Affichage des articles dont le libellé est 1967. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 1967. Afficher tous les articles

samedi 27 janvier 2018

Penny Lane / Strawberry Fields Forever, The Beatles, 1967

Penny Lane, Strawberry Fields Forever, The Beatles, 1967 


 Lire en Français      Read in English

 

Etonnant 45 tours que celui-ci. Comme une médaille, une pièce de monnaie dont on se sert pour sceller le hasard d'une alternative, cette galette de vinyl porte sur chaque face un caractère opposé. 

A l'inverse du couple Jagger/Richards, qui signe d'un Glimmer Twins une fraternité apparente, le couple créatif Lennon et McCartney se sépare ici symboliquement, chacun exprimant à sa manière, et individuellement, la nostalgie de leur enfance. Cependant, les titres sont crédités Lennon/McCartney…. Flegme britannique? Ne rien laisser paraître.. Pas encore….

On est en 1967  et il semble que le poids des années vécues ensemble depuis dix ans pèse de plus en plus lourd. Pas de conflit ouvert, pas de grandes phrases balancée par voie de presse (suivez mon regard). Plus tard, ça viendra. Il est encore trop tôt. Mais le temps des compositions communes semble, lui, révolu. 

Face A, Penny Lane. 
Lennon soupçonnera plus tard McCartney d'avoir intrigué  pour que Strawberry Field soit en face B. Dans les années 70, ces deux-là, jadis si complémentaires et si fusionnels, ne s'aimaient plus beaucoup et le faisaient savoir. 
Peace and love, mais pas entre anciens potes, hein… 

Penny Lane est dans la veine de McCartney, de ce qu'il sait faire de mieux: une ballade plutôt guillerette,  qui n'arrive pas à sombrer dans la tristesse nostalgique, malgré la descente chromatique utilisée dans le couplet. Mccartney se souvient, mais n'exprime pas le regret du passé. Il ajoute un solo de trompette piccolo, instrument qu'il vient de découvrir dans un concert classique: On est les Beatles, on se doit d'ajouter une touche "expérimentale"! Ce solo lui-même, plutôt guilleret et enthousiaste. 
  
Pour Strawberry Fileds, Lennon est plus vaporeux, il ébauche le style qui sera plus tard le sien en solo: d'abord minimaliste, le morceau évolue au fil des sessions d'enregistrement. Tout semble plus nostalgique, le traitement des voix, probablement passées dans une cabine Leslie, l'intro au Melotron, la mélodie elle-même. 

Le morceau détient sa part sulfureuse, quand les adeptes de la théorie de la mort de McCartney entendent, 8 secondes avant la fin du morceau, dans l'espèce de reprise patchwork, Lennon dire "I Burried Paul". L'intéressé démentira plus tard avoir dit cela, mais plutôt "Cranberry Sauce"…. 

Qu'importe, la rumeur ne s'arrêtera pas… 

Lennon considérait parait-il Strawberry Fields comme sa composition la plus aboutie.

Et ces deux morceaux sont sublimes, même s'ils marquent les débuts d'une rupture pour les Beatles.

Ils devaient figurer sur Sgt.Pepper’shttps://monhistoiredurock.blogspot.fr/2017/05/sgt-pepper-lonely-hearts-club-band-1967.html, mais le marketing de Brian Epstein et les engagements vis à vis de la maison de disque en décideront autrement. Pour les Beatles, habitués à truster les premières places des ventes de disques, ce “double face A” ratera bizarrement la première place en Grande Bretagne… 


Un signe?

Depuis fin 66, les Beatles ne se produisent plus sur scène. Place à la vie de studio, au huis clos, loin de l’adrénaline du contact avec le public. C’est leur volonté. Mais eux qui n’ont vécu que pour ce public, et sur scène ensemble - presque H24 aux débuts - ah, oui, j’exagère, mais Hambourg a été une expérience fondatrice d’osmose pour le LIVE… Et peut être que, sans le savoir, leur décision d’arrêter la scène a été le truc insidieux qui a rongé le ciment de leur cohésion?

Strawberry field est considéré par beaucoup comme THE chef d’oeuvre des Beatles. On dit qu’en l’entendant, Brian Wilson (Beach Boys) décida qu’il devait arrêter la creation de SMILE, que ce son était celui après lequel il ‘courrait’ depuis longtemps…

‘Technologiquement’, Strawberry est plus fouillé, plus produit, que Penny Lane. Lennon, aigri, dira plus tard que selon lui McCartney avait délibérément “baclé” la production du morceau, au profit de ses propres morceaux. C’était au temps de leur brouille, quand ils se balançaient à la figure  une rancoeur sortie d’on ne sait où.

Et on n’est pas là pour jouer les voyeurs, se perdre en antépénultièmes conjectures.

Si Strawberry est sans aucun doute plus intéressant au plan technique (Melotron, prouesses techniques….) , Penny Lane est plus guilleret et plus mélodieux. Pour tous les goûts.

Une légende dit qu’à la fin de Strawberry, John dit “I burried Paul”. C’est la thèse de ceux qui que croient serait Paul mort, en 1966. Lennon dira plus tard que c’est bullshit et qu’il dit “cranberry sauce”, ce qui a beaucoup plus de sens logique. Je ne listerai pas ici les “preuves” posées par les adeptes de cette théorie…. Et préfère remettre un petit coup de Strawberry Fields, pour toujours, en essayant, en vain de détecter la transition entre la prise 7 et la prise 24 à 60 secondes…..




samedi 30 décembre 2017

Credence Clearwater Revival


Crendence Clearwater Revival


 Lire en Français      Read in English




 On peut avoir du succès avec un nom imprononçable: CCR en est la preuve. Crendence Clearwater Revival, faut oser, non?


Un groupe de l’ouest américain, dont la profession de foi est de faire revivre le blues du sud est! Une gageure!

Une provocation? Non, car c’est bel et bien fait, messieurs dames. S’en suivent des titres inoubliables, comme Proud Mary ou Have you ever seen the rain, fortunate song ,popularisé par quelques apparitions dans des films à succès.
Hélàs, c’est difficile pou un groupe (US de surcroit), de se maintenir lorsque la mode est aux groupes des vilains anglais, qui font rien qu’à inonder.. Les ondes et à truster les premières places des hits parade. (parlez-en aux Beach Boys….).

Les frères Forgety (un homonyme…) se démènent! Bientôt, leur son est tellement authentique que leurs titres passeraient presque pour des reprises de blues du Bayou. Encore plus fort:

Tina Turner reprend Proud Mary. La dame est encore, toujours ou déjà, une icône, sa reprise est à elle seule un label, une consécration. Mais que dire, lorsque tout un chacun pensera que c’est elle qui a créé le titre, tellement elle l’incarne, et que CCR “n’a fait que” l’adapter, le reprendre! Fatalitas, une fois encore!
Malins, ils s’en diront flattés. Et peuvent l’être. Les débuts du groupe, renaissance après plusieurs années de galère, sont ostensiblement marqués par le Blues, avec de belles reprises de standards du genre sur le premier album, éponyme (I put a spell on you, et une interprétation fantastique de Suzie Q!!!).

Mais il faut reconnaître qu’à part pour une poignée d’initiés, les titres phares de CCR sont souvent connus à travers les reprises qui en ont été faites, et qu’aujourd’hui le groupe est un peu éloigné de la notoriété qu’il mériterait d’avoir…

Le ton est donné, dans un blues du sud revisité par une rythmique country, comme un rappel aux sources en pleine vague psychédélique. Woodstock en sera le témoin…. Invisible pour nous autres, puisque le groupe refusera que la prestation filmée apparaisse dans le film. Ce n’est donc pas là que Mon Histoire du Rock a découvert CCR!

Non, il faudra, étrangement, attendre les années… 80 ; 1983 précisément et les trajets Norwich /Londres, les weekends de cet été là, en autocar, casque vissé sur les oreilles, soundsystem dans le sac à dos… On en a déjà parlé. CCR rêvait du sud et du Mississipi, Je descendais vers la Tamise… raccord, non?

En 1969, alors que Beach Boys, Beatles, Kinks, Stones et autres s’engouffre dans le psychdélisme, le studio, les albums (sur) produits et la débauche d’effets et d’instruments (Wall of Sound, Dulcimer, Melotron, Sitar….), CCR reste fidèle à un rock authentique et sans artifice. L’album Willy and the Poor boys en est le témoin (Enorme Side o’the road, entre autres!!) . Je crois qu’on peut saluer cette fidélité au “son d’origine”, cette volonté de ne pas “suivre”, de ne pas prendre le risque de se perdre en n’étant qu’un pâle suiveur d’une mode, pour le seul but d’ “en être”.



Ce n’est pas pour avoir refusé le virage du rock progressif, mais plutôt du fait d’un progressif éloignement de feeling entre les membre du groupe (et particulièrement les frères Forgety), que le groupe périclitera au tout début des années 70.

Sans doute une raison pour laquelle Mon Histoire du Rock ne l’a découvert que tardivement, une dizaine d’année plus tard, et de façon très partielle, au détour de deux ou trois de ses grands succès, probablement après avoir vu les rediffusions britaniques de “the twilight Zone”, et la bande son (Midnight Special..), ce blues rock somme toute assez léger et contrastant avec le blues grave et lourd des Doors…. Toute la musique que j’aime, qu’il disait!



dimanche 28 mai 2017

Sgt. Pepper Lonely Hearts Club Band - 1967

Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band: 

It was 50 years ago today…

... The Beatles ... réinventent The Beatles


 Lire en Français      Read in English




Incroyable: cet album a 50 ans…
Tout a tellement été dit sur cet album que je me demande pourquoi j’en parle aujourd’hui. A l’inverse, pourquoi je n’en ai pas parlé, avant: c’est un tel monument!

Juin 1967.
Un peu moins d’un an avant, les Beatles ont décrété qu’ils ne joueront plus en public. A l’époque, les groupes jouent dans des stades avec à peu près le même équipement que nous aujourd’hui dans la cave… tu vois le genre.
De quoi ne pas s’entendre, et saccager les efforts de composition, de création, et le rendu des balbutiements de la production d’albums un peu travaillés en studio. Revolver, sur scène, dans ce contexte… mieux vaut oublier.
Leur envie est de lâcher la bride à leur créativité, à créer des trucs dans lesquels ils n’auront pas à se freiner parce qu’il “faut jouer ça sur scène”…

Sgt Peper Lonely Hearts Club Band sera un cataclysme, encore plus fort que Rubber Soul ou Revolver. Les technologies mises à la disposition des musiciens en studio (ce n’est qu’un début) deviennent extraordinaires (la scène ne suit pas encore), mères de toutes les audaces.


13 titres, et rien à jeter. Mais les Beatles nous ont donné cette habitude!



L’album, bande son du Summer of Love, sera écrit et enregistré en quatre mois… Pendant lesquels les Beatles enregistrent aussi, quelques mois plus tôt, le fabuleux “Strawberry Field/Penny Lane” 45 tour… Deux titres qui devaient faire partie de Sgt.Pepper, concept album racontant la jeunesse des Beatles à Liverpool, mais il fallait sortir un single avant, alors… Le génie, c’est ça, non?


En 1967, je suis encore un peu jeune pour me prendre Sgt Peper en pleine figure… Mon Histoire du Rock donc, bâtira ces souvenirs là sur autre chose que le moment d’explosion… Sur l’écoute de l’album, plus tard… C’est (déjà) le 8ème album du groupe, et il n’y en aura pas autant ensuite… c’est presque le début de la fin, y compris niveau ambiance… les années passés ont été intenses et le poids commence à se faire sentir. Les tensions ne sont pas encore là, mais ils veulent être autre chose que les gentils fab four. Un album ou ils jouent à être un autre groupe???

Y a t il un titre qui émerge de ce flot de pépites? “For the Benefit of Mr Kite” a toujours exercé sur moi une espèce de fascination, “A Day in the life” est l’hymne psychédélique par excellence, et une extraordinaire référence au suréalisme, tout autant qu’un tour de force mélodique et technique… Qui par ailleurs annonce implicitement le début d’une fêlure dans la complicité des deux principaux co-auteurs du groupe: C’est un collage de deux chansons écrites séparément par chacun des deux… Mais bon, je donne un peu dans la psycho à deux balles, sur ce titre qui me semble être le sommet de l’album, s’il en est un.
Ado, j’aimais bien When I’m sixty-Four, c’était l’époque où j’apprenais l’anglais exclusivement en écoutant du rock, c’était là que j’appris cette règle d’usage du présent au futur, derrière “when”. Thank You Sir.

C’était bien, il y avait les paroles sur la pochette. Une première en 1967!!

Je ne vais pas les citer tous, “With a little Help…” transcendé ensuite par Joe Cocker.
“Fixing a Hole” , “Lucy In the Sky With Diamond” aux fantasmatiques allusions hallucinogènes…
L’époque voulait ça.
“She’s living home”, quasi journalistique, ou l’histoire de cette jeune fugueuse, et qui fait largement appel aux instruments classiques..


Chaque titre est un chef d’oeuvre, l’album est un sommet d’ingéniosité, d’inventivité, de prouesses techniques, de recherches et de production. Mais rien n’y parait quand on l’écoute. Pas de lourdeur technophile, pas de longueurs nombriliste, pas de pesanteur savante. Pop, enlevé, accessible et parfait.

Tout a déjà été dit…. Je n’ai a ajouter que mon admiration pour cet album, et une forte recommandation à retourner écouter tout l’album, ce monument pop… Sgt Pepper va avoir 50 ans, rendez-lui un digne hommage en l’écoutant attentivement, ou sous la douche, ou les deux, et passons notre chemin devant les reprises, parodies, même venant des étoiles…


mardi 18 avril 2017

Jimi Hendrix

Jimi Hendrix

Prodige du Rock et de la guitare, roi de Woodstock et des 60's

 Lire en Français      Read in English


L'histoire et la gloire de cet artiste américain commence et se termine - tragiquement comme on le sait - en Europe, en Grande Bretagne, et très précisément à Londres (et un tout petit peu à Paris, convenons-en). 
Même si l'une des pages les plus souvent cités de son histoire se situent dans les grands festivals américains comme bien entendu Monterey et Woodstock.

  

Il est repéré aux USA par Chas Chandler, qui lui propose de venir se faire connaître et d'enregistrer son premier single au Royaume-Uni, alors en pleine effervescence musicale avec des groupes comme les Beatles et les Rolling Stones. 

La rencontre a lieu à New York, au Cafe Wha?

 Jimi Hendrix aurait accepté à condition de rencontrer celui qui apparaît comme la référence britannique de l'époque à la guitare : Eric Clapton. C’est à Londres aussi qu’il fait la connaissance de Johnny Hallyday (dans haut lieu du swinging London au nom génial, vous en conviendrez: Blaise’s Club). 



C’est là que notre rocker national se lie d’amitié avec Hendrix et lui propose une série de concert en France, permettant au public hexagonal de découvrir le mythe en devenir. 

Sur le chemin, il adopte alors définitivement le nom de Jimi Hendrix (au lieu de Jimmy) sur les conseils de son manager. 

Ce type légendaire fait littéralement corps avec sa musique, et avec sa guitare, puisque la légende dit qu'il dort avec. Plus sérieusement, il adopte une approche empirique de l'instrument. Empirique ne veut évidemment pas dire désordonnée et infondée, il est dans l'expérimentation permanente et remet en cause tout, et tout le temps. Honnêtement, et au risque de faire bondir, je n'ai pas trop accroché au mythe Hendrix. 

Je serai presque de ceux qui le limitent à Hey Joe, titre qu'il avait presque renié tellement il lui collait à l'image, et le réduisait à un presque classicisme aux antipodes de ce qu'il ressentait. C’est pourtant un musicien gigantesque, un guitariste énorme, bien plus encore…. 

Contrairement à Elvis Presley, qui fit la gueule quand on lui offrit une guitare à 8 ans, Jimi adulera très vite l’instrument, finissant, selon la légende, par dormir avec sa Stratocaster (un modèle pour droitier dont il joue “à l’envers”). Après avoir joué devant les Beatles sa vision de Sgt Peper Lonely Heart Club’s band (trois quatres jours après la sortie du disque, hein), notre autodidacte est présenté par McCartney aux organisateurs du festival de Monterey… qu’il illumine radicalement. 

A Woodstock, où il joue le dernier jour, la performance est mal restituée (j’y étais pas, je peux pas dire comment c’était en live.) Je me souviens assez mal de ce que j’avais ressenti quand j’ai vu le film la première fois (à sa sortie).
Jimi Hendrix disparaitra, en 1970, à 27 ans, rejoignant ainsi le funeste "club".


samedi 11 juin 2016

The Box Tops, The Letter, 1967

The Box Top - The Letter - 1967

 Lire en Français      Read in English


Un garage rock rugueux et authentique.

Une autre raison de considérer 1967 comme « L’Année » !!

Un "groove" comme on dit maintenant, un son, une voix rauque qui semblent le résultat d'années d'errance et de galère à chanter le blues et à crier sa peine au fond de bars glauques de l'Amérique profonde, enfumés, gras et où on vient noyer sa lassitude et sa peine dans un bourbon de seconde zone.

Et tu regardes le clip, et tu restes interdit: En fait de vieux revenus de tout, tu découvres de très jeunes types, des gamins qui semblent avoir tout encore à découvrir.

Le choc ! Leçon intégrale de Soul en moins de 2 minutes, déclamée par le chanteur, du haut de ses 16 ans lorsqu'il crie son besoin d'un billet d'avion pour rejoindre sa belle. Alex Chilton,16 ans et le feeling d’un vieux bluesman.

De ce côté-là de l’atlantique, loin de Liverpool, du Crawdaddy et du Marquee, une vague moins légendaire, mais aussi volontaire, que le British Blues Boom tente de faire renaitre le Blues… Les Box Tops sont du voyage, de ce qu’on appelera la Blue eyed Soul.

Un peu comme pour mes chers Animals, hélàs avec un succès moins durable, ces Box Tops pratiquent un art qui vient des tripes et qui nous prend au même endroit.

Pas de sophistication, pas de fioriture, pas de faux semblant. C’est cash, ça vient des trippes et ça envoie sans réfléchir.

1 minute et 58 secondes, le temps qu’il faut pour tout dire, tout exprimer de la nécessité de retrouver l’autre à tout prix, par tout les moyens. Va pour l’ « éroplane ».

The Letter a été un hit énorme, et pourtant seul de ce groupe, véritable one hit wonder. On pense forcément à Louie Louie, Gloria, à ces titres phares qui ont marqué l’histoire du Rock d’un[ba1] e étincelle de génie, tellement intense que leurs créateurs et interprètes, comme si ils avaient tout donné, ne puissent ensuite livrer davantage.

C’est, en réalité, sans doute une des raisons qui font que ce titre, qui devrait respirer le bonheur du gars qui se paie l’avion pour rejoindre sa nana, parce que le train ne serait pas assez rapide, et que la solitude a assez duré, nous laisse pourtant « bluesy ».

Ou peut-être que ce son à la fois dur et brutal, cette rugosité « garage », auquel s’ajoute ce gout de « trop peu », qui fait qu’on s’attend à un couplet supplémentaire, alors que se termine le solo à l’orgue. Non, c’est fini. Deux couplets, un refrain, puis ensuite on reprend le couplet et le refrain.

Pourquoi en rajouter ?

The Letter figure, avec The House of the Rising Sun (the Animals), et les titers cités ci-dessus, au panthéon du Rock de Mon Histoire du Rock. Et je ne « sais » pas pourquoi.

Joe Cocker reprendra The Letter, mais cette fois, il ne fera pas mieux.







samedi 2 avril 2016

1967. L'année du Summer of Love, l'année du Sergent Peper, l'année du pop Rock.

1967, et non 1966....


 Lire en Français      Read in English


On va donc explorer ensemble cette année 1967, puisque j'ai eu l'outrecuidance d'écrire dernièrement que 1966 n'était pas, n'en déplaise à certaines publications récentes, une année énorme pour le Rock. Mais qu'il fallait en revanche se pencher sur 1967.




Penchons nous. Vous êtes prêts?


  • Groupes qui se forment: 
    • Genesis 
    • The Stoges, Iggy Pop et les frères Asheton 
    • Smile 

  • Premiers albums 
    • The Doors, premier album des… Doors 
    • The piper at the gates of down, de Pink Floyd 
    • Are You Experienced de Jimi Hendrix, et Axis: Bold as love 
    • Velvet Underground And Nico (The Velvet Underground) 
    • The Grateful Dead (Grateful Dead) 
    • David Bowie 
    • Procol Harum 
    • The Letter, The Box Tops
    • Bee Gees (bien différent de ce que commettra le groupe dans les années 70/80) 
    • Ten Years After (Ten Years After) 

Chacun de ces albums est un marqueur de son temps, ouvre une voie et crée un précédent (l'art de dire trois fois la même chose..). 

On assiste à l'émergence de genres nouveaux, de sous-cultures Rock: 

Le Rock Psychédélique avec les Doors (ou le Blues Psychédélique??), le prog rock avec les Pink Floyd, le guitar Heros expérimental avec Hendrix, le pré-punk avec le Velvet.

Mais tout cela est souligné par les créations des groupes déjà établis, qui accompagnent ces nouveautés par une rupture (cassure?) dans leur style et leur carrière:

  • Albums marquants sortis en 1967 par les groupes "établis" 
  • Smiley Smile, The Beach Boys (avec Good Vibrations, prémices des futurs "rock symphonies") 
  • Sgt Peper Lonely Heart Club Band: ça marque une époque non? Les Beatles ne jouent plus en public, et se livrent à de folles expérimentations car ils sont libérés de cette contrainte. On reparlera ici forcément de cet album mythique. 
  • à  la fin de l'année les Beatles enfoncent le clou en sortant Magical Mystery Tour, 
  • Surrealistic Pillow, Jefferson airplane (Somebody to Love, White Rabbit) 
  • Happy Together (The Turtles) 
  • I Feel Like I'm Fixing to Die (Country Joe, qu'on verra à San Francisco et à Woodstock et qui tient bien la contestation anti guerre du Viet Nam) 
  • Absolutely Free, Frank Zappa 
  • Something else by The Kinks, qui s'y mettent eux aussi… (Waterloo Sunset, David Watts) 
  • Disraely Gear, Cream 
  • Their Satanic Majesties Request, The Rolling Stones, qui tentent de raccrocher la vague psychedelique… 
  • Sell Out, The Who, concept album si on veut, qui préfigure Tommy et Quadrophenia, et prépare le Rock Opera.. 
1967 a donc été une année particulièrement riche au plan du Rock, du moins pour ce qui concerne l'arrivée de nouveaux groupes et d'albums marquants. Mais c'est aussi l'année du Summer of Love, de la musique dans la rue et les parcs, à San Francisco et ailleurs; c'est l'année du premier grand festival Rock, à Monterey, bien avant, et bien plus riche en concerts événements, que Woodstock. C'est aussi, et cela marquera la carrière des Beatles, l'année de la mort de Brian Epstein, l'un des 3 "Cinquième Beatles" avec Pete Best et George Martin, en aout. Et d'Otis Redding, en décembre, juste avant la sortie de son titre historique "Dock of the Bay".

1967 est donc l'année ou le Rock'n Roll, après sa renaissance en 1962 de ce côté ci de l'atlantique, vit sa transformation et s'émancipe de ses racines 50's, devenant pop', c’est-à-dire s'ouvrant au-delà de son traditionnel auditoire adolescent. Le Rock devient une culture, un état d'esprit qui s'adresse aussi aux adultes, tout en se démarquant toujours du monde des "grands", quitte d'ailleurs à le détruire, en changeant la société: les textes s'ouvrent sur le monde et ses problématiques, on quitte les nanas et les grosses voitures, on parle de la guerre, de l'avenir, de l'être humain.

Qui pourra encore dire ce n'est pas 1967 qui marque le tournant de la culture rock?



dimanche 20 mars 2016

On nous dit que 1966 est "l'année qui bouleversa la musique". Ah, bon?

1966



 Lire en Français      Read in English




Il se lit ces temps dernier (voir le N° spécial éponyme des Inrockuptibles) que 1966 serait "l'année où tout a basculé", l'année charnière de l'histoire du rock'n roll.

A d'autres. 1966 est l'année qui permet "aux Inrocks"de sortir un numéro nostalgique "il y a 50 ans", sans attendre 2017 pour parler de 1967...

Car s'il y a eu un basculement spectaculaire de la culture rock au milieu des années 60, c'est bien évidement en 1967 que ça s'est produit..

Enfin, dans la logique bien établie qui consiste à tout classifier, tout expliquer, tout rationaliser. Et quand on décide d'aller par là, on détermine avec précision l'année de naissance du rock'n roll (1951), l'année de sa mort (1959, le 3 février), de sa renaissance chez les britanniques (1962), et ainsi de suite. On y reviendra un autre jour, mais cette frise chronologique en fait assez subjective se poursuit  avec 1965, naissance véritable de la British Invasion, des Animals, des Who, puis 1967, dont on reparlera un jour…

Dans ce classement, que vient donc faire 1966? J'avoue avoir un peu de mal à répondre, même avec le magazine cité plus haut sur les genoux: d'abord, il n'est pas sur mes genoux, ensuite, s'il y était, je ne pourrai pas m'y référer parce que la table sur laquelle j'écris le cacherait à mon regard.
Mais pour l'avoir lu avec attention, je n'ai pas pour autant une réponse claire à ma question.

C'est marrant d'ailleurs, en attrapant le magazine chez le marchand, je suis tombé sur la couverture de l'éminent Rock & Folk (eh oui, folk, ce qui est bien l'une des marques de l'année 66..). Ce magazine met en couverture de son N° de mars 2016 un Polnareff (qui tient une Rickenbacker 360 FG). (presque) le même Polnareff que celui qui ornait la couverture du N° 1 en … 1966!

Diabolique.

A part ça, on peine à voir émerger un courant, une suite logique de faits marquants l'année 1966. On verra un autre jour que l'année suivante sera, elle, marquée par la concomitance d'événements bien plus marquants et fondateurs.

Bien sûr, les Beatles sortent Revolver, et c'est un album énorme. Mais à cette époque là, les Fab Four, (saluons ici George Martin qui était le Fab Five et qui vient de nous quitter) sortent chaque année un album  énorme et révolutionnaire (on a parlé du Rubber Soul de 1965).

Ah, si, les BeachBoys sortent Pet Sound. J'ai déjà parlé de cet album, qui est effectivement crucial et précurseur du rock psychédélique. Si un seul album peut faire d'une année un millésime, alors oui, 1966 vaut qu'on y consacre une étude. Sinon…. Il faut se contenter de l'autoreprise de Sound of Silence par Simon et Garfunkel, pour la joie de nos profs d'anglais…

J'exagère un peu. Il n'est pas question de jeter le discrédit ou de minimiser les groupes et leur créations sorties en 1966 (Houlà, on ne peut quand même pas oublier Aftermath des Rolling Stones!!! (le dit magazine (n')y consacre (qu')une page, ce qui est bien peu au regard de la puissance et de l'importance de cet album, premier des Stones dans lequel ne figure aucune reprise, et tant de pépites: Mother's little helper, Lady Jane, Under my Thumb, Out of time… entre autres.

Ah, ben ça fait deux raisons de parler de 66 alors? Tu verras quand on parlera de 67..  Tu verrais si on parlais de 65.

Allez, je vais être bon prince, il y en aurait bien une troisième, en l'album des Who "A quick one", qui marque l'antichambre de la naissance de l'opéra rock, coup d'essai avant Tommy.

En gros on a fait le tour, sauf à tirer un peu sur la corde en parlant de Hendrix (dont la véritable explosion aura lieu plus tard), en oubliant de parler des débuts de Pink Floyd et de Jefferson Airplane façon Grace Slick..



Je sors donc de cette lecture avec les questions qui étaient les miennes à l'entrée. 1966? Ah bon. 



samedi 11 avril 2015

I am the Walrus, John Lennon, The Beatles, Novembre 1967

I am the Walrus



 Lire en Français      Read in English

Malgré John Lennon, malgré I am the Walrus, les profs d’anglais persistent à faire étudier les chansons des Fab Four.


C’est donc au prof d’anglais de mon petit dernier que l’on doit cette chronique. Puisqu’il faut étudier la chanson de son choix, il décide de décrire à son prof la chanson de John Lennon réputée impropre à l’explication de texte.

"De mon temps,lui dis-je, les profs d’anglais nous faisaient commenter Simon et Garfunkel ou Bob Dylan". Tiens à propos, Lennon a prétendu avoir écrit cette chanson pour montrer qu’il «était capable d’écrire le même genre de débilité » que Dylan… Le roi des pacifistes était parfois véhément!!

Les légendes autour des Beatles et de leurs chansons sont nombreuses, et I am the Walrus serait pleine de "clefs"… bien qu'elle soit sensé n’en avoir aucune… !

Et bien évidement, les spécialistes s’éreintèrent à trouver à ce titre une foultitude de sens, plus ou moins cachés, plus ou moins mystiques, plus ou moins tordus. Lennon s’amusait parait-il, par avance des sens que les « spécialistes » sauraient trouver à sa chanson.

Mais il donnera plus tard le change en donnant lui-même des significations « après coup »..

On a donc droit à de nécessaires indices sur la mort prétendue de McCartney en 1966, de nombreuses références à Lewis Caroll (De l’autre côté du Mirroir, « le Morse et le Charpentier »), à la lutte des classes, au LSD (puisque Lucy in the Sky est mentionnée), au Police Detective Pilcher, fameux pourchasseur de stars drug addicts….

Mais faut-il donner crédit à ces interprétations ?

Écrite par Lennon en plein summer or love, en plusieurs fois et en plein trip de LSD, la chanson est pour le moins excentrique et décousue…


Elle serait en fait un « collage » de plusieurs chansons inachevées que Lennon aurait combiné avec l’aide de Yoko Ono.


Placée en face B d’un 45 tours dont la face A est « Hello Goodbye » écrite par Mc Cartney, elle sera plus tard l’un des symboles de la rupture entre les deux hommes, Lennon reprochant à Mc Cartney d’avoir sous estimé son "chef d’œuvre"... Celui-là même qu'il décrivait à sa sortie comme un canular sans importance.

La chanson fut interdite sur la BBC parce qu’on y parle de petite culotte.

Les Beatles sont dans leur période « on expérimente plein de trucs », donc l’orchestration regorge d’instruments classiques, et des extraits d’enregistrements du Roi Lear de Shakespeare sont mixés. Lennon prétendra avoir enregistré ce qui passait un soir de mixage, sans savoir ce que c’était. Sans doute pour ajouter à la légende ou à la confusion autour de ce titre.


Ben voilà, y en a des trucs à dire sur une chanson sans sujet !