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mercredi 10 août 2016

Mellow Yellow, Donovan fume-t-il des bananes?

Mellow Yellow

Donovan, 1966



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….. Comment un morceau aussi subversif a t il pu avoir un tel succès sans déchaîner les passions, défrayer la chronique, réveiller la horde des censeurs et de la bienpensance?

Un farceur, ce Donovan, quand on y pense.. Il réussi à faire fredonner sur un mode ballade gentillette, des propos qui côtoient tellement le subversif que ça en devient risible.

Pensez que Louie Louie, pour des paroles totalement dénuées de connotation, de sous entendus, a fait l’objet de recherches et d’analyses du FBI, a été censuré sur nombre de radios… ça laisse rêveur.

Car Donovan, “baba cool” accrédité et chantre du peace and love, de la liberté dans toutes les acceptions du terme, s’en donne à cœur joie!

On épluche?

D’abord, les érudits aimeront noter que M Leicht (Donovan, donc) est un guitariste émérite, et qu’il sait s’entourer de pointures quand il enregistre: John Paul Jones aux arrangements, McCartney à la basse et sans doute dans les choeurs… On dit partout que Mellow Yellow est d'influence Beatles. Si vous voulez.

Pour en revenir au texte (c’est un bien grand mot), Donovan semble s’amuser à des sous entendus - il prétendra ensuite (air connu) que ce sont les interprétations qui sont border line, et que sont texte est bien anodin à côté de ce qu’on lui prête. On s’en fout un peu, ce que j’en dis, c’est juste pour parler. Voyons donc de quoi il s’agit:

Premier couplet, y a pas grand chose à dire Saffron. c’est le surnom d’une de ses copines, le safran, c’est jaune, c’est oriental (et on sait l’attirance de Donovan pour l’hindouisme), jusque là, rien de croquignole.

Second couplet. Le Monsieur est “mad about Fourteen”… Fourteen, ce serait là aussi le surnom d’une copine. Mais voilà, on entend distinctement “mad about A Fourteen”. Ce serait une nana mineure, damned! “A Fourteen”, c’est littéralement “une (fille de ) 14 (ans)”. Aïe. Mais non, dit-il, la preuve, la majuscule à Fourteen, c’est un nom propre. Soit le gars égrène le nom de ses conquêtes au deux premiers couplets, soit il donne son nom au premier, son âge au second? Passons, et on s’en fout un peu, en fait.

Mais bon, il a eu du pot quand même, Chuck Berry, Jerry Lee Lewis, Jim Morrison, et tant d’autres (j’ai cité les Kingsmen et Louie Louie) ont été taquinés pour ce genre de plaisanterie..

Troisième couplet, après le cul, la drogue? Là, sans rien nommer, on est dans l’apologie de l’état de planitude, et Donovan propose ses service à qui voudrait planer..

Quatrième couplet, il paraîtrait que c’est pas vrai qu’il parle de drogue. Et deux écoles s’affrontent (I’m just mad about s’affrontent, évidement). Si ça se trouve qu’il parle d’un vibromasseur en forme de banane (façon 5 fruits et légumes par jour? Le dicton anglais nous parle des pommes (”An apple a day keeps the doctor away” - une pomme par jour éloigne le médecin, Winston Churchill ajoutait “à condition de bien viser “provided you aim well”). C’est tout du moins ce que Donovan justifiera quand on lui demandera de quoi il retourne, et si ça serait pas de la drogue tout de même… Mais au fait, votre Sérénité, c’est quoi cette histoire de drogue?

A la fin des années 60, se racontait que fumer la peau séchée des bananes menait au trip assuré. Moi, j’en sais rien, j’étais tout petit. Cela dit je me souviens que ma grande soeur (je fais gaffe si ça se trouve elle lit ça!) - pour que je m’en souvienne ça devait être autour de 69, pas avant, hein - disait: "faut pas respirer l’odeur des peaux de bananes cuites " et elle ajoutait, d'une demi voix plein de mystère: "C'EST DE LA DROOOOGUE".


(ça devait être à la mode de faire cuire les bananes??? Au four avec la peau??? Sont bizarres ces gens là???). Oui, on faisait ça pour le gouter. Des bananes cuites au four.....

Bon on revient à notre Donovan? Donc, il y a eu une rumeur, provenance directe de Haight Hashburry San Francisco California, colportant cet amazing et pas très cher moyen de “forever to fly”. Mais tout comme McCartney dira ensuite que Lucy In The Sky With Diamond ça parle pas de LSD, Donovan préfèrera dire que la banane, c’est un vibro.

Ok. On s’en fout, ce sont ces histoires. Tout ça est plutôt rigolo et folklorique.

Reste donc un titre “à tiroir” d’un gars plutôt doué et un brin mésestimé je trouve. C’est notre faute aussi, on n’écoute que ce qu’on nous fait entendre à la radio (euh, c’est un peu has been la radio, non?). Alors, allez écouter Donovan d’un peu plus près, vous m’en direz des nouvelles. Je propose:


- Hurly Gurdy Man

- Seanson of the Witch, bien dans le ton planant du summer of love,

-Catch the wind, qui montre là encore l’influence Dylanesque.


mercredi 18 mai 2016

Jumpin' Jack Flash The Rolling Stones 1968

Jumping Jack Flash.

The Rolling Stones


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Titre mythique. 



Même les plus réticents à l'égard des Rolling Stones finissent après un ou deux Rhums arrangés par adouber ce titre et parfois même à le jouer….

Jumping Jack Flash est la violence à l'état pur, et c'est le credo du groupe en ces années 60. 

Ce n'est pas qu'une posture. 

Ils ont eu, chevillée au corps, l'envie de sortir du néant en jouant du blues, puis du rock'n roll.

Du blues, Brian Jones et Keith Richards en ont bouffé à outrance, avec pour seule école l'écoute et le "doublage", sur un pick up pourri, des standards de Muddy Waters, Bo Diddley, Chuck Berry… Des journées entières, pas grand-chose à bouffer, dans un appart glacial et peu amène, à détailler des riffs avec les doigts gelés, au 102 Edith Groove.

On peut, à souhait, moquer ce que sont devenu les Rolling Stones. Il faut leur reconnaître une teigneuse envie de faire revivre ce son, celui du blues, au début des années 60. 


Au point d'avoir d'abord du mal à composer, à faire autre chose que de reprendre les maîtres, ne livrant jusqu'à Aftermath, que quelques compositions sur chaque album, par modestie et par crainte de mal faire...

Jumping Jack Flash. 1968. 


Enfin, bon, là, ça y est. Les Rolling Stones sont un groupe reconnu. Qui écrit. Compose. 

Le vieil appart et les vaches maigres sont un vieux souvenir. Les Rolling Stones ont tenté pas mal de trucs, se sont laissés eux aussi entraîner vers le rock psychédélique… et Jumping Jack Flash marque la volonté de Richards et Jagger de revenir au son plus brut, au blues. L'influence de Brian Jones décroit.

Keith Richards prend l'ascendant sur Brian Jones. 


Jumping Jack Flash annonce le retour aux sources qui se confirmera sur l'album Begars Banquet, dans lequel Jones ne tient plus aucune partie de guitare. C'est bizarre, parce que Jones était le plus fervent tenant de la ligne "Blues", au début des Stones. C'est lui maintenant, qui s'en écarte..

Plus encore que Satisfaction (que les Stones n'aiment pas jouer en live), Jumping Jack Flash est THE titre des Stones qui se doit de figurer sur chaque set list depuis sa sortie.

Dans Life, Keith Richard (P 201) explique avec luxe détail la façon dont le morceau a été enregistré. Il décrit le riff comme étant "Satisfaction in reverse": le riff de Jumping Jack Flash est, plus ou moins, el riff de Satisfaction, joué "à l'envers….": Ecoutez…..

Il explique également comment le titre a été enregistré, et ça, c'est extraordinaire!!

En effet, l'enregistrement original ne fait intervenir que des guitares acoustiques!! C'est vraiment intéressant parce quand on écoute le morceau, on entend un son saturé de guitare. Je devrais écrire un son de guitare saturée. 

Précisément, de guitareS saturéeS, tant il semble qu'il y ait en fait plusieurs guitares. 

Tonton Keith nous révèle le "truc": en fait, il a enregistré sur son petit musicassette plusieurs (je ne me souviens pas que dans le bouquin il précise le nombre) pistes de guitare, qui ont été juxtaposées ensuite (overdub).

Rien ne laisse penser qu'il n'y a aucune électrique dans le coup. Le son est capté par un magnétocasette Philips (ça vient de sortir à l'époque), ce qui sature le son et donne un effet overdrive bien gras. Incroyable. On croit entendre une Telecaster branchée sur un bon vieux ampli Fender… Eh ben non.


Ainsi parle M Keith Richards, qui pour le coup nous présente une face "expérimentaliste" des Stones, un peu loin de l'image qu'on en a…. Et tend à montrer que sur la question "je teste des trucs bizarres", y a pas que chez les Beatles qu'on tentait des trucs.

Toujours dans Life, et toujours P 201, Keith Richards résume ainsi le riff principal de Jumping Jack Flash: " “Flash” is basically “Satisfaction” in reverse." Comme si tout était simple, naturel, évident.

Les Rolling Stones ont trouvé leur son, leurs marques. Ils osent maintenant composer et ont moins recours aux reprises, si présentes auparavant. Oublié le complexe vis-à-vis de leurs amis Beatles, oubliée pour un temps la tentation de racoler en suivant l'air du temps.

Le sursaut salutaire sera de relativement courte durée, jusqu'en 1971 et Exile on Main Street, avant que les Rolling Stones ne retombent dans une certaine facilité jusqu'à franchir les portes du disco…

On nous promet ces jours ci un retour au blues… wait and see…



vendredi 26 février 2016

School Days, les années 80, et Lycée de Versailles: Le Sac US

Un vent de nostalgie soufflerait sur 

Mon Histoire du Rock?

Digression sans musique autour du sac US

 Dans un sens, la nostalgie est une valeur fondatrice de Mon Histoire du Rock, alors, allons-y gaiement. 

Ne partez pas!!! Ce billet n'a pas pour sujet Chuck BerryAC/DC ou Led Zep, maintes fois évoqués ici: j'ai les tempes grises mais suis loin d'être gâteux.

Ce billet m'est inspiré par un amical message de soutien à ce blog  de l'Ami Marc. Son touchant témoignage soulignait également à quel point il n'était pas "certain d'avoir pris de l'âge depuis nos années lycée". Tu as raison, Marc, le Rock nous garde jeunes d'esprit. Long life et keep rockin' old mate! 

L'idée donc est plutôt (qui n'est pas une idée, mais un chien) de faire hommage à ces temps anciens où on (c’est-à-dire certains de mes chers lecteurs, et moi-même) avait 18/20 ans, au travers de la culture qui était devenue la nôtre, et que nous revendiquions.

Riche à souhait, quoiqu'un peu clanique et sectaire, cette culture était composée de sous-groupes (Punk, Mods, baba-cools, glam, new wave, rockers…). Certains adoptaient résolument les codes d'un de ces sous groupes, et ne les quitteraient jamais.

D'autres, quoi qu’écoutant sans doute, au fil des modes, parfois les mêmes musiques que nous, restaient cependant en dehors, sans rejet véritable de cette culture, probablement plus par manque d'intérêt ou d'identification.

D'autres enfin, évitant soigneusement l'enfermement dans un sous-groupe, grappillaient et j'en faisait partie, avec gourmandise, les pépites offertes par chaque "ethnie" vielle ou récente.

Certains portaient le cheveux long dans le cou et vestes en jean/santiag ne juraient que par Lou Reed, d'autres, tee shirt blanc parfois déchiré et jeans au-dessus des chevilles, Doc Martens au pied, le cheveux ras mais rarement teint en ver, faut pas pousser… 

J'apprendrai d'un prof de sociologie à Londres, que le Skin Head portait des lacets de couleur différente suivant qu'il était pacifiste ou "prêchait" la violence… Là-bas, les uns foutaient facilement sur la gueule des autres, mais semblaient aussi cohabiter relativement: On croisait des punkettes pures et dures (percings, iroquois violets) caissières au supermarché).

Mais un accessoire faisait presque l'unanimité de notre costume de lycéen: le sac dit "US".

Voulais-tu être has been avant d'avoir été? Tu négligeait cet accessoire.

Contrairement aux Nikes, Vans de maintenant, contrairement aux godasses Stan Smith d'Adidas pré- B.Tapie, et aux chaussettes Burlington lamentablement versaillaises d'alors, le "Sac US" était un "must" pas cher. Plus il avait l'air usagé, d'avoir déjà vécu, mieux il se portait…
J'allais aussi aux puces  acheter les vestes two tones et les godasses 50's à bout pointu (les santiags me faisaient mal aux pieds!). On fuiyait le loden bleu marine et les mocassins à glandouilles, tu penses bien!

La bandoulière du sac était détachable, avec des mousquetons. On pouvait "porter" le sac US, qui transportait les hypothèses et promesse de savoirs qui nous seraient c'est sûr, utiles "plus tard", de deux façons différentes au moins: au dos tel un cartables, un peu ringard, ou sur le côté, sur une épaule, façon sac à main si j'ose dire. La bandoulière permettait aussi une préhension idéale pour le lancer de sac au bout du couloir, là où on projetait de s’asseoir en attendant les cours.

Bon, par la grâce de ce sac, on aura presque voyagé dans mes souvenirs rock'n roll sans évoquer la musique, dis-donc!

Mais son corollaire était le marqueur indélébile du Baron Bic, grâce auquel on affublait ce pauvre sac de slogans à la pertinence accablante:

"Piss Off", souvent, "Get off my cloud", parfois, "Don't put your feet in my shoes", "Peace and Love" évidement….

Les plus malins englobaient le logo "US" dans leur slogan: "plUS je te vois plus j'aime mon chien", par exemple, ou TRUST, pour marquer son gout pour ce groupe de hard rock français alors en plein essor. Je crois que le miens disait "US and Them", bien que Pink Floyd n'ait pas été ma came de prédilection...

Car forcément, revoici la musique, le sac arborait tes goûts musicaux et le nom des groupes que tu "likes" aujourd'hui sur Facebook…. Certains épinglaient aussi sur le sac des "pin's", comme ils en portaient au revers de leurs vestes, blousons, chemises. Les pin's étaient, eux aussi, aux couleurs d'un groupe, d'un style, d'un slogan. Chez certains, le sac et le blouson disparaissait sous les pins; d'autres n'en portaient qu'un seul, d'autres enfin pas du tout.

Je me souviens avoir pas mal barbouillé mon sac US. Je ne sais plus vraiment ce que j'avais écrit, je me souviens qu'avec malice je faisais voisiner Madness avec AC/DC, The Who avec Kraftwerk, ZZ Top avec The Specials.

Ça ne se faisait pas, ce mélange des genres. 

Je continue aujourd'hui, dans Mon Histoire du Rock, ou tu es le, la, bienvenu(e).

dimanche 14 février 2016

Saint Valentin rock'n roll 14 février 2016 sur Mon Histoire du Rock

Saint Valentin roxk'n roll:

Mon Histoire du Rock va se la jouer love song aujourd'hui…






Avant même le flower power, autrement dit le mouvement beatnik et son "peace and love", les relations amoureuses sont un thème récurrent du rock. 

Récurrent mais pas toujours, guimauve on le verra.

Si les les débuts du Rock'n Roll, incarnés (si on peut dire) par le titre Rocket 88, sacralisent plutôt l'automobile avec un gros moteur, on osera ici le raccourcis facile qui tend à dire que la grosse bagnole n'a pour objectif que d'impressionner l'être aimé… Très vite Maybelene, Sweet Little Sixteen (Chuck Berry) Lucille, Bama Loo (Little Richard) et bien d'autres hymnes Rock'n Roll viendront chanter l'amuuuur.

On pourra très vite distinguer la balade, le slow langoureux et guimauve d'un côté: Façon Girls groups, mais aussi le grand Chuck lui-même, et pléthore d'interprètes, jusqu'aux Rolling Stones eux-mêmes (Angie, n'est-ce pas, mais aussi Ruby Tuesday, Lady Jane….). 

Les bad boys (laisseriez-vous votre fille sortir avec un Rolling Stones?) sont ils vraiment si "bad"? C'est un autre sujet. 

Les Beatles des débuts, qui se spécialiseront dans la balade style I love you, comptent une bonne dizaine de chasons dont le titre ontient le mot "love", et la moitié de leur 200 titres sont des love song!!!

Roy Orbison, Elvis Presley, seront dans les années 50 les spécialistes du genre, repris plus tard par d'autres, comme Chris Isaac (Blue Hotel, Wicked game…). 
Le genre "crooner" aura cela dit plutôt tendance à disparaître après les années 70, comme si le summer of love avait épuisé le sujet, derrière Jefferson Airplane et "Somebody to love" et Janis Joplin "I need a man to love", et bien sûr "I'm not in love" de 10cc, quand la prétérition se fait rcok'n roll…

Les années 80 largueront leur tonnage de ballades sirupeuses, y compris auprès des groupes réputés plus énervés: Foreigners, " I want to kow what love is ", Scorpions "Still Loving you", U2 avec wth or without you" puis plus tard Metalica avec " Nothing Else maters"..

De l'autre côté, plus près du cri primal, la déclaration d'amour rageuse, tonitruante et souvent un brin désespérée, mais parfois aussi assez cynique. 
J'ai cité plus haut Little Richard, spécialiste de la déclaration d'amour musclée et puissante, les Troggs plus tard feront pas mal dans le style, et il faut compter avec les Kinks qui posent avec You really Got Me un jalon du Hard rock d'amour… AC/DC, toujours eux, ont aussi du mal à parler d'amour sans crier (Love a first feel), Kiss commettra un "I was made for loving you" un brin décalé, qui sera un vrai succès. Les Who donneront eux aussi dans le genre love song énervée avec "Love reign o'er me".
Police donnera aussi dans le genre, avec par exemple "So lonely". Plus énervé encore, Stiff Little Finger, que tout le monde a hélas oublié, " Barbed wire love", les Ramones 'I wanna be your boyfriend", ou Joy Division, "Love will tear us appart". 


J'ai évidement oublié plein de trucs, mais je crois qu'on a fait le tour de façon assez honorable.

samedi 19 décembre 2015

John Lennon, 1940, 1980

John Lennon


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John Lennon est mort assassiné le 8 décembre 1980 ; On a donc beaucoup reparlé de lui ces temps-ci, d’autant plus que le morceau emblématique de l’icone Peace and love (Imagine) avait tristement résonné quelques semaines, et quelques mois plus tôt, à Paris et dans plusieurs endroits du globe.

Faut-il encore écrire sur John Lennon? Tout n'a-t-il pas été déjà écrit? Ce blog ne souffre-t-il pas d'une forte disproportion de billets sur les Beatles?

Vas-tu, lecteur, en avoir marre?

Si c'est le cas, dis-le, les commentaires sont fait pour ça. Et ne sois pas rebuté que je te tutoies, piquant deux grammes de style à San Antonio, mais surtout présageant du fait que ce blog n'aie qu'un seul lecteur (à la fois...).

Ce billet est inspiré par le détour au pied du mur Lennon à Prague.

Donc donc, John Lennon.

On le trouvait un peu gnangnan, un peu pontifiant, un peu "grand frère qui va nous dire la vie", en 1980, et ça nous les brisait menu.

On écoutait plutôt du bon gros rock, du blues bien gras, façon AC/DC ou ZZ TOP, ou bien les Ramones, XTC et les Inmates. Mais aussi les Specials et Madness, faut bien rigoler un peu. Debbie Harry semblait plus désirable à nos libido adolescentes que madame Ono.

Il paraissait d'un autre temps celui de l'optimisme, du lendemain qui chante et de ce qu'on appelle aujourd'hui la croissance, toutes choses qui nous paraissaient improbables, tout autant que cette indéfectible volonté de changer le monde: Tout ça nous paraissait à la fois vain et simpliste, dépassé et présomptueux. Artiste engagé, l'engagement des "Bed-ins" nous paraissait bien faible, dans le confort d'un hotel d'Amsterdam….

Lui et Yoko Ono semblaient ressasser encore et encore les thèmes chers aux années 70, qui nous paraissaient alors décalés et hors de propos. Has been.

La New Wave naissait, à rebours des grandes causes qu'elles soient Punk ou Hippies, dans une ambiance de crise, de relations Est-Ouest des plus tendues, d'impasse au plan des relations sexuelles (Sida). Elle se nourrissait de tous ces courants ainés, du pub rock et du glam, aussi. Et y mettait son grain de dérision et de fatalisme.

Faites l'amour, pas la guerre, qu'il disait. Les deux semblaient vouloir mener à la même mort certaine, et Lennon (mais il n'était pas le seul) semblait ne pas avoir vu ça venir, et continuer à prôner l'amour libre, auquel nous n'aurions droit que sous latex.

A vrai dire on lui attribuait sans doute une grande part dans la responsabilité de la séparation des Beatles, et ça jouait pas en sa faveur. Même si au Beatles je préférais les Animals et les Who. Même si je ne viendrai que plus tard reconnaitre la richesse et l'importance des Fab Four. Même si la responsabilité de cette séparation était sans doute bien partagée, et le sujet bien plus complexe qu'il n'y paraissait...

Aujourd'hui Lennon passe pour le pur et dur, le tenant de l'axe Rock des Beatles, quand McCartney serait le responsable de la ligne guimauve. Va savoir.

Et si on s'en foutait un peu? Peut-être Lennon était-il effectivement plus porté sur le rock'n roll, adulant en particulier Mr Rock'n Roll, j'ai nommé Chuck Berry.

Mais dans les années 80, il tendait à le cacher un peu tout de même. N'affirmait-i-il pas que Bob Dylan, qui n'était pas pour nous une icône du Rock'n Roll, était l'un de ses principaux modèles? On retenait plus de lui ses créations mièvres (Imagine, Woman, etc) que ses bœufs télévisés avec Chuck Berry.... Pas mal "téléphonés", et dus aux nécessité d'un accord avec Le Grand Chuck, pour éviter un procès pour plagiat autour de "come together"..


"I've been shot", seront ses derniers mots, un soir de décembre 1980 au pied de son immeuble, le sinistre Dakota Building...

Viendra, plus tard, le temps ou Imagine prendra sa signification, à la porte d'un journal d'abord, puis dans la rue, en face d'une salle de spectacle tristement célèbre d'un soir de folie.









dimanche 11 octobre 2015

Le meilleur Live de tous les temps? Jerry Lee Lewis au Star Club, 1964

Jerry Lee Lewis, Star Club, Hambourg,

1964.

Great balls of fire!!


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Le Rock'n Roll, celui des pionniers, mélange explosif de country, de Hillibilly, à dominance blanche et de Blues, à dominance noire, est moribond. La révolte adolescente qu'il a suscité s'essouffle dans le confort de la société de consommation. Le renouveau tarde à venir du côté du nouveau monde.

C'est en Grande Bretagne, devenue au début des années 60 "l'endroit où ça se passe" dès qu'on parle d'art, que ce soit musique, peinture, cinéma.

Sans doute dynamisée à la fois par le bonheur de se sentir sorti de la période de privation des années de guerre, et probablement aussi vitaminée par le boom économique issu du plan Marshal, qui inonde de dollars les pays qui en veulent bien, la Grande Bretagne va être le berceau du renouveau du Rock.

Cela étant dit, le Royaume de Sa Majesté n'est pas un modèle de laxisme et de souplesse d'esprit. A ce titre la "biographie" que livrera Pink Floyd dans The Wall est édifiante. C'est donc "overseas", principalement en Allemagne, que certains jeunes groupes britanniques feront leurs premières armes. Un peu plus tard, on y reviendra, les jeunes british s'extirperont de la censure bien pensante de la BBC en installant des émetteurs radio sur de vieux bateaux croisant en dehors des eaux territoriales (voir "Good Morning England").

Hambourg, port réputé (sans jeu de mot) pour sa faune et l'ambiance délétère qui y règne, accueillera donc un certain nombre de jeunes anglais, parmi lesquels les Beatles, bien sûr.

On s'extasie souvent sur la fulgurance du succès de ce groupe, son immense talent résumé en 200 titres publiés en moins de 10 ans. On en oublie souvent que ces quatre jeunes types ont eu un sacré entrainement, à Hambourg.

Mais c'est un peu une autre histoire. Il se fait donc que l'épicentre du rock'n roll s'est déplacé de Memphis à Londres, de Chicago à Hambourg, en ce début des années 60.

Les "vielles" star du Rock US (Chuck Berry à la quarantaine en 1964 et Jerry Lee la trentaine) profitent du regain d'intérêt qu'on porte ici, en Europe, à leur musique, celle qu'ils ont créée, et que les radios et le public tend à délaisser au profit des girls groups, de la surf music et autre Soul naissante.

Et puisque le public Européen en demande, on va leur en donner.

C'est donc l'histoire de la conquête de la vielle Europe par les vieux briscards du Rock! Elvis Presley, celui par qui tout à commencer, n'est plus de la partie, devenu une espèce de caricature guimauve et adipeuse pour mémé à Las Vegas. De vieux (mais persistants) restes de ségrégationnisme écartent Chuck Berry et Little Richards de la ruée vers Londres.

Eddie Cochran, Gene Vincent et Jerry Lee Lewis seront, eux "du voyage".

Cette épopée sera plutôt tragique pour chacun d'eux: Eddie Cochran laissera la vie dans un accident de taxi à Chippenham, à l'Est du Royaume Uni. Gene Vincent, qui partageait le même taxi, en sortira terriblement diminué.


Quand à Jerry Lee Lewis, il saccagera en 1958 son entrée en scène dès sa descente d'avion, piteusement piégé par un journaliste qui lui demande l'age de Myra Gale Brown, la (très très)jeune femme qu'il vient juste d'épouser.

A cette époque là, il faut croire que le métier d'attaché de presse n'était pas aussi développé, et Jerry Lee, souvent décrit comme frondeur et un brin naif, ne se doutait pas qu'en Europe, le concept de mariage avec une cousine âgée de 15 ans pouvait choquer (puisque cela était tout à fait légal chez lui).

Chacun pourra penser ce qu'il veut de ce sujet, mais il parait cependant clair que la question du journaliste britannique était savamment préparée, et destinée à savonner la planche de ce yankee venu entrainer la jeunesse britannique sur la mauvaise pente, celle du Rock'n Roll. 

En effet, cette révélation explosive ruinera tout espoir de carrière européenne… et également américaine, pour lui qui rêvait de surpasser "le King" Elvis, qu'il considérait comme un minable. Il faudra plusieurs années à Jerry Lee pour remonter la pente.

Jerry Lee réagira, en 1964, comme il n'a jamais cessé de réagir: avec rage et énergie. Il leur montrera, sur leur terrain , qui est le Killer. Sur leur terrain, c’est-à-dire à Hambourg.

Il nous reste aujourd'hui ce témoignage exceptionnel de l'incarnation du Rock'n Roll par Jerrry Lee Lewis: les concert au Star Club de Hambourg mettent tout le monde d'accord: Jerry Lee est l'énergie, la bestialité, la rage, le cri du rock'n roll.
Quelques mois plus tard, les Beatles déclarent qu'ils ne se produiront plus sur scène.



vendredi 15 mai 2015

BB KING 15 mai 2015

BB KING


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Je m’appelle Lucille 


et je suis une guitare.




La guitare de BB King, roi du Blues.

Oh la belle Epihone tribute!

Aujourd’hui, j’ai perdu mon génie.


Faut être exact : BB King appelait chacune de ses guitares Lucille. La première Lucille n’était pas, comme aujourd’hui, une Gibson ES355 noire.


Aujourd’hui je suis seule car BB King est mort.


Putain de mois de mai, qui voit disparaître BB King après Ben e King (nombreux feront la confusion à l’annonce du décès de Ben E King), de Percey Sledge et de Jack Ely.


L’influence de celui qui m’a tenu si souvent entre ses bras (King est son nom véritable, et pas un nom de scène) est colossale, sur le blues et le rock. Pourtant, BB King ne laisse pas de « titre phare », de hit. Il n’a d’ailleurs jamais présenté aux maisons de disques un titre pour se faire recruter, comme le faisaient non loin de lui Muddy Waters, Bo Diddley, Willie Dixon et (un petit peu) plus tard Chuck Berry ou Little Richards par exemple.


Non, BB King, c’est le blues live dans toute sa grandeur, et il le prouvera par une infatigable présence sur scène… qui lui vaudra la reconnaissance de tous.


Jeune orphelin, il fuit vite les champs de coton pour tenter sa chance du côté du Gospel: Le Blues estt alors considéré comme la musique du diable (merci Robert Johnson, lui qui selon la légende expliquera son soudain talent par un pacte avec le Malin !!!). Il quitte son Mississipi natal pour Memphis à 20 ans, et alterne les boulots de disc jockey et de musicien de studio.


Moi, Lucille, je suis alors acoustique, sans doute une Gibson L 30. Vous savez tous maintenant pourquoi BB King m’a nommée Lucille, car l’histoire est racontée dans tous les hommages au grand homme, (par exemple ici). Mais il semble que l’homme appelait déjà Lucille mes ainées…


C’est en entendant T-Bone Walker (pionnier du blues électrique) qu’il jure de passer à cet instrument diabolique ! Je deviens donc une Fender Telecaster ‘Esquire’, pas forcément noire, puis une Gretsch, et beaucoup d’autres, avant de devenir l’emblématique Gibson ES 355 à la fin des années 59.


Improvisateur génial, il prétendra toute sa vie avoir dû s’en remettre à l’impro par faute de ne pas savoir jouer les accords à la guitare.


Mon œil.


Il a de ce fait créé ce style bien particulier de jeu repris par tous, ponctuant les phrases chantées par un gimmick improvisé, phrase musicale qui accompagne le chant dans un dialogue génial. Il avait cette façon si particulière de faire glisser sa main gauche sur le manche pour un effet proche du bottleneck. Une autre des caractéristiques de son jeu est ce vibrato aérien alors que sa main papillonne en lâchant le manche, (voyez la video) que seul touche le doigt qui produit la note. Enfin, n’oublions pas les fameux bends de BB King, technique qu’il a probablement inventée.


Un dernier message sur la page de son site web (http://www.bbking.com) date du 1er mai, et indique qu’il rentre chez lui à Las Vegas, « Home hospice care ».


Si il est difficile de détacher un titre, de citer de mémoire un morceau de BB King, son style est lui bien identifiable, même si il a inspiré tous les bluesmen depuis. Mais on peut recommander Lucille, The Thrill is gone, How blue can you get, etc, etc, etc.



dimanche 29 mars 2015

Route 66 bien avant les reprises de Depeche Mode , Manathan Transfert et The Rolling Stones

ROUTE 66




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de Nat King Cole à Depeche Mode en pasant par Chuck Berry et les Rolling Stones!


Ou par un tour de passe-passe, comment rassembler dans un même article Chuck Berry, les Rolling Stones et Depeche Mode?

A la découverte, non pas de la route mythique, qui n’existe plus qu’ici et là, à titre touristique, mais de la chanson qui célèbre cette route…


Selon l'âge, on pense immédiatement, à l'évocation de ce titre, à Depeche Mode, ou aux Rolling Stones.


A dire vrai, ça a été longtemps le « seul » titre que je connaissais dans la discographie de Dépêche Mode, je n'écoutais guerre ce groupe que dans les soirées, à Londres puis à Reims. C’est-à-dire que je ne l’écoutais pas. Il aura fallu longtemps, longtemps, pour que je me penche sérieusement sur le sujet…


C’est une version dynamique mais froide, bien dans le ton de l’époque.


La version stonnienne est celle que je connaissais mieux, représentative de leur envie d'Amérique, « Road song » à la gloire de la fameuse route qui traverse, on devrait dire traversait, les Etats-Unis du Nord Est au Sud Ouest.


Beaucoup de ceux qui sont « born in the 60's » on longtemps cru que la version cold wave de Dépêche mode était une interprétation de celle des Stones. Mais plus encore d'amateur des Rolling Stones ignorent, s'ajoutant ainsi aux premiers, l'origine de ce morceau qui est donc une reprise aussi pour les Stones...


On va y arriver, vous allez voir…


Les Rolling stones eux même font en réalité une cover en 1964, reprenant en y touchant très peu la version du grand Chuck Berry, l’un de leurs « maitres ». Le résultat est étrangement plus Rock’n Roll que la version de M Rock’n Roll lui-même…

Car Chuck Berry a livré en réalité non pas l’original, mais… une reprise, quatre ans plus tôt. Sa version est somme toute moins inventive, et, à l’inévitable solo de guitare près, assez proche de la version de Nat King Cole !!

Car Chuck Berry n’est pas l’auteur de ce titre, n’en déplaise à certains « spécialistes »… Mon Histoire du rock rétablit ici la Vérité Historique (I’m kiddding, hein…).

Mais « il faut » creuser encore pour trouver la source de ce titre, décidément peu Rock, en fait : Si la version de Cole swingue, l’original, composé par Bobby Troup, est, du coup, franchement différente, très jazzy et il faut se gratter la tête pour trouver une filiation entre cette version et les suivantes.






Depuis 1946, les versions se sont multipliées… à vous de choisir « la vôtre » !!







vendredi 3 octobre 2014

Chuck Berry , Rock'n Roll

Johnny be Goode


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One day your name will be in lights saying 

Johnny be Goode, tonite



« Si vous voulez donner un autre nom au Rock’n Roll, appelez-le Chuck Berry »  (John Lennon)



Pour sa 100ème page, Mon histoire du Rock se doit de rendre hommage à Chuck Berry.

Il a fallu attendre le centième article, alors que Chuck Berry aurait sans aucun doute dû avoir l’honneur du premier.

Mais on ne s’attaque pas au mythe sans crainte, et aujourd’hui encore, à l’heure d’écrire ces lignes la main tremble, tant tout à déjà été écrit, tant la crainte de sombrer dans la platitude et la redite est grande !

Il suffit de voir avec quel respect et quel regard de petit garçon Keith Richard se laisse sermonner, remettre à sa place (avec une mauvaise foi évidente) par M Berry (voir ou revoir "Hail, Hail, Rock’n Roll", il suffit de se pencher un instant sur la longue liste de ceux qui, comme Lennon cité plus haut, y sont allé de leur « compliment » à l’égard du Monsieur..

Même si, entre les lignes, émerge souvent une pique sur l’attitude « un brin » mégalo du père des guitaristes et des rockers…

Chuck Berry, le premier, posera les codes du Rock’n Roll : émergeant du Blues et du Rythm’n Blues (il est à l’école de Johnnie Johnson, puis, repéré par Muddy Waters, rejoint la pépinière de Leonard Chess (Chess Records) en 1955.


Son premier succès, « Maybellene », définit le rock’n roll : Paroles légères et tournées vers les préoccupations des ados (Nenettes, bagnoles, (Cadillac, souvent), merveilles de la société de consommation), solo de guitare, attitude scénique, tout y est.


La recette fonctionne et fera le succès de Chuck Berry.

Il la déclinera tout au long de sa carrière, sans toutefois sombrer dans l’auto plagiat, réussissant à garder le cap en enrichissant le « vocabulaire » du rock. Et ça marche toujours ! A 87 ans, M Rock’n Roll monte toujours sur scène, presque chaque semaine, et continue à faire le show !

Quand il ne rivalise pas sur scène avec son alter ego (Jerry Lee Lewis, qui met le feu à son piano à la fin de son set pour gâcher et rendre ridicule le show de Chuck Berry qui passe juste après lui), rivalise avec lui « à la ville », par des frasques similaires qui lui vaudront pas mal d’ennuis. Ces deux-là ont décidément beaucoup de points communs : Cabotins à l’excès, parfaite maîtrise de leur instrument, énorme don scénique, capacité à se réinventer et longévité exceptionnelle…. Jerry Lee Lewis et Chuck Berry restent, sont c’est certain, les piliers du Rock’n Roll, faisant mentir la mère de Jerry Lee qui lui dit un jour « Chuck Berry et toi pouvez faire ce que vous voulez, vous ne serez jamais Elvis Presley ».


Non Madame, ils sont beaucoup plus, et c’est tant mieux.

Faut-il évoquer Maybellene, son premier titre ? Avec lequel, on l'a déjà vu, Alan Freed, qui fit tant pour le Rock’n Roll, perdit son âme dans le scandale dit « payola »..

Johnny Be Goode, qui sonne comme l’histoire de son auteur et dont le riff d’introduction à la guitare est, dès 1955, le marqueur définitif du Rock’n Roll ? (Il a pourtant été « inventé » par le pianiste et mentor de C Berry, Johnny Johnson)


Come on, emprunté par les Rolling Stones pour leur premier disque,


Rock’n Roll Music, tremplin des Beatles vers le succès ? (Rolling Stones et Beatles fonderont leur apprentissage sur la reprise de nombreux standards de Chuck Berry)

Promised Land, repris par Elvis Presley, au point qu’on pourrait le croire interprète principal du morceau….

Sweet Little Sixteen, dont les Beach Boys recopieront à la "virgule près" la musique pour « Surfin’ USA » ?


Comment comprendre que son seul titre classé N°1 des ventes soit le piètre « My Ding a Ling » ?

Que serait Pulp Fiction sans "You Never Can Tell "?

Comment ne pas voir dans les riffs d’Angus Young et dans son jeu de scène un hommage constant à Chuck Berry ?

Oui, Chuck Berry est bien le Rock’n Roll, sa discographie, de la quelle il est bien difficile d’extraire un titre pour le mettre au-dessus des autres pour esquisser un vain classement, le prouve.



mercredi 21 mai 2014

Maybellene Chuck Berry 21 mai 1955

Maybellene

CHUCK BERRY


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 Il est « admis» que le premier morceau « rock’n roll » date de 1951 et que c’est Rocket 88.

Pourtant, c’est avec Maybellene que Chuck Berry pose les base du rock, guitare électrique, rythme, paroles explicitement adressées à la jeunesse « poivre et sel » selon la propre expression de M Rock’n Roll, mêlant grosses bagnoles, séduction de jolies nanas, et climat chaud et voluptueux.

Chuck Berry présente ce titre à Leonard Chess, l’un de ses tout premier, sous une forme un peu différente, et c’est Leonard Chess qui change le titre en Maybellene, jugé plus moderne, actuel et accrocheur que le titre original. Pour cela il s’inspire du nom d’un cosmétique à la mode, changeant l’orthographe pour éviter les tracas.


L’idée est de faire coller le titre aux habitudes de consommation, à l’air du temps. Dans les titres de Chuck Berry, on parlera souvent de Cadillac (objet culte, particulièrement chez Chess Records !), de télévision, de tous ces biens de consommation que l’Amérique découvre alors… Amusez-vous à compter le nombre de fois ou cette marque d'automobiles est cité dans la chanson!


Maybellene est une œuvre de jeunesse mais tout y est déjà : les riffs de guitare cultissimes de Chuck Berry, incroyablement matures dès ce premier titre, la voix, le rythme. Pour être honnête, et cependant éminemment respectueux de la discographie du génie du rock, la suite sera un superbe copier-coller de ce premier opus, allant parfois jusqu’à raconter à peu près la même chose (« Nadine », 1963), en changeant simplement de moyen de transport…


Maybellene est aussi à l’origine du fameux scandale dit « payola », un système de pots de vins par lequel les programmateurs radio (disc jokeys) recevaient du cash en échange de la programmation de certains titres : Leonard Chess, pour promouvoir Chuck Berry, fait créditer Alan Freed (l’homme qui « découvrit » le Rock’n Roll et lui donna son nom) comme co-auteur du morceau, moyen de le rétribuer discrètement… Ce scandale brisera, quatre ans plus tard, la carrière d'Alan Freed….

samedi 10 mai 2014

Good Vibrations, The Beach Boys courent après les Beatles !!!

Good Vibrations

Beach Boys




groupe américain qui a d’abord … surfé sur le courant californien « Surf Rock ». 

Chuck Berry ne les aimait pas beaucoup : En 1963, les frères WASP sortent Surfin’ USA, qui, à l’écoute, est évidement plus qu’une évocation du Sweet Little Sixteen de Monsieur Rock’n Roll.

Il mit une dizaine d’année à faire valoir ses droits, et c’est Chuck Berry qui est, depuis les années 70, crédité comme compositeur de la musique de ce titre!!

Les « Good Vibrations », c’est avec un Tannerin (un dérivé du Theremin, et ancêtre des instruments électroniques qui feront croire, à la fin des années 70, que l’avenir de la musique « moderne », « pop », était dans ces machines, « orgues » electroniques et autres synthétiseurs.

Vangelis, mais aussi le fort décrié JM Jarre, mais surtout Kraftwerk, dont je reparlerai, tant l’album Radioactivity a été pour moi un choc, bientôt suivi d’un second (l’album « The Man Machine » des mêmes Germains fous de technique).

Pour en revenir aux Beach Boys, le titre Autobahn de Kraftwerk reprend le rythme de Barbara Ann, étonnant hommage aux précurseurs dans l’usage de ces instruments bizarres….
Sur Good Vibrations, c’est Paul Tanner, le concepteur du Tannerin, qui joue. Les versions concert obligeront Moog, qui fabriqua un temps le Tannerin, à le modifier pour que le groupe puisse s’en servir sur scène…

L’album « Pet Sounds », sur lequel Good Vivrations devait figurer, est considéré comme un « must ». Pour ce qui me concerne, je n’ai jamais vraiment accroché, et je n’ai pas de feeling particulier à l’écoute de ces titres, de ce groupe.


Bon, « Good Vibrations » est bien vu, mais j’avoue ne pas comprendre ce qui a fait dire, par exemple, à Mc Cartney que c’est cet album qui l’a inspiré pour que naisse Sergent Peper.. ..Il doit me manquer un truc, je comprends pas.

Mais tous à l’époque, des Stones, au Kinks en passant par les Pink Floyd, Clapton et Elton John (ce dernier cité pour taquiner un ami…) prétendent avoir été grandement influencés par cet album, le son et le feeling de ce groupe, à cette époque.

Pete Townshend semble avoir été l’un des rares à critiquer le côté sur-produit du morceau.. le pire est à venir, et il y succombera aussi…

Tous ensuite feront « mieux », en reprennant la mode de l’album concept (d’ailleurs lancée par les Beatles avec « Rubber Soul »: le déjà cité Sgt Peper, Face to Face (The Kinks), Freak Out ! de Zappa, Sell Out (The Who, qui iront ensuite beaucoup plus loin), puis the Pretty Things (SF Sorrow), Elton John (Captain Fantastic), David Bowie (Ziggy Stardust), et évidement Pink Floyd, avec une succession d’albums depuis Dark Side of The Moon que nos verrons plus tard, pour terminer dans le mur, pardon du mauvais jeu sur le mot : il faudra longtemps pour que cet album ressurgisse…

De bonnes vibrations, donc, finalement. Suite à ce Pet Sound, Brian Wilson, entendant Sgt Peper, « décidera » qu’il ne ferait jamais mieux et resta cloitré pendant plusieurs années, devenant un peu parano, sans doute du fait d’un usage trop intensif de certaines substances.

samedi 11 janvier 2014

Jerry Lee Lewis, le piano endiablé du Rock'n Roll

Jerry Lee Lewis

"il ne joue pas du rock'n roll: il est le rock'n roll" (Bruce Springsteen)




Son nom, déjà, sonne comme un rythme rock. Si Elvis Presley le grand rival - quoique ce dernier semble avoir voué au « killer » (surnom de Jerry Lee) une certaine forme d’admiration - fut l'icône de la décadence sexuelle contenue dans le Rock'n Roll, Jerry Lee Lewis y ajouta la folie, la débauche (joignant en quelque sorte le geste à la parole !), la démesure et l'hédonisme: un Carpe Diem un rien nihiliste que ne désavoueront pas, plus tard, Iggy Pop, puis les 'punks'.

Ce type semble en effet possédé, un rien lunaire et totalement exubérant! A l'heure où la jeunesse s'empare de la musique et pour cela se jette sur la guitare, instrument simple, transportable et économique, lui se jette sur le piano qui lui servait à l'église pour un cri de rage et un ultime blasphème:

il va faire de cet instrument sacré le complice de sa folie créatrice et démoniaque pour notre plus grand plaisir.

Ok, M Lewis, c’est grâce à vous un fait, le Rock’n Roll n’est pas réservé à la 6 cordes. La folie, la sensualité et la fureur peuvent aussi sortir d’un rigide piano, par la grâce et l’énergie de vos doigts habités !!!!

Le rock'n roll qu'il invente et qu'il joue est plus qu'une vocation. Bruce Springsteen aura la formule qui convient "il ne joue pas du rock'n roll:il est le rock'n roll".

Alors qu'Elvis part au service militaire et qu'on le croit 'fini', Jerry Lee, qui semble pouvoir 'prendre sa place', voit sa carrière stoppée par les médias, choqués par son mariage avec sa cousine de 13 ans... Quand j’écrivais au début du post que Jerry Lee, plus qu’Elvis, incarnait le Mal absolu véhiculé par le Rock’n Roll…il faudra attendre les annés 70 pour le retour en grâce du 'killer', et celui-ci restera convaincu que la musique qu’il produit « malgré lui » le va conduire, avec son auditoire, en enfer…

Mais Jerry Lee Lewis s'en fout, ce n'est pas son problème : Il sait qu'il est le meilleur, doué pour la musique, pour l'art de la scène, bref, l’incarnation du Rock’n Roll. Assez fier et un brin mégalo, il donne des interviews à la fin desquelles il refuse de chanter si le journaliste ne lui parait pas sympa. Pas toujours délicat : Pour évincer un concurrent, il met le feu à son piano à la fin de son set pour « pourrir » la prestation de celui qui (Chuck Berry) passera après lui parce qu’il est furieux d’avoir dû « chauffer la salle » alors qu’il voulait finir le set…

On peut trouver bien des similitudes, tant dans le parcours, la vie, la façon de vivre le Rock, avec ce dernier: la longévité, les incidents de parcours, les tentations diabo-sexualo-alcooliques, les passages à vide, cette façon un peu mégalo d’ « être » le rock, de vivre la musique qu’ils produisent.. Cette apparente décontraction donnant l’illusion que c’est facile, et dans le même temps que celui qui joue est « possédé »…

Pourtant, c’est souvent le nom de Chuck Berry qui vient quand on pense « pionnier du Rock’n Roll », rarement « Jerry Lee Lewis »…

La ‘faute’ au piano ? Peut-être… Mais écoutez combien l’instrument se plie à la difficile alchimie d’un rythme sec et rapide, martelé de la main gauche, pendant que se mêle une envolée extraordinaire de légèreté d’une main droite guidée par le démon dans des digressions et des arpèges aériennes et sauvages…. On pense bien sûr à la folie qui se dégage de "Great Balls of Fire", et du dialogue qui s’instaure entre les deux mains pendant le ‘solo’ au milieu du morceau….

Limiter Jerry Lee Lewis aux trois ou 4 rocks endiablés bien connus serait dommage, et il faut redécouvrir, d’urgence, sa discographie, riche de boogies nostalgiques, parfois aux sources du foxtrot ( !!), rythmant des ballades country d’un tempo Rock’n Roll où on sent l’habitude qu’il avait, jeune musicien d’église, de faire de même avec des chants religieux.

A plus presque 80 ans, Jerry Lee continue à se produire sur scène et si l’énergie n’est plus tout à fait celle du mythique concert de Hambourg en 1964 (Venu montrer aux British que le rock US n’était pas ‘fini’, l’album live qui en découle reste encore aujourd’hui considéré comme le meilleur live de tous les temps…), l’aura est intacte, tout comme l’arrogance et la magie… Sur l’album Live in Hamburg, écouter le magnifique hommage de JL Lewis à un autre magicien du clavier, Ray Charles, dans « What I’d Say »

Tournée européenne en 2014 ? On en rêve !!!

samedi 21 décembre 2013

The Clash, une raison de plus d'aller vivre à Londres dans les années 80

The Clash




A l'époque on disait que le Punk tuerait le Rock...

La vague Punk, qui naît au milieu des années 70, est souvent considéré à tort comme étant née en Grande Bretagne, vers 1976. C'est sans doute plutôt un retour, initié par des groupes américains un peu plus tôt, vers un rock simple, brut, qui s’oppose aux virtuosités du Heavy Metal et aux lancinances du Prog-rock.

The Clash est souvent cité comme l’un des, comme LE, groupe punk par excellence. Le groupe naît donc en 1976, et adoptera une démarche effectivement assez radicale et politisée, assez en phase avec le discours punk, mais avec plus de sincérité et moins de (voire pas du tout) d’ambitions marketing que quelques autres…

Leurs chansons prennent des distances certaines avec le fameux No Future, le Destroy, ces cris « emblématiques » de la scène rock de la fin des 70s. Il y a souvent (toujours???) un message, adressé à leurs fans, une contestation du système, des médias, mais les incitant à avoir une conscience politique, une réflexion sur la société ("Guns Of Brixton", "Bank Robber"….). Mais ce n'est jamais "chiant", jamais docte, jamais endoctrinant, et la musique est toujours soignée, jamais reléguée au second plan, jamais "recopiée".

Ils iront, par exemple, jusqu’à graver un double 33 tours, vendu au prix d’un simple (mais oui, le fameux London Calling), et sont connus à l’époque pour maintenir une vraie proximité avec leurs fans, un peu comme les Who dans les années 60.

Mais c’est musicalement que The Clash se démarque de la scène punk, pour notre grand plaisir. Là où les Dead Kennedys, les Sex Pistols, les Ramones, collent à la culture punk par un nihilisme mélodique et musical revendiqué, The Clash se nourrit aux sources des multiples courants du Rock, piochant dans le Rockabilly, le Reggae, le Ska, parfois même, on sent une influence jazzy, une bribe hispanisante, et, sur « Magnificent Seven », on tend presque à de la dance music, on n’est pas très loin de Queen, et somme toute loin du Garage (rock) ou certains critiques voulaient les enfermer dans un jeu de mot bidon.

Il en résulte un son qui, presque 40 ans plus tard (oh la vache !!) est toujours terriblement audible, ce qui, pardon pour ceux qui aiment, n’est pas le cas de beaucoup de groupes de cette mouvance, et on en retient une vraie inventivité, un son qui a su efficacement faire la synthèse des courants dont ils se sont inspirés.

J’ai découvert The Clash en 1978, avec l’achat du 33 tour « Give ‘em Enough Rope ». On sent (sur « Safe European Home » l’influence maitrisée de la rythmique « Jungle Beat » chère à Bo Diddley, la maitrise du solo de Chuck Berry (« English Civil War »), un clin d’oeil façon Rockabilly aux Beatles de Lucy in the Sky … (« Julie’s been Working in the Drug Squad »).

Comme The Kinks dix ans plus tôt, The Clash fera de sa musique un support pour une peinture quasi journalistique (engagée) de la société dans laquelle ils vivent. Non pas uniquement pour la détruire, mais pour une prise de conscience, « pour que ça change »).

Influences digérées donc transcendées même, car on sent à chaque morceau, une capacité brillante, après avoir maitrisé le modèle, à se l’approprier et à créer un nouveau style propre aux Clash, et novateur.

Ainsi de quelques morceaux « dans l’air du temps » (Guns On The Roof », « Drug Stabbing Time », « Cheapskates »), et quelques pépites (« Stay Free », qui rappelle, donc, The Kinks, The Jams, bref, qui sent bon l’Angleterre !!). Je n’aurai plus qu’une idée en tête, après ça : « Let’s go to London ! »

Cet album, qui n’est pas aujourd’hui le plus souvent entendu, reste un ensemble homogène et de grande qualité, c’est bien dommage, ça nous changerait de «Magnifiscent Seven » ou « should I stay… », certes très bons, mais sans doute « trop enten
dus ».

mercredi 6 novembre 2013

AC DC groupe de Hard Rock ????? N’importe quoi

AC/DC

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Il est de bon ton de dire qu' AC/DC est un groupe de hard rock vulgaire et sans finesse , mais c'est une erreur..




Voici le 59 ème billet de ce blog, et j’allais écrire, « le premier qui parle d’AC/DC » tant le précédent (sur Highway to Hell) me semble nécessiter que le clou soit enfoncé !!

Etonnant, non ? AC/DC, « toute ma jeunesse », en fait !!!

Mais l’idée de départ de ce blog était « sur mes K7,il y avait » : Or, peu d’AC/DC sur mes K7 ! J’avais, en 1982, au moment de partir à Londres, tous leurs 33 tours jusqu’à Black in Black…. Sauf en fait… Highway to Hell, qui fit l’objet d’une K7 quelques semaines avant que je ne courre chez le disquaire

Mais il est grand temps de lever ici une ambiguïté, de casser une légende urbaine (j’en fais trop ? ah bon ?). Voyez plutôt (pas le chien haha).

Je vous entends d’ici (assis d’ici, hahaha) ! « beurk, du hard rock, du Heavy Metal , c’est lourd et c’est moche… »

AC/DC, groupe de Hard-Rock ? Ecoutez Night-Prowler, (sur Highway to Hell) et revenez en parler !!!

C’est un blues, un vrai, comme le groupe savait alors nous en offrir depuis… toujours.

Car AC/DC est un groupe de Blues, qu’on se le dise. Du blues musclé, du blues devenu rock FM au tournant des années 80, faut bien vivre, mais du blues, du vrai, tenez :

Ride On sur Dirty deeds done dirty cheap

Night Prowler sur Highway to Hell

Little Lover et the Jack sur High Voltage

Go Down, Dog Eat Dog, Overdose Hell Ai’nt a Bad Place to be sur Let There be Rock.

Je ne mentionne aucun titre du magnifique Powerage, et pourtant… mais je ferai un billet sur cet album, qui est à mes yeux le meilleur du groupe… On reparlera donc de ma théorie blues-rock sur AC/DC à cette occasion!!!

Pour en revenir donc à mon propos, ce groupe, formé par les frères Young au début des 70’s. On parle souvent des Young qui jouent dans le groupe (Angus et Malcolm), mais le grand frère Young est aussi de la fête, puisqu’il produit le groupe (après avoir produit les Anglais The Easybeats (mais si !!! "Friday on my mind" !!!).

Affaire familiale donc, que ce groupe d’écossais émigrés en Australie.

Viendra s’adjoindre aux deux frères un chanteur, Bon Scott, dont tout le monde connait la fin tragique en 1980, dans le froid de Londres et les vapeurs d’alcool. Si ce type là n'a pas une voix et un groove de bluesman.....Le type était terriblement alcoolique, « capable », en état de manque, de s’enfiler de l’after-shave au réveil… Ce triste fait divers nous priva d’un chanteur hors pair, « lead singer » reconnu, que son successeur ne pourra jamais vraiment remplacer, et qui ne me convaincra pas, si ce n’est sur Back in Black : mais cet album est encore très marqué par Bon Scott, puisqu’il avait co-écrit certains titres, et avait même commencé à en enregistrer certains ce mois de février 1980…

Les influences du groupe sont, comme le montrent les titres cités plus haut, blues, blues rock. Les membres compositeurs revendiquent l’inspiration de Muddy Waters, entre autres, et, évidemment de Chuck Berry (pas uniquement dans le Duck Walk, repris par Angus Young). La structure des morceaux (mesure binaire, gamme pentatonique, solo de guitare….) est très fidèle aux classiques du genre, et pour certains, assez figée leur faisant dire que « c’est toujours la même chose » : Le même reproche est fait à Status Quo

AC/DC, trop vite catalogué « vilains garçons », et hard rock, est devenu, avec l’arrivée de Brian Johnson, plus froid, plus impersonnel, moins blues et plus « rock fm ». Les albums des années 80 auront du mal à (me) convaincre, et même si un titre émerge, de temps en temps (ThunderStruck, à l’intro magnifique !), la magie n’est plus là. Après Bon Scott, c’est le batteur Phill Rudd qui a quitté le groupe, et l’avenir montrera à quel point le batteur, bien qu’il semble caché, loin, derrière ses futs, et hélas rarement dans la lumière, est pourtant au premier plan quand il s’agit de marquer la couleur stylistique d’un groupe rock : Phill Rudd reviendra donc en 1994, et la magie Blues Rock réapparaitra dans le groupe !!!

AC DC, c’est du blues, j’espère vous avoir convaincu ! Maintenant que vous êtes réconciliés avec la famille Young, retournez à vos platines écouter les premiers albums, jusqu’à 1980…. Le mot de la fin est à KeithRichards, qui est, après Chuck Berry, sans doute l’un des maitres du genre ! Si Keith adoube AC/DC, on n’a plus rien à dire… Comme ses éloges vont à Powerage, et que je partage cet avis, nous en reparlerons…..



samedi 19 octobre 2013

Au sujet d'Eric Burdon, (the Animals, War, et tant d'autres) Bluesman parmi les Bluesman

Read about Eric Burdon !


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Eric Burdon @ Paris Olympia 0ctober 8th 2019 #monhistoiredurock

Un article, une interview à lire sur



http://blues.gr/profiles/blogs/a-conversation-with-pioneer-of-rock-culture-eric-burdon-the


Eric Burdon, "voix" inoubliable et incontournable de la "British Invasion", loin du star system des Beatles et des ego-trips stoniens, préférant sans doute explorer, infatigable, les voix du blues.

"if it's not about music, its bullshit."...


Un jour, j'irai écouter Eric Burdon en live!!!


mercredi 10 juillet 2013

Telephone, ancien groupe de rock'n roll

J'aimais assez Téléphone, 



donc "y en avait" forcément sur mes K7

Mes K7, je les avais emportées avec moi à Londres. Avec le gros cassettophone vu l'autre jour. Tout dans une grosse malle "cantine".;;

Je ne POUVAIS pas partir sans MA musique!!! Donc aussi Téléphone. Pas trop, ceci dit, je crois....

Surtout le premier, plus rock. En réalité, le premier Telephone ne pouvait pas cacher l’influence des Rolling Stones, tant certains morceaux sont d’une évidente inspiration.

Il y avait à l'époque, pour faire genre 'Beatles contre Stones' (débat débile et médiatique avant l'heure, organisé par le manager des Stones, puisqu’on sait que les deux groupes s’entendaient plutôt bien, et s’entendirent, d’ailleurs, aussi sur le fait de se partager le « marché » grâce à cette opposition de façade ), un pseudo "Telephone contre Starshooter".

Starshooter me paraissait vulgaire et assez nul, gueulard et peu mélodieux. Rétrospectivement, il est facile de dire que les influences punk du groupe y sont pour quelque chose…

Deux de Téléphone venaient de Shakin' street, qui feront plus tard "Solid as a Rock", mais ça n'a rien à voir.

Très vite, j'ai trouvé Téléphone rasoir, simplet dans les textes, trop ado et trop variétoche. Au risque de faire hurler, un peu comme les texte d’Indochine. Au moins Téléphone s’est arrêté avant de devenir franchement ridicule…

Autant les débuts très (trop ?) stoniens ne pouvaient qu’attirer l’oreille avide de son rock qui était la mienne, autant, rapidement, le côté bisounours, feu de camp-colonie de vacances devint à mon goût rasoir. J’ai aujourd’hui un peu le même sentiment qu’avec Police, les 2 n’ayant évidemment rien à voir, mais la dérive gnangnan de ces deux groupes, abandonnant le son et la pêche des débuts pour des pseudo considération love/mondialistes un peu beaucoup médiatico-bobo-bonne-conscience me lasse.

Où est donc l’insouciante révolte (de bac à sable, c’est vrai, mais bon) des débuts ?

De nos jours (expression débile), beaucoup « rêvent » à une reformation de Téléphone. Outre le fait que les principaux intéressés ne sont, justement, sans doute pas intéressés par cette idée, je doute qu’alors cette hypothétique reformation nous donnerait du bon vieux rock, et si c’est pour entendre la même chose que ce que nous livrent Aubert ou Bertignac aujourd’hui… Les quelques passages (pourtant bien vus) de ces Messieurs dans Taratata (Won't Get Fooled Again de mes chers Who!!! ) ne sont pas de nature à faire oublier la mièvrerie de la fin du groupe...

Reste donc, pour le meilleur, quelques titres bien rock’n roll, des albums Telephone et (déjà, moins) crache ton venin, fortement inspirés par le grand Chuck Berrry(intro d’Hygiaphone…), qu’on écoute, et reprend avec plaisir entre deux cover des Rolling Stones..