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dimanche 28 mai 2017

Sgt. Pepper Lonely Hearts Club Band - 1967

Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band: 

It was 50 years ago today…

... The Beatles ... réinventent The Beatles


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Incroyable: cet album a 50 ans…
Tout a tellement été dit sur cet album que je me demande pourquoi j’en parle aujourd’hui. A l’inverse, pourquoi je n’en ai pas parlé, avant: c’est un tel monument!

Juin 1967.
Un peu moins d’un an avant, les Beatles ont décrété qu’ils ne joueront plus en public. A l’époque, les groupes jouent dans des stades avec à peu près le même équipement que nous aujourd’hui dans la cave… tu vois le genre.
De quoi ne pas s’entendre, et saccager les efforts de composition, de création, et le rendu des balbutiements de la production d’albums un peu travaillés en studio. Revolver, sur scène, dans ce contexte… mieux vaut oublier.
Leur envie est de lâcher la bride à leur créativité, à créer des trucs dans lesquels ils n’auront pas à se freiner parce qu’il “faut jouer ça sur scène”…

Sgt Peper Lonely Hearts Club Band sera un cataclysme, encore plus fort que Rubber Soul ou Revolver. Les technologies mises à la disposition des musiciens en studio (ce n’est qu’un début) deviennent extraordinaires (la scène ne suit pas encore), mères de toutes les audaces.


13 titres, et rien à jeter. Mais les Beatles nous ont donné cette habitude!



L’album, bande son du Summer of Love, sera écrit et enregistré en quatre mois… Pendant lesquels les Beatles enregistrent aussi, quelques mois plus tôt, le fabuleux “Strawberry Field/Penny Lane” 45 tour… Deux titres qui devaient faire partie de Sgt.Pepper, concept album racontant la jeunesse des Beatles à Liverpool, mais il fallait sortir un single avant, alors… Le génie, c’est ça, non?


En 1967, je suis encore un peu jeune pour me prendre Sgt Peper en pleine figure… Mon Histoire du Rock donc, bâtira ces souvenirs là sur autre chose que le moment d’explosion… Sur l’écoute de l’album, plus tard… C’est (déjà) le 8ème album du groupe, et il n’y en aura pas autant ensuite… c’est presque le début de la fin, y compris niveau ambiance… les années passés ont été intenses et le poids commence à se faire sentir. Les tensions ne sont pas encore là, mais ils veulent être autre chose que les gentils fab four. Un album ou ils jouent à être un autre groupe???

Y a t il un titre qui émerge de ce flot de pépites? “For the Benefit of Mr Kite” a toujours exercé sur moi une espèce de fascination, “A Day in the life” est l’hymne psychédélique par excellence, et une extraordinaire référence au suréalisme, tout autant qu’un tour de force mélodique et technique… Qui par ailleurs annonce implicitement le début d’une fêlure dans la complicité des deux principaux co-auteurs du groupe: C’est un collage de deux chansons écrites séparément par chacun des deux… Mais bon, je donne un peu dans la psycho à deux balles, sur ce titre qui me semble être le sommet de l’album, s’il en est un.
Ado, j’aimais bien When I’m sixty-Four, c’était l’époque où j’apprenais l’anglais exclusivement en écoutant du rock, c’était là que j’appris cette règle d’usage du présent au futur, derrière “when”. Thank You Sir.

C’était bien, il y avait les paroles sur la pochette. Une première en 1967!!

Je ne vais pas les citer tous, “With a little Help…” transcendé ensuite par Joe Cocker.
“Fixing a Hole” , “Lucy In the Sky With Diamond” aux fantasmatiques allusions hallucinogènes…
L’époque voulait ça.
“She’s living home”, quasi journalistique, ou l’histoire de cette jeune fugueuse, et qui fait largement appel aux instruments classiques..


Chaque titre est un chef d’oeuvre, l’album est un sommet d’ingéniosité, d’inventivité, de prouesses techniques, de recherches et de production. Mais rien n’y parait quand on l’écoute. Pas de lourdeur technophile, pas de longueurs nombriliste, pas de pesanteur savante. Pop, enlevé, accessible et parfait.

Tout a déjà été dit…. Je n’ai a ajouter que mon admiration pour cet album, et une forte recommandation à retourner écouter tout l’album, ce monument pop… Sgt Pepper va avoir 50 ans, rendez-lui un digne hommage en l’écoutant attentivement, ou sous la douche, ou les deux, et passons notre chemin devant les reprises, parodies, même venant des étoiles…


dimanche 20 mars 2016

On nous dit que 1966 est "l'année qui bouleversa la musique". Ah, bon?

1966



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Il se lit ces temps dernier (voir le N° spécial éponyme des Inrockuptibles) que 1966 serait "l'année où tout a basculé", l'année charnière de l'histoire du rock'n roll.

A d'autres. 1966 est l'année qui permet "aux Inrocks"de sortir un numéro nostalgique "il y a 50 ans", sans attendre 2017 pour parler de 1967...

Car s'il y a eu un basculement spectaculaire de la culture rock au milieu des années 60, c'est bien évidement en 1967 que ça s'est produit..

Enfin, dans la logique bien établie qui consiste à tout classifier, tout expliquer, tout rationaliser. Et quand on décide d'aller par là, on détermine avec précision l'année de naissance du rock'n roll (1951), l'année de sa mort (1959, le 3 février), de sa renaissance chez les britanniques (1962), et ainsi de suite. On y reviendra un autre jour, mais cette frise chronologique en fait assez subjective se poursuit  avec 1965, naissance véritable de la British Invasion, des Animals, des Who, puis 1967, dont on reparlera un jour…

Dans ce classement, que vient donc faire 1966? J'avoue avoir un peu de mal à répondre, même avec le magazine cité plus haut sur les genoux: d'abord, il n'est pas sur mes genoux, ensuite, s'il y était, je ne pourrai pas m'y référer parce que la table sur laquelle j'écris le cacherait à mon regard.
Mais pour l'avoir lu avec attention, je n'ai pas pour autant une réponse claire à ma question.

C'est marrant d'ailleurs, en attrapant le magazine chez le marchand, je suis tombé sur la couverture de l'éminent Rock & Folk (eh oui, folk, ce qui est bien l'une des marques de l'année 66..). Ce magazine met en couverture de son N° de mars 2016 un Polnareff (qui tient une Rickenbacker 360 FG). (presque) le même Polnareff que celui qui ornait la couverture du N° 1 en … 1966!

Diabolique.

A part ça, on peine à voir émerger un courant, une suite logique de faits marquants l'année 1966. On verra un autre jour que l'année suivante sera, elle, marquée par la concomitance d'événements bien plus marquants et fondateurs.

Bien sûr, les Beatles sortent Revolver, et c'est un album énorme. Mais à cette époque là, les Fab Four, (saluons ici George Martin qui était le Fab Five et qui vient de nous quitter) sortent chaque année un album  énorme et révolutionnaire (on a parlé du Rubber Soul de 1965).

Ah, si, les BeachBoys sortent Pet Sound. J'ai déjà parlé de cet album, qui est effectivement crucial et précurseur du rock psychédélique. Si un seul album peut faire d'une année un millésime, alors oui, 1966 vaut qu'on y consacre une étude. Sinon…. Il faut se contenter de l'autoreprise de Sound of Silence par Simon et Garfunkel, pour la joie de nos profs d'anglais…

J'exagère un peu. Il n'est pas question de jeter le discrédit ou de minimiser les groupes et leur créations sorties en 1966 (Houlà, on ne peut quand même pas oublier Aftermath des Rolling Stones!!! (le dit magazine (n')y consacre (qu')une page, ce qui est bien peu au regard de la puissance et de l'importance de cet album, premier des Stones dans lequel ne figure aucune reprise, et tant de pépites: Mother's little helper, Lady Jane, Under my Thumb, Out of time… entre autres.

Ah, ben ça fait deux raisons de parler de 66 alors? Tu verras quand on parlera de 67..  Tu verrais si on parlais de 65.

Allez, je vais être bon prince, il y en aurait bien une troisième, en l'album des Who "A quick one", qui marque l'antichambre de la naissance de l'opéra rock, coup d'essai avant Tommy.

En gros on a fait le tour, sauf à tirer un peu sur la corde en parlant de Hendrix (dont la véritable explosion aura lieu plus tard), en oubliant de parler des débuts de Pink Floyd et de Jefferson Airplane façon Grace Slick..



Je sors donc de cette lecture avec les questions qui étaient les miennes à l'entrée. 1966? Ah bon. 



samedi 19 décembre 2015

John Lennon, 1940, 1980

John Lennon


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John Lennon est mort assassiné le 8 décembre 1980 ; On a donc beaucoup reparlé de lui ces temps-ci, d’autant plus que le morceau emblématique de l’icone Peace and love (Imagine) avait tristement résonné quelques semaines, et quelques mois plus tôt, à Paris et dans plusieurs endroits du globe.

Faut-il encore écrire sur John Lennon? Tout n'a-t-il pas été déjà écrit? Ce blog ne souffre-t-il pas d'une forte disproportion de billets sur les Beatles?

Vas-tu, lecteur, en avoir marre?

Si c'est le cas, dis-le, les commentaires sont fait pour ça. Et ne sois pas rebuté que je te tutoies, piquant deux grammes de style à San Antonio, mais surtout présageant du fait que ce blog n'aie qu'un seul lecteur (à la fois...).

Ce billet est inspiré par le détour au pied du mur Lennon à Prague.

Donc donc, John Lennon.

On le trouvait un peu gnangnan, un peu pontifiant, un peu "grand frère qui va nous dire la vie", en 1980, et ça nous les brisait menu.

On écoutait plutôt du bon gros rock, du blues bien gras, façon AC/DC ou ZZ TOP, ou bien les Ramones, XTC et les Inmates. Mais aussi les Specials et Madness, faut bien rigoler un peu. Debbie Harry semblait plus désirable à nos libido adolescentes que madame Ono.

Il paraissait d'un autre temps celui de l'optimisme, du lendemain qui chante et de ce qu'on appelle aujourd'hui la croissance, toutes choses qui nous paraissaient improbables, tout autant que cette indéfectible volonté de changer le monde: Tout ça nous paraissait à la fois vain et simpliste, dépassé et présomptueux. Artiste engagé, l'engagement des "Bed-ins" nous paraissait bien faible, dans le confort d'un hotel d'Amsterdam….

Lui et Yoko Ono semblaient ressasser encore et encore les thèmes chers aux années 70, qui nous paraissaient alors décalés et hors de propos. Has been.

La New Wave naissait, à rebours des grandes causes qu'elles soient Punk ou Hippies, dans une ambiance de crise, de relations Est-Ouest des plus tendues, d'impasse au plan des relations sexuelles (Sida). Elle se nourrissait de tous ces courants ainés, du pub rock et du glam, aussi. Et y mettait son grain de dérision et de fatalisme.

Faites l'amour, pas la guerre, qu'il disait. Les deux semblaient vouloir mener à la même mort certaine, et Lennon (mais il n'était pas le seul) semblait ne pas avoir vu ça venir, et continuer à prôner l'amour libre, auquel nous n'aurions droit que sous latex.

A vrai dire on lui attribuait sans doute une grande part dans la responsabilité de la séparation des Beatles, et ça jouait pas en sa faveur. Même si au Beatles je préférais les Animals et les Who. Même si je ne viendrai que plus tard reconnaitre la richesse et l'importance des Fab Four. Même si la responsabilité de cette séparation était sans doute bien partagée, et le sujet bien plus complexe qu'il n'y paraissait...

Aujourd'hui Lennon passe pour le pur et dur, le tenant de l'axe Rock des Beatles, quand McCartney serait le responsable de la ligne guimauve. Va savoir.

Et si on s'en foutait un peu? Peut-être Lennon était-il effectivement plus porté sur le rock'n roll, adulant en particulier Mr Rock'n Roll, j'ai nommé Chuck Berry.

Mais dans les années 80, il tendait à le cacher un peu tout de même. N'affirmait-i-il pas que Bob Dylan, qui n'était pas pour nous une icône du Rock'n Roll, était l'un de ses principaux modèles? On retenait plus de lui ses créations mièvres (Imagine, Woman, etc) que ses bœufs télévisés avec Chuck Berry.... Pas mal "téléphonés", et dus aux nécessité d'un accord avec Le Grand Chuck, pour éviter un procès pour plagiat autour de "come together"..


"I've been shot", seront ses derniers mots, un soir de décembre 1980 au pied de son immeuble, le sinistre Dakota Building...

Viendra, plus tard, le temps ou Imagine prendra sa signification, à la porte d'un journal d'abord, puis dans la rue, en face d'une salle de spectacle tristement célèbre d'un soir de folie.









dimanche 8 mars 2015

The Beatles 1967 - 1970 double album bleu

The Beatles 1967 - 1970 



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double album bleu




Second Volet de ce diptyque consacré par la maison de disque au groupe après sa disparition, son éclatement, sa fin consommée sur le toit de l’immeuble dans un ultime concert, ce double album fait donc pendant au rouge, dont j’ai déjà parlé.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le double blanc « The Beatles » n’a rien à voir, puisqu’il ne s’agit pas d’une compilation et qu’il est sorti « du vivant » du groupe… Le double « marron », « BBC Sessions », sera, lui plus proche dans la logique…

Avec « The Beatles 1967 – 1970 » la page British rock, au sens propre du terme, est définitivement tournée, et les Beatles sont entrés dans la Pop. J’ai déjà dit que le rouge avait mes faveurs, mais il est vrai que je suis un nostalgique des 60’s, du Rock, et de la British Invasion. 

En ré-écoutant pour cet article le bleu, je peux maintenant dire que ce que je croyais être une préférence pour le son et le style du rouge est en réalité une attirance pour une période antérieure à mes souvenirs. Les morceaux du bleu, eux, sont dans ma mémoire auditive, on les entendait « quand j’étais petit », quand ils sont sortis, et je m’en souviens.


Il n’en reste pas moins que ce double regorge de pépites. Psychédéliques pour la plupart, les compositions des Beatles sont maintenant plus recherchées, plus fouillées, plus construites.


Et si le rouge est plus nerveux, plus énergique, le bleu est plus savant, plus orchestré, et montre à quel point le groupe est devenu maitre dans l’art de la composition, de la production, du songwriting…


Chaque morceau est une pépite, un trésor d’inventivité, et garde, malgré tout, un côté « fouillis », expérimental.. Melotron, bandes magnétiques passées dans un sens, dans l’autre… tout a déjà été dit.


Les Beatles ont arrêté de se produire sur scène, ils ont donc plus de temps, et sont plus sereins, pour composer.. ça se sent.


Dès le premier morceau de la Compil bleue, le ton est donné : On peut tout se permettre sur Strawberry Field, puisqu’on ne jouera pas ces morceaux en live…


Bien plus tard, Lennon et Mc Cartney se chamailleront pour prétendre que les chansons de « l’autre » étaient l’objet de plus de soin…


Les Beatles vont donc redoubler d’ingéniosité, multiplier les expériences, ajouter des bruitages et des sons enregistrés, multiplier les instruments… Ils ne commettront pas la même erreur que les Who qui, jouant Quadrophenia sur scène, iront au naufrage par la faute d’une post synchro impossible..


C’en est fini des bluettes adolescentes, dialogues avec la nana convoitée, le style devient descriptif, contemplatif, nostalgique et toujours aussi moqueur. (« Are you a Mod ? Are you a Rocker ? Hmmm, I’m a Mocker » (Ringo Star).


Pour être exact, c’est en tout cas ce que reflètent les deux doubles, et la transition, très marquée dans les compils, n’est pas aussi flagrante dans les albums.


Mais pour le plus grand nombre, les Beatles se résumeront à ces deux doubles, 54 titres, qui occulteront un peu les albums originaux et les (environ) 150 autres titres de la discographie des Fab Four…


Quand sortent ces deux doubles, en 1973, le monde comprend que son rêve de voir le groupe se reformer restera un fantasme. Ces deux doubles ressemblent à un cadeau d’adieu, l’album des photos sonores qui retrace la (courte) carrière d’un phénomène de société appelé The Beatles.



samedi 24 janvier 2015

The Beatles 1962 1966

The Beatles  1962 1966



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The Beatles 1962 1968 sur Mon Histoire du Rock

Album surnommé double album rouge


Etonnant concept que cet album rouge, qui est accompagné de l'album bleu, puis, bien, bien plus tard, d'un album « marron » :

On reparlera de ces deux-là ....

Etonnant d'abord parce qu'il est à contre courant de ce que les « Fab Four » ont produit depuis « Rubber Soul » et surtout, surtout, Sergent Pepper…

Le fameux concept album, qui sera ensuite la règle « évidente », et qu'ils on presque inventé.

C'est bien simple : à l'origine, le Rock'n Roll est véhiculé sur un support, le 45 tours, qui comporte un titre sur chacune de ses faces : on fait tourner ce disque sur un plateau et on pose un bras muni d'une aiguille dessus : la musique jaillit :

C'est bien, non ?

Ce petit support accompagne l'apogée du rock, et les artistes, groupes, publient à un rythme plus ou moins effréné leurs succès potentiels sur ces disques.

Certains groupes vont jusqu'à enchaîner les « hits », chaque 45 tours s'inscrivant alors dans le « top 10 ».

Mais personne avant (ni après) les Beatles n'a inscrit, comme ils le firent en avril 1964, 5 titres aux 5 premières place du Top 10...

Lorsque qu'un groupe a sorti une une quinzaine de succès, joie et bonheur, la maison de disque consent à graver un « 33 tours » ...

Les « albums » sont donc alors une « compilation » des succès du groupe. C'est souvent le producteur, la maison de disque, qui choisit les morceaux qui figurent sur ce 33 Tours.

Eh bien les Beatles sont parmi les premiers à vouloir décider de ce qui figurera sur leurs albums.

Plus fort encore, ils décideront que l'album n'est plus consacré à une collection de leurs succès « passés ». L'album va devenir d'abord, une création entièrement nouvelle de titres, ordonnancés selon la volonté du groupe. Puis bientôt, les titres auront une cohérence entre eux :

RubberSoul (The Beatles), puis après eux (Pet Sound,The Beach Boys) Animals (Pink Floyd), the Village Green Preservation Society (The Kinks)…

Enfin arrivera l'album « concept » dont on a déjà parlé, ici et dans de précédents billets (Stg Pepper des Beatles, Tommy et Quadrophenia (The Who) Ziggy Stardust (David Bowie)… Et près de chez nous, L'homme à la tête de Chou (Gainsbourg)...

La mode des « concept albums » passera, mais il en restera une implication des groupes et une cohérence dans le choix des morceaux d'un album.

C'est ce en quoi le « double album rouge » est surprenant, puisqu'il renoue avec la tradition d’empilement des meilleurs succès, « best of » avant l'heure : Retour en arrière incroyable pour un groupe aussi porté vers le renouvellement et la recherche de concepts innovants.

Le double rouge (comme plus tard le double marron (BBC sessions)) conserve cependant une logique que n'aura pas, et pour cause, (nous y reviendrons) le bleu. Il retrace l'époque des succès issus de 45 tours, et rappelle les débuts du groupe dans un enchainement logique et cohérent..

De Love me Do à Yellow Submarine, le double rouge a ma préférence, tant il témoigne de la période glorieuse des débuts, d'un enthousiasme, d'une fraîcheur et d'un humour partagé par chaque membre du groupe. Les écueils sont encore loin, la fatigue d'une course au succès n'est pas encore perceptible, Brian Epstein est toujours avec eux et reste, avec George Martin, à la fois un rempart et un guide.

le disque 1 est explosif, et ne se calme qu'avec le 13ème et dernier titre, Yesterday. On l'écoute, et on embarque sur un Ferry pour Londres… c'est ce que j'ai fait, en 1982 :

Love Me Do, et son sublime riff à l'harmonica, Please Please Me, beaucoup plus élaborée qu'il n'y paraît, et qui fut pourtant d'abord écartée, From Me to You, She Loves You, I Want to Hold Your Hand… j'arrête là, on va pas tous les citer, rien à jeter sur cet album.

Le disque 2 me semble une passerelle vers l'album bleu, et Yesterday, dernière plage de du disque 1 annonce cela : le groupe « grandit », quitte peu à peu le nombrilisme insouciant de l'adolescence : 9 titres du 1er disque sont de forme pronominales, parlent des filles et d'amourettes. Il n'y en aura plus que 4 sur le second, parmi lesquelles deux seules ont un sujet au singulier (You…, My…)… Love seemed such a easy game to play… Le 1, c'était hier et l'insouciance, le 2 est plus grave, sérieuse, mélancolique….

Il débute par Help !, parle des filles à la troisième personne et au passé (Michelle, Girl).

Le « rouge »,( comme le « bleu »), compilations par lesquelles nous, qui étions trop jeunes pour avoir connu le groupe « de son vivant », avons découvert les Beatles :


Je n'ai, bizarrement, pas souvenir d'avoir tenu « dans le temps » dans mes mains un 33 tour des Beatles en dehors de ces deux compils, tant celles-ci, destinées en 1973 (j'avais 10 ans) à contrer l’apparition de compils non officielles, étaient réussies… Exceptionnel : 2 albums, 54 titres qui synthétisent parfaitement une carrière riche de 200 chefs d’œuvres..

Je découvrirai plus tard, à Londres, les LP Sgt Peper, Revolver, Help, mais le Rouge sera pour Mon Histoire du Rock une sorte de Juke Box magique plein de 45 tours, ouvert sur la British Invasion...



samedi 28 septembre 2013

The Beatles, et une conférence de Gilles Verlant début 2013

Quand Gilles Verlant racontait les Beatles

J'avais, donc, assisté, début 2013, à une conférence de Gilles Verlant sur la Beatlemania dans le cadre de la semaine anglaise dans ma ville.

Passionné et passionnant! il a retracé les 8 années du parcours de ce groupe de skiffle qui, après avoir dominé la scène britannique, sans doute au départ par un incroyable coup de chance et grâce à la foi en eux qu'avaient à la fois leur manager et leur producteur, ont "envahi" l'Amérique!

Faisant découvrir le Rock'n Roll aux wasps, et ouvrant la voie aux autres groupes "à guitare" de la British Invasion (Them, Animals, Kinks, Stones...). Très amis avec les Rolling Stones contrairement à la légende, c'est le duo Lennon et Mac Cartney qui écrira même le premier hit de ce groupe de futurs papis du rock (I Wanna Be Your Man): L'opposition entre les 2 groupes n'est qu'un fantastique coup marketing du manager des stones....
Non content de ce - déjà incroyable parcours, on doit aux Beatles d'avoir transformé le rock, ouvert d’innombrables voies dans le genre, et d'avoir suscité la vocation d'un nombre incroyable de leurs "successeurs"..

L'aventure se terminera symboliquement en 1969 sur le toit de la maison de disque "Apple" qu'ils avaient créé, dans une mise en scène triste et pathétique qui devait ressouder le groupe, mais ne fit qu'afficher le constat de la fin d'une belle amitié musicale, et qu’on le veuille ou non, d’un phénomène de société incroyable, qui en 7 petites années et 12 albums, ont laissé une marque sidérante dans la culture rock, une espèce de culture dans la culture…

Leur premiers enregistrement sous ce nom devenu mythique date... du 1er janvier 1962. Mais un directeur artistique de la maison de disques Decca décide de ne pas les signer: On oubliera son nom, mais il restera connu comme "Celui qui a refusé de signer les Beatles", et pour avoir prédit la fin "des groupes à guitare"...

J’aimais pas trop, les Beatles, à l’époque du lycée. En fait, à la fatidique question que certains posaient encore ‘Stones ou Beatles ‘, je répondais « Who » ou « Animals »…, aussi pour faire le malin.

Ironie du sort, mon rêve d’aller passer 2 ans à Londres après le Bac se réalise… en 1982. Je débarque donc en septembre, en plein revival Beatlemaniesque pour les 20 ans de la sortie de leur premier 45t, Love Me Do.

C’était génial de décalage, et toute l’intemporalité de la musique de Lennon et Mc Cartney éclatait à chaque coin de rue et dans chaque radio, où Boy Geoges (Karma Cameleon) et Bronsky Beat (SmallTown Boy) rivalisaient aussi dans les « charts » avec Love Me Do.

Je crois bien que j’ai réellement "découvert" les Beatles à Londres, en 1982. J’allais là-bas sur les traces de Madness, et je « revins » avec Lennon et Mac Cartney.

L'autre jour, à la fin de cette désormais mythique conférence de Gilles Verlant, une dame dans l'auditoire a pris la parole à la fin pour nous dire "j'ai assisté à un concert des Beatles à Hambourg" (donc avant 1962 et avant qu'ils ne soient connus, et probablement avec Pete Best à la batterie et non Ringo Starr); moment d'émotion, merci Madame, et Bonne Année à Vous.

Vous l'avez compris, Gilles Verlant était un homme passionnant et sympathique.

mardi 11 juin 2013

1963


1963  MON HISTOIRE DU ROCK

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la K7, la Beatlemania, 

le premier disque des Rolling Stones, 

et la naissance de Mon Histoire du Rock!

Si le post d’aujourd’hui revient sur année 1963 dans l’histoire du rock, dans mon histoire du rock, ce n’est bien sûr pas un hasard, et ce n’est pas par manque d’inspiration. L’idée est « bien sûr » de saluer l’année qui m’a vu naître, au regret de n’avoir pas, évidemment, de souvenir auditif de cette année, ni des 3 ou 4 qui suivront..

Y a pas de hasard, je suis donc né l’année où Les Rolling Stones, bien aidés par les Beatles, ont sorti leur premier disque. Le disque en question « Come On » en face A, est sorti le 7 juin. Mes parents n’étant pas très portés sur la « musique de jeunes » (de jeunes de l’époque), c’est pas l’écoute de ce 45t qui m’a donné envie de naitre 5 jours plus tard… ç’aurait eu de la gueule, mais non.

Sagement, timidement, les Rolling Stones commenceront comme un groupe de reprises, très marqué Chicago Blues ; ce sera donc une reprise de Chuck Berry (l’un des alchimistes de la transformation du Blues en Rock’n Roll) La face B est aussi une reprise, de Willie Dixon (lui aussi poulain de Leonard Chess et du fameux label Chess Records)… Leurs compositions arriveront plus tard, ils seront avant bien aidés par leurs ainés Mc Cartney et Lennon qui composeront pour eux en novembre 1963 (I Wanna Be Your Man).

50 ans plus tard, à un jour près, le groupe de vieux dans lequel j’officie fera son premier concert, y a pas de hasard, là, si ? Pour un groupe qui a commencé par des reprises des Stones, et auquel le nom et chaque composition fait référence???

C’est aussi en 1963 que les Beatles sillonneront la Grande Bretagne pour promouvoir leur « Love Me Do », enregistré en juin 1962.. C’est, 20 ans plus tard, ce titre qui accueillera mes premiers pas lors de mes deux années de résidence à Londres en plein revival Beatlemania (un mot inventé en 1963 !!!). C’est d’ailleurs en 1963 que les Fab Four sortiront leur premier album.

En me documentant pour cet article (j’invente rien, mais je ne sais pas non plus tout par cœur), j’apprends un truc étonnant : Ce blog a pour prétexte de relater « ce qu’il y avait sur mes cassettes » : la cassette audio (k7) était dans ma jeunesse un vecteur énorme de notre culture, comme le 45t l’avait été dans les sixties pour nos ainés:

Eh bien la cassette audio a été « inventée » en 1963 !!! Mon père avait vers 1968/69 acquis un cassetophone, pour son boulot : je le détournerai quelques années plus tard pour enregistrer mes « idoles » à la radio :

Merci Monsieur Philips, Merci Madame 1963 : MonHistoire du Rock pouvait commencer.



vendredi 24 mai 2013

George Harrison, While My Guitar Gently Weeps,

While My Guitar Gently Weeps



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Un titre des Beatles particulier à plus d’un... titre. 


D’abord, je trouve que c’est l’un de ceux qui résiste le mieux. Peut-être suis-je influencé par l’actualité de la reprise magnifique qu’en a fait Jeff Healey en 2010 ? Plus qu’une reprise, ce type en a fait une réinterprétation magnifique, rajeunie, à la fois dynamique et profonde.

La version originale parait du coup en retrait : Il faut dire que le morceau est enregistré fin 1968, au moment où le groupe commence sérieusement à partir en sucette. Il faut de nombreuses prises pour arriver au résultat, et Eric Clapton vient filer un coup de main pour « souder » tout ça : C’est lui qui joue le solo. L’intro au piano est ajoutée après, je ne suis pas persuadé qu’Harrison ait apprécié.

C’est en effet l’un des (relativement) rares morceaux des Fab Four qui n’est pas composé par Lennon et McCartney : Ces deux-là, qui trustent la majorité des compositions des Beatles, ont toujours été plus ‘ouverts’ que leur copains Mick Jagger et Keith Richards sur le sujet… C’est donc une composition de  Georges Harrison. Ce dernier est, pour prolonger le parallèle avec les Rolling Stones, comme BrianJones, attiré très vite par les instruments et les formes musicales « décalées » : C’est lui qui introduira le sitar (dans Norvegian Wood, puis Lucy In The Sky With Diamond), mais aussi l’orgue Hammond(sur Something).

D’ailleurs, les instruments présents sur le morceau « ne rendent pas justice » à Harrison : On aurait, j’aurai, bien vu une intro à la guitare 12 cordes, sa fameuse Rickenbacker 360/12 par exemple…. L’intro, d’ailleurs de la version originale semble, quand on l’écoute, avoir pris un coup de vieux, le couple basse batterie y est sans doute pour quelque chose. Là encore, le solo d’intro de Jeff Healey a rajeuni l’ensemble, tout en restant dans un « classicisme » qui ne dénature pas le morceau.

Ceux d’entre nous qui trouvent étonnantes les paroles (Je regarde le sol et vois qu’il faut le laver…) noteront qu’Harisson prétendra avoir écrit ça en quasi « écriture automatique », sous l’inspiration de philosophie chinoise… Il faut dire que notre homme n’était pas le moins allumé de la bande, et que ses addictions lui firent, également, plus tard, écrire « My Sweet Lord » sans se rendre compte qu’il reprenait la mélodie d’un vieux tube des Chiffons « He’s so fine » : ça n’arrive pas qu’à Keith Richards, mais les mêmes causes ont souvent les mêmes effets….





Pour conclure sur le même ton que le billet sur Tainted Love, voici donc encore un titre dont la reprise (Merci donc Jeff Healey) est plus réussie que l’original. (ps : d’autres s’étaient avant essayés à la reprise, dont Toto, par exemple, avec un peu moins de bonheur).


A écouter :


-          While My Guitar Gently Weeps, The Beatles, Toto et Jeff Healey


-          MySweet Lord, ( G Harisson) et He’s so Fine (The Chiffons)