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dimanche 17 avril 2016

The Inmates

THE INMATES.

Mon Histoire du rock vous propose une fois encore un plongeon dans les années 80 mais cette fois, il s'agit de rock pur et dur, le rock brutal d'un groupe oublié,

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Ce groupe faisait partie de ceux qui promettaient une relève, comme The Jam, The Smith et quelques autres, sortis "indemnes" du Punk en conservant de celui-ci une nervosité bienvenue. Sur les traces des Rolling Stones, période pré Exile on Main Street, of course, et évidement des Kinks et des Animals.

On découvre Ce groupe si je me souviens bien,  dans l'émission Chorus d'Antoine de Caunes en 1979. Un rêve. On se croit rétro-propulsé en 1965, et ça nous change, ça nous ravit.

Le premier album est vraiment prometteur, avec une reprise de "The Walk" des Standels, véritablement explosive, étendard de ce rock british, et espoir d'un "British Invasion Revival"… qui fera hélàs "psshitt", car ces groupes n'auront malheureusement pas la longévité dans le succès qu'on aurait souhaité lorsqu'on les écoutait.

D'un autre côté, mes détracteurs, que je croise parfois au détours de commentaires sur d'autres blogs et webzines, souligneront ici encore les contradictions qui sont les miennes: Je regrette tout autant qu'un AC/DC ait perduré au-delà de Bon Scott, que les Rolling Stones se soient fourvoyés au-delà de 1971 dans les impasses du disco et de la facilité, tout autant donc, que d'autres groupes comme Inmates n'aient pas pu tenir davantage le devant de la scène.

Ecoutez dès maintenant The Walk, pour vous convaincre. Le groupe tourne toujours aujourd'hui, et, fait rare, avec le line up original. On ne peut que regretter que ce groupe ait été enfermé dans une toute petite boite avec une petite étiquette pub rock restrictive qui les à presque contraint à un quais anonymat.

Véritable groupe de scène, les Inmates savent reproduire sur leurs albums studio la spontanéité de leurs performances live. Ils continuent aujourd'hui à se produire, peut-être au détriment de la création de titres nouveaux. Au moins restent-ils fidèles à leur style de départ… Au point de sortir en 1987 un album de reprise des Beatles.


Pourtant là ou le groupe tourne il fait salle comble et le bonheur de son public. Mais reste ignoré des radios, médias…



samedi 9 mai 2015

The Troggs , 1964, 1967

The Troggs, 



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Wild Things, 


Mais aussi With a girl like you, et Love is all around, dans un autre style!



Encore l'un de ces groupes de la British Invasion, British beat...

« Love is all Around », titre assez assez guimauve, qui illustre ce post n'est pas très représentatif de ce groupe..

Je l'ai choisi parce qu'il a été re popularisé presque 30 ans après sa sortie par le groupe à minettes Wet Wet Wet, puis dans le film Love Actually avec le britanique mais sexy quand même (I'm kidding) Hugh Grant.

R.E.M. fera une reprise acoustique sympa, mais toujours assez opposée au felling des Troggs :

Les Troggs, c’est plutôt bruit et fureur, cri primal genre Little Richards.

Les Troggs sont d’ailleurs alors tellement oubliés que la reprise du film passe pour un emprunt à Wet Wet Wet !!

Les Troggs, c'était plutôt un truc pas très raffiné, pas très élaboré, ce qu'on a appelé du rock garage, qui plaira tant au punk, à Iggy Pop, aux Ramones et sans doute aussi à Nirvana...

On n’est pas loin des Kinks, des Box Top, aussi, des Who des débuts.


Leur furie sensuelle relègue Elvis Presley (Auquel le chanteur pensera au moment de prendre un nom de scène) au rang d'enfant de coeur.


Il prétendra avoir "écrit" Wild Thing, l'un des ...2 ou 3 (seuls) succès du groupe, lors d'un concert, en regardant les minettes hystériques aux premiers rangs. Ne s'embarrassant pas de création pour la musique, il utilisa le "thème" de "Louie Louie "de Richard Berry (non, pas celui-là un autre): plus simple (simpliste) c'est dur, mais en même temps ça marche (c'est pas Polnareff qui dira "non").


On ne lui en veut pas, ce n’est pas le seul à le faire, et d’ailleurs, une reprise de Louie Louie figure sur leur premier disque. Histoire de bien définir le périmètre. Si vous le pouvez (merci M Youtube), écoutez-là, vous entendrez que le Punk n’est pas très loin, c’est puissant, lourd et teigneux : L’esprit Troggs !!


Le groupe ne connaitra le succès qu'une grosse année (66/68), puis retombera dans l'oubli, dont les punks le sortiront (un peu). Quelques reformations seront tentées, mais l’esprit n’est plus là.


Les Troggs, s’appuyant sur R.E.M., sortiront tout de même en 1992 (!!!!) un album assez péchu et assez bien vu, « Athens Andover », la production et l’aide de R.E.M. apporte un soutien non négligeable, et reste fidèle à l’esprit d’origine.




Le chanteur bestial, Reg Presley, qui s'appelait en fait Reginald (comme Sir Elton... ) Ball, deviendra acteur de téléfilms et chasseur d'OVNI, avant de disparaitre en février 2013, dans l’indifférence générale..



dimanche 15 mars 2015

The Kinks, Sunny Afternoon, 1966

The Kinks, 



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groupe phare oublié de la British Invasion?

A l’été 1982, j’avais été animateur de colonie de vacances. Je ne le savais pas encore, mais je partirai pour deux années à Londres à la rentrée suivante.


Si j’en parle, c’est parce que, chargé entre autre de l’animation musicale, des « jingles », soirées, etc., j’avais accès à l’accumulation que faisait cet organisme des 45 tours « de l’année » depuis des décennies…


J’avais donc exhumé deux ou trois pépites mémorables, parmi lesquelles un 45 tours des Kinks qui résonnaient comme un appel du large, à la veille du départ pour Londres tant espéré.


Pensez-donc : Sunny Afternoon sur un 45 tours d’époque !!!!…


Il était alors temps que je découvre ça : A l’époque, les Kinks étaient surtout pour moi « You Really Got Me » dont j’ai déjà parlé ici.


Car Sunny Afternoon est l’autre face des Kinks, diamétralement opposée à la face « dure » (« You really got me », « I’m not like everybody else ») : La face « littéraire », pourrait-on dire. Sans doute la face la plus intéressante, la plus personnelle, de toute façon la plus british. Mais pas la moins rebelle.


Les titres des Kinks sont, pour la plupart, de véritables peintures « instantanées » de l’Angleterre des 60’s. Une peinture parfois féroce, rarement tendre. Souvent extrêmement cynique.


Les Kinks, ce sont d’abord les deux frères Davis, qui se tapent souvent sur la figure, parfois même sur scène (Oasis saura leur rendre cet hommage).


The Kinks, comme une première provocation dans le nom même du groupe, pour choquer les adultes, comme l’ont fait les Who dans « My Generation »….


Kinks… avec un nom pareil, les Stones devenaient des enfants de cœur !!!


Ce groupe galèrera énormément, et sort, juste avant d’être virés par leur maison de disque, le salvateur « You Really… ». Cette maison de disque ne croira jamais assez en eux pour leur donner les moyens qu’ils méritent : Tous les groupes anglais de l’époque n’auront hélas pas la chance de tomber sur Brian Epstein, Georges Martin et Andrew Oldham..


Avec acharnement, parfois même avec hargne, les Kinks marqueront tout de même l’histoire du rock. La mienne, mais aussi celle de pas mal de groupes (au premier rang desquels les Jam, Oasis, Blur…). Mais ils paieront au prix fort leurs coups de gueule et leurs colères, perdant toute chance d’une carrière américaine dans une fronde contre un show télévisé US.


Ils portent une mise raffinée sur scène et leur musique, capable de puissance et de hargne, sait aussi aller chercher dans une certaine finesse, comme en témoigne ce Sunny Afternoon.


Avec les Kinks, ce ne sont pas les compositions les plus sauvages qui sont les plus dures…


Le propos est donc rude et la peinture acerbe, mais la mélodie est, comme les textes, ciselée et des plus recherchée : ces démons de frères Davis sont donc capable de raffinement ? Ils le montreront, tout au long de leur pourtant courte carrière (Death of a Clown, Apeman, Waterloo Sunset..) devenant probablement d’ailleurs le premier groupe à véhiculer un propos écolo.


Je me souviens avoir appris que j’étais sélectionné pour faire partie des heureux élus qui iraient étudier à Londres au retour de cette colo. Les Kinks m’avaient-ils porté bonheur ??


Je courrais dès l’arrivée chez Virgin à Oxford Street, acheter ‘the very best of The Kinks & Ray Davis »…



dimanche 28 décembre 2014

You really got me quand les Kinks inventent le Hard Rock et quand Van Halen leur rend hommage



You really got me



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version Van Halen 


Van Halen, en 1977?

ou version Kinks ?



The Kinks, en 1964



ça parait moins hargneux, mais ça déclenchait l'hystérie croyez moi...

Du bruit, de la fureur... beaucoup de technique aussi. En fait, j'aime pas trop. Le morceau est une reprise d'un MONUMENT, (du groupe anglais The Kinks, l'un des marginaux du "British Invasion", doué d'un vraie sens de la poésie. Leurs textes.. (euh.. pas celui-ci) mêlent souvent la satire sociale à un style contemplatif bien loin du "love me do" des uns et du "cocksucker blues" des autres. Y a pas, il faut toujours que j'en revienne au 60's britaniques...

On dit de ce morceau que c’est le premier morceau de Hard Rock. On dit beaucoup de choses, pas toujours importantes. Sans forcément chercher à tout ranger dans des p’tites cases, l’idée est parfois de chercher à comprendre l’influence qu’un morceau, un groupe peut avoir sur « la suite », et à l’inverse, ce qui est à l’origine d’un courant, d’un style, ou il puise ses racines..


Ainsi, My Generation et la folie destructrice des Who aurait inspiré nombre groupes Punk, mais c’est une autre histoire…

Le morceau des Kinks, provocateur et brutal, composé alors que la maison de disque des Kinks, devant leur difficulté à trouver le succès, allait résilier leur contrat. Ouf: la discographie qui suivra, plus engagée mais moins rageuse musicalement, vaudra le détour (I'm not like everybody else, Lola, Sunny afternoon évidement, et Apeman (qui sera tristement reprise par Serge Lama...), bien d'autres encore... On reparlera des Kinks!!

Eddie Van Halen, qui donne son nom au groupe, est également connu comme l'inventeur d'une technique de jeu (taping) et pour jouer le solo de Beat it, de Mickael Jackson. Les premières fois où il joue en taping en public, il tourne le dos à la salle pour ne pas qu’on puisse filmer, imiter sa technique….

Ceux qui suivaient "Feed back" de Bernard Lenoir et Patrice Blanc-Francard, se souviennent d'un autre titre de EVH, "Eruption", qui en fut le générique.

On raconte plein de trucs sur Van Halen (le groupe), par exemple qu’ils étaient mégalos au point de demander, dans chaque ville, à chaque concert, des grands bols de M&M dans leur loges, et que tous les M&Ms marron soient retirés des bols. Comme cela attira la moquerie, ils eurent ensuite une vague explication, justifiant que cette pseudo doléance figurait en bas d’une liste de trucs important, et que si ce point était respecté, ils savaient que la lise avait été lu et tous les points importants respectés. Ouais.

Je reconnais qu’on est là dans un style de musique que j’apprécie moins, sans pouvoir exprimer précisément pourquoi. Ce n’est pas une raison pour bouder ce morceau, cette version qui, sans démoder l’originale, la relance et lui donne une dynamique et une fraicheur péchue. Autant l’originale sonne « garage rock », et fleure bon les 60s, autant cette cover est très « produite » et marquée 80s. à vous de choisir.

baissez le son où prévoyez les ear plugs...




samedi 18 octobre 2014

In the Middle Of the night.. Madness, album One Step Beyond

Madness In the Middle of the night






But when darkness hits the town, And there's washing on your line, Get your knickers down, Before the dreaded sign.



En vinyl, avec les craquements qui vont bien!!!

Osera-t-il « rester sur » One Step Beyond, pour un second article coup sur coup, une semaine après avoir fêté les 35 ans de cet album mythique, fondateur et complètement oublié, tout comme le groupe qui l’a fait naitre ?



Eh bien oui, et je parle aujourd’hui, comme l’envie m’en a pris en écrivant le billet précédent, plus spécifiquement de l’un des morceau de cet album qui ‘fit’ littéralement mon année 1980 et sans doute bien plus encore. J’ai déjà dit les Who, AC/DC, dont on parle beaucoup (trop) ces jours-ci, après en avoir trop eu parlé.., Kraftwerk et autres Mike Oldfield qui peuplaient alors ma discothèque.

Madness les délogea de ma platine pour une paire d’année (ah, bah, c’est un peu exagéré, d’autres « choses » y passaient…), et il faut donc ici appuyer cet hommage.

Car il est injuste d’oublier Madness, et il est injuste de cantonner le groupe à une mode, à un style. Madness est à coup sûr Ska revival, rendant justice à ce rythme Jamaïcain des années 60, mais, au fil du temps devenu beaucoup plus (même si en soit, c’est déjà beaucoup), sans renier ce mouvement, mais en l’élargissant.

J’oserai, mais serai bien seul, une comparaison (que j’ai déjà faite) avec les Kinks, et une autre, plus hardie, avec les Beatles, ouiiiiiiiiiiiiiiiii les Beatles dont Madness reprend l’insouciance, l’aisance à composer, et aussi la manière de raconter une petite histoire dans un titre de 3 minutes…

AUJOURD’HUI DONC, évoquons In the Middle of the Night…. Et réhabilitons Madness..

Voilà l’illustration du talent de Madness à écrire une comédie musicale de 3 minutes !!!! L’histoire de Georges, le marchand de journaux du coin de la rue, mec sympa, doux et insoupçonnable, qui, « when the clock strikes eight » rentre dans ton jardin pour piquer les soutifs et petites culottes de Madame.

Evidemment, c’est Madness, alors, c’est de la dérision, de la rigolade. Mais aussi comme une référence aux anciens, à Syd Barrett, au Pink Floyd, à leur tube Arnold Lane de 1966..

Ça commence d’ailleurs « piano », à la voix avec une guitare grattée légèrement après qu’on ait entendu le fameux Georges à la criée…. Puis le piano martèle une gamme descendante qui va nous plonger dans le sordide… pour rigoler.

Plus ça va, et plus l’appui mélodique est soutenu, le piano insistant….

Le saxo, cher à Madness, prend de l’ampleur, la musique monte pour souligner l’intensité « dramatique » de cette tragi-comédie.

Puis tout s’allège à nouveau quand on comprend que Georges, informé… par les journaux qu’il est démasqué, s’est fait la malle.. Ce sont les badaux qui parlent « Isn’t it Georges on page one… ». L’histoire est vivante, on s’y croirait, à Camden Town, à East Finchley, devant ce pub où nous allions et aurions pu croiser Suggs, Mike Barson, Chas Smash et les autres puisque c’était « leur » pub…

Au-delà de l’histoire, du rythme bien ska tout comme il faut, cet accent cockney, si caractéristique, si appuyé et que je finis par « prendre » à force de Madness…

Ce titre est à ranger parmi les morceaux « calmes » de Madness, pas de ceux sur lesquels on pouvait, en cercle ou en ligne, enchainer pogos et gesticulations Ska dans lesquelles nous excellions quand tous privilégiaient un Rock que nous jugions ringard…

Je le recommande néanmoins, mais vous avez compris que j’aurai du mal à ne pas recommander TOUT cet album…

samedi 18 janvier 2014

The Jam All Mod Cons

THE JAM


Un groupe qui aime la Rickenbacker et le Mersey Beat ne peut pas être complètement mauvais….

Magnifique groupe britannique, aujourd’hui tombé dans l’oubli, et auteur de l'album "All Mod Cons", magnifique souvenir de mes années 80...



A vrai dire, le groupe a surtout été apprécié – adulé – outre-manche, et assez peu ici, si ce n’est par quelques (enfin, un nombre certain quand même…) de fans de cette musique assez typique de la perfide Albion, ce qu’on qualifie souvent de « Mod Revival », un style très inspiré des ainés comme les Kinks, les Who, les Animals

Cela dit, on n’a pas à faire à un groupe de nostalgique surfant sur une vague retro, mais à un feeling « bien dans l’air du temps », avec une rythmique très typée 80’s. On sent bien que le Punk est passé par là, et l’alchimie se fait bien. Un groupe qui aime la Rickenbacker et le Mersey Beat ne peut pas être complètement mauvais….

Le groupe a vécu 10 ans, s’est séparé en 1982, mais reste encore aujourd’hui très aimé du public UK.

J’ai découvert The Jam avec le 33 tours « All Mod Cons », un peu après sa sortie, donc.

L’album est un signe en direction des fans purs et durs du groupe, les « Mods », enfin, les jeunes anglais qui font revivre ce courant 60’s au début des années 80.

Dès la pochette, le ton est donné, non seulement par le titre-jeu de mot ( All Mod Cons est le petit panneau qui figurait « jadis » sur les maisons « meublées » signifiant « All Modern Conveniances » qu’il y avait tout le confort moderne, un peu le « Eau et Gaz à tous les étages » ; mais il y a le « mot » Mod, et on « peut » lire « Tous les Mod ensemble », hahaha).

Petit "rappel', un Mod est un jeune « middle class, (c’est-à-dire « prolétaire) » dans les années 60, il adopte, au contraire des Rockers, une tenue élégante (costume 2 ou 3 pièces, cravate, godasses de ville…) car il cherche à « monter dans la société » et non vivre en marge ou à la détruire, et doit bosser pour vivre et faire vivre sa famille. Souvent considéré par les Rockers comme puérils, efféminés (par le soin qu’ils portent à leur tenue), souvent critiqués pour une vision politique nationaliste (la parka et les insignes qu’ils portent par-dessus leurs costar y est pour quelque-chose, mais leur fierté britannique également…). Ce ne sont pas pour autant des enfants de chœur, et leur parti pris est avant tout de faire la fête, profiter de leur jeunesse sans soucis du lendemain « Hope I die before I get old », comme chantera Roger Daltrey (The Who). On doit à une volonté « marketing » de Brian Epstein et George Martin le fait que les Beatles aient adopté le look Mod (coupe de cheveux, costume-cravate et Beatle Boots, ces descendantes des Chelsea boots revues et corrigées (par l’ajout de talons en particuleir) par Lennon et McCartney), et abandonné le look rocker-blouson-de –cuir-T-shirt-blanc, et Pete Best par la même occasion : Ils n’en deviendront pas pour autant le groupe référence du « mouvement Mod », ce que resteront The Who et The Small Faces..

Bref The Jam est l’étendard de ce Mod revival, qui coïncide au début des années 80 avec la sortie du film culte Quadrophenia (The Who).

Je n’avais pas ré-écouté ce disque depuis longtemps, mais aujourd’hui encore la magie opère.

La reprise de David Watts (The Kinks) est vigoureuse, avec l'ajout d'un petit 'Oï' bien dans l'air du temps, le texte de « To Be Someone » sonne comme un manifeste Mod, tout comme « In The Crowd » et surtout « Mr Clean » faussement doux et calme, mais au propos destructeur…., puis « ‘A’ bomb in Wardour Street » et « Down in the tube Station At Midnight » terminent l’album dans une explosion de riffs qui permettent d’oublier les un peu trop sirupeux « The Place I love » et « It’s Too Bad ». Sur chaque titre, la Rickenbacker sonne bien comme il faut, donnant à l’album la tonalité « 60’s » qui s’impose, tandis que la rythmique très 80’s apporte une « Modernité » (hahaha) et un groove qui n’est pas sans rappeler Joe Jackson et la new wave naissante.

J’aurai bien conclu par un « The Jam, un groupe à redécouvrir et à ne pas oublier », mais j’avoue que si « All Mod Cons » est de ces albums qui ont marqué « mes » années 80, j’ai été moins sensible au reste de leur discographie…

samedi 21 décembre 2013

The Clash, une raison de plus d'aller vivre à Londres dans les années 80

The Clash




A l'époque on disait que le Punk tuerait le Rock...

La vague Punk, qui naît au milieu des années 70, est souvent considéré à tort comme étant née en Grande Bretagne, vers 1976. C'est sans doute plutôt un retour, initié par des groupes américains un peu plus tôt, vers un rock simple, brut, qui s’oppose aux virtuosités du Heavy Metal et aux lancinances du Prog-rock.

The Clash est souvent cité comme l’un des, comme LE, groupe punk par excellence. Le groupe naît donc en 1976, et adoptera une démarche effectivement assez radicale et politisée, assez en phase avec le discours punk, mais avec plus de sincérité et moins de (voire pas du tout) d’ambitions marketing que quelques autres…

Leurs chansons prennent des distances certaines avec le fameux No Future, le Destroy, ces cris « emblématiques » de la scène rock de la fin des 70s. Il y a souvent (toujours???) un message, adressé à leurs fans, une contestation du système, des médias, mais les incitant à avoir une conscience politique, une réflexion sur la société ("Guns Of Brixton", "Bank Robber"….). Mais ce n'est jamais "chiant", jamais docte, jamais endoctrinant, et la musique est toujours soignée, jamais reléguée au second plan, jamais "recopiée".

Ils iront, par exemple, jusqu’à graver un double 33 tours, vendu au prix d’un simple (mais oui, le fameux London Calling), et sont connus à l’époque pour maintenir une vraie proximité avec leurs fans, un peu comme les Who dans les années 60.

Mais c’est musicalement que The Clash se démarque de la scène punk, pour notre grand plaisir. Là où les Dead Kennedys, les Sex Pistols, les Ramones, collent à la culture punk par un nihilisme mélodique et musical revendiqué, The Clash se nourrit aux sources des multiples courants du Rock, piochant dans le Rockabilly, le Reggae, le Ska, parfois même, on sent une influence jazzy, une bribe hispanisante, et, sur « Magnificent Seven », on tend presque à de la dance music, on n’est pas très loin de Queen, et somme toute loin du Garage (rock) ou certains critiques voulaient les enfermer dans un jeu de mot bidon.

Il en résulte un son qui, presque 40 ans plus tard (oh la vache !!) est toujours terriblement audible, ce qui, pardon pour ceux qui aiment, n’est pas le cas de beaucoup de groupes de cette mouvance, et on en retient une vraie inventivité, un son qui a su efficacement faire la synthèse des courants dont ils se sont inspirés.

J’ai découvert The Clash en 1978, avec l’achat du 33 tour « Give ‘em Enough Rope ». On sent (sur « Safe European Home » l’influence maitrisée de la rythmique « Jungle Beat » chère à Bo Diddley, la maitrise du solo de Chuck Berry (« English Civil War »), un clin d’oeil façon Rockabilly aux Beatles de Lucy in the Sky … (« Julie’s been Working in the Drug Squad »).

Comme The Kinks dix ans plus tôt, The Clash fera de sa musique un support pour une peinture quasi journalistique (engagée) de la société dans laquelle ils vivent. Non pas uniquement pour la détruire, mais pour une prise de conscience, « pour que ça change »).

Influences digérées donc transcendées même, car on sent à chaque morceau, une capacité brillante, après avoir maitrisé le modèle, à se l’approprier et à créer un nouveau style propre aux Clash, et novateur.

Ainsi de quelques morceaux « dans l’air du temps » (Guns On The Roof », « Drug Stabbing Time », « Cheapskates »), et quelques pépites (« Stay Free », qui rappelle, donc, The Kinks, The Jams, bref, qui sent bon l’Angleterre !!). Je n’aurai plus qu’une idée en tête, après ça : « Let’s go to London ! »

Cet album, qui n’est pas aujourd’hui le plus souvent entendu, reste un ensemble homogène et de grande qualité, c’est bien dommage, ça nous changerait de «Magnifiscent Seven » ou « should I stay… », certes très bons, mais sans doute « trop enten
dus ».

dimanche 11 août 2013

Tommy, The Who, première partie, l'album


Pourquoi TOMMY 

est-il considéré comme un «opéra rock » ? 


Rock, Opéra, c'est compatible?


Eh bien Pete Townshend le compose avec une structure proche de celle d’un opéra classique : une ouverture, dans laquelle les thèmes qui seront développés sont introduits. L’ensemble est écrit autour d’un livret, d’une histoire.

Le prétexte est par ailleurs à rendre hommage aux fans des who, à rigoler un peu, à balayer la période des 60's dans une espèce de fresque de la vie d’un jeune britannique.

Pink Floyd fera plus tard (The Wall) un copié coller en négatif, paranoïaque et dépressif; mettant en exergue le traumatisme, réel, non seulement laissé par la guerre, mais aussi par un système éducatif particulièrement dur.

Là, avec les Who, c’est plus festif et joyeux, et si les traumatismes sont bien là, l’idée est que la musique, (celle des Who…) est salvatrice et source de plaisir. Tant mieux.

Je me souviens que le double 33T avait une pochette « pop art » assez psychédélique, en trois volets. Les faces des 2 33 tours étaient numérotés 1 et 3 pour le disque 1 et 2 et 4 pour le second… bizarre, mais cela permettait à ceux qui disposaient de 2 platines une écoute continue !!... Tout cela n'a plus beaucoup de sens, à l'heure du MP3...


Tommy est donc un enfant dont le père est mort à la guerre. Maman se console avec un autre homme, Tommy assiste à l’assassinat de son père (qui revient inopinément un soir et surprend sa mère au lit avec l’amant : sur ce point le film différera du double album original, ou c’est le contraire !!). Le beau-père et la mère lui hurlent ‘tu n’as rien vu, rien entendu, rien de ce que tu viens de voir n’est jamais arrivé’ et poum le gamin devient « deaf dumb and blind ». Commence alors une série de consultations chez les toubibs, sorciers, dealers, pour le sortir de ‘l’eternal grave’. Mémorable « Tommy can you hear me », dont l’action dans le film se déroule un jour de Noel… Mais le gamin est un sorcier du flipper (mais où vont-ils chercher tout ça), Pinball Wizard qui sera chanté dans le film par Elton John (Steve Wonder voulait le rôle, et fut vexé du refus de Townshend, voire son bouquin (Who I Am »).

..Car le film sera l’occasion de faire intervenir plein de guest stars, qui se prêteront au jeu ( Nicholson, Ann-Margret, Clapton, Tina Turner.. ). Enfin, Tommy voit un psy qui lui conjure de casser le miroir, ce qu’il fait et hop, libéré, il enjoint à tous ses fans de vivre libre, pour eux même, et de ne pas suivre les gourous de toute sorte ni de tomber dans toutes les drogues qui passent par là (I’m Free, puis We’re not Gonna Take It »). Les Who sont donc passés par tous les démons du Rock des 60’s et finissent baba cool, en ayant chassé les démons de la drogue et les gourous indiens…. Keith Moon, le batteur, aura plus de mal à en sortir, et décèdera d’une overdose du médicament sensé le sevrer de son addiction.

La version Live à Woodstock de 'See Me, Feel Me' restera "dans l'histoire": Le groupe jouait en fin de nuit, et le morceau en question fut accompagné par le soleil levant, augmentant le côté magique du morceau...

Tommy est certainement le plus abouti des « opéras rocks », genre qu’aborderont beaucoup de groupes de l’époque (Sgt Peper des Beatles, Pet Sound des Beach Boys, Their Satanic Majesties Request des Stones et Arthur(…) des Kinks) Si les Kinks feront un truc à l’histoire homogène, leur musique ne sera pas « à la hauteur » (cette fois), et le succès sera limité. Quant aux autres, même si le Sgt Peper est un album énorme, il n’a pas l’unité et l’homogénéité d’intentions de Tommy, je n’ai jamais compris pourquoi Pet Sound était tant porté aux nues, et les Stones ne m’ont jamais paru capables d’un truc construit de plus de 3 minutes. Les Who montreront d’ailleurs leur capacité à œuvrer dans l’exercice, en réitérant avec Quadrophenia, dont on a déjà parlé….

samedi 22 juin 2013

Birth of Pop, quand Arte montre à France 2 qu'on peut parler Rock en prime time

Rock'n Roll et télévision: 

Arte, Birth of Pop

Aujourd'hui Arte montre (et ce n'est pas la première fois) qu'une émission sur la culture rock est, non seulement de la culture, mais possible, et peut être intelligente.

On est loin de la fête de la musique présentée par Patrick Sébastien, à base d'Adamo et d'Enrico Macias.

Bah, j'ai rien contre tous ces gens-là, (enfin j'ai pas grand chose pour, quand même, en tout cas pas trop de gout pour), mais on va nous expliquer que la musique a sa place sur France 2 avec ça, et pour le coup c'est vraiment démago et "opium du peuple".

Quand je pense que ces bien pensant là jouaient l'indignation et pinçaient le nez en parlant de TF1 ... pour en arriver au même résultat...

Birth of Pop, donc, documentaire sur la naissance de la culture pop au début des 60's, occasion d'entendre de nombreux extraits musicaux.

Et pas seulement les sempiternels extraits déjà vus 1000 fois.

Evidemment, part belle faite aux Beatles, mais dans une approche assez différente de ce qu'on a l'habitude de voir et d'entendre, extraits au Cavern Club et à Hambourg, concert au Shea Stadium et interview de Klaus Vormann... bien vu. Bien sûr, j'aurais aimé une part plus large aux Animals ou au Kinks (quoique le thème, Pop, soit un peu étranger aux Animals, définitivement Blues...mais les Kinks... dommage!)... Et même les Who, pourtant trop rarement cités dans ce type de documentaire, alors que c'est en la matière l'un des groupes qui a eu une recherche esthétique au moins aussi marquée que les Fab Four, par la volonté de Townshend... on en reparlera. En revanche, une citation des Stones, vraiment pas pop, mais un extrait rarement vu.

Le documentaire, qui n'est pas exclusivement musical puisque la mode y a une large part, va jusqu'à Bob Dylan et les Byrds (Roger McGuinn fait de nombreuses interventions) puis fait intervenir le groupe Revolver, dans le décors de Carnaby Street (qui est devenue une galerie commerçante branchée décevante...), mise en perspective pas stupide: Ce jeune groupe revendique une influence pop et mérite cette filiation.

J'avais raté la première partie de ce documentaire, je suis content de ne pas avoir raté cet épisode!