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lundi 23 juillet 2018

Some Girls, chant du cygne des Rolling Stones en 1978 ?

Some Girls, 1978


The Rollings Stones

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Le titre de l’album sonne comme un avertissement. La pochette, une promesse. L’album a 40 ans cette année, et le ré-écouter aujourd’hui me ferai presque regretter mon définitif et cassant avis précédemment émis. J’ai souvent dit qu’àprès 1971 et Exile on Main Street, la discographie des Rolling Stones ne valait pas grand chose.


Avec 40 ans de recul, il me semble que Some Girls s’est plutôt bonifié. Enregistré à Paris, lors de longues sessions , qui verront naître également les morceaux des deux album suivants.il est le premier où les figure Ron Wood, au moment ou Keith Richards s’empètre dans l’héroine, les procès… mais l’alchimie avec le jeu de Ron Wood est totale. L’ambiance n’est semble t il pas au top, Jagger et Richards se croisent et s’évitent… Mick Jagger dira qu’il a écrit la plupart des titres: on lui laisse Miss You, qui de mon point de vue fait honte à l’album mais… annonce hélàs le suivant…

C’était l’époque des vinyls en couleur, le mien était rouge translucide. Mais c’est vers la pochette que se portait toute l’attention,dans la première version, avec Lisa Minelli, Farah Fawcett et Marylin… Cette mode du vinyl en couleur ne durera pas, et n’apportait à vrai dire pas grand chose.

Pour revenir à Miss You, le titre fera une ombre injuste à d’autres titres de l’album, Beast of Burden bien sûr, mais aussi Fareway Eyes, aux accents country hommages à Graham Parson.. Pas à beaucoup d’autres, de Lies à Shatered, en passant par la “reprise” de Just my imagination. Before they make me run, qui évoque les déboires de Keith, sort également du lot, come Some Girl, en étant généreux.


Trois titres pour sauver l’album… bon, Some Girl n’est pas aussi mauvais que je l’ai souvent dit, et pensé. Peut être le dernier, le chant du cygne?


samedi 3 décembre 2016

Blue & Lonesome The Rolling Stones 12 2 2016

The Rolling Stones, un album blues, en 2016 !!!


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Vous n'aimez pas les Rollings Stones? Vous aimez le Blues? Vous allez aimer les Rolling Stones!! 

 C’est peu dire que l’attente a été longue. Enthousiaste, je dirai que ça valait le coup d’attendre. Ils n’ont pas oublié. Ils se rappellent encore. 

Depuis 45 ans, ils nous désespéraient, à suivre toutes les modes et des chemins douteux. Hier 2 décembre a donc fait l’effet d’un séisme, les pistes tournent en boucle sur Spotify, hypnotisé, conquis. 

 Oui, ce sont des reprises. Mais quelles reprises!!! On revoit la scène du magnifique Cadillac Records où les Stones vont en pèlerinage à Chicago, chez Chess Records, écouter leurs ainés, leurs maitres. 

Car le blues est leur inspiration, leur source, leur mentra. On le sait peu, ils ont tout fait pour qu’on l’oublie. Les Stones ne sont plus au complet, Bill Wyman, et on peut regretter son absence, l’absence de son jeu, de sa rythmique implacable. Les Rolling Stones nous livrent un concentré de Chicago Blues, les titres de Willie Dixon, Little Walter, Holin’ Wolf, Eddie Taylor s’enchainent.

Le titre de l’album est lui même un hommage à Little Walter!


 Ce sont de magnifiques standards du Blues, magnifiquement interprétés. Ce ne sont pas nécessairement les titres les plus célèbres de l’écurie Chess, il manque évidement Muddy Waters, mais je retournerai l’argument: 

Découvrez des titres que vous connaissez moins, et reconnaissez que les Rolling Stones n’ont pas cédé à la facilité des hits rebachés. Jagger est à l’hamonica, et maitrise l’engin du blues avec talent. Clapton, le grand Eric Clapton, vient en ami et illumine I can’t quit you baby, et Everybody knows about my good thing. Qu’en pensez-vous? Pour moi, c’est un truc phénoménal, en même temps qu’une évidence. Un bonheur de chaque piste, ce que ce groupe aurait toujours dû faire. Je suis hyper fan, et me réconcilie avec les Rolling Stones, dont je n’écoutais rien depuis Exile on Main Street, en me forçant un peu depuis Aftermath, sauf pour Sticky Fingers. 

 S’ils en restent là, ce sera un formidable retour aux sources, on pourrait dire qu’après cela, il ne faut plus rien toucher...



mercredi 18 mai 2016

Jumpin' Jack Flash The Rolling Stones 1968

Jumping Jack Flash.

The Rolling Stones


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Titre mythique. 



Même les plus réticents à l'égard des Rolling Stones finissent après un ou deux Rhums arrangés par adouber ce titre et parfois même à le jouer….

Jumping Jack Flash est la violence à l'état pur, et c'est le credo du groupe en ces années 60. 

Ce n'est pas qu'une posture. 

Ils ont eu, chevillée au corps, l'envie de sortir du néant en jouant du blues, puis du rock'n roll.

Du blues, Brian Jones et Keith Richards en ont bouffé à outrance, avec pour seule école l'écoute et le "doublage", sur un pick up pourri, des standards de Muddy Waters, Bo Diddley, Chuck Berry… Des journées entières, pas grand-chose à bouffer, dans un appart glacial et peu amène, à détailler des riffs avec les doigts gelés, au 102 Edith Groove.

On peut, à souhait, moquer ce que sont devenu les Rolling Stones. Il faut leur reconnaître une teigneuse envie de faire revivre ce son, celui du blues, au début des années 60. 


Au point d'avoir d'abord du mal à composer, à faire autre chose que de reprendre les maîtres, ne livrant jusqu'à Aftermath, que quelques compositions sur chaque album, par modestie et par crainte de mal faire...

Jumping Jack Flash. 1968. 


Enfin, bon, là, ça y est. Les Rolling Stones sont un groupe reconnu. Qui écrit. Compose. 

Le vieil appart et les vaches maigres sont un vieux souvenir. Les Rolling Stones ont tenté pas mal de trucs, se sont laissés eux aussi entraîner vers le rock psychédélique… et Jumping Jack Flash marque la volonté de Richards et Jagger de revenir au son plus brut, au blues. L'influence de Brian Jones décroit.

Keith Richards prend l'ascendant sur Brian Jones. 


Jumping Jack Flash annonce le retour aux sources qui se confirmera sur l'album Begars Banquet, dans lequel Jones ne tient plus aucune partie de guitare. C'est bizarre, parce que Jones était le plus fervent tenant de la ligne "Blues", au début des Stones. C'est lui maintenant, qui s'en écarte..

Plus encore que Satisfaction (que les Stones n'aiment pas jouer en live), Jumping Jack Flash est THE titre des Stones qui se doit de figurer sur chaque set list depuis sa sortie.

Dans Life, Keith Richard (P 201) explique avec luxe détail la façon dont le morceau a été enregistré. Il décrit le riff comme étant "Satisfaction in reverse": le riff de Jumping Jack Flash est, plus ou moins, el riff de Satisfaction, joué "à l'envers….": Ecoutez…..

Il explique également comment le titre a été enregistré, et ça, c'est extraordinaire!!

En effet, l'enregistrement original ne fait intervenir que des guitares acoustiques!! C'est vraiment intéressant parce quand on écoute le morceau, on entend un son saturé de guitare. Je devrais écrire un son de guitare saturée. 

Précisément, de guitareS saturéeS, tant il semble qu'il y ait en fait plusieurs guitares. 

Tonton Keith nous révèle le "truc": en fait, il a enregistré sur son petit musicassette plusieurs (je ne me souviens pas que dans le bouquin il précise le nombre) pistes de guitare, qui ont été juxtaposées ensuite (overdub).

Rien ne laisse penser qu'il n'y a aucune électrique dans le coup. Le son est capté par un magnétocasette Philips (ça vient de sortir à l'époque), ce qui sature le son et donne un effet overdrive bien gras. Incroyable. On croit entendre une Telecaster branchée sur un bon vieux ampli Fender… Eh ben non.


Ainsi parle M Keith Richards, qui pour le coup nous présente une face "expérimentaliste" des Stones, un peu loin de l'image qu'on en a…. Et tend à montrer que sur la question "je teste des trucs bizarres", y a pas que chez les Beatles qu'on tentait des trucs.

Toujours dans Life, et toujours P 201, Keith Richards résume ainsi le riff principal de Jumping Jack Flash: " “Flash” is basically “Satisfaction” in reverse." Comme si tout était simple, naturel, évident.

Les Rolling Stones ont trouvé leur son, leurs marques. Ils osent maintenant composer et ont moins recours aux reprises, si présentes auparavant. Oublié le complexe vis-à-vis de leurs amis Beatles, oubliée pour un temps la tentation de racoler en suivant l'air du temps.

Le sursaut salutaire sera de relativement courte durée, jusqu'en 1971 et Exile on Main Street, avant que les Rolling Stones ne retombent dans une certaine facilité jusqu'à franchir les portes du disco…

On nous promet ces jours ci un retour au blues… wait and see…



dimanche 17 avril 2016

The Inmates

THE INMATES.

Mon Histoire du rock vous propose une fois encore un plongeon dans les années 80 mais cette fois, il s'agit de rock pur et dur, le rock brutal d'un groupe oublié,

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Ce groupe faisait partie de ceux qui promettaient une relève, comme The Jam, The Smith et quelques autres, sortis "indemnes" du Punk en conservant de celui-ci une nervosité bienvenue. Sur les traces des Rolling Stones, période pré Exile on Main Street, of course, et évidement des Kinks et des Animals.

On découvre Ce groupe si je me souviens bien,  dans l'émission Chorus d'Antoine de Caunes en 1979. Un rêve. On se croit rétro-propulsé en 1965, et ça nous change, ça nous ravit.

Le premier album est vraiment prometteur, avec une reprise de "The Walk" des Standels, véritablement explosive, étendard de ce rock british, et espoir d'un "British Invasion Revival"… qui fera hélàs "psshitt", car ces groupes n'auront malheureusement pas la longévité dans le succès qu'on aurait souhaité lorsqu'on les écoutait.

D'un autre côté, mes détracteurs, que je croise parfois au détours de commentaires sur d'autres blogs et webzines, souligneront ici encore les contradictions qui sont les miennes: Je regrette tout autant qu'un AC/DC ait perduré au-delà de Bon Scott, que les Rolling Stones se soient fourvoyés au-delà de 1971 dans les impasses du disco et de la facilité, tout autant donc, que d'autres groupes comme Inmates n'aient pas pu tenir davantage le devant de la scène.

Ecoutez dès maintenant The Walk, pour vous convaincre. Le groupe tourne toujours aujourd'hui, et, fait rare, avec le line up original. On ne peut que regretter que ce groupe ait été enfermé dans une toute petite boite avec une petite étiquette pub rock restrictive qui les à presque contraint à un quais anonymat.

Véritable groupe de scène, les Inmates savent reproduire sur leurs albums studio la spontanéité de leurs performances live. Ils continuent aujourd'hui à se produire, peut-être au détriment de la création de titres nouveaux. Au moins restent-ils fidèles à leur style de départ… Au point de sortir en 1987 un album de reprise des Beatles.


Pourtant là ou le groupe tourne il fait salle comble et le bonheur de son public. Mais reste ignoré des radios, médias…



dimanche 20 mars 2016

On nous dit que 1966 est "l'année qui bouleversa la musique". Ah, bon?

1966



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Il se lit ces temps dernier (voir le N° spécial éponyme des Inrockuptibles) que 1966 serait "l'année où tout a basculé", l'année charnière de l'histoire du rock'n roll.

A d'autres. 1966 est l'année qui permet "aux Inrocks"de sortir un numéro nostalgique "il y a 50 ans", sans attendre 2017 pour parler de 1967...

Car s'il y a eu un basculement spectaculaire de la culture rock au milieu des années 60, c'est bien évidement en 1967 que ça s'est produit..

Enfin, dans la logique bien établie qui consiste à tout classifier, tout expliquer, tout rationaliser. Et quand on décide d'aller par là, on détermine avec précision l'année de naissance du rock'n roll (1951), l'année de sa mort (1959, le 3 février), de sa renaissance chez les britanniques (1962), et ainsi de suite. On y reviendra un autre jour, mais cette frise chronologique en fait assez subjective se poursuit  avec 1965, naissance véritable de la British Invasion, des Animals, des Who, puis 1967, dont on reparlera un jour…

Dans ce classement, que vient donc faire 1966? J'avoue avoir un peu de mal à répondre, même avec le magazine cité plus haut sur les genoux: d'abord, il n'est pas sur mes genoux, ensuite, s'il y était, je ne pourrai pas m'y référer parce que la table sur laquelle j'écris le cacherait à mon regard.
Mais pour l'avoir lu avec attention, je n'ai pas pour autant une réponse claire à ma question.

C'est marrant d'ailleurs, en attrapant le magazine chez le marchand, je suis tombé sur la couverture de l'éminent Rock & Folk (eh oui, folk, ce qui est bien l'une des marques de l'année 66..). Ce magazine met en couverture de son N° de mars 2016 un Polnareff (qui tient une Rickenbacker 360 FG). (presque) le même Polnareff que celui qui ornait la couverture du N° 1 en … 1966!

Diabolique.

A part ça, on peine à voir émerger un courant, une suite logique de faits marquants l'année 1966. On verra un autre jour que l'année suivante sera, elle, marquée par la concomitance d'événements bien plus marquants et fondateurs.

Bien sûr, les Beatles sortent Revolver, et c'est un album énorme. Mais à cette époque là, les Fab Four, (saluons ici George Martin qui était le Fab Five et qui vient de nous quitter) sortent chaque année un album  énorme et révolutionnaire (on a parlé du Rubber Soul de 1965).

Ah, si, les BeachBoys sortent Pet Sound. J'ai déjà parlé de cet album, qui est effectivement crucial et précurseur du rock psychédélique. Si un seul album peut faire d'une année un millésime, alors oui, 1966 vaut qu'on y consacre une étude. Sinon…. Il faut se contenter de l'autoreprise de Sound of Silence par Simon et Garfunkel, pour la joie de nos profs d'anglais…

J'exagère un peu. Il n'est pas question de jeter le discrédit ou de minimiser les groupes et leur créations sorties en 1966 (Houlà, on ne peut quand même pas oublier Aftermath des Rolling Stones!!! (le dit magazine (n')y consacre (qu')une page, ce qui est bien peu au regard de la puissance et de l'importance de cet album, premier des Stones dans lequel ne figure aucune reprise, et tant de pépites: Mother's little helper, Lady Jane, Under my Thumb, Out of time… entre autres.

Ah, ben ça fait deux raisons de parler de 66 alors? Tu verras quand on parlera de 67..  Tu verrais si on parlais de 65.

Allez, je vais être bon prince, il y en aurait bien une troisième, en l'album des Who "A quick one", qui marque l'antichambre de la naissance de l'opéra rock, coup d'essai avant Tommy.

En gros on a fait le tour, sauf à tirer un peu sur la corde en parlant de Hendrix (dont la véritable explosion aura lieu plus tard), en oubliant de parler des débuts de Pink Floyd et de Jefferson Airplane façon Grace Slick..



Je sors donc de cette lecture avec les questions qui étaient les miennes à l'entrée. 1966? Ah bon. 



samedi 3 octobre 2015

Brian Jones, The Rolling Stones, également du Club des 27, 1942, 1969

Brian Jones

Qui était véritablement Brian Jones? Comment est-il passé du statut de fondateur des Rolling Stones, grand amateur de Blues, initiateur de la vague blues revival (avec d'autres, hein, évidement), à celui de membre écarté des même Rolling Stones?

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Était-il l'ange mythique souvent décrit, ou un personnage bien plus noir et complexe? Quels complexes le rendaient si noir?

Sa mort, comme pour beaucoup d'autres, est-elle due à l'excès de substances énervantes et prohibée, la fatigue d'un corps épuisé (on pense à Jim Morisson)? A-t-il été "poussé dans la piscine" dans son manoir (qui avait appartenu à Lewis Carrol), après avoir été poussé hors des Rolling Stones? On pense aussi à Syd Barrett, devenu, comme Brian Jones, le fantôme de lui même, s'excluant de ce fait du groupe qu'il avait fondé!
Il meurt donc à 27 ans, et sera (trop vite) rejoint dans ce foutu club des 27 par Jimi Hendrix et Janis Joplin, avant que Jim Morisson (qui disait: je serai le quatrième "J") n'y tombe à son tour, en 1971.

L'iconographie Rock'n Roll présente Brian Jones comme un gentil et doux rêveur, musicien terriblement talentueux, et fédérateur de ce groupe de type méchants, sales et désœuvrés que sont Bill Wyman, Charlie Watts, Ian Stewart, Mick Jagger et Keith Richards.

First of all, l'image de vilains garçon est très, très exagérée, et constitue plus un positionnement "marketing" du manager des Stones, Andrew Loog Oldham, qui cherche à créer une opposition avec les "gentils" Beatles. Cela étant, Jagger, Richards et Jones ont mené à leur débuts une existence crasseuse dans un quasi squat glacial, crevant la dalle et dormant peu, par terre, autour d'un electrophone et serrant leur guitare, dans le quartier de Chelsea, à Londres, pour ceux qui connaissent ou voudront visiter (102, Edith Grove).

Mais ces types sont issus de la Middle Class et sont loin du working class heroe que décriera plus tard Lennon (qui, lui, peut s'en revendiquer) (on le dit, ça, "peut s'en revendiquer? Non? Tant pis )

Revenons à Brian Jones. C'est bien lui est à l'origine du groupe, recrutant les autres membres par petite annonce. Le nom du groupe est aussi une de ses idées, en référence à un titre de Muddy Waters, qui est pour lui comme pour Jagger et Richards, "the reference". Ils feront un groupe de blues revival. C'est comme ça qu'ils voient les choses.

Brian et Keith (je me permets de vous appeler par vos petits noms, shouldn't I?) passent le plus clair de leur temps, ensemble et dans une grande complicité, à tenter de reproduire les riffs, grilles, solis qu'ils entendent sur leur electrophone (disques imports USA, Muddy Waters, écurie de Leonard Chess…). Là encore, l'image d'une rivalité entre les deux est pure invention (bon, ça se gâtera ensuite..).

Brian Jones, qui prétend à juste titre, l'honneur d'avoir été à l'initiative de la création du groupe (le genre "créateur du nom", etc), pousse un peu loin, au gout 'des autres', au point de demander en douce un cachet supérieur pour lui, et de préparer l'éviction de Ian Steward avec Andrew Loog Oldham (aucun des membres du groupe n'ayant fait preuve de beaucoup de "courage" sur ce coup là.

De quoi écorner l'image angélique de Brian Jones. Il se sait par ailleurs musicien talentueux, mais ce talent ne va pas de pair avec un excès de modestie, et il a furieusement tendance à minimiser le rôle et l'importance de ses compairs… que ça énerve un tantinet!

De là sans doute l'origine de l'animosité croissante au sein du groupe. Cette animosité est exacerbée par les mois de vache maigre, et tout autant par le soudain succès. Les Stones prennent la grosse tête, abusent de ces substances illicites qui donnent l'illusion de pouvoir tenir le coup (longues prestations, journées de répètes..). Dès les premiers concerts (Marquee Club, 1962), Jones doit être passablement "fatigué" pour que Richards lui "balance" 'tu dépasseras pas 30 ans, hein" (cité par François Bon in "Rolling Stones, une biographie", 2002).

Le répertoire reste très fidèle au blues (reprises de Willie Dixxon, Muddy Waters, et plus tard, découverte de l'accord ouvert auprès des grands Bluesmen). Lire à ce sujet les pages consacrés au sujet par Keith Richards dans Life: étonnant de modestie et de révérence envers les "anciens".

Contrairement aux Beatles qui semblent mener, à la ville, une vie paisible (ouais, faut voire..), les Stones attirent autour d'eux les foudres de la justice et des forces de police, qui ont décidé de se les payer, de préférence les mains dans la chnouf.

Richards et Jones sont particulièrement visés, mais Jones ajoute à cela un comportement particulièrement misogyne à l'égard de ses conquêtes: il aura 6 enfants, et peu de considération pour eux ni pour leur mère. Ses compagnes le décrivent volontiers comme aussi violent et instable en privé que discret en société.

Reste que Brian Jones était, je l'ai écrit plus haut, un musicien autodidacte hors pair, capable de maitriser sans pareille un instrument qu'il découvrait à peine. Richards, avare de compliment, dira de lui que s'il était incapable de composer un titre de bout en bout, il excellait en revanche dans l'art d'ajouter des arrangements somptueux, sur le premier instrument qu'il avait sous la main, et la liste est longue!!!



 


samedi 11 juillet 2015

Mon Histoire du Rock explique ce que sont les Girls Groups


Girls Groups

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Alors que les années 90 ont été marquées par l'émergence d'insipides formations (Boys, et girls BANDS) à but lucratif autour de jeunes gens intitulés chanteurs, danseurs, ou musiciens, la tentation est grande du parallèle avec la mode qui a vu le jour aux USA dans les 60's, autour de "chorales de filles" au son sirupeux.

Ces groupes avaient des noms en -ettes:


The Supremes (ah oui tiens, c'est pas un nom en -ette). The Ronettes, The Silhouettes, The Jaynetts, The Velvelettes, mais aussi The Crystals, The Chiffons… la liste est longue, plus de 500 entre 1950 et 1970...

L'anglais, qui sait être une langue de nuances, fait la distinction entre les groupes de filles (girl groups) comme par exemple The Bangles, et les "girl bands": dans le premier cas, les membres sont instrumentistes, dans le second, c'est plutôt une mini chorale accompagnée d'un orchestre "anonyme", souvent celui du studio qui les produit;

Qui dans le cas des productions de Phil Spector, prendra une dimension exubérante, mais le bonhomme est à lui seul un autre sujet, que mon Histoire du Rock abordera sans doute un jour, tant son influence sur la production des années 60 est importante.

Ces dames s'affranchissaient, avec un talent certain, du rôle dans lequel les vilains producteurs macho (et les artistes, aussi) les cantonnaient: celui de faire valoir, de jolies pépées sur le côté, de choristes.

· Eh, c'est pas du Rock….

· Eh, t'as dit que c'était pas utile de chercher à tout prix à classifier, rock, pas rock…

Revenons à… notre propos.

Celles qui avaient longtemps joué les faire valoir de ces messieurs (les Raelettes de Mr Ray Charles, Tina Turner, la groupie du pianiste… mais je m'égare), bousculent le protocole et accaparent le devant de la scène. On assiste, entre la fin des années rock'n roll US et le début de la British Invasion, à une véritable explosion du genre, une avalanche de succès:

Be my babe (the Ronetttes),

Please Mr Postman (The Marvelles),

Stop! In the name of love (The Supremes)

Dadu Ron ron (The Crystals),

Walking in the Rain (The Ronettes),

Dancing in the Street (Martha and The Vandellas): Keith Richards dira qu'il craint d'avoir plagié inconsciemment ce titre pour le riff de Satisfaction…

Where did our Love go (The Supremes): Quiconque a eu 20 ans dans les années 80 se souvient de la reprise de Soft Cell en version longue de Tainted Love!

Then he kissed me (The Crystals)

You Keep me hanging on (magnifique reprise "Rocksteady" (le reggae qui bouge) par Madness"Dangermen"

On arrête là l'égrenage des titres marquants du genre? La plupart on fait l'objet de reprise par les plus grands, aux premiers rangs desquels les Beatles et les Rolling Stones, ce qui doit bien être une marque de reconnaissance. 


Je ne peux pas oublier les Who, qui trouveront, dans leur ode aux années 60, Quadrophenia (le film) le moyen d'insérer à la bande son quelques-unes de ces pépites.

L'évidence veut donc, au-delà de ces reprises, que ces Gilrs Groups ont eu une influence majeure sur le rock des années 60, au premier rang desquels les Beatles, bien sûr. 

il suffit pour s'en convaincre d'écouter les premiers titres des Beatles, qui jouent sur les harmonies vocales et les chorus (Lennon-Mccartney / Mccartney/Harisson…..), les Beach Boys, les Who que je viens de citer et, plus près de nous, (j'ai déjà mentionné Soft Cell, et l'influence sur la plupart des groupes des années 80 est évidente. Puis, les chanteuses Soul britanniques comme Dufy, et bien sûr Amy Winehouse.

On a sans doute à tort, "chez nous", considéré le genre avec un snobisme certain, le méprisant d'une étiquette "variété". Les anglo-saxons ont une frontière moins marquée entre la pop music et le rock. 


Les groupes de filles ont donc ici souvent été relégués au rang de musique d'ascenseur ou de supermarché, et ont rarement fait la une des chroniques et chroniqueurs estampillés rockeurs. J'ai parfois (trop souvent?) tendance à ranger les groupes dans des ptites cases, et fait une lègère fixation sur les 60's et les 80's.Je n'en trouve pas moins qu'il est dommage d'exclure ce genre. Il fait partie de Mon Histoire du Rock.

Le genre évoluera dans les années 90 vers le R&B, avec des groupes comme Destiny's Child (Beyoncé), beaucoup moins apprécié dans ces pages..



samedi 13 juin 2015

Muse sort Drones, son 7 ème album

Muse 


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Drones juin 2015






Muse sort un nouvel album, c’est nécessairement un événement que Mon Histoire du Rock salue !


Façon de sortir un moment du regard sur ce passé, cette « histoire », ces années 80, ces années 60, auxquelles je me réfère sans cesse, et auxquelles je dois - musicalement – tant.

Mon premier contact avec Muse a eu lieu au festival Rock en Seine.

C’est en 2004…

Même pour parler d’un album qui sort en 2015, Mon Histoire du Rock retourne dans le passé…. En pleine ascension vers la gloire, Matthew Bellamy et ses acolytes éblouit littéralement les berges de la seine :

Absolution vient de sortir, ce n’est que le troisième album du groupe, on n’est pas encore habitués à cette voix si envoûtante, cette guitare de science fiction et ce piano extra-terrestre !

Le concert que donne Muse ce soir là est un… feu d’artifice (au sens premier) et uen révélation.

Après un tel album, le groupe semble chercher perpétuellement l’inspiration dans de nouvelles directions, orientations, sensibilités. Au risque sans doute de s’y perdre, diront les fans du Muse des premiers albums. D’aller chercher très – trop ? – loin le renouveau. Le changement pour le changement ?

La sortie de Drone va donc poser à nouveau la question : Que sera le nouveau Muse, après les tentatives quasi symphoniques, les détours vers les inspirations exotiques et la débauche d’electronique ?

C’est l’éternel débat, dès qu’un groupe devient « culte » : Doit-il rester figé dans un style, « son style » ? On reproche aussitôt à AC/DC, Status Quo, ZZ Top, aux Beach Boys et tant d’autres, de ne pas savoir se renouveller.

S’il grappille à droite ou à gauche, s’il explore trop souvent des pistes trop différentes, malheur à lui ! On reprochera au groupe, au mieux de ne pas avoir su créer son style, marquer son époque. Au pire d’agir comme une vieille dame de petite vertu, si comme les Rolling Stones d’après 1969, si il saute sur chacune des modes du moment comme pour exploiter un nouveau filon en attente du suivant..

On s’inquiète donc, au moment de lancer sur Spotify le nouvel album de Muse. On ne va plus chez le disquaire pour l’écouter, et discuter avec les potes et le gars qui tient la boutique….On évite de se mouiller quand il pleut, mais pour l’échange de point de vue ça craint un peu…Il reste les blogs, et les réseaux sociaux. Autre monde.

Drones n’est pas d’un autre monde, et Muse s’inscrit donc ici dans la catégorie des groupes qui décident délibérément de revenir à leur identité, leur son, leur style.

Drones est un vrai album de Muse, un bon, très bon albul de Muse. Reapers est reconnaissable au premier Riff. Tout comme Mercy. Tout comme… l’album entier, qui fait la part belle aux envolées vocales, à la guitare lead dont chaque solo tient sa promesse.


Drones est dans le style de Muse, Muse a son style et le maitrise. Les influences (Queen, pour les envolées vocales et quasi lyriques, Nirvana, pour la tension et la saturation énergique des riffs.) Oui, il y a une référence à ces groupes, et à d’autres sans aucun doute. Non, ce n’est pas, comme on le lis quelquefois, du plagiat. Il faut, je crois, arrêter avec ça.

C’est donc plein d’éloge et rassuré sur ce groupe que Mon Histoire du Rock va se passer cet album en boucle quelques jours encore…



samedi 6 juin 2015

Paint it Black The Rolling Stones avec Brian Jones

Paint it Black 


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 ...sans virgule.



The Rolling Stones, 1966,



Même si la rivalité entre les Rolling Stones et les Beatles était bidon, comme on l’a déjà vu, il est cependant évident qu’une émulation et un échange se faisait entre les deux groupes. Paint it Black est un exemple parmi tant.


Brian Jones était de moins en moins à son aise au milieu des Stones (ne régnant plus sur ce groupe qu’il avait fondé), et s’abandonnait aux mains des substances étonnantes.


Mais il est encore capable de mettre sa patte dans les arrangements des titres composés par ceux qui finiront par le rejeter. C’est lui qui ajoute le riff de Sitar sur ce titre, lui donnant ce style lancinant et décalé, étonnant et novateur (même si Georges Harrison, sur Norvegian wood, six mois plus tôt…)

Le titre figure sur l’album mythique (le meilleur des stones ?) Aftermath, mais c’est sur la compilation « High tide and Green Grass » que je le découvre à la fin des années 70.

Cet album est simplement fabuleux, et n’a rien d’une compil au sens où on l’entend généralement. Bien sûr, les titres sont choisis et il n’y a là que des morceaux de choix, rien à jeter. Mais là où une compil était généralement assez pauvre au niveau du graphisme et du design de la pochette, on a ici une pochette double magnifique, avec des photos extra… et même des « posters » qu’on peut afficher dans sa chambre… ce que je fis à l’époque, sans doute ?

Si vous tombez sur cet album, sautez dessus, il est vraiment significatif du style des Stones jusqu’à 1966. Après, ça ne sera plus pareil, malgré quelques fulgurances (en 1968 par exemple).

Paint It Black, sans virgule entre it et black. Quelqu’un décida de mettre une virgule, contre l’avis des stones que ce contresens fit passer pour des vilains racistes.

Une virgule c’est petit et c’est énorme : ça vous fait passer un titre énervé sur un chagrin d’amour en plein « down » post substances chimiques pour un brulot raciste.

On a vu que ça fait passer Bob Marley (No Woman no cry, toujours sans virgule) pour un macho (pas de femme, pas d’emmerdes) alors qu’il écrit pour consoler sa dame (non femme ne pleure pas). Une virgule, un point c’est tout.


Bien, Paint it black c’est vraiment un des morceaux les plus énormes des Stones. Sans doute au-delà de Satisfaction dont on parle tant…


Pensez bien qu’on est en 1966. Quatre ans plus tôt, les Stones débutent et ne savent pas écrire un morceau…. Quel chemin parcouru, écoutez !!! mais écoutez ça !!!

Les Stones ont pratiquement toujours mis Paint it black sur la set list de leurs concerts, ce qui n’empêche pas Ron Wood (‘sont sympa entre eux, non) de prétendre qu’à chaque fois « ils » se demandent si, cette fois, Keith Richards va se souvenir de l’intro…


En même temps, ça rassure tous ceux qui doivent démarrer un morceau sous l’œil scrutateur des autres membres du groupe…..








dimanche 29 mars 2015

Route 66 bien avant les reprises de Depeche Mode , Manathan Transfert et The Rolling Stones

ROUTE 66




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de Nat King Cole à Depeche Mode en pasant par Chuck Berry et les Rolling Stones!


Ou par un tour de passe-passe, comment rassembler dans un même article Chuck Berry, les Rolling Stones et Depeche Mode?

A la découverte, non pas de la route mythique, qui n’existe plus qu’ici et là, à titre touristique, mais de la chanson qui célèbre cette route…


Selon l'âge, on pense immédiatement, à l'évocation de ce titre, à Depeche Mode, ou aux Rolling Stones.


A dire vrai, ça a été longtemps le « seul » titre que je connaissais dans la discographie de Dépêche Mode, je n'écoutais guerre ce groupe que dans les soirées, à Londres puis à Reims. C’est-à-dire que je ne l’écoutais pas. Il aura fallu longtemps, longtemps, pour que je me penche sérieusement sur le sujet…


C’est une version dynamique mais froide, bien dans le ton de l’époque.


La version stonnienne est celle que je connaissais mieux, représentative de leur envie d'Amérique, « Road song » à la gloire de la fameuse route qui traverse, on devrait dire traversait, les Etats-Unis du Nord Est au Sud Ouest.


Beaucoup de ceux qui sont « born in the 60's » on longtemps cru que la version cold wave de Dépêche mode était une interprétation de celle des Stones. Mais plus encore d'amateur des Rolling Stones ignorent, s'ajoutant ainsi aux premiers, l'origine de ce morceau qui est donc une reprise aussi pour les Stones...


On va y arriver, vous allez voir…


Les Rolling stones eux même font en réalité une cover en 1964, reprenant en y touchant très peu la version du grand Chuck Berry, l’un de leurs « maitres ». Le résultat est étrangement plus Rock’n Roll que la version de M Rock’n Roll lui-même…

Car Chuck Berry a livré en réalité non pas l’original, mais… une reprise, quatre ans plus tôt. Sa version est somme toute moins inventive, et, à l’inévitable solo de guitare près, assez proche de la version de Nat King Cole !!

Car Chuck Berry n’est pas l’auteur de ce titre, n’en déplaise à certains « spécialistes »… Mon Histoire du rock rétablit ici la Vérité Historique (I’m kiddding, hein…).

Mais « il faut » creuser encore pour trouver la source de ce titre, décidément peu Rock, en fait : Si la version de Cole swingue, l’original, composé par Bobby Troup, est, du coup, franchement différente, très jazzy et il faut se gratter la tête pour trouver une filiation entre cette version et les suivantes.






Depuis 1946, les versions se sont multipliées… à vous de choisir « la vôtre » !!







dimanche 15 mars 2015

The Kinks, Sunny Afternoon, 1966

The Kinks, 



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groupe phare oublié de la British Invasion?

A l’été 1982, j’avais été animateur de colonie de vacances. Je ne le savais pas encore, mais je partirai pour deux années à Londres à la rentrée suivante.


Si j’en parle, c’est parce que, chargé entre autre de l’animation musicale, des « jingles », soirées, etc., j’avais accès à l’accumulation que faisait cet organisme des 45 tours « de l’année » depuis des décennies…


J’avais donc exhumé deux ou trois pépites mémorables, parmi lesquelles un 45 tours des Kinks qui résonnaient comme un appel du large, à la veille du départ pour Londres tant espéré.


Pensez-donc : Sunny Afternoon sur un 45 tours d’époque !!!!…


Il était alors temps que je découvre ça : A l’époque, les Kinks étaient surtout pour moi « You Really Got Me » dont j’ai déjà parlé ici.


Car Sunny Afternoon est l’autre face des Kinks, diamétralement opposée à la face « dure » (« You really got me », « I’m not like everybody else ») : La face « littéraire », pourrait-on dire. Sans doute la face la plus intéressante, la plus personnelle, de toute façon la plus british. Mais pas la moins rebelle.


Les titres des Kinks sont, pour la plupart, de véritables peintures « instantanées » de l’Angleterre des 60’s. Une peinture parfois féroce, rarement tendre. Souvent extrêmement cynique.


Les Kinks, ce sont d’abord les deux frères Davis, qui se tapent souvent sur la figure, parfois même sur scène (Oasis saura leur rendre cet hommage).


The Kinks, comme une première provocation dans le nom même du groupe, pour choquer les adultes, comme l’ont fait les Who dans « My Generation »….


Kinks… avec un nom pareil, les Stones devenaient des enfants de cœur !!!


Ce groupe galèrera énormément, et sort, juste avant d’être virés par leur maison de disque, le salvateur « You Really… ». Cette maison de disque ne croira jamais assez en eux pour leur donner les moyens qu’ils méritent : Tous les groupes anglais de l’époque n’auront hélas pas la chance de tomber sur Brian Epstein, Georges Martin et Andrew Oldham..


Avec acharnement, parfois même avec hargne, les Kinks marqueront tout de même l’histoire du rock. La mienne, mais aussi celle de pas mal de groupes (au premier rang desquels les Jam, Oasis, Blur…). Mais ils paieront au prix fort leurs coups de gueule et leurs colères, perdant toute chance d’une carrière américaine dans une fronde contre un show télévisé US.


Ils portent une mise raffinée sur scène et leur musique, capable de puissance et de hargne, sait aussi aller chercher dans une certaine finesse, comme en témoigne ce Sunny Afternoon.


Avec les Kinks, ce ne sont pas les compositions les plus sauvages qui sont les plus dures…


Le propos est donc rude et la peinture acerbe, mais la mélodie est, comme les textes, ciselée et des plus recherchée : ces démons de frères Davis sont donc capable de raffinement ? Ils le montreront, tout au long de leur pourtant courte carrière (Death of a Clown, Apeman, Waterloo Sunset..) devenant probablement d’ailleurs le premier groupe à véhiculer un propos écolo.


Je me souviens avoir appris que j’étais sélectionné pour faire partie des heureux élus qui iraient étudier à Londres au retour de cette colo. Les Kinks m’avaient-ils porté bonheur ??


Je courrais dès l’arrivée chez Virgin à Oxford Street, acheter ‘the very best of The Kinks & Ray Davis »…



samedi 28 février 2015

Exile on main street, dernier album rock des Rolling Stones, en 1971



Exile on Main Street, 


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album charnière dans la carrière des Rolling Stones.


Il ne suffit pas de s'auto proclamer plus grand groupe de rock pour l'être, et le rester. 


Les Stones en sont la preuve.

Riche d’une discographie de 22 (+2 pour les USA) albums, les Rolling Stones passent pour avoir une longévité exceptionnelle dans le Rock’n Roll. Il est vrai que leur carrière s’étire de 1962 à aujourd’hui, en 2015 donc.

Mais à y mieux regarder, j’ai eu envie de tordre le cou à cette image d’Epinal qui fait de ce groupe le groupe fidèle au Rock’n Roll par excellence.

Et de saluer donc le dernier album digne de porter cette glorieuse étiquette, Exile on Main Street.

Après, les Rolling Stones ne composeront plus de Rock’n Roll. Ils en joueront, sur scène...

Parfois.

Exile On Main Street, qui sortira un an après le sulfureux Sticky Fingers, sera l’ultime effort, le baroud final… et le point d’orgue de la carrière des Stones.

Après, les Rolling Stones feront de la musique, de la pop, du disco, au gré des modes, mais le Rock et le Blues des Stones se conjugueront au passé.

Ce double album dont aucun titre ne fut à l’époque un hit, un tube, a longtemps joué les seconds rôles, on n’en parlait pas. Il correspond à une période trouble pour le groupe : Les finances sont au plus mal, for the benefits of Mr Klein, leur producteur, les relations entre Jagger et Richards ne sont plus ce qu’elles étaient, ce dernier sombre dans la dope, tandis que Jagger rêve d’honneurs et de Jet Set. Après avoir longtemps été à la traine des Beatles (voir leurs débuts), ils se trouvent propulsés « seuls rescapés » des 60’s depuis le 20 aout 1969, lorsque les « 4 garçons dans le vent » annoncent la fin de leur aventure… 1969, année terrible pour les Stones : Eviction, puis décès de Brian Jones, concert hyper glauque d’Altamont, où un spectateur qui brandissait un couteau est flingué par le service d’ordre…

Pour parfaire cette ambiance gueule de bois, Mick Jagger se dit, oh sacrilège, lassé du rock, veut « explorer d’autres voies ».

Richards étant le plus souvent hors d’ état, dans les bras de Sister Morphine ou d’autres substances, l’ego déjà bien dimensionné de Mick Jagger gonfle davantage, fort du succès (mérité) de Brown Suggar : C’est l’un des rares morceaux dont il peut revendiquer la paternité sans que Richards ne la lui conteste…

Avec les années, malgré son mixage imparfait, la production approximative et le manque de morceau mémorable, Exile On Main Street gagnera aux yeux des fans une place de choix dans a discographie des Stones. C’est aujourd’hui devenu « in » de citer ce double album comme un « must have ».

A dire vrai, je ne partage pas ce point de vue, et ne voit pas grand-chose de mémorable dans Exile On Main Street.

Oh, bien sûr, il y a ce parfum sulfureux, cette ambiance « fin de règne », ce côté « derniers efforts » de Mick Taylor pour exister dans le groupe (il déclarera forfait deux albums plus tard), le mythe entretenu autour de « l’exil » fiscal des Stones dans le sud de la France. Mais que pèse tout cela dans l’histoire du rock ? Comment ces clichés résistent-ils à l’écoute objective de ces 18 morceaux ?


Si seulement l’album suivant avait été celui de la renaissance, Exile aurait pu être considéré comme l’expression du contrecoup de la terrible année 1969, de la fin des 60’s, le fond touché avant de mieux renaitre de ses cendres.


Ce ne sera pas le cas. Les Rolling Stones abandonneront définitivement le Rock’n Roll au debut des années 70, et Exile sera le terne mot de la fin, sans aucun brio, sans coup d’éclat. Mick Jagger a gagné, il va pouvoir aller « explorer » d’autres musiques.

Hélas…



samedi 7 février 2015

Pink Floyd – Dark Side of the Moon

Money, 


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get away !


Pink Floyd, ça a toujours été un truc un peu à part. On a déjà vu ici The Wall, qui pour le coup est sans doute le plus « conventionnel » des albums de ce groupe, tant le reste de leur production, ou œuvre, selon votre degré de fanologie, va du surprenant un peu space au presque indigeste pour qui est à jeun de ces substances prônées par Timothy Leary et qui eurent raison de la santé mentale du pauvre Syd Barrett… (oh la vache quelle phrase !!!)

J’ai découvert cet album à la fin des années 70, probablement en 1978, je veux dire, dans son intégralité.

Des titres comme On the run, Us and Them et l’incontournable Money m’étaient bien sûr connus avant cela.

Des Pink Floyd, j'avais, comme tout fils de parents qui écoutaient France Inter, été atttiré par le générique d'une émission d'info, le midi, animée par JP Elkabach (Have a Cigar)…

Mais je découvrais alors Time, The Great Gig in the Sky (qui porte bien cette empreinte planante et hallucinée décrite plus haut… et Brain damage, qui ne peut être qu’un hommage à Syd Barrett écarté du groupe en 1968…

Le Vinyl que j’avais était une ré-édition selon la mode dernier cri, c’est-à-dire en couleur. J’avais Some Girls des Stones en rouge, et Dark Side of the Moon était d’un blanc presque phosphorescent du plus beau contraste avec la pochette mythique.

C’est donc en 78 que je pris conscience de l’unicité de chacune des faces de cet album. En effet, même si chaque face est composée de plusieurs titres, ceux-ci s’enchainent sans véritable coupure.

Si l’album abandonne les grands et longs instrumentaux parfois indigestes, l’adn (comme on dit maintenant) de Pink Floyd est bien là.

Présente aussi la nécessité « baba cool » comme on disait alors, consistant à introduire dans les textes des considérations humanistes ou pseudo philosophiques sur la condition humaine ( le temps, l’argent, le stress, l’abus de drogues….).

M’enfin, les idéalistes Pink Floyd devinrent avec Dark Side of The Moon de bon et riche businessmen, collectionnant les uns les voitures de sport, les autres les avions…

Il se raconte cependant que les bons idéalistes ne furent pas très généreux avec l’équipe qui travailla avec eux sur cet album.

Au moins aideront-ils les énormes Monty Python en produisant ‘Sacré Graal’…

Alan Parson, ingénieur du son qui s’était fait les dents en s’occupant du son des Beatles, a beaucoup œuvré sur cet album.

Il volera ensuite de ses propres ailes avec son groupe Alan Parsons Project



vendredi 3 octobre 2014

Chuck Berry , Rock'n Roll

Johnny be Goode


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One day your name will be in lights saying 

Johnny be Goode, tonite



« Si vous voulez donner un autre nom au Rock’n Roll, appelez-le Chuck Berry »  (John Lennon)



Pour sa 100ème page, Mon histoire du Rock se doit de rendre hommage à Chuck Berry.

Il a fallu attendre le centième article, alors que Chuck Berry aurait sans aucun doute dû avoir l’honneur du premier.

Mais on ne s’attaque pas au mythe sans crainte, et aujourd’hui encore, à l’heure d’écrire ces lignes la main tremble, tant tout à déjà été écrit, tant la crainte de sombrer dans la platitude et la redite est grande !

Il suffit de voir avec quel respect et quel regard de petit garçon Keith Richard se laisse sermonner, remettre à sa place (avec une mauvaise foi évidente) par M Berry (voir ou revoir "Hail, Hail, Rock’n Roll", il suffit de se pencher un instant sur la longue liste de ceux qui, comme Lennon cité plus haut, y sont allé de leur « compliment » à l’égard du Monsieur..

Même si, entre les lignes, émerge souvent une pique sur l’attitude « un brin » mégalo du père des guitaristes et des rockers…

Chuck Berry, le premier, posera les codes du Rock’n Roll : émergeant du Blues et du Rythm’n Blues (il est à l’école de Johnnie Johnson, puis, repéré par Muddy Waters, rejoint la pépinière de Leonard Chess (Chess Records) en 1955.


Son premier succès, « Maybellene », définit le rock’n roll : Paroles légères et tournées vers les préoccupations des ados (Nenettes, bagnoles, (Cadillac, souvent), merveilles de la société de consommation), solo de guitare, attitude scénique, tout y est.


La recette fonctionne et fera le succès de Chuck Berry.

Il la déclinera tout au long de sa carrière, sans toutefois sombrer dans l’auto plagiat, réussissant à garder le cap en enrichissant le « vocabulaire » du rock. Et ça marche toujours ! A 87 ans, M Rock’n Roll monte toujours sur scène, presque chaque semaine, et continue à faire le show !

Quand il ne rivalise pas sur scène avec son alter ego (Jerry Lee Lewis, qui met le feu à son piano à la fin de son set pour gâcher et rendre ridicule le show de Chuck Berry qui passe juste après lui), rivalise avec lui « à la ville », par des frasques similaires qui lui vaudront pas mal d’ennuis. Ces deux-là ont décidément beaucoup de points communs : Cabotins à l’excès, parfaite maîtrise de leur instrument, énorme don scénique, capacité à se réinventer et longévité exceptionnelle…. Jerry Lee Lewis et Chuck Berry restent, sont c’est certain, les piliers du Rock’n Roll, faisant mentir la mère de Jerry Lee qui lui dit un jour « Chuck Berry et toi pouvez faire ce que vous voulez, vous ne serez jamais Elvis Presley ».


Non Madame, ils sont beaucoup plus, et c’est tant mieux.

Faut-il évoquer Maybellene, son premier titre ? Avec lequel, on l'a déjà vu, Alan Freed, qui fit tant pour le Rock’n Roll, perdit son âme dans le scandale dit « payola »..

Johnny Be Goode, qui sonne comme l’histoire de son auteur et dont le riff d’introduction à la guitare est, dès 1955, le marqueur définitif du Rock’n Roll ? (Il a pourtant été « inventé » par le pianiste et mentor de C Berry, Johnny Johnson)


Come on, emprunté par les Rolling Stones pour leur premier disque,


Rock’n Roll Music, tremplin des Beatles vers le succès ? (Rolling Stones et Beatles fonderont leur apprentissage sur la reprise de nombreux standards de Chuck Berry)

Promised Land, repris par Elvis Presley, au point qu’on pourrait le croire interprète principal du morceau….

Sweet Little Sixteen, dont les Beach Boys recopieront à la "virgule près" la musique pour « Surfin’ USA » ?


Comment comprendre que son seul titre classé N°1 des ventes soit le piètre « My Ding a Ling » ?

Que serait Pulp Fiction sans "You Never Can Tell "?

Comment ne pas voir dans les riffs d’Angus Young et dans son jeu de scène un hommage constant à Chuck Berry ?

Oui, Chuck Berry est bien le Rock’n Roll, sa discographie, de la quelle il est bien difficile d’extraire un titre pour le mettre au-dessus des autres pour esquisser un vain classement, le prouve.



samedi 20 septembre 2014

Le club des 27

Quelle est donc cet étrange club des 27 ?



D’où vient ce mythe, né bien avant le net et la « théorie du complot » ?

Le truc a été récemment remis « à la mode », lors du suicide de Kurt Cobain (Nirvana), dont la maman dira en gros « il a rejoint ce club stupide. Je lui avais dit de ne pas le rejoindre ».

Ainsi va et se nourrit la légende !! Amy Winehouse viendra en 2011 elle aussi « grossir les rangs ».

Le très sérieux journal Le Monde lui-même a consacré une « étude » au sujet :voyez vous-même ici

A l’origine de tout ça, une « série noire » dans le rock US qui inaugure le « club » :

Les 4 « J », le Rolling Stone Brian Jones, d’abord, en 1969 puis Jimy Hendrix en 1970 , suivi de Janis Joplin la même année puis Jim Morrison des Doors à Paris en 1971.

Mythe dans le Mythe, les friands de symbolique trouveront que tous ont un J en initiale (même si c’est pas très rigoureux, parfois au nom et parfois au prénom…).

Dans cette période, il faut ajouter Alan Wilson le co-fondateur (mais non pas des Beach Boys) de Canned Heat… Mais si, « On the Road Again », « Goin’ Up The Country »… Enfin quoi, revoyez Woodstock !!!

Mais le fondateur du club, c’est le Bluesman Robert Johnson (« Sweet Home Chicago », « Love in Vain »….), mort en 1938, sans doute empoisonné.

Il est rarement nommé dans ce club, un peu parce que sa mort est de beaucoup antérieure à celles des membres cités plus haut, un peu parce qu’un autre mythe entoure ce fondateur des principes du Blues : l’histoire raconte qu’il était un piètre musicien, trainant dans les rues, quand il disparut un jour pendant un certain temps avant de réapparaitre, doué cette fois du talent qui le rendra célèbre, et affirmant qu’il avait pactisé avec le diable…

Pour revenir au club des 27, le mythe, s’il connait « grâce » aux deux derniers membres un regain sans doute activé par la profusion de moyens d’information et de communication actuelle, était source de beaucoup de « buzz » au milieu des années 70. Je me souviens qu’alors, ce qu’on n’appelait pas encore je crois la « théorie du complot » attribuait le décès de Janis Joplin et de Jim Morrison à leur maison de disques respective, parce qu’ils avaient osé les braver et quitté leur groupe ou menacé de le faire. On lira ensuite beaucoup de choses diverses et variées sur les circonstances de la mort de Jim Morrison, les hommes en noir dans les toilettes du WAG (Whisky à Gogon derrière l'Alcazar) à Paris, le transport de Morrison inanimé dans son appartement au 17 de la rue Beautreillis, de Brian Jones dans sa piscine, pour une brasse fatale un soir de 1969…


Eric Burdon, ex Animals, illustre le propos avec ce titre de 2013, qui certes n’est pas son meilleur…

jeudi 12 juin 2014

Gimme Shelter The Rolling stones

Gimme Shelter 



au Stade de France, 13 juin 2014, ça envoie encore.....

Titre noir des Rolling Stones, dans lequel s’exprime toute la violence d’une époque… pacifiste ! ça commence doucement, les guitares s’entremêlent, Brian Jones n’est déjà plus qu’une ombre qui n’en fait plus aux Glimmer Twins (surnom de Richards et Jagger)… D’ailleurs c’est le seul Keith Richards qui joue toutes les pistes de guitare sur le morceau. Brian Jones n’assiste semble-t-il pas aux premières sessions d’enregistrement, et la chanson sera terminée après sa mort.



Cette intro extraordinaire, lancinante et longue, avant que Mick Jagger ne prenne la parole, presque en arrière-plan, pour cette longue plainte venue de la, venue du blues…

Le morceau semble taillé exprès pour l’ambiance épouvantable du concert d’Altamont, même si c’est pendant « Under My Thumb » que meurt Meredith Hunter. Le morceau semble avoir été écrit pour Apocalypse Now, et pourtant ne figure pas sur la bande originale du film. Le morceau raconte la guerre du vietnam comme si c’était un ouragan, une catastrophe naturelle, et la guitare de Keith Richards, à laquelle se même la voix, une voix féminine, celle de Meryl Clayton fait rare, unique sur un titre des Rolling Stones, à une place autre que celle de choriste ! Cette chanteuse, ex choriste (Raellette) de Ray Charles quand même, n’a pas ensuite profité de l’aura de Gimme Shelter, ou pas assez…


Car ce morceau magnifique doit beaucoup à cette femme, dont la voix perchée, terrifiante et terrifiée, comme une incantation, finit par prendre la place de Mick Jagger dans les refrains, lui ne reprenant qu’un mot dans chaque phrase comme pour en souligner la portée… A deux reprises, dans le refrain après le solo, son chant culmine en un cri aigu où sa voix se casse, arrachant un « ooohh » à Mick Jagger, qu’on entend bien sur la version studio. La dame n’est pas là juste pour rigoler… Mick Jagger et Keith Richards la rejoignent pour un final qui s’éloigne comme le fait une tornade…


Est-ce abusé de dire que ce titre est l’un des meilleurs des Rolling Stones ??

vendredi 25 octobre 2013

Enola Gay, Orchestral Manœuvre in the Dark (OMD), 1980, new wave, cold wave..

OMD




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Cold wave et musique electronique, 


L'après Kraftwerk et l'avant Depeche Mode...

On est en 1980, le 26 septembre : C’est la rentrée, du disco partout, John Lennon est en sursis, Bon Scott et John Bonham n'ont pas cette chance...

Une New Wave synthétique, pathétique envahi les ondes et chasse les sacro-saints groupes à guitare, le rock, le vrai, mis à mal déjà par la soul, le disco et le punk.





Pink Floyd nous a pourtant concocté The Wall, Mc Cartney survit avec les Wings, les Stones tombent dans le disco d’un impardonnable Emotional Rescue… Seuls les Who semblent résister, après avoir pourtant inspiré la ravageuse vague Punk, « Who are You » restant très rock dans ce triste désert… Ils n’en ont pourtant plus pour longtemps, et peineront à se renouveler ensuite.

Pour nous, à l’époque, ce sont tous des vieux nazes et personne ne parierait que 30 ans plus tard, Macca serait encore debout et plutôt en meilleure forme, et que les Stones seraient revenus des bas-fonds du disco..

Ces « vieux », peu les écoutent encore en 1980. Ils regagneront, plus tard « en l’an 2000 », une aura et une notoriété, un statut de mythe vivant : en 1980, qui irait passer la nuit devant l’Olympia pour voir Mac Cartney, alors que le Palace, les « Bains » et le Rose Bonbon nous tendent les bras ?

Mais je digresse… en 80 donc, alors que je rêve déjà de cette culture rock anglo-saxonne et de Londres, sans savoir que je vais y aller poser un temps mes valises, quelques pépites new wave pourraient me faire oublier le british beat et mes chères 60’s…

Je ne sais plus où j’ai entendu Enola Gay pour la première fois ?

Pas le 26 septembre, date de la sortie britannique. A cette époque-là souvenez-vous, il y a un vrai décalage entre les sorties radio grandes bretonnes et l’arrivée des morceaux en France : Je gouterai bientôt le plaisir d’initié d’annoncer (par… lettre manuscrite !!!!) à mes potes français les sorties entendues sur BBC1…

A la radio, sur RFM, certainement pas, la station n’existe pas encore ! Radio 7 ? « Chez » Bernard Lenoir, dont le « FeedBack » nous fera découvrir aussi Blondie ? Je ne sais plus….

Chez ce copain, plus probablement, avec qui je partagerai beaucoup de gouts musicaux et de sottises lycéennes, après une virée chez le disquaire dont j’ai déjà parlé. Je filerai d’ailleurs le 33 tours « Organisation » à sa (très jolie) sœur qui en était très fan. Sur ce 33 tour figurait aussi les très étranges « Misunderstanding » et « Motion and Heart », plus une reprise de « The more I see You », le tout dans un style à la fois froid, glacial, et aérien… Etrange alchimie de la voix hyper grave et du synthé suraigu…

C’est marrant, parce que, comme je l’ai mentionné plus haut, je n’ai pas gardé ce 33 tours très longtemps, et il ne hantera pas longtemps ma platine moins et pourtant, je garde en mémoire cet album et ses sonorités, y compris celles de titres bizarres comme VCL XI, sans pouvoir expliquer pourquoi. En ré-écoutant aujourd’hui, il me semble que les titres cités plus haut me sont hyper familiers..

Enola Gay donc, rien à voir avec « les Gays », comme diront certains, juste l’histoire de cette bombe d’Hiroshima et le sentiment de culpabilité qu’engendre à l’occident ce triste largage un matin du mois d’Aout 1945.

En 1980, on est en pleine guerre froide, crise des missiles de croisière (Cruise Missiles, chantera Fisher Z, autre groupe oublié), et Margaret Thatcher ne tardera pas à préparer, par crainte de la « troisième », l’évacuation de Londres et un discours sorti du secret 30 ans plus tard (en.. 2013). Glacial ? OMD est bien dans l’ambiance du moment !

Il y a dans le son d’OMD une forte référence à la Synth Pop des précurseurs que sont Kraftwerk, mais avec une humanité et un groove qui manque aux ainées teutons, même dans leurs opus les plus « chantants », comme le très typé « Man Machine », dont on reparlera...

Cette new wave, ces synthétiseurs, vocoders, et autres boites à rythmes qui, on l’aurait alors juré, allaient envoyer les guitares au grenier, ne tiendront pas la durée, et cet élan futuriste durera une dizaine d’année avant que les vieux groupes à guitare, ne fassent leur retour et de nouveaux adeptes, et ne relèguent à leur tour les synthés au placard, entraînant presque dans l’oubli la plupart de ces groupes étonnants :

OMD ne mérite pas cet oubli.