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mercredi 29 janvier 2014

Proud Mary

Proud  Mary

Credence Clearwater Revival




Je suis certain de surprendre plus d'un en racontant d'où vient ce titre ENORME
De retour d’une répèt en guest-guitariste dans un groupe ami, Proud Mary ne sort pas de ma tête. Il pleut, c’est la nuit sur l’A86 et demain est un lundi qui ne sera pas au soleil.




Parmi les morceaux sur lesquels j’ai été invité, ce fameux Proud Mary qui accompagne mon retour at home.

Il faut avoir vu Tina Turner sur scène ! A Bercy, en 1996, on saluait la furie des prestations de cette Dame de 60 ans, plus énergique que les choristes qui auraient pu être ses filles…. Sans savoir que presque 20 ans plus tard, la même rage, la même énergie, animerait la chanteuse.

Proud Mary donc, hymne de Tina Turner dans l’esprit de nous tous, hymne à son parcours, à son courage et à sa victoire dans le combat d’émancipation qu’elle a mené contre Ike, son mentor, son mari et… son bourreau. L’identification de Tina Turner à Proud Mary est de l’ordre du lieu commun, tant l’histoire de cette serveuse exploitée du Mississipi qui s’enfuit sur une barque avec l’aide des gens qu’elle rencontre, semble être une allégorie de la vie de la chanteuse.

Découverte par Ike Turner, il en fait l’une de ses choristes, puis forme un duo avec elle. Mais le gars est un tantinet possessif, et considère que Tina est sa chose, et qu’en conséquence, il peut « à loisir » lui taper sur la figure… Elle subira cela (trop) longtemps, avant de partir, un soir, au risque de tout perdre. Proud Mary.

Mais ce titre, que la chanteuse a littéralement incarné, sa version dépassant même celle concoctée par son démon de mari, est en fait une reprise d’un titre composé par Credence Clearwater Revival en 1969… Le titre semble tellement ancré dans les profondeurs de la culture populaire américaine, dans ses racines, qu’il parait incroyable que ce titre ait été composé par un groupe de jeunes blancs becs !!! On croit être en présence d’un titre comme « The House of The Rising Sun », reprise d’un air folk « traditionnel »… Hé bien non. Le titre a été créé en 1968 et enregistré en 69.


Dans une forme plus standard, au rythme et à l’intensité assez linéaire, finalement très typée fin des 60’s, folk song.

C’est Solomon Burke, le premier, qui reprend ce titre, et ajoute cette introduction parlée qui sera ensuite transcendée par Ike et Tina.

Ike Turner, qui n’oubliait pas d’avoir du talent, l’adapte à son tour et lui donne cette forme inspirée, lente et calme d’abord, avec ce duo où le chanteur ponctue et souligne l’intro parlée de Tina « on va commencer gentiment et doucement » « je vais faire ça pour vous parce que nous on ne fait jamais les choses gentiment et doucement ». Tu parles… Puis vient la partie chantée, effectivement, lente et calme d’abord donc, avant de finir par une explosion Soul mémorable qui restera l’emblème de Tina Turner, et le symbole de son combat et de celui de toutes les femmes tabassées par « leur » mec: On est en 1971, et la machine est lancée : Tina Turner reçoit les coups, mais va bientôt les rendre, et « Proud Tina » va la jouer « nice and rough » plaquant tout en 1976 pour tout reconstruire, seule.

Les reprises de ce titre emblématique sont légion. Récemment, sortie du lot, je recommande la version vécue, incarnée, par Izia Higelin : son Papa peut être fière de sa fille, elle a repris le flambeau avec brio et maestria (des amis de la famille)!!!

samedi 14 décembre 2013

Kraftwerk

Kraftwerk

Au commencement (de la synth pop)




OMD, Depeche Mode, suivront et s'inspireront (bien) des "anciens"!!

Un nom pas très fluide, pas très chantant, pas très Rock’n Roll, à dire vrai… 

Un truc découvert en 1975 ou 1976. En cinquième ou en quatrième un prof avait demandé à chaque élève d’apporter un disque d’un truc qui nous plaisait. Il devait derrière tout ça y avoir prétexte à dissertation...

J’avais, mais c’est une autre histoire, apporté la BOF de Woodstock, CountryJoe & the Fish, « I Feel like I m Fixing To Die », qui à Woodstock commençait par « Give me an F… Give me a U… Give me a C… Give me a K… now what do you get… ?? ». Une nenette avait apporté Radioactivity, et ça a été, sans doute, un des premiers disques que j’ai acheté, bien avant les plus traditionnels Animals, Beatles, Chuck Berry, Rolling Stones, (remarquez l’ordre consensuello-alphabetique).

Mélange d’une absolue modernité (en 75, la musique synthétique, le recours exclusif à des machines électroniques pour produire des sons, balbutient) et (thèmes, graphisme des pochettes, tenue des membres du groupes) d’une nostalgique, référence aux années 30 (on est parfois à la limite du dérapage quand l’un des membres déclare « nous voulons que le monde entier sache que nous sommes originaires d’Allemagne parce que la mentalité allemande –qui est plus évoluée – fera toujours partie de notre comportement. » (Interview de 1975, retrouvée sur Wikipedia).)

Musiciens accomplis, ces types qui n’auront de cesse que de rester le plus loin possible du star système en cultivant l’anonymat, derrière leur musique, loin du star system, non sans faire preuve d’une mégalomanie galopante. Lors de leurs premières prestations live, ils adoptent une inexpressivité et un costume anonyme, et l’attitude de techniciens programmant des machines et disparaissant derrière elles, pour (à partir du bien nommé Man Machine) se faire remplacer par des robots à leur effigie.

Parallèlement ils vont parcourir un cheminement logique et progressif vers la « computerisation » de leur musique : Usant d’instruments « traditionnels » ou électriques au début, le recours aux instruments électroniques est d’abord partiel, puis se systématise à partir de 1974 avec leur premier vrai succès, Autobahn, pour progressivement migrer à nouveau de l’univers « électronique » à l’informatisation du modèle.

Le 33 tours Radio-activity, par lequel j’ai donc fait connaissance avec ce groupe, marque le début d’une tendance à revenir sur un format plus commercial : le point d’orgue sera The Man Machine. Les mélodies et les rythmes, mais aussi le format des morceaux eux-mêmes, se pliera davantage encore aux nécessités des diffusions radio (durée, paroles chantées selon un schéma couplet/refrain…). Tout en restant fidèle au concept album (tous les titres sont articulés autour d’un thème central), le groupe s’éloigne alors du format en vogue dans les années 70 avec des titres très long (22 minutes, une face de 33 tour…), ou à l’inverse des trucs super courts (autour d’une minute) et souvent peu mélodieux.

Le titre Radio-Activity arrive justement sur un enchainé avec le « mini-morceau » précédent « Geiger-Counter ». Le morceau est à la foi un hommage à la modernité et à « Madame Curie », et un inquiétant message (It’s in the air, for you and me), qui coïncidait avec la grande vague de contestation et les premiers élans écologistes autour de la construction des centrales nucléaires.

Kraftwerk sera une source d'inspiration pour pas mal de groupes des années 80, parmi lesquels Orchestral Manoeuvre in the Dark, dont on reparlera, mais aussi Depeche Mode, et bien d'autres...

dimanche 1 décembre 2013

Madness, les MP3....... La nostalgie des 33 tours et de nos 20 ans…

MADNESS 7


Après un billet modérément et diversement apprécié (il fallait s'en douter...), retour progressif à des préoccupations probablement plus Rock'n Roll.... J'avais espéré vous convaincre au sujet d'Elton John... tant pis.

Vendredi, j'écoutais sous la pluie un cd de Madness dans la voiture. Quoi de mieux pour un feed back dans les méandres de mes souvenirs qu'un air de Madness lors d’une soirée pluvieuse? Evening rain, Londres n'est pas loin diront les mauvaises langues!




Madness est sans doute pour quelque chose dans ma londonmania estudiantine!

That's the way it is, mate!

Au fil des kilomètres embouteillés des banlieues parisiennes, j'ai eu en tête un titre, qui n'est pas sur le bloody cd que j'écoutais: mystery!!

.. Et damned, aussi, je l'ai eu, ce cd mais qu'en ai-je donc fait?.... ... ou était-ce un vinyle???
Tu sais, ces grandes galettes (33 cm) plates, gravées d'un SILLON, fragiles (puisqu'un usage un peu intensif, même sur une "chaine hifi", finissait toujours par endommager irrémédiablement ledit disque (j’aime bien cette allitération « ledit disque », en parant du Royaume Uni! Le premier "microsillon" (nos britons, talentueux abréviants, les appelaient LPs mais je l'ignorais encore) des 7 Madness boys en seraient bientôt les témoins, et en particulier Bed 'n breakfast man, tarzan's nuts ... Titres qui, sur MON disque, devinrent en quelques jours de PoGos exaltés, parfois au club musique du lycée (Marie Curie, si tu nous regardes…),quasiment inaudibles!

A cette époque-là, point de mp3, d'ipod ni même de cd, diskman... nous rêvions devant les Walkman... à K7! Londres et Totteham CR sera bientôt une caverne d’Ali Baba de la hifi à moindre coût…

Mais oui, ce Madness... c'était une cassette !!! Du temps ou, devenu britannique d'adoption pour 2 ans, je privilégiais les K7 pour mes allers retours trans-Chanel !

La cassette présentait l'avantage sur le LP de sa compacité, de sa robustesse dans le transport de ta chambre au lycée, du lycée en soirée... mais la bande magnétique avait la fâcheuse habitude de partir se balader dans le mécanisme du cassetophone, walkman ou autre, au grand désespoir de tes oreilles qui ne l'entendraient plus jamais.

J'ai donc fouillé dans la cave parmi mes mémoires musicales à la recherche de 7, sur lequel... "Shut Up"...

…Le cd, nous avons eu du mal à l'accepter. Pressentions nous qu’il marquait symboliquement notre entrée dans l’Age adulte et la fin de notre estudiantisme? Nous refusions son prétexte de qualité sonore (et pourtant...) car après tout, vu ce qu'on écoute, et là où on l'écoute... Sentions nous qu'il serait chassé par... des puces mémoires, et qu'il faudrait un jour les jeter après avoir jeté les LPs? Avions-nous présagé de la domination naissante que le CD intronisait, du business de la distribution et de l'édition sur la rétribution d'une création? Savions-nous qu’ils seraient récupérés par nos enfants qui les collectionneraient ???

Un jour, on a balancé la sacro-sainte platine disque au PROFIT d'un lecteur CD acheté à prix d'or, et on a rangé les LPs dans un coin, ne pouvant se résoudre à les jeter, icones de nos nuits de java, des copines draguées, des soirées réussies, de ces années passées et de Londres oubliée.

« Aujourd'hui, c’est plus pareil, ça change ça change », complainte-du-progrèssait Boris Vian. Le disque est dématérialisé! Oui, ce que tu achètes, c'est un DROIT d'écouter! Où est tu mon LP, car même si tu t'usait, tu étais toujours là A MOI, avec ta grande et (souvent) belle pochette, témoignage de ce que j'aimais écouter... On te gardait religieusement, acheté pour un titre et écouté pour tous, avec de belles découvertes et parfois de sinistres déconvenues, de ces albums ou seul un titre valait la peine…


…. On avait là un objet, un ensemble artistique (Tommy et Quadrophenia des Who, aux pochettes mémorables, certains disques des Stones, Sgt Peper bien sûr… que longue serait la liste !!) On conservait tout ça religieusement !!

Enfin, c'est vite dit, car pourtant, malgré tout, et j'ai beau rechercher, don't blame me, ce disque, ce lp, cette cassette, je ne l'ai plus!

C'est sûr, un jour, ces galettes, j'ai fini par les jeter. Remplacés les meilleurs par leurs frères cds, qui eux mêmes, un jour... mais je l'ai déjà dit.

Je n'écouterai pas, ce soir, ce Shut up! ……………… à moins que sur Youtube? 

…Le clip???? vive le progrès!!!!

samedi 28 septembre 2013

The Beatles, et une conférence de Gilles Verlant début 2013

Quand Gilles Verlant racontait les Beatles

J'avais, donc, assisté, début 2013, à une conférence de Gilles Verlant sur la Beatlemania dans le cadre de la semaine anglaise dans ma ville.

Passionné et passionnant! il a retracé les 8 années du parcours de ce groupe de skiffle qui, après avoir dominé la scène britannique, sans doute au départ par un incroyable coup de chance et grâce à la foi en eux qu'avaient à la fois leur manager et leur producteur, ont "envahi" l'Amérique!

Faisant découvrir le Rock'n Roll aux wasps, et ouvrant la voie aux autres groupes "à guitare" de la British Invasion (Them, Animals, Kinks, Stones...). Très amis avec les Rolling Stones contrairement à la légende, c'est le duo Lennon et Mac Cartney qui écrira même le premier hit de ce groupe de futurs papis du rock (I Wanna Be Your Man): L'opposition entre les 2 groupes n'est qu'un fantastique coup marketing du manager des stones....
Non content de ce - déjà incroyable parcours, on doit aux Beatles d'avoir transformé le rock, ouvert d’innombrables voies dans le genre, et d'avoir suscité la vocation d'un nombre incroyable de leurs "successeurs"..

L'aventure se terminera symboliquement en 1969 sur le toit de la maison de disque "Apple" qu'ils avaient créé, dans une mise en scène triste et pathétique qui devait ressouder le groupe, mais ne fit qu'afficher le constat de la fin d'une belle amitié musicale, et qu’on le veuille ou non, d’un phénomène de société incroyable, qui en 7 petites années et 12 albums, ont laissé une marque sidérante dans la culture rock, une espèce de culture dans la culture…

Leur premiers enregistrement sous ce nom devenu mythique date... du 1er janvier 1962. Mais un directeur artistique de la maison de disques Decca décide de ne pas les signer: On oubliera son nom, mais il restera connu comme "Celui qui a refusé de signer les Beatles", et pour avoir prédit la fin "des groupes à guitare"...

J’aimais pas trop, les Beatles, à l’époque du lycée. En fait, à la fatidique question que certains posaient encore ‘Stones ou Beatles ‘, je répondais « Who » ou « Animals »…, aussi pour faire le malin.

Ironie du sort, mon rêve d’aller passer 2 ans à Londres après le Bac se réalise… en 1982. Je débarque donc en septembre, en plein revival Beatlemaniesque pour les 20 ans de la sortie de leur premier 45t, Love Me Do.

C’était génial de décalage, et toute l’intemporalité de la musique de Lennon et Mc Cartney éclatait à chaque coin de rue et dans chaque radio, où Boy Geoges (Karma Cameleon) et Bronsky Beat (SmallTown Boy) rivalisaient aussi dans les « charts » avec Love Me Do.

Je crois bien que j’ai réellement "découvert" les Beatles à Londres, en 1982. J’allais là-bas sur les traces de Madness, et je « revins » avec Lennon et Mac Cartney.

L'autre jour, à la fin de cette désormais mythique conférence de Gilles Verlant, une dame dans l'auditoire a pris la parole à la fin pour nous dire "j'ai assisté à un concert des Beatles à Hambourg" (donc avant 1962 et avant qu'ils ne soient connus, et probablement avec Pete Best à la batterie et non Ringo Starr); moment d'émotion, merci Madame, et Bonne Année à Vous.

Vous l'avez compris, Gilles Verlant était un homme passionnant et sympathique.

lundi 2 septembre 2013

C'est la rentrée, billet paresseux, pas très Rock'n Roll...Souvenirs d'un cinéma à Porchefontaine (Versailles)

Toujours pas retrouvé le nom de ce cinéma, à Porchefontaine.

Billet où on parle du Canon de Pachelbel...

Ce n'est pas très important en soi. Cependant, c'est le genre de petit détail du passé oublié qui semble garder avec lui une suite d'autres souvenirs, enfouis également.


Comme si la réapparition soudaine de ce nom ramènerait avec elle nombre d'images de cette époque...

J'y ai vu Quadrophenia… En plein milieu du film, un mec entre dans la salle, habillé en Mods, et crie « les Mods, nos Scooters !!! les graisseux sont là !!! (en chantant:)

"We are the Mods, we are the Mods we are we are we are the Mods".

les ¾ des mecs assis là se lèvent et sortent en criant avec lui….

J’ai toujours pensé que dehors, il n’y avait personne et que c’était pour le folklore. (mais courageusement je ne suis pas allé voir…).

Le bordel que ces gars avaient mis ce soir là m’ont offert le pretexte de retourner voir le film 6 mois plus tard, à Londres, en late show (deux films pour le prix d’un…).

Dans ce ciné ‘sans nom’ j’ai vu aussi pas mal de vieux films, c’était son créneau: Lily Marlène, La grande illusion( avec Eric Von Stroheim (… qui a fini sa vie à Maurepas, étonnant, non ?) mais aussi "L'énigme de Kaspar Hauser", de Werner Herzog, duquel je crois me rappeler qu'il se dégageait un romantisme fascinant.


L'un des thèmes musicaux de ce film est le célèbre (enfin, depuis les années 1970..) Canon de Pachelbel.


On revient au rock'n roll, avec ça, figurez-vous, parce que le thème de ce 'canon" a servi de base à de nombreux et plus ou moins glorieux morceaux autour de 1969, le plus connu étant le lancinant Rain and Tears, des Aphrodite’s child, trio grec constitué entre autre par, et de Vangelis (qui se rendra célèbre par ses musiques de film, animaliers d'abord, puis Chariots of Fire, 1492...mais j’en ai déjà parlé) et Demis Roussos qui se rendra célèbre pour pas grand-chose….

dimanche 18 août 2013

Tommy, The Who

TOMMY , 


Seconde partie, le film de Ken Rusell

Le film Tommy, de Ken Russel d'après l'opéra-rock des Who passe dans la ville voisine. C’était en, voyons ??? 1981 ? 1982 ?? au plus tard…

On y va, avec ma chère soeur et un très bon pote d'alors.

REVELATION !! Je me souviens qu’en sortant du ciné, on sortait de la 4l de ma sœur, ce copain et moi, à chaque feu rouge, pour danser des Po-Gos endiablés (et courts) sur les passages cloutés en chantant I’m Free tan lan lan lan lan lanlan I’m free..

Le copain de l’époque est devenu haut fonctionnaire dans la Culture, et il a certainement oublié tout ça…. 


As-tu oublié?

Comment c’est possible, d’oublier Tommy… ???

Les Who, eux, n’ont pas oublié leurs fans quand ils écrivent successivement Tommy, et plus tard Quadrophenia, puisque les 2 « opéras rock » sont autant d’hommages à ceux qui les suivent depuis 1964.

Quelques années plus tôt, en 1978, on avait appris qu’on pouvait mourir en allant assister à un concert de rock. Une bousculade à l’entrée d’un concert des Who avait fait plusieurs morts. Je me souviens d’avoir frémi en entendant ça à la radio, et qu’à l’époque les Who me paraissaient inaudibles… Je les adorerai 2 ans plus tard !!! Oh, bien sûr, c’était arrivé lors d’un concert des Stones (Altamond, où un membre du service d’ordre flingua un type qui brandissait un couteau, mais l’histoire, pour sordide qu’elle soit, n’a rien à voir). Les Who entraient de ce fait dans le sinistre club des voyous qui jouaient malgré la mort de leurs fans. A leur décharge, ce jour-là, ils n’eurent connaissance de l’accident qu’après le concert, les managers ayant préféré que le concert ait lieu pour éviter d’autres mouvements de foule.

Ce « problème » de fan préoccupe tout de même le groupe au point qu’ils intègrent à Tommy un titre hommage à une fan défigurée lors d’une bousculade : le titre tombe comme un cheveu sur la soupe dans l’histoire, mais l’intention est là.


PeteTownshend a toujours été très attentif envers ses fans, et aussi envers les membres du groupe : compositeur de pratiquement tous les morceaux des Who, il a, dès l’origine (et le solo de basse (1er du genre) de MyGeneration) fait en sorte de mettre en évidence chaque membre du groupe.


Les Who, connus pour avoir inventé le gros son sur scène (Le guitariste Pete Townshend en a gardé des acoufen et le chanteur Roger Daltrey est presque sourd), mais aussi quasiment inventé le riff hard rock (ce qu’on appelle les power chords, c’est-à-dire des accords joués sur deux cordes, ne conservant que la dominante et la 5ème de dominante). C’est aussi donc le première groupe à avoir créé un « véritable » opéra-rock Tommy, donc, pour y revenir.

Les Who ont joué Tommy sur scène, (et à Woodstock !!! voir article précédent) ce qui est également une prouesse technique dans l’enchainement des morceaux sans coupure entre eux, et l’ajout d’instruments et d’arrangements inhabituels. Les difficultés n’arrêteront pas les Who, qui récidiveront de prouesse et d’innovation avec Quadrophenia, mais l’aventure sur scène finira en quenouille…

Pour en revenir au film, à la version filmée du rock opéra, emmené par Ken Russel est un sommet de psychédélisme kitch, et je trouve qu’il a terriblement vieilli. Pratiquement tous les morceaux ont été réorchestrés, et assez rarement à leur avantage (si ce n’est pour Pinball Wizard joué par Elton John et Eyesight to the Blind par Eric Clapton), et on, (en tout cas, moi), regrette que la version d’origine n’ait pas été retenue : La nécessité de faire chanter les acteurs en lieu et place de Roger Daltrey (qui sur l’album studio chante tous les rôles), n’imposait pas pour autant de ré « arranger » les orchestrations : Hélas, elles y perdent en dynamisme, en spontanéité, le rythme et le groove n’est plus là, c’est dommage !

Cela étant, voyez tout de même ce film s’il passe près de chez vous… Quadrophenia a bien été redistribué dans les (quelques) salles en version remasterisée, on peut rêver ?? A moins qu’Arte, un de ces soir ??? Et, quoi qu’il en soit, (ré) écoutez l’album…

dimanche 11 août 2013

Tommy, The Who, première partie, l'album


Pourquoi TOMMY 

est-il considéré comme un «opéra rock » ? 


Rock, Opéra, c'est compatible?


Eh bien Pete Townshend le compose avec une structure proche de celle d’un opéra classique : une ouverture, dans laquelle les thèmes qui seront développés sont introduits. L’ensemble est écrit autour d’un livret, d’une histoire.

Le prétexte est par ailleurs à rendre hommage aux fans des who, à rigoler un peu, à balayer la période des 60's dans une espèce de fresque de la vie d’un jeune britannique.

Pink Floyd fera plus tard (The Wall) un copié coller en négatif, paranoïaque et dépressif; mettant en exergue le traumatisme, réel, non seulement laissé par la guerre, mais aussi par un système éducatif particulièrement dur.

Là, avec les Who, c’est plus festif et joyeux, et si les traumatismes sont bien là, l’idée est que la musique, (celle des Who…) est salvatrice et source de plaisir. Tant mieux.

Je me souviens que le double 33T avait une pochette « pop art » assez psychédélique, en trois volets. Les faces des 2 33 tours étaient numérotés 1 et 3 pour le disque 1 et 2 et 4 pour le second… bizarre, mais cela permettait à ceux qui disposaient de 2 platines une écoute continue !!... Tout cela n'a plus beaucoup de sens, à l'heure du MP3...


Tommy est donc un enfant dont le père est mort à la guerre. Maman se console avec un autre homme, Tommy assiste à l’assassinat de son père (qui revient inopinément un soir et surprend sa mère au lit avec l’amant : sur ce point le film différera du double album original, ou c’est le contraire !!). Le beau-père et la mère lui hurlent ‘tu n’as rien vu, rien entendu, rien de ce que tu viens de voir n’est jamais arrivé’ et poum le gamin devient « deaf dumb and blind ». Commence alors une série de consultations chez les toubibs, sorciers, dealers, pour le sortir de ‘l’eternal grave’. Mémorable « Tommy can you hear me », dont l’action dans le film se déroule un jour de Noel… Mais le gamin est un sorcier du flipper (mais où vont-ils chercher tout ça), Pinball Wizard qui sera chanté dans le film par Elton John (Steve Wonder voulait le rôle, et fut vexé du refus de Townshend, voire son bouquin (Who I Am »).

..Car le film sera l’occasion de faire intervenir plein de guest stars, qui se prêteront au jeu ( Nicholson, Ann-Margret, Clapton, Tina Turner.. ). Enfin, Tommy voit un psy qui lui conjure de casser le miroir, ce qu’il fait et hop, libéré, il enjoint à tous ses fans de vivre libre, pour eux même, et de ne pas suivre les gourous de toute sorte ni de tomber dans toutes les drogues qui passent par là (I’m Free, puis We’re not Gonna Take It »). Les Who sont donc passés par tous les démons du Rock des 60’s et finissent baba cool, en ayant chassé les démons de la drogue et les gourous indiens…. Keith Moon, le batteur, aura plus de mal à en sortir, et décèdera d’une overdose du médicament sensé le sevrer de son addiction.

La version Live à Woodstock de 'See Me, Feel Me' restera "dans l'histoire": Le groupe jouait en fin de nuit, et le morceau en question fut accompagné par le soleil levant, augmentant le côté magique du morceau...

Tommy est certainement le plus abouti des « opéras rocks », genre qu’aborderont beaucoup de groupes de l’époque (Sgt Peper des Beatles, Pet Sound des Beach Boys, Their Satanic Majesties Request des Stones et Arthur(…) des Kinks) Si les Kinks feront un truc à l’histoire homogène, leur musique ne sera pas « à la hauteur » (cette fois), et le succès sera limité. Quant aux autres, même si le Sgt Peper est un album énorme, il n’a pas l’unité et l’homogénéité d’intentions de Tommy, je n’ai jamais compris pourquoi Pet Sound était tant porté aux nues, et les Stones ne m’ont jamais paru capables d’un truc construit de plus de 3 minutes. Les Who montreront d’ailleurs leur capacité à œuvrer dans l’exercice, en réitérant avec Quadrophenia, dont on a déjà parlé….

mercredi 31 juillet 2013

Airport The Motors

THE MOTORS  AIRPORT



THE MOTORS  AIRPORT


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Sur mes K7...



Airport, en...1978?


D'un séjour en Irlande (1978? 1979?), je suis revenu avec ça dans la tête, et aussitôt rentré, sur une K7!

On écoutait à la radio, et dès qu'on entendait le début du morceau, on appuyait sur la touche Rec ET la touche Play, et hop.

Le truc, c'était d'appuyer sur Pause, puis REC+Play, et quand le morceau débutait, on relâchait Pause sinon on manquait de précieuses demi secondes du morceau!!!

J'avais un copain qui avait le disque, le 33 tours, et, à l'époque, la copie sur k7 n'était pas aussi hadopisée que la copie de cd, de mp3, aujourd'hui... J'avais copié le disque, y avait d'autres titres moins kitch, certains même assez péchus. (Mamma Rock'n Roller, Do You Mind...)

Airport est le seul titre qui ait connu le succès, rangeant The Motors parmi les "One Hit Wonders"...

Je crois que le groupe, déchiré par les bastons entre musiciens et les beuveries, s’est très vite séparé…



mercredi 24 juillet 2013

It's a Boy (Tommy, The Who, 1969)



 Lire en Français      Read in English


L'actualité britanique est rock'n roll !!!!


Le rock'n roll, inventé par les cousins américains, a été d'une certaine façon transcendé et porté à l'état de phénomène culturel en Grande Bretagne, pays rock'n roll s'il en est.
En attendant de développer cette théorie passionnante et subjective, www.monhistoiredurock.fr se penchera bientôt, non pas sur le berceau princier qui n'en a CURE, sur le phénomène TOMMY, de qui, des Who, hahaha, véritable Opéra Rock, dont l'ouverture se termine par


 IT'S A BOY, reconnaissez que c'est synchro!



jeudi 18 juillet 2013

Les instruments du Rock: Orgue Wurlitzer, Moog...

Mon histoire du Rock se penche sur les claviers du rock!

Wurlitzer, qui peut être autre chose qu'un juke box..

on entend Ray Charles...
Orgue Wurlitzer

Moog... 


J'ai souvent parlé d' "orgue Moog" pour nommer l'instrument caractéristique des 60's, d'Alan Price (The Animals, reconnaissables entre tous non seulement par la voix de Black blanc d'Eric Burdon, mais aussi par ce son de caractéristique de la partie clavier...)des Doors (même traitement, l’instrument de Ray Manzarek étant aussi caractéristique que la voix de Morisson). "Orgue Moog", ça sonnait bien....



Eh bien je disais des conneries. Ce son, le son des 60's, ne doit rien (évidement diront ceux qui savent) à M Moog. M Moog a bien créé des "instruments" electroniques, mais environ 10 ans plus tard, puisque le premier succès joué avec un orgue Moog, tout le monde le connait, c'est Popcorn!

là, c'est Popcorn
Synthétiseur Moog


On le connait dans sa version "2", qui date de 1974, je croyais d'ailleurs que c'était LA version originale, en 1974...


Les instrument de Moog sont des synthétiseurs, des bidules à lampes, puis à transistor, puis à microprocesseurs qui transforment un courant électrique en oscillations qui sont ensuite filtrées, mélangées, etc. Tout le monde s’en fout mais je me souviens que mon père avait un cousin qui bossait à la maintenance du radar d’Orly et qui fabriquait à temps perdu tout un tas de bidules électroniques, j’adorais ça… Il avait fabriqué un synthé à transistor, c’était super. J’ai eu envie, plus tard, d’essayer de faire le concours d’entrée à L’Enac pour bosser « là-dedans », mais fallait être super balaise en math et bosseur. Mon ami Gilles L le fera, lui, et sera contrôleur aérien… J’abandonnerai l’idée de bidouiller l’électronique, ma capacité se limite à faire 4 soudures pour changer les composants de ma vieille guitare (Merci d’ailleurs Guitar’n Blues (http://www.guitarnblues.fr) qui fournit d’excellents composants).

Donc, l’instrument de Moog « descend » du Theremin, (on joue sur l’oscillation d’une onde)

les ondes chantent
Theremin

pas très loin des « Ondes Martenot » (très joli aussi):

Ondes Martennot

et autres Tannerin,..

Les Beach Boys
Tannerin (voir Good Vibration)
Moog ira donc plus loin, grâce à l’arrivée du transistor et après avoir fabriqué des Theremin à transistor, on arrivera aux instruments electroniques appelés synthétiseurs, comme dans Popcorn donc.


Je m'en souviens encore, je pourrai presque dire quand je l'ai entendu la première fois, Popcorn: j'avais 11 ans. Mais la version originale est plus ancienne, 1969. Je revois le « poste de radio à transistor », de marque Grundig, à l’époque c’était de la bonne came, Sony viendrait, plus tard, balaiera tout ça. Le poste donc, monophonique évidement, mais y avait la FM… sur laquelle trônaient royalement les radios de l’ORTF France Musique et FIP « France Inter Paris », radio qui diffusait en quasi continue de la zique, plutôt de la zique « bobo » avant la lettre, et aussi des infos, un peu, et des conseils routiers distillés par des nanas à la voix suave et sans doute agaçante pour l’automobiliste enbouchonné…

Bref le « poste » trone sur un meuble de la salle à manger au rdc du pav’ de banlieue (ville nouvelle) où nous avons posé nos malles, en arrivant de ch’nord. C’est marrant, je revois bien le truc, et Popcorn qui joue « dans le poste »… J’adorais, et très vite, j’en viens à Kraftwerk, but c’est une autre histoire (c’est déjà assez fouilli comme ça)

Revenons à nos melotrons, enfin, à nos synthés, enfin, aux ORGUES WURLIZER ! (le melotron, une autre fois). Donc le Moog est un synthétiseur, un bidule eletronique, fait avec des transistors, et capable de simuler plus ou moins bien plusieurs instruments, des ryhtmes, etc. Vangelis (déjà entendu parler….) JM Jarre, Kraftwerk, et plein d'autres, populariseront le truc. La BOF de Clockwork Orange est jouée sur Moog (mais si, la cover de l'ouverture de Guillaume Tell.... La 9ème de Beethoven???).

Rien de tout ça pour nos Animals, Doors (Ray Manzarek !!), plein d'autres et même plus tard, et plus près de nous, Supertramp (ah, oui, Supertramp !!!!), et last but not least Madness ! Là, il s'agit non pas d'un synthétiseur, donc non seulement le terme ORGUE MOOG (Moog n’est pas un « orgue ») est impropre, mais en plus ces groupes, utilisent bien un « orgue », mais rien à voir avec les instrument Moog ! Il s’agit bien d’un orgue, electrique: les sons fabriqués sont sensés s'approcher des sons d'un orgue: on n'essaie pas de reproduire d'autres choses que des sons "d'orgue", dans un format compact (l'ancêtre étant l'orgue Hammond, conçu à l'origine comme alternative low cost destinée aux églises qui n'avaient pas les moyens d'acquérir un vrai orgue, mais vite utilisé par les jazzmen et autres soulmen). On obtient le son en faisant tourner des roues crantées devant un micro (bobine+aimant), et en amplifiant tout ça !!! 

Mais le mythe reste attaché au Wurlitzer, peut-être à cause de son nom rigolo ?


L’objet en question a pour nom sa marque, qui deviendra quasi générique : Wurlitzer. Ray Charles l’adoptera, sans doute, dans les « premiers », (What I’d Say serait le premier titre enregistre sur l’engin) suivi par tous ceux qui voudront associer ce son au son des 60’s et de la soul. D’autres fabricants se rueront dans la brèche (Fender, Yamaha…)


PS écrit le 12/09/2105 je viens de tomber sur un blog que je recommande (le lien également en cliquant dans le texte sur le lien ORGUES WURLIZER : http://www.musiquesaecouter.com/musique-electronique/une-histoire-des-synthes-un-survol