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samedi 25 octobre 2014

Daniel Darc

Daniel Darc 

Taxi Girl,

La New Wave en France...


Étonnante suite aux deux articles sur Madness, groupe qui représente le fun des années 80, passons aujourd’hui à Taxi Girl et plus précisément à Daniel Darc, qui en fut le chanteur.
Taxi Girl, c’est un peu tout le contraire : New Wave glacée, si on peut nommer ainsi cette ambiance post punk sous une apparente légèreté et une désinvolture de façade. Si les anglais de Depeche Mode sont estampillés Cold Wave, ce qui deviendra le duo Daniel Darc / Mirwais Stass après la mort des uns et l’éviction des autres, est effectivement carrément glacée.
Tout le monde connait « Cherchez le Garçon », qui semble, à l’écoute, à une ballade gentillette, est sans doute le morceau le plus emblématique de la new wave française, et occulte quelque peu la discographie de ce groupe, dont les premiers albums sont réalisés par Andy Scott, ingénieur du son qui par ailleurs a débuté sur les albums mythiques enregistrés à Hérouville ( Pink Floyd, Elton John de la bonne époque, Bowie..) ;
Je me souviens qu’alors, on est en 1980, il est difficile de ne pas voir en Taxi Girl un groupe à minettes, si on s’en tient à une écoute désinvolte de leur titre phare, et de quelques autres (Quelqu’un comme toi..) Pourtant, on comprend vite, par la rumeur des copains de copains allés les écouter au « Palace», la boite branchée de l’époque, en première partie des Talking Heads, que ces types-là sont dans une ambiguïté destructrice totale : la légèreté n’est qu’apparente…
Les influences sont pourtant exemptes de légèreté (OMD, Kraftwerk, Velvet Undergroud). On aura un peu le même tour avec Jacno, d’ailleurs, mais c’est une autre histoire.
Taxi Girl, ce qu’il en reste, se séparera, Daniel Darc jouera la carte de l’autodestruction, jusqu’à un come back plutôt réussi en 1994 avec un album (Nijinsky) enfin accueilli à sa valeur juste. Mais ce succès critique n’empêchera pas Daniel Darc de retomber dans les excès divers, et dans un oubli inquiétant, revenant ( ! ) dix ans plus tard, pour être (enfin) célébré par la critique (victoire de la musique et tout et tout !!) en 2008. L’homme se dit apaisé, mais l’album La Taille de mon Ame le montre usé, désabusé.

Ce sera son dernier album.

lundi 15 septembre 2014

U2, nouvel album, donc un évenement!

Songs of Innocence U2

U2 sort un nouvel album.

Soit.

U2, après War, j’ai pas suivi. Sorry for that.

Je me mets donc en devoir ( ! ) d’écouter ce dernier album. Et de faire un billet sur le sujet.

J’avoue que cela reste un évènement, et je suis de plus en plus porté à l’éclectisme (les ans en sont la cause, disait La Fontaine)

Songs of Innocence, donc. Référence à William Blake, of course, au point que « Bono », porte parole charismatique du groupe, annonce un très prochain ‘Songs of Experience’ « very soon »…

On devrait donc retrouver une inspiration romantique dans cet album : déchaînement des passions, des forces de la nature et opposition à ce qui est établi, au réalisme, mise en exergue de la notion d’héroïsme…

Donc, les grandiloquences et l’aura quasi fanatique autour de ce groupe m’avait écarté de ces Messieurs, par snobisme diront certains…

C’est dire si je n’ai pas d’abord bondi sur cet album. C’est dire aussi que je l’ai abordé du bout des oreilles.

Je m’attendais à un truc pesant, trop marqué par des 'envolées" (certes brillantes, mais barbantes à force de virtuosité), c’est souvent ce que j’ai ressenti à l’écoute de U2..

Rien de cela, ici, même si on reconnait (Song For Someone, Iris (..) ) U2 sans trop d’effort. Je reconnais que je suis plutôt séduit par l’ensemble.

Je m’attendais (Volcano) à un truc… explosif, une basse/batterie lourde et omniprésente, et ça m’aurait rasé.

Rien de tout cela, sauf sur Cedarwood Road (où on est bien dans du U2) et du coup une agréable surprise, de ce côté-là. J’avais l’idée que U2 d’habitude livrait à chaque album un ‘gros truc’, un morceau de bravoure, un seul, dans un album par ailleurs assez « plat ».

Ici, l’ensemble est agréable…. Presque facile. De là à le qualifier d’easy listening, il n’y a qu’un pas, que je franchis après avoir bien sagement tout bien écouté.

Une autre caractéristique saute aux oreilles : On est dans l’évocation, à chaque morceau : Sleep Like a Baby Tonight est d’évidence entre Depeche Mode et Muse, et OMD me semble tout près, également. California ne cache pas l’appel aux Beach Boys, This is Where You can reach me now est typé 80’s (Depeche Mode again ??)


Ces évocations sont visiblement délibérées et assumées, en particulier l’appel aux Beach Boys et, évidemment aux Ramones.. L’album serait donc une sorte d’hommage de U2 aux forces rock’n roll qui ont inspiré le groupe. Soit.

De ce côté, mission accomplie.

Pour ce qui concerne l’appel à Blake et au romantisme, bof, rien de déchainé, rien de passionné, rien d’héroïque…

Bien au contraire, un album « propre et agréable », peut-être « trop », auquel je reprocherai le côté « musique d’ambiance « : rien de rebutant, mais pas de coup de foudre !

jeudi 29 mai 2014

Depeche Mode : New Wave , Cold Wave ou monument rock des années 80 ?

Depeche Mode, 



groupe phare de la New Wave, des 80’s,


(lien vers site officiel

est toujours présent et actif aujourd’hui, et maintient une popularité ainsi qu’une créativité que l’on peut saluer, alors nombre de groupes de nos 80’s ont jeté l’éponge…On se souvient, pauvres bougres que nous sommes qui étions jeunes dans les années 80, des énormes « People are People », « Just can’t get enough », premier succès de cette pop froide et high tech, bientôt suivi par « Enjoy the Silence » et évidement « Personnal Jesus ». 

De fait le groupe est aujourd’hui parvenu au rang des grands groupes de Rock, et permet ainsi à cette fameuse New Wave d’accéder au statut de courant du rock…

Oui, la New Wave est un courant du Rock comme l’ont été le prog-rock, le rock psychédélique, le hard rock, le reggae, le punk…

Et, oui, Depeche Mode y joue un rôle prépondérant, majeur, accordant par exemple au synthétiseur une place centrale… au détriment de notre chère guitare, il est vrai….

Mais avec une telle maitrise (partagée avec d’autres, finalement assez proches (OMD (Orchestral Manoeuvre in the Dark bien sûr….)) qu’on peut leur pardonner..

Le parallèle avec OMD est flagrant, comme l’est la filiation que ces deux groupes partagent d’ailleurs avec Kraftwerk. Si Depeche Mode est souvent moins glacial qu’OMD, les deux sont de toute évidence plus versé dans une approche mélodieuse, moins rigide et plus « dansante » que leur référence germanique évidente.

Et c’est tant mieux : l’ensemble reste néanmoins (je parle de Depeche Mode) plutôt glacial et synthétique. On reste bien en 80’s !!!

Contrairement d’ailleurs à d’illustre prédécesseurs, dont le leader singera les excès (drogues, etc..), Depeche Mode saura, conserver jusqu’en …. 2013 (Delta Machine) une identité certaine et une haute fidélité envers le son et le style des débuts. Il faut le saluer, d’autant que chaque nouvel opus n’estpas pour autant pas un éternel pastiche de l’album précédent (que certains géants du hard rock australien suivent mon regard attristé !!) : Il y a dans Delta Machine une telle inventivité, dans une appropriation des thèmes du rock, et même du blues (« SLOW », « Secret to the End » « Angel»


....En fait, tout l’album !!! Le blues au synthé, iconoclaste et sublime !!!!)….

Mais déjà « par le passé », Depeche Mode a su nous montrer son respect des « traditions » du Rock et l’assimilation de l’Art des Maitres (un Diddley Beat sur « Flexible » en 1985, et évidement « Personnal Jesus », dont le titre évoque Elvis Presley, puisque c'est surnom dont Madame Presley affublait ce dernier.) Qu’on ne s’y trompe pas, on a ici affaire à un groupe culte, qui a acquis sa place dans les rangs des grands du rock, et, avec Delta Machine, du blues. Tu te rends compte : du blues sans guitare…..

vendredi 25 octobre 2013

Enola Gay, Orchestral Manœuvre in the Dark (OMD), 1980, new wave, cold wave..

OMD




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Cold wave et musique electronique, 


L'après Kraftwerk et l'avant Depeche Mode...

On est en 1980, le 26 septembre : C’est la rentrée, du disco partout, John Lennon est en sursis, Bon Scott et John Bonham n'ont pas cette chance...

Une New Wave synthétique, pathétique envahi les ondes et chasse les sacro-saints groupes à guitare, le rock, le vrai, mis à mal déjà par la soul, le disco et le punk.





Pink Floyd nous a pourtant concocté The Wall, Mc Cartney survit avec les Wings, les Stones tombent dans le disco d’un impardonnable Emotional Rescue… Seuls les Who semblent résister, après avoir pourtant inspiré la ravageuse vague Punk, « Who are You » restant très rock dans ce triste désert… Ils n’en ont pourtant plus pour longtemps, et peineront à se renouveler ensuite.

Pour nous, à l’époque, ce sont tous des vieux nazes et personne ne parierait que 30 ans plus tard, Macca serait encore debout et plutôt en meilleure forme, et que les Stones seraient revenus des bas-fonds du disco..

Ces « vieux », peu les écoutent encore en 1980. Ils regagneront, plus tard « en l’an 2000 », une aura et une notoriété, un statut de mythe vivant : en 1980, qui irait passer la nuit devant l’Olympia pour voir Mac Cartney, alors que le Palace, les « Bains » et le Rose Bonbon nous tendent les bras ?

Mais je digresse… en 80 donc, alors que je rêve déjà de cette culture rock anglo-saxonne et de Londres, sans savoir que je vais y aller poser un temps mes valises, quelques pépites new wave pourraient me faire oublier le british beat et mes chères 60’s…

Je ne sais plus où j’ai entendu Enola Gay pour la première fois ?

Pas le 26 septembre, date de la sortie britannique. A cette époque-là souvenez-vous, il y a un vrai décalage entre les sorties radio grandes bretonnes et l’arrivée des morceaux en France : Je gouterai bientôt le plaisir d’initié d’annoncer (par… lettre manuscrite !!!!) à mes potes français les sorties entendues sur BBC1…

A la radio, sur RFM, certainement pas, la station n’existe pas encore ! Radio 7 ? « Chez » Bernard Lenoir, dont le « FeedBack » nous fera découvrir aussi Blondie ? Je ne sais plus….

Chez ce copain, plus probablement, avec qui je partagerai beaucoup de gouts musicaux et de sottises lycéennes, après une virée chez le disquaire dont j’ai déjà parlé. Je filerai d’ailleurs le 33 tours « Organisation » à sa (très jolie) sœur qui en était très fan. Sur ce 33 tour figurait aussi les très étranges « Misunderstanding » et « Motion and Heart », plus une reprise de « The more I see You », le tout dans un style à la fois froid, glacial, et aérien… Etrange alchimie de la voix hyper grave et du synthé suraigu…

C’est marrant, parce que, comme je l’ai mentionné plus haut, je n’ai pas gardé ce 33 tours très longtemps, et il ne hantera pas longtemps ma platine moins et pourtant, je garde en mémoire cet album et ses sonorités, y compris celles de titres bizarres comme VCL XI, sans pouvoir expliquer pourquoi. En ré-écoutant aujourd’hui, il me semble que les titres cités plus haut me sont hyper familiers..

Enola Gay donc, rien à voir avec « les Gays », comme diront certains, juste l’histoire de cette bombe d’Hiroshima et le sentiment de culpabilité qu’engendre à l’occident ce triste largage un matin du mois d’Aout 1945.

En 1980, on est en pleine guerre froide, crise des missiles de croisière (Cruise Missiles, chantera Fisher Z, autre groupe oublié), et Margaret Thatcher ne tardera pas à préparer, par crainte de la « troisième », l’évacuation de Londres et un discours sorti du secret 30 ans plus tard (en.. 2013). Glacial ? OMD est bien dans l’ambiance du moment !

Il y a dans le son d’OMD une forte référence à la Synth Pop des précurseurs que sont Kraftwerk, mais avec une humanité et un groove qui manque aux ainées teutons, même dans leurs opus les plus « chantants », comme le très typé « Man Machine », dont on reparlera...

Cette new wave, ces synthétiseurs, vocoders, et autres boites à rythmes qui, on l’aurait alors juré, allaient envoyer les guitares au grenier, ne tiendront pas la durée, et cet élan futuriste durera une dizaine d’année avant que les vieux groupes à guitare, ne fassent leur retour et de nouveaux adeptes, et ne relèguent à leur tour les synthés au placard, entraînant presque dans l’oubli la plupart de ces groupes étonnants :

OMD ne mérite pas cet oubli.