendra s’adjoindre aux deux frères un chanteur, Bon Scott, dont tout le monde connait la fin tragique en 1980, dans le froid de Londres et les vapeurs d’alcool. Si ce type là n'a pas une voix et un groove de bluesman.....Le type était terriblement alcoolique, « capable », en état de manque, de s’enfiler de l’after-shave au réveil… Ce triste fait divers nous priva d’un chanteur hors pair, « lead singer » reconnu, que son successeur ne pourra jamais vraiment remplacer, et qui ne me convaincra pas, si ce n’est sur Back in Black : mais cet album est encore très marqué par Bon Scott, puisqu’il avait co-écrit certains titres, et avait même commencé à en enregistrer certains ce mois de février 1980…

Les influences du groupe sont, comme le montrent les titres cités plus haut, blues, blues rock. Les membres compositeurs revendiquent l’inspiration de Muddy Waters, entre autres, et, évidemment de Chuck Berry (pas uniquement dans le Duck Walk, repris par Angus Young). La structure des morceaux (mesure binaire, gamme pentatonique, solo de guitare….) est très fidèle aux classiques du genre, et pour certains, assez figée leur faisant dire que « c’est toujours la même chose » : Le même reproche est fait à Status Quo

AC/DC, trop vite catalogué « vilains garçons », et hard rock, est devenu, avec l’arrivée de Brian Johnson, plus froid, plus impersonnel, moins blues et plus « rock fm ». Les albums des années 80 auront du mal à (me) convaincre, et même si un titre émerge, de temps en temps (ThunderStruck, à l’intro magnifique !), la magie n’est plus là. Après Bon Scott, c’est le batteur Phill Rudd qui a quitté le groupe, et l’avenir montrera à quel point le batteur, bien qu’il semble caché, loin, derrière ses futs, et hélas rarement dans la lumière, est pourtant au premier plan quand il s’agit de marquer la couleur stylistique d’un groupe rock : Phill Rudd reviendra donc en 1994, et la magie Blues Rock réapparaitra dans le groupe !!!

AC DC, c’est du blues, j’espère vous avoir convaincu ! Maintenant que vous êtes réconciliés avec la famille Young, retournez à vos platines écouter les premiers albums, jusqu’à 1980…. Le mot de la fin est à KeithRichards, qui est, après Chuck Berry, sans doute l’un des maitres du genre ! Si Keith adoube AC/DC, on n’a plus rien à dire… Comme ses éloges vont à Powerage, et que je partage cet avis, nous en reparlerons…..



samedi 19 octobre 2013

Au sujet d'Eric Burdon, (the Animals, War, et tant d'autres) Bluesman parmi les Bluesman

Read about Eric Burdon !


 Lire en Français      Read in English


Eric Burdon @ Paris Olympia 0ctober 8th 2019 #monhistoiredurock

Un article, une interview à lire sur



http://blues.gr/profiles/blogs/a-conversation-with-pioneer-of-rock-culture-eric-burdon-the


Eric Burdon, "voix" inoubliable et incontournable de la "British Invasion", loin du star system des Beatles et des ego-trips stoniens, préférant sans doute explorer, infatigable, les voix du blues.

"if it's not about music, its bullshit."...


Un jour, j'irai écouter Eric Burdon en live!!!


samedi 22 juin 2013

Birth of Pop, quand Arte montre à France 2 qu'on peut parler Rock en prime time

Rock'n Roll et télévision: 

Arte, Birth of Pop

Aujourd'hui Arte montre (et ce n'est pas la première fois) qu'une émission sur la culture rock est, non seulement de la culture, mais possible, et peut être intelligente.

On est loin de la fête de la musique présentée par Patrick Sébastien, à base d'Adamo et d'Enrico Macias.

Bah, j'ai rien contre tous ces gens-là, (enfin j'ai pas grand chose pour, quand même, en tout cas pas trop de gout pour), mais on va nous expliquer que la musique a sa place sur France 2 avec ça, et pour le coup c'est vraiment démago et "opium du peuple".

Quand je pense que ces bien pensant là jouaient l'indignation et pinçaient le nez en parlant de TF1 ... pour en arriver au même résultat...

Birth of Pop, donc, documentaire sur la naissance de la culture pop au début des 60's, occasion d'entendre de nombreux extraits musicaux.

Et pas seulement les sempiternels extraits déjà vus 1000 fois.

Evidemment, part belle faite aux Beatles, mais dans une approche assez différente de ce qu'on a l'habitude de voir et d'entendre, extraits au Cavern Club et à Hambourg, concert au Shea Stadium et interview de Klaus Vormann... bien vu. Bien sûr, j'aurais aimé une part plus large aux Animals ou au Kinks (quoique le thème, Pop, soit un peu étranger aux Animals, définitivement Blues...mais les Kinks... dommage!)... Et même les Who, pourtant trop rarement cités dans ce type de documentaire, alors que c'est en la matière l'un des groupes qui a eu une recherche esthétique au moins aussi marquée que les Fab Four, par la volonté de Townshend... on en reparlera. En revanche, une citation des Stones, vraiment pas pop, mais un extrait rarement vu.

Le documentaire, qui n'est pas exclusivement musical puisque la mode y a une large part, va jusqu'à Bob Dylan et les Byrds (Roger McGuinn fait de nombreuses interventions) puis fait intervenir le groupe Revolver, dans le décors de Carnaby Street (qui est devenue une galerie commerçante branchée décevante...), mise en perspective pas stupide: Ce jeune groupe revendique une influence pop et mérite cette filiation.

J'avais raté la première partie de ce documentaire, je suis content de ne pas avoir raté cet épisode!