Une autre raison de considérer 1967 comme « L’Année » !!
Un "groove" comme on dit maintenant, un son, une voix rauque qui semblent le résultat d'années d'errance et de galère à chanter le blues et à crier sa peine au fond de bars glauques de l'Amérique profonde, enfumés, gras et où on vient noyer sa lassitude et sa peine dans un bourbon de seconde zone.
Et tu regardes le clip, et tu restes interdit: En fait de vieux revenus de tout, tu découvres de très jeunes types, des gamins qui semblent avoir tout encore à découvrir.
Le choc ! Leçon intégrale de Soul en moins de 2 minutes, déclamée par le chanteur, du haut de ses 16 ans lorsqu'il crie son besoin d'un billet d'avion pour rejoindre sa belle. Alex Chilton,16 ans et le feeling d’un vieux bluesman.
De ce côté-là de l’atlantique, loin de Liverpool, du Crawdaddy et du Marquee, une vague moins légendaire, mais aussi volontaire, que le British Blues Boom tente de faire renaitre le Blues… Les Box Tops sont du voyage, de ce qu’on appelera la Blue eyed Soul.
Un peu comme pour mes chers Animals, hélàs avec un succès moins durable, ces Box Tops pratiquent un art qui vient des tripes et qui nous prend au même endroit.
Pas de sophistication, pas de fioriture, pas de faux semblant. C’est cash, ça vient des trippes et ça envoie sans réfléchir.
1 minute et 58 secondes, le temps qu’il faut pour tout dire, tout exprimer de la nécessité de retrouver l’autre à tout prix, par tout les moyens. Va pour l’ « éroplane ».
The Letter a été un hit énorme, et pourtant seul de ce groupe, véritable one hit wonder. On pense forcément à Louie Louie, Gloria, à ces titres phares qui ont marqué l’histoire du Rock d’un[ba1] e étincelle de génie, tellement intense que leurs créateurs et interprètes, comme si ils avaient tout donné, ne puissent ensuite livrer davantage.
C’est, en réalité, sans doute une des raisons qui font que ce titre, qui devrait respirer le bonheur du gars qui se paie l’avion pour rejoindre sa nana, parce que le train ne serait pas assez rapide, et que la solitude a assez duré, nous laisse pourtant « bluesy ».
Ou peut-être que ce son à la fois dur et brutal, cette rugosité « garage », auquel s’ajoute ce gout de « trop peu », qui fait qu’on s’attend à un couplet supplémentaire, alors que se termine le solo à l’orgue. Non, c’est fini. Deux couplets, un refrain, puis ensuite on reprend le couplet et le refrain.
Pourquoi en rajouter ?
The Letter figure, avec The House of the Rising Sun (the Animals), et les titers cités ci-dessus, au panthéon du Rock de Mon Histoire du Rock. Et je ne « sais » pas pourquoi.
Joe Cocker reprendra The Letter, mais cette fois, il ne fera pas mieux.
Mais bien sûr que si vous connaissez Booker T an the M.G..'s….. d'une façon , ou d'une autre…
Soit parce que vous avez vu (revu et re revu) The Blues Brothers, film culte dans lequel Dan Aykroyd et James Belushi, on l'a vu il y a déjà quelques temps, ont rendu hommage à la scène Soul US avant que ses acteurs ne disparaisse et qu'il ne soit trop tard
. Eh bien, on peut voir deux membres de Brooker T & the MG's dans ce film, Steve Crooper, et Donald « Duck » Dunn, respectivement guitariste et bassiste.
Mais avant cela, et pour les plus « anciens », tous ceux qui ont écouté Otis Redding ont écouté ce groupe ;
Pour aller plus loin, il va falloir aller un peu plus près…
En réalité, cette courte introduction est réductrice. Brooker T and the MG's, c'est bien plus que ça. Dans les années 60, trois maisons de disque règnent sur la musique populaire américaine, le Rock, la Soul : On a déjà parlé de Chess Records, qui « sévit » à Chicago, au coeur du Blues. En gros dix ans plus tard nait Stax Records, à Memphis, un peu avant la Motown (Detroit).
La Stax, comme ses concurrentes, dispose de musiciens « maisons » attitrés, utilisés pour enregistrer les artistes qui n'ont pas de groupe. Ils sont là pour accompagner l'artiste, mais aussi pour faire les arrangements, éventuellement composer avec lui ou pour lui.
A Memphis, ville du sud, le son est plus marqué par le gospel qu'à Detroit ou à Chicago, mais aussi sans doute plus « country».
Mais étonnamment, alors que le sud est souvent jugé plus conservateur et moins enclin à l'intégration raciale, c'est à la Stax que la mixité semble la plus évidente : Ainsi, le « groupe maison » sera composé de Noirs et de Blancs, là où Chess et la Motown resteront très cloisonnés.
Booker T and the MG's donc, c'est avant tout Booker T Jones, espèce de prodige capable très tôt de jouer du piano, des vents (Hautbois, saxo, trombone ;…), donne donc son nom à ce groupe, et il lui donne sans doute un peu plus, tant ses talents de compositeurs sont grands.
Le groupe jouera donc surtout avec Otis Redding, et la mort de celui-ci en 1967, sans donner un coup d'arrêt à la carrière du groupe, réduisit quelque peu le rythme de sa carrière.
Lennon et McCartney affichaient une dévotion pour le groupe, et cette admiration était réciproque ; le groupe « commit » ainsi une espèce d'évocation, de « cover », d'Abbey Road, pour tout dire pas heureuse du tout, et bien loin de la magie des compositions pour Otis Redding, Sam And Dave, Wilson Picket, Albert King, Eddie Floyd… ou The Mar-Keys (Last Night) sans compter également l’énorme Green Onions !!
Les amateurs de Quadrophenia, le film, se souviennent que la bande son n'était pas seulement constitué du génial 'opera rock' des Who, et de la scène mythique où "The Ace", joué par Sting, concentre tous les regards, et l'envie de Jimmy, dans la boite de nuit alors que passe Green Onions. C'est là, dans cette scène, que j'ai découvert Booker T & the MG's.
On a oublié Booker T and the MG's (pour Memphis Group, peut être, mais plus surement pour faire honneur à la voiture du producteur...), et ce ne sont pas les tournées avec Neil Young qui feront oublier les reprises guimauve des titres des Beatles et de bien d'autres. Heureusement, les Blues Brothers et en particulier la volonté de Dan Aykrod et James Bellushi) rendront honneur à ce groupe emblématique !
Mon Histoire du Rock n'est pas, on l'a déjà constaté, le blog sectaire d'un rockeur borné, ne jurant que par un courant, un style, un groupe.
Pour plagier Robert Lamoureux qui disait de Coluche : « Il n'est pas vulgaire puisqu'il me fait rire », je dirai volontiers « c'est du Rock'n Roll puisque ça me plait ».
Cats on Trees, entre décidément dans ce schéma : Le style est de toute évidence plus pop que franchement rock'n roll, plu sprès de la ballade que du déchainement et du cri primal d'un Little Richards…
A priori… mais regardons tout ça de plus près !,
On arrive au Trianon pour constater une disposition étonnante sur la scène :
Étonnante pour un groupe pop/song duquel on attend une relative douceur « calme », étonnante tout court dans l’académisme (il y en aurait un?) de l'agencement d'une scène Rock'n Roll.
En 1965, les Who révolutionnent la scène Rock en montrant leurs amplis, aujourd'hui, doit-on saluer Cats on Trees pour placer le batteur et son set AU PREMIER PLAN ??? héhé….
Et, alors qu'on aurait de prime abord tendance à décrire ce duo frenchie (saluons la maitrise de la langue de John Lennon par Nina Goern, on va y revenir) pour ses mélodies, cet ordonnancement tonne, jusqu'à ce que le groupe entre en scène.
On va avoir, pendant toute la durée du concert, les yeux rivés sur Yohan Hennequin, qu'on découvre habité par les rythmes qu'il envoie avec une apparente décontraction mêlée de puissance.
Les mélodies pop sont littéralement transformées par la richesse du jeu du batteur, puissant sans jamais écraser la voix ou le piano de sa camarade.
Il place (enfin) la batterie au rang d'instrument dans la formation rock, devient « lead batteur », existe.
Evidemment, certains me diront qu'avant lui de bien plus énormes batteurs, les Keith Moon (The Who), John Bonham ( Led Zeppelin), Charlie Watts (The Rolling Stones) ont marqué le Rock'n Roll, leur temps, l'histoire de la batterie…
Que les puristes restent quiets, ne courent pas à l'écurie chercher leurs grands chevaux pour monter dessus, il n'est pas question de comparer, rivaliser, introniser.
Juste de remarquer ce talent, vrai, et cet audace de mise au premier plan, réussie.
Cela dit ce garçon est bel et bien un grand batteur, et aucun de ceux que j'ai cité n'a eu, de la part des membres de leur groupe, droit à une telle mise en avant, de leur vivant…
… Qui plus est, il évolue sans pour autant reléguer le reste du groupe aux arrières plans.
Le dit reste du groupe étant donc constitué de la chanteuse/pianiste Nina Goern.
J'avoue l'avoir, au premier chef, cantonnée (un peu vite) à un registre là encore, folksong, pop, bluette (Tikiboy, Who you are, Too much à l'influence Sergent Peper…). Avec une voix plaisante, juste, mais qui me semblait ne pas aller au bout de ses possibilités – quoique la très belle reprise de Mad World tempère un peu ce jugement sévère !!!.
Puis le groupe se lance, et, déjà, sur le très entraînant 'ouh ouh' que la salle reprend vivement, on sent la voix de la chanteuse prête et capable d'aller vers un son plus chaud, plus profond, plus Soul…
l'honnêteté me pousse à avouer que je n'ai pas retenu le titre du dernier morceau avant les rappels, mais sur ce morceau la chanteuse plaçait sa voix dans cet esprit Soul, et vraiment c'était cool.
reprise de « Love you like a love song » me donne raison sur ce point, Cats on Trees est, ce qui est déjà pas mal, une bonne formation pop. On se prend donc à rêver que le duo aille vers les univers où les voix sont plus chaudes, plus graves et rugueuses, aux sources du Blues, pour retrouver Etta James, Aretha Franklin…
au Stade de France, 13 juin 2014, ça envoie encore.....
Titre noir des Rolling Stones, dans lequel s’exprime toute la violence d’une époque… pacifiste ! ça commence doucement, les guitares s’entremêlent, Brian Jones n’est déjà plus qu’une ombre qui n’en fait plus aux Glimmer Twins (surnom de Richards et Jagger)… D’ailleurs c’est le seul Keith Richards qui joue toutes les pistes de guitare sur le morceau. Brian Jones n’assiste semble-t-il pas aux premières sessions d’enregistrement, et la chanson sera terminée après sa mort.
Cette intro extraordinaire, lancinante et longue, avant que Mick Jagger ne prenne la parole, presque en arrière-plan, pour cette longue plainte venue de la, venue du blues…
Le morceau semble taillé exprès pour l’ambiance épouvantable du concert d’Altamont, même si c’est pendant « Under My Thumb » que meurt Meredith Hunter. Le morceau semble avoir été écrit pour Apocalypse Now, et pourtant ne figure pas sur la bande originale du film. Le morceau raconte la guerre du vietnam comme si c’était un ouragan, une catastrophe naturelle, et la guitare de Keith Richards, à laquelle se même la voix, une voix féminine, celle de Meryl Clayton fait rare, unique sur un titre des Rolling Stones, à une place autre que celle de choriste ! Cette chanteuse, ex choriste (Raellette) de Ray Charles quand même, n’a pas ensuite profité de l’aura de Gimme Shelter, ou pas assez…
Car ce morceau magnifique doit beaucoup à cette femme, dont la voix perchée, terrifiante et terrifiée, comme une incantation, finit par prendre la place de Mick Jagger dans les refrains, lui ne reprenant qu’un mot dans chaque phrase comme pour en souligner la portée… A deux reprises, dans le refrain après le solo, son chant culmine en un cri aigu où sa voix se casse, arrachant un « ooohh » à Mick Jagger, qu’on entend bien sur la version studio. La dame n’est pas là juste pour rigoler… Mick Jagger et Keith Richards la rejoignent pour un final qui s’éloigne comme le fait une tornade…
Est-ce abusé de dire que ce titre est l’un des meilleurs des Rolling Stones ??
Je suis certain de surprendre plus d'un en racontant d'où vient ce titre ENORME De retour d’une répèt en guest-guitariste dans un groupe ami, Proud Mary ne sort pas de ma tête. Il pleut, c’est la nuit sur l’A86 et demain est un lundi qui ne sera pas au soleil.
Parmi les morceaux sur lesquels j’ai été invité, ce fameux Proud Mary qui accompagne mon retour at home.
Il faut avoir vu Tina Turner sur scène ! A Bercy, en 1996, on saluait la furie des prestations de cette Dame de 60 ans, plus énergique que les choristes qui auraient pu être ses filles…. Sans savoir que presque 20 ans plus tard, la même rage, la même énergie, animerait la chanteuse.
Proud Mary donc, hymne de Tina Turner dans l’esprit de nous tous, hymne à son parcours, à son courage et à sa victoire dans le combat d’émancipation qu’elle a mené contre Ike, son mentor, son mari et… son bourreau. L’identification de Tina Turner à Proud Mary est de l’ordre du lieu commun, tant l’histoire de cette serveuse exploitée du Mississipi qui s’enfuit sur une barque avec l’aide des gens qu’elle rencontre, semble être une allégorie de la vie de la chanteuse.
Découverte par Ike Turner, il en fait l’une de ses choristes, puis forme un duo avec elle. Mais le gars est un tantinet possessif, et considère que Tina est sa chose, et qu’en conséquence, il peut « à loisir » lui taper sur la figure… Elle subira cela (trop) longtemps, avant de partir, un soir, au risque de tout perdre. Proud Mary.
Mais ce titre, que la chanteuse a littéralement incarné, sa version dépassant même celle concoctée par son démon de mari, est en fait une reprise d’un titre composé par Credence Clearwater Revival en 1969… Le titre semble tellement ancré dans les profondeurs de la culture populaire américaine, dans ses racines, qu’il parait incroyable que ce titre ait été composé par un groupe de jeunes blancs becs !!! On croit être en présence d’un titre comme « The House of The Rising Sun », reprise d’un air folk « traditionnel »… Hé bien non. Le titre a été créé en 1968 et enregistré en 69.
Dans une forme plus standard, au rythme et à l’intensité assez linéaire, finalement très typée fin des 60’s, folk song.
C’est Solomon Burke, le premier, qui reprend ce titre, et ajoute cette introduction parlée qui sera ensuite transcendée par Ike et Tina.
Ike Turner, qui n’oubliait pas d’avoir du talent, l’adapte à son tour et lui donne cette forme inspirée, lente et calme d’abord, avec ce duo où le chanteur ponctue et souligne l’intro parlée de Tina « on va commencer gentiment et doucement » « je vais faire ça pour vous parce que nous on ne fait jamais les choses gentiment et doucement ». Tu parles… Puis vient la partie chantée, effectivement, lente et calme d’abord donc, avant de finir par une explosion Soul mémorable qui restera l’emblème de Tina Turner, et le symbole de son combat et de celui de toutes les femmes tabassées par « leur » mec: On est en 1971, et la machine est lancée : Tina Turner reçoit les coups, mais va bientôt les rendre, et « Proud Tina » va la jouer « nice and rough » plaquant tout en 1976 pour tout reconstruire, seule.
Les reprises de ce titre emblématique sont légion. Récemment, sortie du lot, je recommande la version vécue, incarnée, par Izia Higelin : son Papa peut être fière de sa fille, elle a repris le flambeau avec brio et maestria (des amis de la famille)!!!
Aujourd’hui un coup de cœur pour un groupe de maintenant !!!
La route et les encombrements, parisiens ont beaucoup de talents, dont celui d’user les nerfs de ceux qui les fréquentent…
Mais aussi, voyons le verre à moitié plein, celui de permettre d’écouter tranquillement la radio et de découvrir de nouvelles petites choses.
Hier, par exemple, bien bloqué sur cette magnifique A86 en sortant de l’A1, un endroit parfait pour se livrer à l’exercice ci-dessus, tant il rare qu’il ne soit pas complètement bouché.
Ce doit être un art à part entière, celui de concevoir des routes si propices aux bouchons !!
Bref, hier soir donc, j’ai découvert ce groupe originaire de Barcelone, The Excitements
L’émission dans laquelle j’ai entendu ce groupe (Au secours, c’est du Live, sur Oui FM) étant en direct et demandant à ses groupes invités de faire une cover, j’ai d’abord cru à… une cover..
Allergiques au son Motown, aux 60’s, au Blues fut-il rythmé, passez votre chemin. Autant vous prévenir tout de suite, tout dans le groupe rappelle la bonne vieille soul, du son aux paroles en passant par la gestuelle… ne manquent que les Ikettes pour faire les cœurs.
C’est bien fait, c’est entrainant et c’est habile :
Heureusement, car ainsi la critique pour imitation est évitée : on n’est pas dans la récup’, on est dans l’hommage sincère ! On pense bien sûr à Aretha Franklin, même si la chanteuse semble surtout mentionner Tina Turner.
Pour ceux qui aiment cette époque et cette musique, on a là un groupe qui puise toute son énergie et son inspiration dans la soul et même le gospel, vous l’avez compris, les Blues Brothers ne sont pas loin…
On dit que la jeune chanteuse a vécu, et appris à chanter à l’église : aussitôt les images de la scène de la révélation dans celle du révèrent James Brown nous sautent aux yeux !!!
A suivre donc, avec intérêt : ce groupe pourra-t-il se renouveler dans le genre, le réinventer ???
Mon histoire du Rock se penche sur les claviers du rock!
Wurlitzer, qui peut être autre chose qu'un juke box..
Orgue Wurlitzer
Moog...
J'ai souvent parlé d' "orgue Moog" pour nommer l'instrument caractéristique des 60's, d'Alan Price (The Animals, reconnaissables entre tous non seulement par la voix de Black blanc d'Eric Burdon, mais aussi par ce son de caractéristique de la partie clavier...)des Doors (même traitement, l’instrument de Ray Manzarek étant aussi caractéristique que la voix de Morisson). "Orgue Moog", ça sonnait bien....
Eh bien je disais des conneries. Ce son, le son des 60's, ne doit rien (évidement diront ceux qui savent) à M Moog. M Moog a bien créé des "instruments" electroniques, mais environ 10 ans plus tard, puisque le premier succès joué avec un orgue Moog, tout le monde le connait, c'est Popcorn!
Synthétiseur Moog
On le connait dans sa version "2", qui date de 1974, je croyais d'ailleurs que c'était LA version originale, en 1974...
Les instrument de Moog sont des synthétiseurs, des bidules à lampes, puis à transistor, puis à microprocesseurs qui transforment un courant électrique en oscillations qui sont ensuite filtrées, mélangées, etc. Tout le monde s’en fout mais je me souviens que mon père avait un cousin qui bossait à la maintenance du radar d’Orly et qui fabriquait à temps perdu tout un tas de bidules électroniques, j’adorais ça… Il avait fabriqué un synthé à transistor, c’était super. J’ai eu envie, plus tard, d’essayer de faire le concours d’entrée à L’Enac pour bosser « là-dedans », mais fallait être super balaise en math et bosseur. Mon ami Gilles L le fera, lui, et sera contrôleur aérien… J’abandonnerai l’idée de bidouiller l’électronique, ma capacité se limite à faire 4 soudures pour changer les composants de ma vieille guitare (Merci d’ailleurs Guitar’n Blues (http://www.guitarnblues.fr) qui fournit d’excellents composants).
Donc, l’instrument de Moog « descend » du Theremin, (on joue sur l’oscillation d’une onde)
Theremin
pas très loin des « Ondes Martenot » (très joli aussi):
Moog ira donc plus loin, grâce à l’arrivée du transistor et après avoir fabriqué des Theremin à transistor, on arrivera aux instruments electroniques appelés synthétiseurs, comme dans Popcorn donc.
Je m'en souviens encore, je pourrai presque dire quand je l'ai entendu la première fois, Popcorn: j'avais 11 ans. Mais la version originale est plus ancienne, 1969. Je revois le « poste de radio à transistor », de marque Grundig, à l’époque c’était de la bonne came, Sony viendrait, plus tard, balaiera tout ça. Le poste donc, monophonique évidement, mais y avait la FM… sur laquelle trônaient royalement les radios de l’ORTF France Musique et FIP « France Inter Paris », radio qui diffusait en quasi continue de la zique, plutôt de la zique « bobo » avant la lettre, et aussi des infos, un peu, et des conseils routiers distillés par des nanas à la voix suave et sans doute agaçante pour l’automobiliste enbouchonné…
Bref le « poste » trone sur un meuble de la salle à manger au rdc du pav’ de banlieue (ville nouvelle) où nous avons posé nos malles, en arrivant de ch’nord. C’est marrant, je revois bien le truc, et Popcorn qui joue « dans le poste »… J’adorais, et très vite, j’en viens à Kraftwerk, but c’est une autre histoire (c’est déjà assez fouilli comme ça)
Revenons à nos melotrons, enfin, à nos synthés, enfin, aux ORGUES WURLIZER ! (le melotron, une autre fois). Donc le Moog est un synthétiseur, un bidule eletronique, fait avec des transistors, et capable de simuler plus ou moins bien plusieurs instruments, des ryhtmes, etc. Vangelis (déjà entendu parler….) JM Jarre, Kraftwerk, et plein d'autres, populariseront le truc. La BOF de Clockwork Orange est jouée sur Moog (mais si, la cover de l'ouverture de Guillaume Tell.... La 9ème de Beethoven???).
Rien de tout ça pour nos Animals, Doors (Ray Manzarek !!), plein d'autres et même plus tard, et plus près de nous, Supertramp (ah, oui, Supertramp !!!!), et last but not least Madness ! Là, il s'agit non pas d'un synthétiseur, donc non seulement le terme ORGUE MOOG (Moog n’est pas un « orgue ») est impropre, mais en plus ces groupes, utilisent bien un « orgue », mais rien à voir avec les instrument Moog ! Il s’agit bien d’un orgue, electrique: les sons fabriqués sont sensés s'approcher des sons d'un orgue: on n'essaie pas de reproduire d'autres choses que des sons "d'orgue", dans un format compact (l'ancêtre étant l'orgue Hammond, conçu à l'origine comme alternative low cost destinée aux églises qui n'avaient pas les moyens d'acquérir un vrai orgue, mais vite utilisé par les jazzmen et autres soulmen). On obtient le son en faisant tourner des roues crantées devant un micro (bobine+aimant), et en amplifiant tout ça !!!
Mais le mythe reste attaché au Wurlitzer, peut-être à cause de son nom rigolo ? L’objet en question a pour nom sa marque, qui deviendra quasi générique : Wurlitzer. Ray Charles l’adoptera, sans doute, dans les « premiers », (What I’d Say serait le premier titre enregistre sur l’engin) suivi par tous ceux qui voudront associer ce son au son des 60’s et de la soul. D’autres fabricants se rueront dans la brèche (Fender, Yamaha…)
The Blues Brothers.... Le meilleur film Rock'n Roll? l'esprit de la Soul et du Blues, The Blues Brothers. Ma soeur m'avait dit d'aller voir ce film. J'étais en première - en terminale? Bref, à l'époque les conseils de ma soeur.... Je boudais le film. Comme beaucoup de monde, je m'imaginais un film bouffon, une énième comédie débile vaguement fondée sur un prétexte musical, un Grease, un American Graffiti. Je boudais le film à l'heure des Quadrophenia, Tommy et autres The Wall,. (Promis, finie l'anaphore). Arrivant à Londres, pour deux années mémorables, un copain me poussa à aller voir ce film quand il entendit...ce qu'il y avait sur mes K7... Mais il fallut qu’un soir, alors que nous étions chez des copains de promo, à une soirée, un petit groupe de jeunes Mods anglais tapent l’incruste – Ding dong, We’re just here for a couple of minutes, virent le 33T qui tournait, le remplacent par celui qu’ils trimbalent avec eux (The Blues Brother’s Soundtrack) sans la pochette, piste 4 (ne cherchez pas…) Shake Your Tail Feather du Genius (Ray Charles).
J e crois que je suis allé voir le film en late night le week end suivant. Ce film culte donc, n'en déplaise au Blaise mal à l'aise sur lequel pèse la honte d'avoir boudé le film à ses 18 ans, ce film (de J Landis, qui signera ensuite entre autre le clip de Thriller) est en réalité un hommage ENORME de deux gagmen américains au Blues, et la dernière occasion de voir une prestation (et de la conserver grâce à ce film) de quelques géants du blues: Au départ, il y a le SNL, Saturday night Live, émission de divertissement dont les débuts remontent au milieu des années 70. Canal + s'en inspira forcément pour Nulle Part Ailleurs, tant le duo De Caune - Garcia semble copié sur le duo Dan Aykroyd-James Belushi. Ce duo donc (l'américain) compose chaque soir des sketches, saynètes, déguisés, chansons... Ils créent deux personnages "récurrents", qui prennent vie au long des émissions, les frères Jake et Elwood Blues: Les Frères Blues! Déjà, parmi les musiciens qui accompagnent leurs prestations, des anciens de la maison de disque Stax (Memphis), oui, des anciens de Booker T and the MG's !! Donald "Duck" Dunn, bien sûr, et aussi Steve Cropper. Au fil des soirées où apparaissent les frères Blues, et grâce à la ferveur des deux "frères" pour conserver la mémoire du blues originel, germe le projet de monter un groupe, sortir un disque et tourner... Entre 1978 et 1982, ce sera le succès. Le film, donc, ponctuera cette aventure en 1980, et sera l'occasion de voir en situation (car ils jouent un personnage du film, qui soudain se met à chanter!), une ribambelle de stars de la soul et du blues, la plupart oubliées: cherchez, vous trouverez. Par exemple, Cab Calloway (chef d'orchestre du mythique Cotton Club), inoubliable en concierge du pensionnat, faisant attendre la foule en délire lors du concert final, en reprenant "Minnie the Moucher". Il fut dit-on très surpris qu'on lui demande de faire une version "classique" de son standard, lui qui avait pris l'habitude de la remettre en permanence au gout du jour, version soul, version disco...Cab Calloway, qui fut une star (Hello Dolly, le Cotton Club (le vrai club, pas le film de Copolla, quoiqu’il y fasse me semble-t-il aussi une apparition, Porgy And Bess mais aussi "You rascal You", que Gainsbourg repris avec Schmoll (vielle Canaille)) connut à 72 ans un regain de gloire...
Revoyez ce film, et traquez les stars qui apparaissent ici ou là: ce film est un catalogue vivant du blues, de la soul, de la Motown et de la Stax.... Merci à Dan Aykroyd et James Belushi, pour ce film sur le blues et la soul, ce film blues et soul, ces légendes du blues et de la soul.
En 1982, Belushi sombre de ses démons (drogue), aidé par sa petite amie.
Le second volet des Blues Brothers (2000), sera du coup sans âme, assez pathétique et raté. Mais il fourmille lui aussi de guest stars énormes et oubliés (Gary US Bond!!!! aussi sur les k7 de mes 20ans "I say hey hey hey hey hey", mais aussi Bo Diddley, l'un des pères oubliés du Rock et de son rythme (Diddley Beat, voir les Stones des débuts (Come On, Not Fade Away...)).
Dans le premier opus, une reprise de Solomon Burke "Every body needs someone to love".
Ensuite de quoi, revoyez ces films!
What shall I say about The Blues Brothers that has’nt been said yet? I’d rather, and anyway this is the purpose of this blog, turn around the true, officials facts you’ll read everywhere and recall souvenirs and feelings I (and may be some others) had, at the time this movie came out.
I actually missed the movie at the time of its rehersal. I then arrived in London as a student, and used to share a house in the surburbs. This is not so important as far as the movie is concerned, but there goes the story. One of the guys I was sharing the rent with (Hi Fred, how is it going these days?) said we should go and watch the movie.
This was agreed and planned for next weekend, but first we intended a party on this friday evening. Wait, here is the point!
At a point in the evening, a group of young Mods go ring the bell “Hi there, we just want to come in and share a moment. They come in and take a LP from a bag of theirs. Put the record on the stereo.
Whaou, here we are. The “revelation”. Them blokes face in sort of a circle and dance on “Shake Your Tail feather” the right way, shaking hands, and so on.
I think we went to see the movie down central London the very next evening.
Is It of any mean to tell once again here the story? The Blues Brothers is in the first place a comic duet created by Dan Aykroyd and James Belushi for SNL, to honour the blues glories that were being forgotten at that time. First a joke, the success made them decide to go further and try and gather a band. In which they eventually call former Memphis Group stars (Memphis Group, or MG’s, the studio band used by Mmephis Stax Studio while recording the big big stars (Otis Redding, for instance!!).
After a while comes the idea of a movie, where all the bigger blues and soul personnalities would held a part, come and sing a hit. That’s hos we have a testimony of Ray Charles, Cab Calloway, Aretha Franklin, Bo Diddley, Gary US Bond, James Brown and others…
Avec à l’oreille la version de Julien Doré en 2007, qui prouve qu’on peut avoir du talent et flirter avec la télé réalité, je réalise qu’il est temps de parler de ce hit de ma jeunesse.
Comme on ne le sait pas, Soft Cell fut un groupe très éphémère de la vague new wave, précurseur de la house music, (voir leur premier succès, Memorabilia) et étendard de la scène gay londonienne.
Ce dernier point pourrait être un détail, si leur second hit (et probablement le seul qui ait survécu dans nos mémoires) « Tainted Love », n’était devenu un symbole dans cette communauté (londonienne) de la lutte contre le sida, par la reprise du groupe Coil dont les recettes furent intégralement versées à un fond de recherche.
La video du clip de cette reprise est glaçante d’effroi, et nous fait revivre ce que cette maladie a fait peser sur la jeunesse des années 80 (hein, tu te souviens…), contrastant avec l’arrogante « libération sexuelle » de nos ainés, bande de veinards....
J’aimais, j’aime toujours beaucoup, la version « club » « maxi 45t » de Tainted Love par Soft Cell, avec le medley en fondu enchainé sur une autre reprise « Where did our love go », vieux hit du groupe motown « The Supremes » : Voyez-vous, au milieu même de la new wave tueuse de groupes à guitare et de « good ol time Rock’n Roll », l’inspiration venait encore de la Soul, et du rock.
Car non, malgré le talent de Mark Almond, chanteur de Soft Cell (qui officiera aussi avec d’autres, dont Jimmy Sommerville, mais si, Small Town Boy !!) pour « I Feel Love », pas mal aussi):
Tainted Love n’est pas une création, c’est une reprise !!!!!
L’aubaine pour moi quand je veux faire mon vieux fan de vieille musique de vieux !! (t’as vu, le rock c’est devenu une musique de vieux !!! c’est pas bon signe !!) : Quand on me dit « ah ben tiens, t’aimes des soupes new wave toi maintenant », soit je réponds « beh, c’est toute ma jeunesse » soit je mauvaisefoise « ben non c’est un truc des 60’s » :
CAR C’EST un truc des 60’s : l’original, que vous écouterez sur Youtube, a été enregistré par Gloria Jones (la nana de Mark Bolan, de T-rex). Echec à l’époque, ce morceau fut « découvert » par un DJ anglais dans les 70’s, devint un succès qui poussa Gloria Jones à en ressortir une version disco en 76.. vous connaissez la suite.
Je recommande (évidement) la version 12 » maxi single de Soft Cell en premier lieu, la version de Coil pour bien se souvenir de l’époque, et tout de suite avant pour se donner le moral, les versions de Imelda May, et celle de Julien Doré décidément Rock’n Roll… A quand, à qui, la suivante ???
Soft Cell issued in the 80’s a famous “Tainted Love”, which ended up the banner, the hymn of london gay scene. As a matter of fact, Tainted Love more generally became the symbol of the struggle against AIDS, speciallyHe who has seen the clip at the time recalls being stuck with fright…
Aids was, in the 80’s a threat we had to learn living with, far from the 70’s free love generation (the elder generation had no idea how provocative their optimism and freedomish behaviour was, seen from our part… Fear that came along with nuclear terror to help us trust future…
Soft Cell’s Tainted love was such brillant few of us came to notice it was a cover. A clever cover, but a cover.
Mark Almond borrowed Gloria Jones 60’s hit (Gloria Jones was T-Rex Mark Bolan’s wife). Not a succes when Gloria Jones issued it in the 60’s it was rediscovered in the late 70’s by a british DJ, which encouraged Gloria Jones to auto-cover the song in a disco-like way….
Of course, we here do not hide our taste for the 12” Soft Cell extended “club” issue: the one with a long bass/synth bridge, and a meddley with “where did our love go”….
But one can also give an ear to Imelda May cover, quite clever and bright.
Un post bilingue! le Rock'n roll a droit à tous les égards
Ce post sera bilingue, en l’honneur de Cheryl (voir plus loin) qui nous a fait découvrir cette version…
You'll reckon the bilingual post is far from a translation, but a real bilingual as each bears some slight changes..
Aujourd'hui un rapide et bilingue billet musical au sujet de cette ENORME "Stand ByMe", la version de Ben E King en 1961 fait référence, mais c'est en fait un gospel du début du siècle, repris, revu, malaxé de nombreuses fois avant d'être porté aux nues par la voix, le groove de Ben E King.
Ce dernier, un temps membre du groupe The Drifters, est un peu un "One Hit Wonder", car il a surtout été porté par le succès de Stand By Me, tube immense qui connut le succès en 1961... et fut repris plus de 400 fois.
La question serait « qui n’a pas enregistré ou joué en live ce standard absolu au frisson garanti » ? Oasis, que je n’aime décidément pas a, sacrilège ultime, utilisé le même titre pour une chanson lamentable quant au sujet, et pas terrible au final.
Ne vous y trompez pas, ça n’a rien à voir.
Dans « notre », « le » « Stand By Me », il y a une intensité dramatique mise en scène par une montée en puissance, rythmique seule puis chant puis arrivée progressive des instruments, un peu comme dans les versions studios originales de « I heard It Through The GrapeWine », même si dans ce cas, les instruments arrivent les premiers, un par un...
La video que nous fait découvrir Cheryl (en direct de Santa Cruz, California), est issue d'un projet "Playing for a Change", diffusant un message de paix en enregistrant aux quatre coins du monde des interprètes de ce hit, et d'autres... Les interprétations de certains musiciens « de rue », est tout simplement bluffante, et le montage qui est fait est très plaisant.
Today our musical post, wil be a short, and for once in French/English, in the honour of Cheryl, who sent me this video. Talking about this hudge hit "Stand By Me", Ben E King 1961 cover being the reference, but not the first, as it comes actually from an early 1900 gospel, reviewed, sung, mixed, knead by many before being brought in the higher place of sound and fame by Ben E King grace and groove. The guy, after a quick run with The Drifters, went into a solo career, mainly led by this one Hit "Stand By Me"... Ben E king is thus not far from being what them guys call a One Hit Wonder. The song was a hudge hit in 1961, and was covered since then over 400 times....
The video Cheryl sends us direct from Santa Cruz, California, comes from "playing For a Change" project, a guy strated recording this guy you see right at the beginning, and then the idea comes to him to go round the world recording many streets covers of this, and then many other "love each other songs".
EN
sTAND BY ME, BEN E KING, PLAYING FOR A CHANGE
Today our musical post, wil be a short, and for once in French/English, in the honour of Cheryl, who sent me this video. Talking about this hudge hit "Stand By Me", Ben E King 1961 cover being the reference, but not the first, as it comes actually from an early 1900 gospel, reviewed, sung, mixed, knead by many before being brought in the higher place of sound and fame by Ben E King grace and groove. The guy, after a quick run with The Drifters, went into a solo career, mainly led by this one Hit "Stand By Me"... Ben E king is thus not far from being what them guys call a One Hit Wonder. The song was a hudge hit in 1961, and was covered since then over 400 times....
The video Cheryl sends us direct from Santa Cruz, California, comes from "playing For a Change" project, a guy strated recording this guy you see right at the beginning, and then the idea comes to him to go round the world recording many streets covers of this, and then many other "love each other songs".
dans mes "K7-souvenirs": D'abord, "What I'd Say" figurait effectivement sur l'une de ces bandes magnétiques, et, avec Guitar Boogie, l'un des deux morceaux que j'ai appris à jouer à la guitare "sèche" lorsque j'étais lycéen, avant d'abandonner cet instrument pour quelques décennies...
Ensuite, lorsque nous avons abandonné les vinyles pour les CD, une compil du "Genius" figurait parmi les premiers cd acquis....
Aujourd'hui chaque écoute de ce cd ces années nous reviennent en mémoire ....
Enfin, nous avons eu l'immense plaisir d'assister à un concert de Ray Charles, en 1988, donc à la même époque, lors d'une soirée de promotion d'un fournisseur, illustrant un concours où une Ferrari était à gagner. Je n'ai pas gagné la Ferrari, mais bien mieux, on a eu un concert du "Genius", "rien que pour nous" (on était quand même au moins 2000 personnes).
Le secret de sa venue avait été bien gardé, et je me souviens encore de la standing ovation qui lui avait était faite, tous surpris d'apprendre qu'on allait assister à un concert en fin de soirée.
On n’en revenait pas. Ray Charles n’était plus tout jeune, il faisait un concert alimentaire, lui qui avait déjà joué partout, devant tant de grands, dans tant d’endroits mythiques.
Il donna cependant un concert inoubliable, et semblait se donner à fond.
Que raconter de plus sur « the Genius » ? Comme pour pas mal de trucs que j’aborde dans ce blog, des bouquins, des films (celui sur Ray Charles me parait très, très bon et je le recommande), je n’ai pas la prétention d’ajouter quelque chose, de dévoiler un truc, de fournir une analyse pertinente au-delà de ce que j’ai pu ressentir en entendant cette musique.
Ray Charles est intéressant en ce qu’il a établi un pont entre le soul et le rock, rassemblant les deux, et décevant aussi parfois les puristes de chacun des « deux mondes ».
What I'd Say date de 1959. c'est à l'origine une impro de Ray Charles lors d'un concert. Caractéristique, reconnaissable entre toutes, l'intro au piano électrique Wurlitzer...
Le morceau avait été jugé tellement long qu'il a été édité en 2 parties, la seconde, fameuse pour son dialogue avec les Raelettes, mais aussi le public....Il fut interdit sur de nombreuses radios, jugeant obscène ce long morceau qui commençait comme un gospel et se terminant comme un râle érotique et bestial. Quelle époque! Le film qui porte son nom montre bien sa capacité à utiliser les affres de sa vie privé pour en imaginer des titres et des façon de les chanter (ou faire chanter par ses choristes) propres à nous faire vibrer (What Kind Of Man Are You, Hit the Road…)
Je cherche souvent, et ne peux me remémorer quel fut le premier morceau de rock que j’entendais, et qui m’a marqué. Oui, je dois dire que ça me « travaille » souvent. Confusément, je crois que certains titres de Ray Charles évoquent des souvenirs de petite enfance, sans qu’aucune certitude ne me soit permise : aucun indice du genre 33 ou 45 t retrouvé chez mes parents ne me permettent de « résoudre cette énigme ». Des trucs comme I Had a Dream, I Gotta Woman, My Bonnie, pourtant, semblent réveiller quelque chose??
Évidement, j'écris tout ça en écoutant, à chaque fois, les morceaux que je commente. Bine sûr, je reprends souvent le texte plusieurs fois. Et là, aujourd'hui, sans doute parce qu'ayant écrit ce qui précède il y a quelque temps, mon cerveau a continué à chercher « en tâche de fond », me revient un souvenir enfoui depuis longtemps.
Oui, J'ai entendu Ray Charles étant tout petit, à Lille, je devais avoir 5 ou 6 ans maxi. Je vois le salon de l'HLM familial, une jeune fille au pair qui venait nous garder, passait des 45t sur l’électrophone familial, en fumant des clopes, et c'était (sans doute pas toujours) Ray Charles. Je me souviens de ma sœur (ainée) disant « T'as vu ELLE SE DROGUE » car elle fumait, et « faudra pas le dire, hein », disait la minette. Je crois qu’on l’avait « dit », Ray Charles n’est pas revenu.
Bref, le vieux Ray est définitivement un mythe de mon histoire du Rock. Le grand-père toujours souriant que la vie n’avait pourtant pas épargné, semblait toujours optimiste et devoir nous mettre de bonne humeur avec son art… Souvenons-nous également de l'apparition de Ray Charles en prêteur sur gage dans les BluesBrothers op1....
Ray Charles
Now you feel more familiar with the main idea of this blog: not an accurate relation of historic facts about Rock’n Roll culture, but a feeling, my feeling, and memories of the feeling I’ve had while listening to a masterpiece of Rock’n Roll music… Taking as granted the fact that I MUST have had this milestone recorded on a stereotape… Once.
Ray Charles, and Ray Charles’ “What I’d say” surely has a special place in Mon Histoire du Rock. What I’d Say is the first piece of music I tried to play on a guitar, an acoustic one, a theatre accessory in fact, I had used to play in a “rock’n roll adaptation” of a Moliere’s play, at school. The result was such I left the guitar for decades….
I told you Mon Histoire du Rock was not used to give important facts about whatever…. Shall this be a proof of it.
What I’d Say was recorded on a stereotape, in good place with some rock’n roll standards, oldies but goldies, such as Be Bop a Lulla, Johny Be Goode, Hootchie cootchie man, Lucile, Nadine, and other Great Balls of Fire.
Ray Charles issues What I’d Say in 1959; He records what is in fact an impro, played live one day when in trouble with the bar he was playing in, the guy willing not to pay him because he’d not played long enough. The record company had to record it in two parts, because it was too long to stand on one side of a record. Hence part 1, a break, and part 2.
The song was banned from lots of radios, because of sexual healing. The tune started as a godspel, and then turned out to finish as an animal hot and sexfull groan.
Ray Charles drew a line between Soul and Rock’n Roll music, and although he seldom is shown as an iconic figure of rock culture (but by Belushi and Aykroyd’s Blues Brothers), we rock’n roll “kids” owe him so much…