Affichage des articles dont le libellé est The Beatles. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est The Beatles. Afficher tous les articles

vendredi 14 décembre 2018

Dakota Building, New York, 8 decembre 1980

Dakota Building, New York, John Lennon

Dakota Building, New York, 2018


 Lire en Français      Read in English


On reste dans l’univers Beatles, mais on revient à New York qu’on avait quitté pour parler du concert de McCartney, mais aussi fêter le 200 ème article de ce blog avec ‘THE’ titre originel, fondateur… The House of the Rising Sun. 

Cette maison du soleil levant devait être paumée quelque part à la Nouvelle Orleans. 

Loin, encore plus loin, se trouve le Dakota. 

Le Dakota Building, lui, a été construit à New York, Manhattan au 19ème siècle. Tellement loin et isolé du centre de l’époque, qu’on lui donna ce nom de Dakota, état fédéral qui paraissait alors loin, loin, et isolé. 

Hahaha. 

 Dans notre petit périple new-yorkais sur fond de lieux mythiques du Rock’n Roll, un passage au Dakota Building était de mise, dans la même foulée qu’un arrêt de mémoire au Strawberry Fields Memorial, pas loin, dans Central Park. 

Je fais pas une course à l’article pour l’article, je te mets donc un seul article pour les deux: Je suis comme ça. L’immeuble est à la fois lugubre et majestueux, grandiose et un peu “recroquevillé”. Pour tout dire, il n’est pas très Rock’n Roll, et on a du mal à figurer une pop star comme John Lennon dans un tel lieu. Il parait davantage correspondre à Tchaïkowsky, qui l’aurait habité avant même la fin de la construction, ou à Leonard Bernstein… 

Même sa pseudo figuration dans le film ‘Rosemary’s Baby’ de Polansky ne fait rien à l’affaire… A jamais, le nom de l’immeuble sera lié à la destinée malheureuse (tragique pour faire “presse à sensation” ) de John Lennon. 


Ce qui étonne, c’est la sobriété et le calme bourgeois qui règne autour du lieu du “drame”. Pas de groupies, d’attroupement, en fait, personne ou presque. Pas de fleur, pas de… non, rien. 

Rien ne rappelle ce sinistre 8 décembre 1980.. Après avoir demandé un autographe à Lennon vers 17h, un illuminé (pourquoi le nommer) revient plus tard dans la soirée et, lorsque le père de Sean Lennon sort de chez lui, il lui tire dessus. “I’m shot”, dira John Lennon… 
Le tueur avait semble t il déjà projeté de tuer John Lennon quelques mois plus tôt, avant de renoncer provisoirement… Le reste est fait divers, comme la longue liste de stars qu’il avait envisager de flinguer, comme James Taylor qu’il aborda en ville la veille, comme Bowie, qui jouait alors dans Elephant Man et pour lequel le mec avait pris une place au premier rang ou il aurait été assis à côté de Lennon…. 

Pour percevoir une once de rock culture, il faut traverser la rue et aller au Strawberry Fields Memorial, ou deux ou trois “clochards Célestres” gardent un petit peu le lieu en jouant de la gratte… un petit peu, mais pas trop, et n’arrivent pas ) empêcher deux trois connasses de se selfiser grotesquement en plein milieu de la mosaïque. Du coup on quitte rapidement le lieux, qui n’a plus trop d’interêt depuis que Gary dos Santos ‘The Mayor of Strawberry Fields”, est parti rejoindre Lennon…

samedi 1 décembre 2018

Paul McCartney, concert à Paris 28 Novembre 2018

Paul McCartney, en concert, en 2019


 Lire en Français      Read in English


Alors, raconte!!

Ok.

Un concert de McCartney, ça se raconte!! 

On nous avait dit d'arriver vachement en avance, pour ce qui est désormais notre quotidien pas très peace and love, pas très glamour et pas raccord avec un esprit de partage d’un moment rock, historique et de partage: les fouilles et contrôles de sécurité.

Ok.

Un concert mémorable, évidemment. 

En réalité, je ne suis pas objectif, en écrivant ça. Fort probablement, je le pensais avant même d’y assister. 

Mais tout de même!! 

Plus de 2h30 sans interruption, Sir Paul, à 76 ans, enchaîne les titres, parle peu, faisant mine de lire un texte en français au prompteur. 

Mais rarement plus d'une ou deux phrases. On regrette un peu une certaine distance, froideur… 
Flègme british? Lassitude? Professionnalisme, concentration?? 

Je vais opter pour l’idée que c'est pour la bonne cause, on aura plus de chansons dans le laps de temps du concert. 2h 30!!!!! 
Merci!!! Après avoir entendu sur Youtube le son et la voix du Fab Four lors du concert de New York Grand Central, on espère que la voix sera plus forte, moins fragile... 

La première partie du concert ne rassure pas sur ce plan. 

Mais l'émotion est là, énorme, intacte, on se fait prendre dès l'ouverture. 

Paul McCartney arrive vers 20h10, sans débauche d’effets, sans grand cérémonial, et donne le ton, en convoquant d’entrée de jeu les Beatles avec A Hard Days Night!!!!!! 

Ça va donner… Les titres se succèdent... 39 morceaux!!!!! Le dernier album n'est, bien sûr pas oublié! Mais les fans attendent les classiques!!

Beaucoup de titres des Beatles!!!!!! 23 titres!! 

Paul enlève la veste, sa voix s'est posée.... Whaou, frissons... Il passe de la basse à la Gibson, de la Gibson au piano, du piano au piano électrique… 

Il saisit un Ukulélé pour un hommage émouvant à “Mon Frérot Georges” Harrison, sur un “Something” sobre et troublant…. 

L’hommage avait été rendu à Lennon sur Blackbird…. 

Live and Let Die, qui est parmi les titres que je n’apprécie pas spécialement, est un moment fabuleux (feux d’artifices, jeux de lumière..). 

Le recours aux videos pendant les titres des Beatles nous montre des images d’archives bienvenues… 

Tout est fait pour satisfaire les fans des Beatles, des Wings, de McCartney… Sir Paul nous offre même un titre des Quarrymen (leur premier titre enregistré!!! (In Spite of All Danger)!!!!

Enorme émotion aux premières notes de Love Me Do..... c'est le titre qui m'a accueilli en octobre 1982 quand je suis arrivé à Londres, en plein Beatles revival pour les 20 ans de la sortie du titre!!


  Le public, … agé, évidement, mais “tu sais ce qu’il te dit le vieux?”, est plutôt calme et peu démonstratif. Mais, concentré et gouttant avec gourmandise chaque note, chaque instant de ce grand moment. L’ambiance est donc plutôt recueillie et bienveillante, pas remuante ni outrageusement festive…. 

Dès première note de “A hard days night”, l’audience est magnétisée, et restera un peu figée comme sortant d’un rêve, aux dernières notes du final… 


Bémol, s'il en faut, car on est tellement emporté que ça passe pour un détail. Le son de cette salle est un peu pateux, fouilli, décevant pour un concert d'un "ex-expérimenteur" des sons, pour l’un des pères de Sgt Peper, de Revolver et du White Album…. 
Nanterre n'est visiblement pas Abbey Road, dommage. 

On a parfois l'impression que le son des instrus est saturé pour supporter, masquer, les émouvantes faiblesses d'un Grand Monsieur qui donne tout, à 76 ans.. Après tout, on aurait accepté moins de saturation et d’entendre mieux sa voix, fut-elle parfois moins parfaite qu’autrefois… 

Séquence émotion sur Hey Jude, let it be.. Nous faisons donc partie maintenant du happy few (bon, pas si few que ça, j’avoue), du “club de ceux qui ont entendu Let it be en live par son auteur…. Hey Jude, le public s’ébroue et reprend Na, na na nananana…… pour un final émouvant.. 
Le concert se termine, toujours sans grand effet, Paul McCartney quitte assez sombrement la scène…. Évidemment, le public bat le rappel… On essaie d’entonner “Na, na na nananana..” Mais la fosse ne nous suit pas. 
Paul revient pour un meddey de 6, ou 6 titres pour le rappel, à un rythme soutenu, dans une tonalité définitivement Rock, parmi lesquels un Sgt Peper (reprise) génial et coloré (video psychédéliques de rigueur, suivi immédiatemetn d’un Helter Skelter de folie… 

Tu le ferais, toi, à 76 ans après plus de 2 heures de concert sans une pause, ne serait-ce que pour boire un coup de flotte?  

Sur un petit nuage, on pourra maintenant dire “j’y étais”. 


Merci Paul McCartney

samedi 6 octobre 2018

Paul McCartney EGYPT STATION

Egypt Station, Paul McCartney


 Lire en Français      Read in English

Un nouvel album de Paul!


Un nouvel Album de Paul McCartney EST un évènement. Lorsque j’écris ce texte, on vient d’apprendre la sortie d’un nouvel album de Jerry Lee Lewis. Toujours vaillants, les Oldies… ...but...  goldies? 

On va voir… ou entendre!

Restons aujourd’hui sur Egypt Station, on parlera de Jerry Lee une autre fois!

Cet article est donc un break dans la série de textes du blog consacrés à New York… J’évoquerai plus tard Central Park et Strawberry Fields Memorial, plus tard le triste Dakota building, plus tard la mémoire du Chelsea Hotel, plus tard Time Square et le Hard Rock Cafe…

Mais nous ne quittons pas New York tout à fait! Egypt Station, sorti quelques jours avant mon escapade à New York, sera pour Sir Paul l’occasion d’un concert privé - j’y serai pas, faut pas rêver, il faudra attendre les concerts parisiens… - A la gare mythique “Grand Central”, décors de tant de films!! 
Il y aura sans doute un article aussi sur cet endroit…

Revenons à Egypt Station. Je dois admettre que la première écoute n’a pas soulevé chez moi un enthousiasme extrême… D’un commun accord avec l’Ami Bertrand, que je tiens pour spécialiste passionné de la cause Beatlesienne (inventer des mots? Easy, man!), on doit réécouter pour “faire sûr”…
Dont acte, après avoir laissé “décanter” quelques jours, sur Spotify remettons notre ouvrage…

Sir Paul explique que c’est un concept album, comme au bon vieux temps. “Ça me rappelle les “album” albums qu’on faisait dans le temps” qu’il dit. OK.

En effet, ça commence par une plage de bruitage de scène de gare. Grand Central? Hasard? Chicago? Plagiat (je déconne, et pense ici par clin d’oeil à une compo de l’Ami nommé ci-dessus).
Paul McCartney a la réputation de grande maîtrise du genre “ballade”, et cette réputation est méritée. Il l’entretient avec force dès le premier titre. On va pas ici faire dans le commentaire et l’analyse “à la Rock’n Folk”, de chaque titre, c’est pas le genre de la maison, et je n’ai ni le talent, ni l’expérience pour ce faire. Mais tout de même. La chanson est tout à la fois mélancolique et pétillante, c’est la grâce et le talent du bonhomme!

Les titres s’enchaînent ensuite (concept album?). On a tout à la fois l’impression d’un style familier, et d’une agréable surprise, d’une fraîcheur inventive: Incroyable, à 76 ans, l’ancien Beatle continue de nous surprendre d’inventivité, de pêche et de capacité à se renouveler.

J’étais parti avec une telle attente, que ma première écoute avait été suivie d’un sentiment mitigé. Dès la seconde écoute, j’en viens à compter les rares morceaux que je pourrais affubler du qualificatif “décevant”, avec tout le respect dû à l’icône!



Eh bien, à part Who Cares et Confidante, que j'apprécie moins, je dois dire que je suis conquis par cet album, et vous le recommande!

Le dernier titre donnera des frissons aux fans des Beatles période 66/67…

lundi 1 janvier 2018

2018 , meilleurs voeux à toutes et à tous. On évoquera forcément 1968....

2018


 Lire en Français      Read in English


1968.


Il y a, donc, cinquante ans. 

Que nous réservent cette année les spécialistes en commémoration, en c’était mieux avant, en rho lala dis donc, en nostalgie commerciale, en marketing du passé? 
Dans lequel je m’engouffre, que je précède aujourd’hui, premier jour de l’année 2018. 

 2018 sera l’année du cinquantenaire de la formation de Led Zepelin… On va en entendre parler! Je n’étais pas, je suis pas, un fan de Led Zep. Mais j’aurai des choses à dire… dans un autre billet. 

C’est aussi, pêle mêle, l’année de sortie de l’album blanc des Beatles. 

Je me souviens confusément du succès à l’époque de Obladi…. Mais découvrirai évidement cet album bien plus tard. 
C’est l’année “Indoue” pour les Beatles (mais pas que), et leur “retraite auprès du Maharishi Mahesh Yogi… 

La même année les Rolling Stones sortent Beggars Banquet. 
Laisseriez vous votre fille sortir avec un Rolling Stones? 

Ou alors, avec Serge Gainsbourg, qui sort à la fin de l’année 69, année erotique? 

Mais 1968 sera aussi l’année de la comédie musicale Hair, on en reparlera sans doute, même si mes souvenirs collent plus au film sorti dans les années 70/80.. 

 Bref, une année fertile, qui nous donnera l’occasion de commentaires, souvenirs, même si 1968 est à tout point de vue une année dont j’ai assez peu de souvenirs…. Belle et bonne année 2018 à tous, merci de votre fidélité, passée et j’espère à venir. 

 Let’s rock’n roll…

dimanche 28 mai 2017

Sgt. Pepper Lonely Hearts Club Band - 1967

Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band: 

It was 50 years ago today…

... The Beatles ... réinventent The Beatles


 Lire en Français      Read in English




Incroyable: cet album a 50 ans…
Tout a tellement été dit sur cet album que je me demande pourquoi j’en parle aujourd’hui. A l’inverse, pourquoi je n’en ai pas parlé, avant: c’est un tel monument!

Juin 1967.
Un peu moins d’un an avant, les Beatles ont décrété qu’ils ne joueront plus en public. A l’époque, les groupes jouent dans des stades avec à peu près le même équipement que nous aujourd’hui dans la cave… tu vois le genre.
De quoi ne pas s’entendre, et saccager les efforts de composition, de création, et le rendu des balbutiements de la production d’albums un peu travaillés en studio. Revolver, sur scène, dans ce contexte… mieux vaut oublier.
Leur envie est de lâcher la bride à leur créativité, à créer des trucs dans lesquels ils n’auront pas à se freiner parce qu’il “faut jouer ça sur scène”…

Sgt Peper Lonely Hearts Club Band sera un cataclysme, encore plus fort que Rubber Soul ou Revolver. Les technologies mises à la disposition des musiciens en studio (ce n’est qu’un début) deviennent extraordinaires (la scène ne suit pas encore), mères de toutes les audaces.


13 titres, et rien à jeter. Mais les Beatles nous ont donné cette habitude!



L’album, bande son du Summer of Love, sera écrit et enregistré en quatre mois… Pendant lesquels les Beatles enregistrent aussi, quelques mois plus tôt, le fabuleux “Strawberry Field/Penny Lane” 45 tour… Deux titres qui devaient faire partie de Sgt.Pepper, concept album racontant la jeunesse des Beatles à Liverpool, mais il fallait sortir un single avant, alors… Le génie, c’est ça, non?


En 1967, je suis encore un peu jeune pour me prendre Sgt Peper en pleine figure… Mon Histoire du Rock donc, bâtira ces souvenirs là sur autre chose que le moment d’explosion… Sur l’écoute de l’album, plus tard… C’est (déjà) le 8ème album du groupe, et il n’y en aura pas autant ensuite… c’est presque le début de la fin, y compris niveau ambiance… les années passés ont été intenses et le poids commence à se faire sentir. Les tensions ne sont pas encore là, mais ils veulent être autre chose que les gentils fab four. Un album ou ils jouent à être un autre groupe???

Y a t il un titre qui émerge de ce flot de pépites? “For the Benefit of Mr Kite” a toujours exercé sur moi une espèce de fascination, “A Day in the life” est l’hymne psychédélique par excellence, et une extraordinaire référence au suréalisme, tout autant qu’un tour de force mélodique et technique… Qui par ailleurs annonce implicitement le début d’une fêlure dans la complicité des deux principaux co-auteurs du groupe: C’est un collage de deux chansons écrites séparément par chacun des deux… Mais bon, je donne un peu dans la psycho à deux balles, sur ce titre qui me semble être le sommet de l’album, s’il en est un.
Ado, j’aimais bien When I’m sixty-Four, c’était l’époque où j’apprenais l’anglais exclusivement en écoutant du rock, c’était là que j’appris cette règle d’usage du présent au futur, derrière “when”. Thank You Sir.

C’était bien, il y avait les paroles sur la pochette. Une première en 1967!!

Je ne vais pas les citer tous, “With a little Help…” transcendé ensuite par Joe Cocker.
“Fixing a Hole” , “Lucy In the Sky With Diamond” aux fantasmatiques allusions hallucinogènes…
L’époque voulait ça.
“She’s living home”, quasi journalistique, ou l’histoire de cette jeune fugueuse, et qui fait largement appel aux instruments classiques..


Chaque titre est un chef d’oeuvre, l’album est un sommet d’ingéniosité, d’inventivité, de prouesses techniques, de recherches et de production. Mais rien n’y parait quand on l’écoute. Pas de lourdeur technophile, pas de longueurs nombriliste, pas de pesanteur savante. Pop, enlevé, accessible et parfait.

Tout a déjà été dit…. Je n’ai a ajouter que mon admiration pour cet album, et une forte recommandation à retourner écouter tout l’album, ce monument pop… Sgt Pepper va avoir 50 ans, rendez-lui un digne hommage en l’écoutant attentivement, ou sous la douche, ou les deux, et passons notre chemin devant les reprises, parodies, même venant des étoiles…


mercredi 10 août 2016

Mellow Yellow, Donovan fume-t-il des bananes?

Mellow Yellow

Donovan, 1966



 Lire en Français      Read in English





….. Comment un morceau aussi subversif a t il pu avoir un tel succès sans déchaîner les passions, défrayer la chronique, réveiller la horde des censeurs et de la bienpensance?

Un farceur, ce Donovan, quand on y pense.. Il réussi à faire fredonner sur un mode ballade gentillette, des propos qui côtoient tellement le subversif que ça en devient risible.

Pensez que Louie Louie, pour des paroles totalement dénuées de connotation, de sous entendus, a fait l’objet de recherches et d’analyses du FBI, a été censuré sur nombre de radios… ça laisse rêveur.

Car Donovan, “baba cool” accrédité et chantre du peace and love, de la liberté dans toutes les acceptions du terme, s’en donne à cœur joie!

On épluche?

D’abord, les érudits aimeront noter que M Leicht (Donovan, donc) est un guitariste émérite, et qu’il sait s’entourer de pointures quand il enregistre: John Paul Jones aux arrangements, McCartney à la basse et sans doute dans les choeurs… On dit partout que Mellow Yellow est d'influence Beatles. Si vous voulez.

Pour en revenir au texte (c’est un bien grand mot), Donovan semble s’amuser à des sous entendus - il prétendra ensuite (air connu) que ce sont les interprétations qui sont border line, et que sont texte est bien anodin à côté de ce qu’on lui prête. On s’en fout un peu, ce que j’en dis, c’est juste pour parler. Voyons donc de quoi il s’agit:

Premier couplet, y a pas grand chose à dire Saffron. c’est le surnom d’une de ses copines, le safran, c’est jaune, c’est oriental (et on sait l’attirance de Donovan pour l’hindouisme), jusque là, rien de croquignole.

Second couplet. Le Monsieur est “mad about Fourteen”… Fourteen, ce serait là aussi le surnom d’une copine. Mais voilà, on entend distinctement “mad about A Fourteen”. Ce serait une nana mineure, damned! “A Fourteen”, c’est littéralement “une (fille de ) 14 (ans)”. Aïe. Mais non, dit-il, la preuve, la majuscule à Fourteen, c’est un nom propre. Soit le gars égrène le nom de ses conquêtes au deux premiers couplets, soit il donne son nom au premier, son âge au second? Passons, et on s’en fout un peu, en fait.

Mais bon, il a eu du pot quand même, Chuck Berry, Jerry Lee Lewis, Jim Morrison, et tant d’autres (j’ai cité les Kingsmen et Louie Louie) ont été taquinés pour ce genre de plaisanterie..

Troisième couplet, après le cul, la drogue? Là, sans rien nommer, on est dans l’apologie de l’état de planitude, et Donovan propose ses service à qui voudrait planer..

Quatrième couplet, il paraîtrait que c’est pas vrai qu’il parle de drogue. Et deux écoles s’affrontent (I’m just mad about s’affrontent, évidement). Si ça se trouve qu’il parle d’un vibromasseur en forme de banane (façon 5 fruits et légumes par jour? Le dicton anglais nous parle des pommes (”An apple a day keeps the doctor away” - une pomme par jour éloigne le médecin, Winston Churchill ajoutait “à condition de bien viser “provided you aim well”). C’est tout du moins ce que Donovan justifiera quand on lui demandera de quoi il retourne, et si ça serait pas de la drogue tout de même… Mais au fait, votre Sérénité, c’est quoi cette histoire de drogue?

A la fin des années 60, se racontait que fumer la peau séchée des bananes menait au trip assuré. Moi, j’en sais rien, j’étais tout petit. Cela dit je me souviens que ma grande soeur (je fais gaffe si ça se trouve elle lit ça!) - pour que je m’en souvienne ça devait être autour de 69, pas avant, hein - disait: "faut pas respirer l’odeur des peaux de bananes cuites " et elle ajoutait, d'une demi voix plein de mystère: "C'EST DE LA DROOOOGUE".


(ça devait être à la mode de faire cuire les bananes??? Au four avec la peau??? Sont bizarres ces gens là???). Oui, on faisait ça pour le gouter. Des bananes cuites au four.....

Bon on revient à notre Donovan? Donc, il y a eu une rumeur, provenance directe de Haight Hashburry San Francisco California, colportant cet amazing et pas très cher moyen de “forever to fly”. Mais tout comme McCartney dira ensuite que Lucy In The Sky With Diamond ça parle pas de LSD, Donovan préfèrera dire que la banane, c’est un vibro.

Ok. On s’en fout, ce sont ces histoires. Tout ça est plutôt rigolo et folklorique.

Reste donc un titre “à tiroir” d’un gars plutôt doué et un brin mésestimé je trouve. C’est notre faute aussi, on n’écoute que ce qu’on nous fait entendre à la radio (euh, c’est un peu has been la radio, non?). Alors, allez écouter Donovan d’un peu plus près, vous m’en direz des nouvelles. Je propose:


- Hurly Gurdy Man

- Seanson of the Witch, bien dans le ton planant du summer of love,

-Catch the wind, qui montre là encore l’influence Dylanesque.


mercredi 18 mai 2016

Jumpin' Jack Flash The Rolling Stones 1968

Jumping Jack Flash.

The Rolling Stones


 Lire en Français      Read in English


Titre mythique. 



Même les plus réticents à l'égard des Rolling Stones finissent après un ou deux Rhums arrangés par adouber ce titre et parfois même à le jouer….

Jumping Jack Flash est la violence à l'état pur, et c'est le credo du groupe en ces années 60. 

Ce n'est pas qu'une posture. 

Ils ont eu, chevillée au corps, l'envie de sortir du néant en jouant du blues, puis du rock'n roll.

Du blues, Brian Jones et Keith Richards en ont bouffé à outrance, avec pour seule école l'écoute et le "doublage", sur un pick up pourri, des standards de Muddy Waters, Bo Diddley, Chuck Berry… Des journées entières, pas grand-chose à bouffer, dans un appart glacial et peu amène, à détailler des riffs avec les doigts gelés, au 102 Edith Groove.

On peut, à souhait, moquer ce que sont devenu les Rolling Stones. Il faut leur reconnaître une teigneuse envie de faire revivre ce son, celui du blues, au début des années 60. 


Au point d'avoir d'abord du mal à composer, à faire autre chose que de reprendre les maîtres, ne livrant jusqu'à Aftermath, que quelques compositions sur chaque album, par modestie et par crainte de mal faire...

Jumping Jack Flash. 1968. 


Enfin, bon, là, ça y est. Les Rolling Stones sont un groupe reconnu. Qui écrit. Compose. 

Le vieil appart et les vaches maigres sont un vieux souvenir. Les Rolling Stones ont tenté pas mal de trucs, se sont laissés eux aussi entraîner vers le rock psychédélique… et Jumping Jack Flash marque la volonté de Richards et Jagger de revenir au son plus brut, au blues. L'influence de Brian Jones décroit.

Keith Richards prend l'ascendant sur Brian Jones. 


Jumping Jack Flash annonce le retour aux sources qui se confirmera sur l'album Begars Banquet, dans lequel Jones ne tient plus aucune partie de guitare. C'est bizarre, parce que Jones était le plus fervent tenant de la ligne "Blues", au début des Stones. C'est lui maintenant, qui s'en écarte..

Plus encore que Satisfaction (que les Stones n'aiment pas jouer en live), Jumping Jack Flash est THE titre des Stones qui se doit de figurer sur chaque set list depuis sa sortie.

Dans Life, Keith Richard (P 201) explique avec luxe détail la façon dont le morceau a été enregistré. Il décrit le riff comme étant "Satisfaction in reverse": le riff de Jumping Jack Flash est, plus ou moins, el riff de Satisfaction, joué "à l'envers….": Ecoutez…..

Il explique également comment le titre a été enregistré, et ça, c'est extraordinaire!!

En effet, l'enregistrement original ne fait intervenir que des guitares acoustiques!! C'est vraiment intéressant parce quand on écoute le morceau, on entend un son saturé de guitare. Je devrais écrire un son de guitare saturée. 

Précisément, de guitareS saturéeS, tant il semble qu'il y ait en fait plusieurs guitares. 

Tonton Keith nous révèle le "truc": en fait, il a enregistré sur son petit musicassette plusieurs (je ne me souviens pas que dans le bouquin il précise le nombre) pistes de guitare, qui ont été juxtaposées ensuite (overdub).

Rien ne laisse penser qu'il n'y a aucune électrique dans le coup. Le son est capté par un magnétocasette Philips (ça vient de sortir à l'époque), ce qui sature le son et donne un effet overdrive bien gras. Incroyable. On croit entendre une Telecaster branchée sur un bon vieux ampli Fender… Eh ben non.


Ainsi parle M Keith Richards, qui pour le coup nous présente une face "expérimentaliste" des Stones, un peu loin de l'image qu'on en a…. Et tend à montrer que sur la question "je teste des trucs bizarres", y a pas que chez les Beatles qu'on tentait des trucs.

Toujours dans Life, et toujours P 201, Keith Richards résume ainsi le riff principal de Jumping Jack Flash: " “Flash” is basically “Satisfaction” in reverse." Comme si tout était simple, naturel, évident.

Les Rolling Stones ont trouvé leur son, leurs marques. Ils osent maintenant composer et ont moins recours aux reprises, si présentes auparavant. Oublié le complexe vis-à-vis de leurs amis Beatles, oubliée pour un temps la tentation de racoler en suivant l'air du temps.

Le sursaut salutaire sera de relativement courte durée, jusqu'en 1971 et Exile on Main Street, avant que les Rolling Stones ne retombent dans une certaine facilité jusqu'à franchir les portes du disco…

On nous promet ces jours ci un retour au blues… wait and see…



dimanche 17 avril 2016

The Inmates

THE INMATES.

Mon Histoire du rock vous propose une fois encore un plongeon dans les années 80 mais cette fois, il s'agit de rock pur et dur, le rock brutal d'un groupe oublié,

 Lire en Français      Read in English




Ce groupe faisait partie de ceux qui promettaient une relève, comme The Jam, The Smith et quelques autres, sortis "indemnes" du Punk en conservant de celui-ci une nervosité bienvenue. Sur les traces des Rolling Stones, période pré Exile on Main Street, of course, et évidement des Kinks et des Animals.

On découvre Ce groupe si je me souviens bien,  dans l'émission Chorus d'Antoine de Caunes en 1979. Un rêve. On se croit rétro-propulsé en 1965, et ça nous change, ça nous ravit.

Le premier album est vraiment prometteur, avec une reprise de "The Walk" des Standels, véritablement explosive, étendard de ce rock british, et espoir d'un "British Invasion Revival"… qui fera hélàs "psshitt", car ces groupes n'auront malheureusement pas la longévité dans le succès qu'on aurait souhaité lorsqu'on les écoutait.

D'un autre côté, mes détracteurs, que je croise parfois au détours de commentaires sur d'autres blogs et webzines, souligneront ici encore les contradictions qui sont les miennes: Je regrette tout autant qu'un AC/DC ait perduré au-delà de Bon Scott, que les Rolling Stones se soient fourvoyés au-delà de 1971 dans les impasses du disco et de la facilité, tout autant donc, que d'autres groupes comme Inmates n'aient pas pu tenir davantage le devant de la scène.

Ecoutez dès maintenant The Walk, pour vous convaincre. Le groupe tourne toujours aujourd'hui, et, fait rare, avec le line up original. On ne peut que regretter que ce groupe ait été enfermé dans une toute petite boite avec une petite étiquette pub rock restrictive qui les à presque contraint à un quais anonymat.

Véritable groupe de scène, les Inmates savent reproduire sur leurs albums studio la spontanéité de leurs performances live. Ils continuent aujourd'hui à se produire, peut-être au détriment de la création de titres nouveaux. Au moins restent-ils fidèles à leur style de départ… Au point de sortir en 1987 un album de reprise des Beatles.


Pourtant là ou le groupe tourne il fait salle comble et le bonheur de son public. Mais reste ignoré des radios, médias…



samedi 2 avril 2016

1967. L'année du Summer of Love, l'année du Sergent Peper, l'année du pop Rock.

1967, et non 1966....


 Lire en Français      Read in English


On va donc explorer ensemble cette année 1967, puisque j'ai eu l'outrecuidance d'écrire dernièrement que 1966 n'était pas, n'en déplaise à certaines publications récentes, une année énorme pour le Rock. Mais qu'il fallait en revanche se pencher sur 1967.




Penchons nous. Vous êtes prêts?


  • Groupes qui se forment: 
    • Genesis 
    • The Stoges, Iggy Pop et les frères Asheton 
    • Smile 

  • Premiers albums 
    • The Doors, premier album des… Doors 
    • The piper at the gates of down, de Pink Floyd 
    • Are You Experienced de Jimi Hendrix, et Axis: Bold as love 
    • Velvet Underground And Nico (The Velvet Underground) 
    • The Grateful Dead (Grateful Dead) 
    • David Bowie 
    • Procol Harum 
    • The Letter, The Box Tops
    • Bee Gees (bien différent de ce que commettra le groupe dans les années 70/80) 
    • Ten Years After (Ten Years After) 

Chacun de ces albums est un marqueur de son temps, ouvre une voie et crée un précédent (l'art de dire trois fois la même chose..). 

On assiste à l'émergence de genres nouveaux, de sous-cultures Rock: 

Le Rock Psychédélique avec les Doors (ou le Blues Psychédélique??), le prog rock avec les Pink Floyd, le guitar Heros expérimental avec Hendrix, le pré-punk avec le Velvet.

Mais tout cela est souligné par les créations des groupes déjà établis, qui accompagnent ces nouveautés par une rupture (cassure?) dans leur style et leur carrière:

  • Albums marquants sortis en 1967 par les groupes "établis" 
  • Smiley Smile, The Beach Boys (avec Good Vibrations, prémices des futurs "rock symphonies") 
  • Sgt Peper Lonely Heart Club Band: ça marque une époque non? Les Beatles ne jouent plus en public, et se livrent à de folles expérimentations car ils sont libérés de cette contrainte. On reparlera ici forcément de cet album mythique. 
  • à  la fin de l'année les Beatles enfoncent le clou en sortant Magical Mystery Tour, 
  • Surrealistic Pillow, Jefferson airplane (Somebody to Love, White Rabbit) 
  • Happy Together (The Turtles) 
  • I Feel Like I'm Fixing to Die (Country Joe, qu'on verra à San Francisco et à Woodstock et qui tient bien la contestation anti guerre du Viet Nam) 
  • Absolutely Free, Frank Zappa 
  • Something else by The Kinks, qui s'y mettent eux aussi… (Waterloo Sunset, David Watts) 
  • Disraely Gear, Cream 
  • Their Satanic Majesties Request, The Rolling Stones, qui tentent de raccrocher la vague psychedelique… 
  • Sell Out, The Who, concept album si on veut, qui préfigure Tommy et Quadrophenia, et prépare le Rock Opera.. 
1967 a donc été une année particulièrement riche au plan du Rock, du moins pour ce qui concerne l'arrivée de nouveaux groupes et d'albums marquants. Mais c'est aussi l'année du Summer of Love, de la musique dans la rue et les parcs, à San Francisco et ailleurs; c'est l'année du premier grand festival Rock, à Monterey, bien avant, et bien plus riche en concerts événements, que Woodstock. C'est aussi, et cela marquera la carrière des Beatles, l'année de la mort de Brian Epstein, l'un des 3 "Cinquième Beatles" avec Pete Best et George Martin, en aout. Et d'Otis Redding, en décembre, juste avant la sortie de son titre historique "Dock of the Bay".

1967 est donc l'année ou le Rock'n Roll, après sa renaissance en 1962 de ce côté ci de l'atlantique, vit sa transformation et s'émancipe de ses racines 50's, devenant pop', c’est-à-dire s'ouvrant au-delà de son traditionnel auditoire adolescent. Le Rock devient une culture, un état d'esprit qui s'adresse aussi aux adultes, tout en se démarquant toujours du monde des "grands", quitte d'ailleurs à le détruire, en changeant la société: les textes s'ouvrent sur le monde et ses problématiques, on quitte les nanas et les grosses voitures, on parle de la guerre, de l'avenir, de l'être humain.

Qui pourra encore dire ce n'est pas 1967 qui marque le tournant de la culture rock?



dimanche 20 mars 2016

On nous dit que 1966 est "l'année qui bouleversa la musique". Ah, bon?

1966



 Lire en Français      Read in English




Il se lit ces temps dernier (voir le N° spécial éponyme des Inrockuptibles) que 1966 serait "l'année où tout a basculé", l'année charnière de l'histoire du rock'n roll.

A d'autres. 1966 est l'année qui permet "aux Inrocks"de sortir un numéro nostalgique "il y a 50 ans", sans attendre 2017 pour parler de 1967...

Car s'il y a eu un basculement spectaculaire de la culture rock au milieu des années 60, c'est bien évidement en 1967 que ça s'est produit..

Enfin, dans la logique bien établie qui consiste à tout classifier, tout expliquer, tout rationaliser. Et quand on décide d'aller par là, on détermine avec précision l'année de naissance du rock'n roll (1951), l'année de sa mort (1959, le 3 février), de sa renaissance chez les britanniques (1962), et ainsi de suite. On y reviendra un autre jour, mais cette frise chronologique en fait assez subjective se poursuit  avec 1965, naissance véritable de la British Invasion, des Animals, des Who, puis 1967, dont on reparlera un jour…

Dans ce classement, que vient donc faire 1966? J'avoue avoir un peu de mal à répondre, même avec le magazine cité plus haut sur les genoux: d'abord, il n'est pas sur mes genoux, ensuite, s'il y était, je ne pourrai pas m'y référer parce que la table sur laquelle j'écris le cacherait à mon regard.
Mais pour l'avoir lu avec attention, je n'ai pas pour autant une réponse claire à ma question.

C'est marrant d'ailleurs, en attrapant le magazine chez le marchand, je suis tombé sur la couverture de l'éminent Rock & Folk (eh oui, folk, ce qui est bien l'une des marques de l'année 66..). Ce magazine met en couverture de son N° de mars 2016 un Polnareff (qui tient une Rickenbacker 360 FG). (presque) le même Polnareff que celui qui ornait la couverture du N° 1 en … 1966!

Diabolique.

A part ça, on peine à voir émerger un courant, une suite logique de faits marquants l'année 1966. On verra un autre jour que l'année suivante sera, elle, marquée par la concomitance d'événements bien plus marquants et fondateurs.

Bien sûr, les Beatles sortent Revolver, et c'est un album énorme. Mais à cette époque là, les Fab Four, (saluons ici George Martin qui était le Fab Five et qui vient de nous quitter) sortent chaque année un album  énorme et révolutionnaire (on a parlé du Rubber Soul de 1965).

Ah, si, les BeachBoys sortent Pet Sound. J'ai déjà parlé de cet album, qui est effectivement crucial et précurseur du rock psychédélique. Si un seul album peut faire d'une année un millésime, alors oui, 1966 vaut qu'on y consacre une étude. Sinon…. Il faut se contenter de l'autoreprise de Sound of Silence par Simon et Garfunkel, pour la joie de nos profs d'anglais…

J'exagère un peu. Il n'est pas question de jeter le discrédit ou de minimiser les groupes et leur créations sorties en 1966 (Houlà, on ne peut quand même pas oublier Aftermath des Rolling Stones!!! (le dit magazine (n')y consacre (qu')une page, ce qui est bien peu au regard de la puissance et de l'importance de cet album, premier des Stones dans lequel ne figure aucune reprise, et tant de pépites: Mother's little helper, Lady Jane, Under my Thumb, Out of time… entre autres.

Ah, ben ça fait deux raisons de parler de 66 alors? Tu verras quand on parlera de 67..  Tu verrais si on parlais de 65.

Allez, je vais être bon prince, il y en aurait bien une troisième, en l'album des Who "A quick one", qui marque l'antichambre de la naissance de l'opéra rock, coup d'essai avant Tommy.

En gros on a fait le tour, sauf à tirer un peu sur la corde en parlant de Hendrix (dont la véritable explosion aura lieu plus tard), en oubliant de parler des débuts de Pink Floyd et de Jefferson Airplane façon Grace Slick..



Je sors donc de cette lecture avec les questions qui étaient les miennes à l'entrée. 1966? Ah bon. 



samedi 19 décembre 2015

John Lennon, 1940, 1980

John Lennon


 Lire en Français      Read in English




John Lennon est mort assassiné le 8 décembre 1980 ; On a donc beaucoup reparlé de lui ces temps-ci, d’autant plus que le morceau emblématique de l’icone Peace and love (Imagine) avait tristement résonné quelques semaines, et quelques mois plus tôt, à Paris et dans plusieurs endroits du globe.

Faut-il encore écrire sur John Lennon? Tout n'a-t-il pas été déjà écrit? Ce blog ne souffre-t-il pas d'une forte disproportion de billets sur les Beatles?

Vas-tu, lecteur, en avoir marre?

Si c'est le cas, dis-le, les commentaires sont fait pour ça. Et ne sois pas rebuté que je te tutoies, piquant deux grammes de style à San Antonio, mais surtout présageant du fait que ce blog n'aie qu'un seul lecteur (à la fois...).

Ce billet est inspiré par le détour au pied du mur Lennon à Prague.

Donc donc, John Lennon.

On le trouvait un peu gnangnan, un peu pontifiant, un peu "grand frère qui va nous dire la vie", en 1980, et ça nous les brisait menu.

On écoutait plutôt du bon gros rock, du blues bien gras, façon AC/DC ou ZZ TOP, ou bien les Ramones, XTC et les Inmates. Mais aussi les Specials et Madness, faut bien rigoler un peu. Debbie Harry semblait plus désirable à nos libido adolescentes que madame Ono.

Il paraissait d'un autre temps celui de l'optimisme, du lendemain qui chante et de ce qu'on appelle aujourd'hui la croissance, toutes choses qui nous paraissaient improbables, tout autant que cette indéfectible volonté de changer le monde: Tout ça nous paraissait à la fois vain et simpliste, dépassé et présomptueux. Artiste engagé, l'engagement des "Bed-ins" nous paraissait bien faible, dans le confort d'un hotel d'Amsterdam….

Lui et Yoko Ono semblaient ressasser encore et encore les thèmes chers aux années 70, qui nous paraissaient alors décalés et hors de propos. Has been.

La New Wave naissait, à rebours des grandes causes qu'elles soient Punk ou Hippies, dans une ambiance de crise, de relations Est-Ouest des plus tendues, d'impasse au plan des relations sexuelles (Sida). Elle se nourrissait de tous ces courants ainés, du pub rock et du glam, aussi. Et y mettait son grain de dérision et de fatalisme.

Faites l'amour, pas la guerre, qu'il disait. Les deux semblaient vouloir mener à la même mort certaine, et Lennon (mais il n'était pas le seul) semblait ne pas avoir vu ça venir, et continuer à prôner l'amour libre, auquel nous n'aurions droit que sous latex.

A vrai dire on lui attribuait sans doute une grande part dans la responsabilité de la séparation des Beatles, et ça jouait pas en sa faveur. Même si au Beatles je préférais les Animals et les Who. Même si je ne viendrai que plus tard reconnaitre la richesse et l'importance des Fab Four. Même si la responsabilité de cette séparation était sans doute bien partagée, et le sujet bien plus complexe qu'il n'y paraissait...

Aujourd'hui Lennon passe pour le pur et dur, le tenant de l'axe Rock des Beatles, quand McCartney serait le responsable de la ligne guimauve. Va savoir.

Et si on s'en foutait un peu? Peut-être Lennon était-il effectivement plus porté sur le rock'n roll, adulant en particulier Mr Rock'n Roll, j'ai nommé Chuck Berry.

Mais dans les années 80, il tendait à le cacher un peu tout de même. N'affirmait-i-il pas que Bob Dylan, qui n'était pas pour nous une icône du Rock'n Roll, était l'un de ses principaux modèles? On retenait plus de lui ses créations mièvres (Imagine, Woman, etc) que ses bœufs télévisés avec Chuck Berry.... Pas mal "téléphonés", et dus aux nécessité d'un accord avec Le Grand Chuck, pour éviter un procès pour plagiat autour de "come together"..


"I've been shot", seront ses derniers mots, un soir de décembre 1980 au pied de son immeuble, le sinistre Dakota Building...

Viendra, plus tard, le temps ou Imagine prendra sa signification, à la porte d'un journal d'abord, puis dans la rue, en face d'une salle de spectacle tristement célèbre d'un soir de folie.









dimanche 11 octobre 2015

Le meilleur Live de tous les temps? Jerry Lee Lewis au Star Club, 1964

Jerry Lee Lewis, Star Club, Hambourg,

1964.

Great balls of fire!!


 Lire en Français      Read in English





Le Rock'n Roll, celui des pionniers, mélange explosif de country, de Hillibilly, à dominance blanche et de Blues, à dominance noire, est moribond. La révolte adolescente qu'il a suscité s'essouffle dans le confort de la société de consommation. Le renouveau tarde à venir du côté du nouveau monde.

C'est en Grande Bretagne, devenue au début des années 60 "l'endroit où ça se passe" dès qu'on parle d'art, que ce soit musique, peinture, cinéma.

Sans doute dynamisée à la fois par le bonheur de se sentir sorti de la période de privation des années de guerre, et probablement aussi vitaminée par le boom économique issu du plan Marshal, qui inonde de dollars les pays qui en veulent bien, la Grande Bretagne va être le berceau du renouveau du Rock.

Cela étant dit, le Royaume de Sa Majesté n'est pas un modèle de laxisme et de souplesse d'esprit. A ce titre la "biographie" que livrera Pink Floyd dans The Wall est édifiante. C'est donc "overseas", principalement en Allemagne, que certains jeunes groupes britanniques feront leurs premières armes. Un peu plus tard, on y reviendra, les jeunes british s'extirperont de la censure bien pensante de la BBC en installant des émetteurs radio sur de vieux bateaux croisant en dehors des eaux territoriales (voir "Good Morning England").

Hambourg, port réputé (sans jeu de mot) pour sa faune et l'ambiance délétère qui y règne, accueillera donc un certain nombre de jeunes anglais, parmi lesquels les Beatles, bien sûr.

On s'extasie souvent sur la fulgurance du succès de ce groupe, son immense talent résumé en 200 titres publiés en moins de 10 ans. On en oublie souvent que ces quatre jeunes types ont eu un sacré entrainement, à Hambourg.

Mais c'est un peu une autre histoire. Il se fait donc que l'épicentre du rock'n roll s'est déplacé de Memphis à Londres, de Chicago à Hambourg, en ce début des années 60.

Les "vielles" star du Rock US (Chuck Berry à la quarantaine en 1964 et Jerry Lee la trentaine) profitent du regain d'intérêt qu'on porte ici, en Europe, à leur musique, celle qu'ils ont créée, et que les radios et le public tend à délaisser au profit des girls groups, de la surf music et autre Soul naissante.

Et puisque le public Européen en demande, on va leur en donner.

C'est donc l'histoire de la conquête de la vielle Europe par les vieux briscards du Rock! Elvis Presley, celui par qui tout à commencer, n'est plus de la partie, devenu une espèce de caricature guimauve et adipeuse pour mémé à Las Vegas. De vieux (mais persistants) restes de ségrégationnisme écartent Chuck Berry et Little Richards de la ruée vers Londres.

Eddie Cochran, Gene Vincent et Jerry Lee Lewis seront, eux "du voyage".

Cette épopée sera plutôt tragique pour chacun d'eux: Eddie Cochran laissera la vie dans un accident de taxi à Chippenham, à l'Est du Royaume Uni. Gene Vincent, qui partageait le même taxi, en sortira terriblement diminué.


Quand à Jerry Lee Lewis, il saccagera en 1958 son entrée en scène dès sa descente d'avion, piteusement piégé par un journaliste qui lui demande l'age de Myra Gale Brown, la (très très)jeune femme qu'il vient juste d'épouser.

A cette époque là, il faut croire que le métier d'attaché de presse n'était pas aussi développé, et Jerry Lee, souvent décrit comme frondeur et un brin naif, ne se doutait pas qu'en Europe, le concept de mariage avec une cousine âgée de 15 ans pouvait choquer (puisque cela était tout à fait légal chez lui).

Chacun pourra penser ce qu'il veut de ce sujet, mais il parait cependant clair que la question du journaliste britannique était savamment préparée, et destinée à savonner la planche de ce yankee venu entrainer la jeunesse britannique sur la mauvaise pente, celle du Rock'n Roll. 

En effet, cette révélation explosive ruinera tout espoir de carrière européenne… et également américaine, pour lui qui rêvait de surpasser "le King" Elvis, qu'il considérait comme un minable. Il faudra plusieurs années à Jerry Lee pour remonter la pente.

Jerry Lee réagira, en 1964, comme il n'a jamais cessé de réagir: avec rage et énergie. Il leur montrera, sur leur terrain , qui est le Killer. Sur leur terrain, c’est-à-dire à Hambourg.

Il nous reste aujourd'hui ce témoignage exceptionnel de l'incarnation du Rock'n Roll par Jerrry Lee Lewis: les concert au Star Club de Hambourg mettent tout le monde d'accord: Jerry Lee est l'énergie, la bestialité, la rage, le cri du rock'n roll.
Quelques mois plus tard, les Beatles déclarent qu'ils ne se produiront plus sur scène.