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dimanche 17 mars 2019

Madness Night Boat to Cairo album One Step Beyond



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Les mecs de Madness montrent sur ce premier album qu’ils aiment bien les structures iconoclastes dans la construction de leurs titres: pas de refrain, ou des changements d’accords bizarres, des titres qui n’ont pas grand chose à voir avec les paroles des morceaux… 

Ici, sur Night Boat to Cairo, ça commence comme un instrumental avec l’exclamation du titre scandé par Suggs… titre qui ne sera pas répété ensuite, sans refrain non plus. Bref, pour saisir, le mieux c’est que tu écoutes! 

C’est pas mon titre préféré de l’album, mais comme je l’ai déjà écrit, je n’ai jamais considéré un seul des morceaux de One Step Beyond comme de moindre valeur… 

One Step Beyond, c’est 14 titres (parce que Chipmunks,c’est pas vraiment un titre, n’est ce pas..) inoubliables, nouveaux à l’oreille pour l’époque: 

Avoue, ça n’a pas pris une ride, 40 ans plus tard!! 

Madness, s’inspirant du Rocksteady et du Ska, se démarquent assez fortement de leur ‘mates’ du label 2 tones, des Specials, des Selecters. A vrai dire, le son est moins “rough”.

Mais si le son perd en “authenticité”, par ce beat très marqué et ce son à vrai dire assez marqué “FM” et “New Wave”, Madness apporte (mais suis-je objectif?) avec ce “Nutty sound” une nouveauté, une pêche, un “vibe” étonnant, “rafraichissant”… 

J’ai toujours pensé que “Night Boat” était un titre un peu plus “facile”, “radio edit”, et mon côté snob boudait un peu ce titre. Mais franchement c’est se la jouer un peu, et faire la fine bouche. 

En novembre 2018, Salle Pleyel, Madness termine, comme souvent, le rappel avec ‘Night Boat’. 

Le titre a mes faveurs actuelles, pour la place assez significative donnée au saxophone une place de choix…. On se l'écoute?


Envie d'un saxo? cliquez sur l'image!!



samedi 13 janvier 2018

Madness, My Girl, album One Step Beyond, 1979

My Girl, Madness, 

sur l'album One Step Beyond, 1979


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My girl.
Demo version chantée par Mike Barson:
https://www.youtube.com/watch?v=dw7-nEDpmH4

On poursuit le challenge qui consiste à chroniquer chaque titre de One Step Beyond.
Modestement contribuer à faire (re)connaitre cet album comme une pièce maitresse, un jâlon, un must du rock’n roll des années 80.
Du rock tout court.
De Mon Histoire du Rock, de toute façon.
My Girl. Ironie du calendrier, ce titre, sorti sur One Step Beyond en 1979 est en fait publié la première fois en 1978!
Quarante ans déjà!!

Ecrite par Mike “Monsieur Barso” Barson, à l’époque où Madness s’appelle “The Invaders”, à Camden Town… C’est lui qui chante à l’époque ce titre qui a alors comme nom “New Song”…
Mais c’est Suggs qui la chantera sur l’album, et partout ailleurs.
Second titre de l’album, c’est aussi le titre qui positionne Madness en groupe capable de composer des mélodies Pop, s’éloignant (déjà) du strict théorème Ska. Mais aussi capable d’autre chose que de reprises, ska justement, à la sauce 80s.
Pour les spécialistes, et amateurs de ‘song facts’, la structure et le rythme de My Girl ont inspiré Bowie pour Ashes to Ashes. Mais on n’es là pour ça. Ni pour décortiquer, analyser la structure, 8 bars, ni la caractéristique absence de refrain, marque de fabrique du groupe…
Le morceau n’a pas pris un cheveu blanc, et même si de nos jours, Madness sur scene le démarre “en mode ballade”, ce qui renforce le côté Pop, et l’éloigne du Nutty sound, au moins au lancement, on ne peut pas oublier la version de 1979, clipée dans un pub de Camden Town, Monsieur Barso sur ce vieux piano baltringue qui fera date, le solo de piano mémorable, les ponctuations du saxo.
Sans oublier ce phrasé, et surtout cet accent des faubourgs de Londres, que je finirai par attraper, à force d’à force, au point d’en étonner plus d’un, en arrivant à Londres une paire d’années plus tard par ce cocktail franco/cockney improbable.
My Girl marque, une fois de plus, cet capacité (en dignes héritiers des Kinks, mais je l’ai déjà souligné) à composer, sur 2 à 3 minutes, une petite histoire qui parle à tout le monde.
Ma copine est en rage après moi, je voulais pas regarder le film ce soir.
D’une banalité, faire un tube!
Sur l’album, on sort à peine de la tornade One Step Beyond (certainement jugée usée par certains aujourd’hui, tant elle a masqué par trop de passages radio les qualités de compositeurs et d’interprètes de Madnes…). On prend aussitôt après, My Girl, faussement plus cool, faussement ballade, mais en réalité tout aussi syncopé et efficace.



La reprise qu’en fera Tracey Hullman, masculinisant le titre (My Guy), ne relèvera pas le gant.
La version des Pet shop boys est à oublier dare dare! Youtube me montre une version d’un groupe (NUMERO6), qui en dehors d’avoir comme fond visuel une photo d’une rangée de maisons de la banlieue de Londres qu’on croirait Boyne Avenue à Hendon, où j’ai vécu, mais on s’en fout un peu, non…

jeudi 14 décembre 2017

Tarzan's Nuts, Madness, album One Step Beyond, 1979


Tarzan's nuts - Madness


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Hey you seen Jane?
No man
Ok I’ll catch the train
A train you’ll wait a long time
No way I’ll catch a vine
What, that’s a route
No man it’s a fruit
Give me a bite
No I’ll save it for tonight


“Madame, on pourrait traduire des paroles de chansons anglaises”…. “Ah, oui, par exemple Simon & Garfunkel” …. “Euh, non,plutôt par exemple, Madness, il y a un titre, ça s’appelle TARZAN’S NUTS…” Et là, cette prof d’anglais! Je t’ai déjà parlé de cette Dame, à qui je dois mes années londoniennes et d’avoir retrouvé l’Ami Franck, au détours de notre “Politechnics” à Hendon, NW5! Look de bourgeoise Versaillaise, visage fermé, air strict mais…. Grande dose d’humour,as you will see. Mais pas seulement. Elle voudra “garder cette classe” deux ans, et dira parfois le regretter. Elle nous aura donné, si on ne l’avais pas déjà, le goût de cette culture et de cette langue: Nous serons plusieurs à filer vers Albion, ou le nouveau monde, sitôt le BAC en poche! Mais revenons à Madness, et à Tarzan’s Nuts que nous avions forcé cette Prof à traduire à haute voix en pleine classe, croyant la gêner…
“Eh bien, mais vous le savez, et si vous croyez m’embarrasser, vous vous trompez:
TARZAN’S NUTS ce sont les couilles de TARZAN. 

Prenez une copie.” Je suis pas sûr du “prenez une copie”. Je me souviens qu’à force de pitreries, nous avions fini par fatiguer ce prof, et que pour citer Brassens (dans un blog rock, tu reconnaîtras l’audace) on avait “le sentiment qu’on le regrette”.

J’ai pris ici l’engagement de chroniquer tous les titres de l’album ONE STEP BEYOND.


Après le titre éponyme, One Step Beyond, après bed and Breakfast man, après In the Middle of the night….

Tarzan’s nuts.

7 ème et dernier morceau de la face un du 33 tours. Second instrumental après One Step beyond. Mais là, c’est étonant, on n’a pas l’impression d’un instrumental, va savoir pourquoi? Le titre inaugure ce qui fera une marque de fabrique, un élément distinctif de Madness, qui saura le réutiliser. Un artifice, un peu comme si on voulait prolonger un truc un peu court, diront les vilains, mais c’est ce qui donne au morceau sa force, sa pêche. La face 1 se termine comme elle a commencé, avec un instrumental introduit par un couplet parlé. Madness prétend (Mike Barso, in “Madness, One Step Beyond 33 1/3” (terry Edwards) que Opium Eaters, sur Seven, est une “re-écriture de Tarzan’s Nuts. OK.

Tarzan’s Nuts résonnait dans le lycée, joué sur le vieux “piano” du club musique, que “pilotait” l’ami Eric, pour notre grand délire commun. Puis, on passait le disque, ce qui était plus efficace, non parce qu’Eric le “tenait” mal, mais à sa version manquait “Ain’t seen jane”, l’accent cockney et la ligne de toms… Puis il était temps de “retourner le disque”, pour un face B tout aussi explosive. Je l’ai déjà dit, et le redira, cet album de Madness est un nid de singles, un coffre à trésor de hits. Je ne vois pas un seul “second choix”. Pourtant, rare sont ceux qui aujourd’hui donnent à cet album sa place, à ce groupe son rang, à ce titre, sa position: c’est un hit!

Et, pourquoi ce titre, Madame ma prof d’anglais? C’est, bien sur, une Ska-isation du morceau de la bande originale de la série TARZAN dans les années 60, staring Ron Ely…. Dont l’air avait dû rester dans les têtes de Madness…


jeudi 30 novembre 2017

Bed And Breakfast Man, Madness Album One Step Beyond

Bed And Breakfast Man


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J’avais annoncé dans ces pages que je bouillais d’envie de chroniquer non pas un, non pas deux, mais TOUS les titres de cet album mythique qu’est One Step Beyond de Madness.

Mythique. Comme il y va… Chroniqueur du dimanche, blogueur à la petite semaine, je m’autorise des coups de pieds dans la hiérarchie sacrée des “meilleurs album de ceci”, “chef d’oeuvre de cela”…

Pas de haute prétention ici. Mythique, pour Mon Histoire du Rock. 


Nothing more, nothing less. Le monde du rock se divise, selon moi, en deux catégorie: Ce qui me plait, ce que je connais pas et ce que j’apprécie moins. 

Ça fait trois? Ah bon. Ce que j’aime, j’ai tendance à le mythifier un brin. Ce que j’apprécie moins, je ne le juge pas…. Puisque je ne me sens pas compétent pour. L’artiste (donc femme, homme, ou groupe des uns et des autres), a, sans doute avec talent, émotion, et labeur, composé, interprété, une oeuvre. Rien que ça, déjà, hein… Que certains, dont parfois je, n’aiment pas, ne retire rien à la valeur éventuelle voire probable de l’oeuvre. Ni au talent, ni au travail de l’artiste.

Je digresse?

Bed and Breakfast Man donc. Second titre de la face B de One Step Beyond


Juste après In the Middle of the Night, déjà chroniqué ici, et déjà fantastique ). Comme souvent, comme sur le titre précédent, Madness nous raconte une petite histoire rigolote, tourne en dérision un truc qui pourrait être banal si ce n’était pas raconté de cette façon là!

Un truc qui est marrant dans pas mal de titres de Madness, c’est cette façon de ne pas avoir de refrain, et en tout cas de ne dire le titre du morceau qu’à la fin de celui-ci. De ne pas dire ce titre dans le refrain repris entre les couplets, quand il y a un refrain. Là, il n’y en à pas, comme parfois chez Madness (souvent..) Donc on entend l’histoire, y a un riff qui appelle le refrain, mais “oh oh oh he was, he was a bed and breakfast man” ne vient qu’à la fin. Ça fait le truc, non? Tu attends le refrain, et à la place, on entend un break. Contrairement à l’habitude prise par Madness, il n’y a pas de montée de tonalité en cours de morceau (Swan Lake, Tarzan’s nuts….).

Bed and Breakfast man s’inspire d’une personne réelle, John Hasler, pote de Chris Foreman et de Barso, et a joué avec le groupe (batteur avant Dan Woodgate, supposé avoir un comportement de pique assiette chez ses potes. Mais il semble par ailleurs que le groupe lui doive pas mal dans sa réussite des débuts.

C’est l’un des titres majeurs de Madness, toujours joué en concerts de nos jours, et c’est un titre qu’il faut ré-écouter.




vendredi 9 juin 2017

The Specials, 2 Tones , Ska, Jerry Dammers and Terry Hall

The Specials

Le Ska revival des 80's, parce qu'il n'y a pas que Madness..


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Depuis longtemps ici je clame mon affection pour Madness, acteur phare du Ska revival des années 80. C’est en effet Madness qui m’a fait découvrir ce son, si caractéristique, ensoleillé mais moins nonchalant que le reggae.
 En termes de SKA, et de fidélité au style pourtant, Madness n’est pas exempt de “reproches”. Assez rapidement, le groupe s’est orienté vers une brit’pop moins orthodoxe, s’est éloigné du dogme, pour n’y revenir que l’espace d’un instant créant pour l’occasion, à l’instar des Beatles inventant le Sgt. Pepper (…) Band, ‘The Dangermen”. 

Les Specials, issus du même courant revival, et d’ailleurs du même label, resteront eux, fidèle au Ska.. Avant de tenter des expériences diverses, et diversement appréciées du public. Ils pratiqueront d’ailleurs, dès le départ, un ska plus rugueux, plus “root”, moins “produit”, que celui de Madness.

Et fort désirable, donnant un aspect “vintage” à leur son. Notons au passage que le label 2 Tones est fondé par Jerry Dammers, par ailleurs clavier et fondateur des Specials. 

Le label est LE “repaire” de groupes Ska, 2 Tones étant plus largement que Ska l’appellation que prend ce “courrant” du rock anglais d’alors. 2 Tones évoquant le damier qui orne les chapeaux “pork pie”, mais aussi la rythmique Ska “temps/contretemps”, et aussi surtout la fraternité black men /white men prônée et appliquée par les “rude boys”, ces Skinheads pacifistes, un brin anarchistes et amateurs de reggae et de Ska. 

Oui, ça parait étrange aux frenchies qui assimilent les skinheads aux fachos: La sociologie des mouvements skinheads est plus complexe, comme me l’expliquera l’un de nos profs à Londres, qui en avait fait un sujet d’étude! 

Bon on revient aux Specials ou on digresse encore? The Specials, groupe de Coventry, fondé donc par Jerry Dammers. Le groupe est adoubé par Elvis Costello mais aussi par le Clash Joe Strummer, qui les fait jouer en 1ère partie, et leur assure notoriété! Mais une fois encore, le sacro saint John Peel assure le succès du groupe en diffusant Gangsters sur BBC1 en 1979… John Peel fera tant pour le succès des groupes Anglais!!!! Je parle ici de groupe, il faut sans doute plutôt considérer The Specials comme un “collectif”, avec 8 membres attitrés, mais pas mal de gens autour qui viennent, au gré le gré, contribuer: Chrissie Hynde, des enregistrements ou concerts communs avec d’autres groupes (Madness), ou des participations de plusieurs membres à d’autres groupes (Fun boy Three)...

 On est donc dans un concept un peu flou, à géométrie variable sur fond de générosité et de plaisir de jouer ensemble. Ce qu’on ressent particulièrement à l’écoute des Specials: pas de prise de tête, un esprit collectif (et beaucoup de monde sur scène!!!), des titres dont les textes sont souvent plus profonds que la musique semble l’indiquer (Too Much Too Young choque alors l’Angleterre puritaine.

Je dois, après avoir mentionné Jerry Dammers, citer également Terry Hall, voix si caractéristique et habile parolier du groupe, capable en bon british de dépeindre avec flegme et second degré, des situations plutôt glauques.. Le principe de base, bien sûr, est clairement revendiqué dans “Enjoy Yourself”. Gangsters, Message to you (Rudy) Rude Boys outta jail, Rat race…. 

J’avais le premier LP “Specials”, qui, c’était gentil, était vendu avec le 45 tour…. 

Stereotype était un titre dont je me souviens également (je viens de l’écouter, ça faisait longtemps et c’est toujours aussi bon!!! 

 Allez, un conseil, ré-écoutez ce super groupe, à l’efficacité redoutable pour vous mettre de bonne humeur.



samedi 10 décembre 2016

Madness Can't touch us now

MADNESS Can't touch us now 



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 Madness sort un nouvel album. Dommage pour timing, le LP des Rolling Stones a un peu occulté Madness, en tout cas pour moi. 
Entre les deux, mon coeur balance? Ce n’est sans doute le cas que pour une poignée de vieux nostalgiques. Madness, l’un des piliers de la vague Ska revival des années 80, a très vite (des le second album en fait ( Absolutely ) élargi le son et l’esprit de ses compositions. Sans renier la rythmique caractéristique que l’on retrouve encore aujourd’hui sur Can’t stop us now (les titres Mambo Jumbo, Given the Opportunity, par exemple). 



Mais, puisant dans les racines de la culture pop-rock anglaise, Madness dresse, musicalement et dans ses textes, un portrait cynique, tendre, parfois acerbe, toujours moqueur mais affectueux, de la société anglaise. L’esprit des Kinks n’est pas loin, l’héritage est flagrant. Ajoutez la pointe d’accent Cockney de Suggs, vous y êtes. 

Madness, c’est Londres, Camden Town, les années Finchley…. 

Dois-je avouer que je regrette, un peu, à chaque nouvel album de Madness, la pêche, le grain de folie, la légère rudesse, en tout cas le boost qui a maintenant disparu? Le groupe compose toujours des airs entraînants, fancy tunes, mais la nostalgie a pris le pas sur la folie, les tonalités mineures sur les rythmes fortement ponctués par un tempo énergique. Le nutty sound de Madness s’est adouci, acidulé. Je le regrette un peu, j’aimerai entendre un nouvea “Shut up”, un nouveau “Bed and Breakfast man”, un nouveau “Rockin’ in Ab”… 

L’album Dangermen avait un peu renoué, mais c’est déjà bien loin. Les fans auraient vieilli au point qu’il ne faille plus les brusquer, et leur éviter un tempo trop rapide? Herbert, un presque slow, à remplacé “Mummy’s Boy”. Signe des temps… c’est un peu dommage, “Believe me”…


vendredi 9 septembre 2016

Prince Buster, Roi du Ska, 8 Septembre 2016

Prince Buster 


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J’avais prévu cette semaine de faire honneur au synthétiseur mythique des années 80, le Yamaha DX7, à l’occasion de la sortie par Korg d’un clône dans une petite boite rigolote… Mais Prince Buster en a décidé autrement.


C’est un gros gros regret pour moi, de n’avoir pas évoqué Prince Buster autrement et davantage que dans une chronique, sur Madness (et non une chronique à part entière).


Impardonnable de ne faire cette page sur Prince Buster, Cecil Bustamente Campbell de son vrai nom, mais c’est moins joli, qu’au moment de la disparition de ce monument Jamaïcain, icone du Ska, du Rocksteady et du Reggae.

Les plus curieux d’entre vous vont aller sur Youtube, et je vous y encourage, écouter de quoi je parle. Les amateurs du revival Ska des 80’s retrouveront avec bonheur des airs entendus chez Madness et les Specials… Ceux-là ont en effet permis de redécouvrir cette musique venue de la rue, souvent jouées sur des sonos embarquées sur des camions appelés sound systems, que les smurfeurs, puis les rapeurs, hip-hopeurs emprunteront à leur tour.. Mais c’est pas le sujet.

Prince Buster, véritable initiateur du Ska, on est en 1960. Il l’apporte aux britanniques vers 1963. Bien avant le Reggae, le Ska trouve sa marque de fabrique dans une rythmique caractéristique (le Reggae sera, quelques 10 ans plus tard, un Ska ‘calme’, presque ‘mou’, mais adoptant une structure rythmique similaire. ), dans lequel la guitare (rythmique) joue à contretemps, ce qui nous faisait bien marrer, quand un disque 2 tones tomblait sur la platine de nos soirées lycéennes, où nous étions fort peu à “suivre”… Si on veut être ABSOLUMENT rigoureux, on ajoutera qu’il y a plus mou et plus lent que le Reggae: Le Rocksteady, apparu brièvement entre le Ska et le Reggae, fait effectivement passer le Reggae pour un truc vif!

En réalité, la différence des styles est, en tout cas pour en revenir à Prince Buster, par l’intention: Le Ska de Prince Buster est volontiers déconneur, un brin salace parfois (ce que Madness transcrira parfaitement), le Rocksteady est plus guimauve façon love song, quant au Reggae, il devient revendicatif, politique et souvent peace and love, époque oblige.

Si Prince Buster se laissera un temps aller vers le Rocksteady, il laissera le Reggae à d’autres… au péril de sa notoriété, et il faudra attendre les années 80 pour qu’on le redécouvre, grâce aux groupes du label 2 Tones.


2 tones, c’est le nom revendiqué de la mode revival Ska des années 80, qui intègre à la rythmique et l’esprit Ska originels le beat lourd et marqué de la New Wave…

Les Specials, les Selecters, réinterpréteront Prince Buster avec fougue et brio, mais c’est surtout Madness, d’abord par deux magnifiques reprises sur leur premier disque, ( One Step Beyond, of course, et Madness) mais aussi, et dès ce premier 33Tours, des créations originales bourrées de références et citations: In the Middle of the Night est bien dans l’esprit déconneur et coquin de Prince Buster, The Prince est carrément, vous le comprenez maintenant, une évocation du Maitre et.. Madness, le nom du groupe, la référence à l’un des titres de celui-ci!

Prince Buster sera, évidement, convié sur scène par Madness, et les Specials tireront d’Al Capone l’inspiration de leur Gangster, et reprendront aussi Enjoy Yourself.



Mais Prince Buster ne cherchera pas à tirer partie de ce second souffle pour relancer sa carrière, même si il remontera occasionnellement sur scène lors de festivals Ska (là encore, Youtube devrait vous permettre de vous faire une idée.)



vendredi 29 mai 2015

Le reggae , de la Jamaïque aux années 80 et bien sûr, Bob Marley

Bob Marley... Reggae


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On a un peu oublié Bob Marley de nos jours, non?


C’est plus trop à la mode, le reggae, hein ?

Bob Marley, qui partage avec Lennon et Marvin Gaye la particularité de s’être fait tirer dessus par un illuminé (son père pour ce qui concerne Marvin Gaye, excusez du peu), est celui grâce à qui le Reggae a dépassé les frontières de la Jamaïque.

C’est marrant, en gros pour la plupart d’entre nous le reggae c’est Bob Marley, un point c’est tout. Difficile au non initié de citer beaucoup d’autres groupes en effet, des titres marquants créés par d’autres groupes..

On se faisait du reggae l’image d’une musique un peu « baba cool », comme on disait. C’était « peace and love », un peu un prolongement de la vague hyppie. Absurdité chronologique puisque le reggae est antérieur au summer of love !

Mais bon, on s’en foutait, et on s’en fout encore un peu.
En ces lointaines années de mes vingt ans, une chose est certaine, le reggae n’était pas la musique que j’appréciais le plus. Apprécier est le verbe qui convient, en ce sens que, sans le rejeter, je n’en goutais probablement pas toutes les subtilités et reléguais ce genre musical au second plan de mes prédilections musicales.

La « faute » sans doute au tempo plus lent du reggae des années 75-80, si on le compare à celui des origines… Il se dégageait des titres de Bob Marley une nonchalance, un flegme presque planant qui correspondait peu au besoin de bouger de ces jeunes années.

Mais il y avait dans le reggae qui venait jusqu’à nous, celui de Bob Marley, quelque chose d’étonnant et envoutant, que captera d’ailleurs pas mal le groupe anglais UB 40, jusque dans sa reprise éclatante du plutôt chiant « Red red wine » de Neil Diamond…

Ce quelque chose, qui en fait une musique appréciée des batteurs et bassistes, il faut bien sûr aller le chercher du côté de l’accent des fameux temps dits « faibles »... On verra que ce rythme caractéristique, ainsi que l’ "afterbeat", cet appuis syncopé sur le contretemps, se retrouveront dans un style que j’apprécierai au-delà de tout… mais n’allons pas trop vite !

Il y avait chez Bob Marley, à côté des (trop entendus) Buffalo Soldier, No woman no cry (au sens mal compris par la plupart, affublé à tort, comme le Paint it Black des Stones, d’une virgule mal placée), quelques pépites : Stir it Up, Kaya, Easy Skanking, So much trouble in the world (que Madness reprendra, tiens… il y aurait un lien.. héhé).

Je saurai, bien plus tard, que si danser le ska est plus marrant que de danser le reggae, jouer le reggae à la guitare (Coming in from the cold, n’est ce pas), accompagnant ce fameux skank (avec une Wha de préférence !).

Mais ces deux dernière phrases amènent la conclusion, qui explique le relativement faible intérêt que je portais au reggae : Je lui préférais nettement son « ancêtre », ses « ancêtres », plus nerveux et dynamiques : je parle évidement du Rocksteady et du Ska… A tout seigneur tout honneur, puisque Bob Marley sera avec Prince Buster évidement, l’un des maitres du Ska, eh oui messieurs dames, écoutez Simmer Down, Judge not et même One cup of Cofee, pour vous en convaincre…



samedi 25 avril 2015

The Clash « Give ‘em enough rope »

The Clash



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Je suis sans doute passé à côté des Clash, dans ces années là.




Pas complètement, faut pas exagérer. J’avais le LP « Give ‘em Enough Rope ». 

Cet album, offert par ma sœur dans une nouvelle tentative pour élargir mon esprit musical, a tourné pas mal sur ma platine, autour de 1980.

Mais je n’ai pas cherché à aller plus loin à l’époque, va savoir pourquoi ?

Oui, va savoir, et reviens me le dire !

En attendant la réponse, je ré-écoute ce LP, qui n’a pas le panache des suivants (Double London Calling, vendu au prix d’un simple (pour que les fans puissent se le payer), et à la pochette revendiquant clairement l'héritage d'Elvis Presley.... Sandinista, TRIPLE album de 36 titres !), mais recèle quelques pépites : « Safe European Home », « English Civil War », et bien sûr « Tommy’s Gun »..

Mais l’écoute de ce disque accroît le mystère : comment ai-je pu passer à côté à l’époque ? Il y a chez les Clash tant de bonnes et belles choses ! Pourquoi est-ce que je me suis arrêté à cet album ? Je n’ai pas de souvenir de la sortie de « London Calling » : Pourtant déjà Londres m’appelait…. Pourtant, ou peut-être est-ce là la raison, tant The Clash faisaient d’Albion une peinture que je ne voulais pas voir…

« On » associe trop souvent The Clash au mouvement Punk. Oh, bien sûr, « y en a », du Punk, chez les Clash. Mais c’est un peu réducteur je trouve…

Musicallement d’abord : Si Give ‘em Enough Rope n’est pas « encore » pour The Clash l’occasion d’aller très au-delà du « riff punk », on voit déjà (dans la batterie de Topper Headon sur Tommy’s gun par exemple) des influences et des sources bien plus vastes et ouvertes.


De même, « Julie’s been working… » ne cache pas une influence Rockabilly


Plus encore « Stay Free » dénote par la douceur qui s’en dégagerait presque, et le traitement presque mélodieux de la ligne de chant (accompagnement guitare acoustique et orgue !!!). The Clash montrera davantage encore dans les albums suivants sa capacité à intégrer les influences Reggae, Ska, Rock : London Calling sera l’occasion pour The Clash de s’affranchir du carcan du Punk pour devenir un groupe de légende.


Dans les textes et dans le propos ensuite : The Clash poussent dans les textes la critique de la société au-delà du traditionnel « No Future » : Chaque texte, même s’il est revendicateur et agressif, apporte deux dimensions rarement présentes ailleurs : une description d’un fait, et la proposition de remèdes. The Clash véhicule et pratique une conscience politique (au sens d’engagement) inexistante dans les autres groupes.

Give ‘em Enough Rope est LE tournant dans la discographie des Clash : après un premier album très rugueux et brutal, il annonce, et prépare, ce que sera le son du groupe, magistral, dans les albums à venir.





samedi 18 octobre 2014

In the Middle Of the night.. Madness, album One Step Beyond

Madness In the Middle of the night






But when darkness hits the town, And there's washing on your line, Get your knickers down, Before the dreaded sign.



En vinyl, avec les craquements qui vont bien!!!

Osera-t-il « rester sur » One Step Beyond, pour un second article coup sur coup, une semaine après avoir fêté les 35 ans de cet album mythique, fondateur et complètement oublié, tout comme le groupe qui l’a fait naitre ?



Eh bien oui, et je parle aujourd’hui, comme l’envie m’en a pris en écrivant le billet précédent, plus spécifiquement de l’un des morceau de cet album qui ‘fit’ littéralement mon année 1980 et sans doute bien plus encore. J’ai déjà dit les Who, AC/DC, dont on parle beaucoup (trop) ces jours-ci, après en avoir trop eu parlé.., Kraftwerk et autres Mike Oldfield qui peuplaient alors ma discothèque.

Madness les délogea de ma platine pour une paire d’année (ah, bah, c’est un peu exagéré, d’autres « choses » y passaient…), et il faut donc ici appuyer cet hommage.

Car il est injuste d’oublier Madness, et il est injuste de cantonner le groupe à une mode, à un style. Madness est à coup sûr Ska revival, rendant justice à ce rythme Jamaïcain des années 60, mais, au fil du temps devenu beaucoup plus (même si en soit, c’est déjà beaucoup), sans renier ce mouvement, mais en l’élargissant.

J’oserai, mais serai bien seul, une comparaison (que j’ai déjà faite) avec les Kinks, et une autre, plus hardie, avec les Beatles, ouiiiiiiiiiiiiiiiii les Beatles dont Madness reprend l’insouciance, l’aisance à composer, et aussi la manière de raconter une petite histoire dans un titre de 3 minutes…

AUJOURD’HUI DONC, évoquons In the Middle of the Night…. Et réhabilitons Madness..

Voilà l’illustration du talent de Madness à écrire une comédie musicale de 3 minutes !!!! L’histoire de Georges, le marchand de journaux du coin de la rue, mec sympa, doux et insoupçonnable, qui, « when the clock strikes eight » rentre dans ton jardin pour piquer les soutifs et petites culottes de Madame.

Evidemment, c’est Madness, alors, c’est de la dérision, de la rigolade. Mais aussi comme une référence aux anciens, à Syd Barrett, au Pink Floyd, à leur tube Arnold Lane de 1966..

Ça commence d’ailleurs « piano », à la voix avec une guitare grattée légèrement après qu’on ait entendu le fameux Georges à la criée…. Puis le piano martèle une gamme descendante qui va nous plonger dans le sordide… pour rigoler.

Plus ça va, et plus l’appui mélodique est soutenu, le piano insistant….

Le saxo, cher à Madness, prend de l’ampleur, la musique monte pour souligner l’intensité « dramatique » de cette tragi-comédie.

Puis tout s’allège à nouveau quand on comprend que Georges, informé… par les journaux qu’il est démasqué, s’est fait la malle.. Ce sont les badaux qui parlent « Isn’t it Georges on page one… ». L’histoire est vivante, on s’y croirait, à Camden Town, à East Finchley, devant ce pub où nous allions et aurions pu croiser Suggs, Mike Barson, Chas Smash et les autres puisque c’était « leur » pub…

Au-delà de l’histoire, du rythme bien ska tout comme il faut, cet accent cockney, si caractéristique, si appuyé et que je finis par « prendre » à force de Madness…

Ce titre est à ranger parmi les morceaux « calmes » de Madness, pas de ceux sur lesquels on pouvait, en cercle ou en ligne, enchainer pogos et gesticulations Ska dans lesquelles nous excellions quand tous privilégiaient un Rock que nous jugions ringard…

Je le recommande néanmoins, mais vous avez compris que j’aurai du mal à ne pas recommander TOUT cet album…

samedi 11 octobre 2014

Madness One step beyond

One step beyond  Madness 1979




Hey You, don't watch that, watch this,
this is the heavy heavy monster sound
the nuttiest on the world
So you come along the street
and you're beggining to feel the heat
Well listen Buster, you better start to move your feet
to the Rockanist
rock seady beat of Madness

ONE STEP BEYOND...


Dire que ce 33 tours a compté pour Mon Histoire du Rock est peu dire.

Novembre 1979. Grosse année, 1979 :

AC/DC sort son avant dernier album (Highway to Hell), le suivant, largement encore dû à Bon Scott, ne sera déjà plus pareil.

Pink Floyd sort un remake de Tommy en mode paranoïa-déprime,

Dire Strait sort Sultans of Swings

Mais surtout, Madness, « groupe » de ska-revival, sort One Step Beyond. Cet album, qui fête ses 35 ans (houaou) reste pour moi THE album des 80’s.

J’écris groupe entre parenthèses, parce que c’est pas le genre « guitare basse batterie »… il sont 7. Ça fait du monde…

Les années 80 étant marquées par la mode du synthé, et la presque disparition de la guitare à son profit, Madness contourne le sujet, et la guitare, sans disparaitre totalement ( Chris Foreman) s’éclipse au profit d’un duo piano/saxo, ma foi fort efficace…

Madness, avec d’autres groupes anglais du fameux label ‘two tones’, se démarque donc de la new wave naissante pour faire revivre un style jamaïcain né dans les années 60, le SKA.

Le Ska, c’est un genre de reggae, si on veut. La grosse différence c’est que le Reggae ça endort, le ska, ça réveille plutôt. De la vague Ska, Madness est dès l’origine le groupe le plus pop, le moins « root », tendance qui s’affirmera avec les albums suivants.

The Selecters, The Specials, The Beat, "font" plus "purs", plus "sérieux", plus rasta, aussi. One Step Beyond est cela dit avant tout un album SKA, allez-y sans crainte, et Madness est authentiquement Ska.

Le Ska a son "Bob Marley", c'est "Prince" Buster (le "Hey, listen Buster" de l'intro de One Step Beyond).

One Step Beyond est d'ailleurs une reprise d'un titre de Prince Buster. L'intro en question est aussi reprise d'un titre du même, mais, chose rigolote, d'un autre titre.

L'album fourmille de références à Prince Buster, et, lorsque Madness, en 2004, voudra, se reformer, c'est à ces mêmes sources jamaïcaine que le groupe ira se ressourcer, prenant, un temps, un autre nom (The Dangermen, je recommande l'album) avant d'être certain de replonger pour notre grand bonheur.

Madness donne donc très vite le ton en rendant dès le titre éponyme… Cet instrumental est l’un des deux morceaux de Madness que tout le monde connait (avec Our House, que je n’aime pas beaucoup, trop entendu, au point que les Cranberries…. Mais c’est une autre histoire).




Au point sans doute d’occulter de très nombreux autres titres, et c’est bien triste.

Et triste, c’est exactement ce que la discographie de Madness n’est pas. Nostalgique parfois, mélancolique ici ou là, à mesure que les années et les albums passent.

Mais tâchons de rester concentré sur ce premier album, acheté dès sa sortie et qui ne quittera ma platine que pour être transféré sur une K7, puis remplacé, lorsque le microsillon sera usé, par un cd… Il partage avec Machine Head de Deep Purple et Powerage de AC/DC le privilège d’avoir squatté ma platine disque au point de devenir presque inaudible.

Un de ces albums dans lequel tout est bon, rien n’est à jeter. On pourrait faire une chronique sur chaque titre du 33 tour… ce que je ferai peut-être, après tout !!!

On l’écoutait, j’étais en seconde, au club musique du « bahut », lequel club était « tenu » par deux potes, de terminale, un peu Mods sur les bords. L’un d’eux me fait l’honneur de lire parfois ces pages, et se reconnaitra dans ce vibrant hommage !

Ce disque a aussi beaucoup voyagé de soirée en soirée, et d’un emprunt à l’autre, j’ai bien failli le perdre plusieurs fois.

Comme leurs ainées les Kinks, Madness construira généralement ses morceaux comme des portraits de personnages atypiques, ou de lieux (souvent quartiers de Londres) caractéristiques de la culture populaire britannique. Les Kinks, en leur temps, époque oblige, présentent une vision critique de la société, espérant sans doute participer à son changement. Tout cela n’a plus cours dans les 80’s, on ne changera pas la société par des « protest songs » : on se moque, on déconne, on tourne en dérision.

Et ça donne sur ce magnifique premier album, de petits joyaux comme ‘Bed and Breakfast Man’, ‘In the Middle of The Night’, ‘My Girl’ (qui sera repris en ‘My Boy’s mad at me’ par Tracey Ullman), ‘Tarzan’s Nuts’ (j’en reparlerai) et bien d’autres, que je m’empresserai de connaitre par cœur, au grand bénéfice de mon accent anglais, teinté de sonorités et d’expressions ‘cockney’… L’histoire officielle du rock a tendance à ne retenir que « One Step Beyond » sur cet album : écoutez les autres titres, écoutez ceux cités plus haut : vous m’en direz des nouvelles

jeudi 24 juillet 2014

Madness, The Rise And Fall 1982

Madness….


The Rise and Fall


Connu surtout par ici pour avoir commercialement lancé le « SKA », façon 80’s, ce Reggae rapide et rythmé (avec d’autres, les Specials, les Selecters...

Les 80’s, époque où nait la New Wave, mais aussi une espèce de nostalgie d’« avant » (j’en sait quelque chose…), que les Who cultiveront avec Quadrophenia, mais qui fera naitre aussi les Stray Cats dans la nostalgie rockabilly, et dans laquelle tous (Billy Joel, reprenant Elvis, etc, etc..) tomberont.

Madness, déniché par le Specials Jerry Dammers, voudra remettre à l’honneur cette interprétation jamaïcaine du boogie woogie, et fêter à l’envie Prince Buster, le Héros du genre.

« Well, Listen Buster, you’d better start to move your feet… » scande le chanteur Chas Smash en introduction de One Step Beyond, reprise-hommage au « créateur » du genre.


Voilà pour l’intro, le contexte.

En 1982 sort le quatrième album de Madness. Celui-ci se démarque franchement des 3 premiers, très typés ska même si la tendance s’émoussait au gré des albums.

The Rise And Fall est, comme le sera bien plus tard The Liberty Of Norton Folgate une espèce de Concept Album, sonnant bien plus pop que le très radical premier album.

C’est la première fois que Madness s’aventure en dehors des sentiers du Ska, du Rocksteady, des racines musicales 50’s et jamaïcaines. Mais la continuité vient du fait que Madness reste un groupe qui, au gré des titres, raconte une histoire, parfois burlesque, souvent nostalgique, toujours humaniste malgré l’image (facho) débile dont ils ont été à tort affublés, alors que c’est tout le contraire.


The Rise And Fall, égratignant l’ère Tatcher ("Blue Skinned Beast", étonnamment assez brouillon), est, plus encore que les clownesques évocations des personnages de One Step Beyond (In the Middle of The Night, Bed And Breakfast Man), une peinture de la société britannique, acidulée, bouffonne mais toujours tendre et gentiment moqueuse.

Madness est rarement dans le « I love you », « You are my …‘whatever’ » ou le « she’s pretty »…

Our House reste le titre qui vient à l’esprit de tous quand on évoque cet album, et parfois plus, quand on évoque ce groupe, au point d’éclipser non seulement le reste de l’album pourtant souvent bien supérieur (Madness is all in me mind, Pimrose Hill, Rise And Fall, ce dernier d'une nostalgie magnifique..etc..), mais au point même que pour certains, Madness est une sorte de One Hit Wonder qui n’aurait produit que Our House.

Ce même Our House, dont on entend le riff sur « Just My Imagination » des Cranberries... on va dire que les Cranberries aiment bien Madness et que c'est un hommage ! Hommage ici, donc

Pour ce qui me concerne, ce titre est de loin l’un de ceux que j’aime le moins, sans doute pour l’avoir, à cette époque, trop entendu !

L’album célèbre Primrose Hill mais c’est Parliament Hill, dans Hampstead Heath, qui illustre la couverture de l’album. Ce disque est donc lié dans a mémoire au souvenir que j’ai de cet endroit étonnant que nous avons découvert à l’époque.

Nous logions pas très loin, Hampstead Heath était à 2 stations de Tube de là. L’été venant il nous est arrivé souvent d’aller, après une journée dans Londres, une virée aux puces de Camden Town, d’aller finir la soirée dans le parc.

Je me souviens parfaitement d’avoir « posé un cul » sur ce banc que l’on voir sur la pochette de l’album. La vue y est magnifique sur Londres et je me souviens d’avoir été frappé, au milieu du silence de la nuit, par le ronronnement et le halo de lumière qui montait de la ville.


Malgré cet album moins typé, qui montre la capacité de Madness à sortir d’un carcan trop étroit pour devenir un grand groupe de la scène musicale rock, le succès restera très britannique et Madness continue aujourd’hui encore à acquérir le statut de vrai grand groupe rock qu’il mérite pourtant. Il faut ré-écouter The Rise And Fall et oublier Our House. Pour cela je propose « Madness is All In Me Mind ».

samedi 1 mars 2014

Safety dance Men Without Hats, 1982

Safety Dance





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Alors voilà, 1982, on arrive à Londres. Banlieue nord ouest précisément.


The Safety Dance, Men without hats..
Wood Green, dans une résidence universitaire qu’on se dépêchera de quitter pour, bien avant l’auberge espagnole, colloquer une maison typique de banlieue avec son bow window, ses pièces minuscules ses fenêtres sans volets et sa porte d’entrée intégralement vitrée.

A Hendon, NW5. Non loin de Finchley, 'fief' de Madness. Dans le Middlesex

Middlesex, ça nous faisait marrer, surtout l’endroit où on allait en cours, un « Polytechnics », en gros l'équivallent de nos universités.

Le « Student Union » vendait des fournitures estampillées du nom de l’école, on avait des classeurs "Middlesex Polytechnics" desquels on cachait el Middle et le Poly, très drôle.

On arrive donc à Wood Green, et le premier soir, il y avait une soirée organisée dans la résidence, ou pas très loin.. Nous eûmes donc très vite notre baptême de soirées à l’anglaise, de Po-Gos ravageurs et découvrîmes cette façon si particulière de danser qu’qu’avaient les nanas anglaises, en ligne, leur sac à main posée par terre devant elles.

Safety Dance, donc…. Gros succès du quasi One Hit Wonder groupe canadien « Men Without Hats ». La version longue, version club, version 12 inch, comme on voudra, est la plus sympa, comme souvent à l’époque. (Tainted Love....).

Je vous raconte pas le clip, comme diraient les Inconnus. Décalé et campagnard, et n’ayant rien à voir avec la musique, les paroles, ou le genre du moment (plutôt glacial et high tech).

La version longue nous gratifie donc d’une intro scandant le titre lettre par lettre, puis d’un premier couplet parlé, avant le lancement du morceau proprement dit.

Au risque de surprendre ceux qui connaissent mon goût pour le rock et le blues de bonne facture, me croient enfermé dans le carcan du BritRock des 60’s qui m’a profondément marqué, et arrêté sur Madness dès qu’il s’agit des années 80 (ça c’est de la phrase longue, et elle n’est pas finie !!), j’affirme que ce titre est énorme qu’il fait partie de ma « top of the pops list » et que je l’ai beaucoup, beaucoup, passé sur MES K7….

Bah oui, c’est easy listening, bah oui, c’est gros rythme et pas grand-chose derrière… Eh bien oui.

Mais bon.... Mais non!!!

Que les amateurs de morceaux à thème, de sens "caché" et de message dans le propos et les paroles se ravisent!!!

En fait ce morceau est une grosse blague, un "message" du chanteur/compositeur, et ça me faisait bien marrer à l’époque, moi qui alternait Po-Gos et danses ska à l’exclusion de toute autres (ah, quelques jerks modernisés pour l’occasion sur « Allways The Sun »…) :

Safety Dance, c’est une diatribe adressée aux videurs des boites de nuits qui, trouvant le Po-Go dangeureux, sortaient les PoGoistes par crainte qu’ils ne blessent les autres danseurs. « You can act really rude and totally removed and I can act like an imbecile »…

Cette petite rengaine gentillette est une farce du chanteur, qui dit aux videurs, au début des années New Wave qui chassent le Disco (et c’est pour ça qu’on a aimé la New Wave !!!) : « On peut danser comme on veut, et laisser vos amis derrière (vos amis, les danseurs disco), etc etc ».

Merci Mon Histoire du Rock pour cette jolie annecdote!



samedi 21 décembre 2013

The Clash, une raison de plus d'aller vivre à Londres dans les années 80

The Clash




A l'époque on disait que le Punk tuerait le Rock...

La vague Punk, qui naît au milieu des années 70, est souvent considéré à tort comme étant née en Grande Bretagne, vers 1976. C'est sans doute plutôt un retour, initié par des groupes américains un peu plus tôt, vers un rock simple, brut, qui s’oppose aux virtuosités du Heavy Metal et aux lancinances du Prog-rock.

The Clash est souvent cité comme l’un des, comme LE, groupe punk par excellence. Le groupe naît donc en 1976, et adoptera une démarche effectivement assez radicale et politisée, assez en phase avec le discours punk, mais avec plus de sincérité et moins de (voire pas du tout) d’ambitions marketing que quelques autres…

Leurs chansons prennent des distances certaines avec le fameux No Future, le Destroy, ces cris « emblématiques » de la scène rock de la fin des 70s. Il y a souvent (toujours???) un message, adressé à leurs fans, une contestation du système, des médias, mais les incitant à avoir une conscience politique, une réflexion sur la société ("Guns Of Brixton", "Bank Robber"….). Mais ce n'est jamais "chiant", jamais docte, jamais endoctrinant, et la musique est toujours soignée, jamais reléguée au second plan, jamais "recopiée".

Ils iront, par exemple, jusqu’à graver un double 33 tours, vendu au prix d’un simple (mais oui, le fameux London Calling), et sont connus à l’époque pour maintenir une vraie proximité avec leurs fans, un peu comme les Who dans les années 60.

Mais c’est musicalement que The Clash se démarque de la scène punk, pour notre grand plaisir. Là où les Dead Kennedys, les Sex Pistols, les Ramones, collent à la culture punk par un nihilisme mélodique et musical revendiqué, The Clash se nourrit aux sources des multiples courants du Rock, piochant dans le Rockabilly, le Reggae, le Ska, parfois même, on sent une influence jazzy, une bribe hispanisante, et, sur « Magnificent Seven », on tend presque à de la dance music, on n’est pas très loin de Queen, et somme toute loin du Garage (rock) ou certains critiques voulaient les enfermer dans un jeu de mot bidon.

Il en résulte un son qui, presque 40 ans plus tard (oh la vache !!) est toujours terriblement audible, ce qui, pardon pour ceux qui aiment, n’est pas le cas de beaucoup de groupes de cette mouvance, et on en retient une vraie inventivité, un son qui a su efficacement faire la synthèse des courants dont ils se sont inspirés.

J’ai découvert The Clash en 1978, avec l’achat du 33 tour « Give ‘em Enough Rope ». On sent (sur « Safe European Home » l’influence maitrisée de la rythmique « Jungle Beat » chère à Bo Diddley, la maitrise du solo de Chuck Berry (« English Civil War »), un clin d’oeil façon Rockabilly aux Beatles de Lucy in the Sky … (« Julie’s been Working in the Drug Squad »).

Comme The Kinks dix ans plus tôt, The Clash fera de sa musique un support pour une peinture quasi journalistique (engagée) de la société dans laquelle ils vivent. Non pas uniquement pour la détruire, mais pour une prise de conscience, « pour que ça change »).

Influences digérées donc transcendées même, car on sent à chaque morceau, une capacité brillante, après avoir maitrisé le modèle, à se l’approprier et à créer un nouveau style propre aux Clash, et novateur.

Ainsi de quelques morceaux « dans l’air du temps » (Guns On The Roof », « Drug Stabbing Time », « Cheapskates »), et quelques pépites (« Stay Free », qui rappelle, donc, The Kinks, The Jams, bref, qui sent bon l’Angleterre !!). Je n’aurai plus qu’une idée en tête, après ça : « Let’s go to London ! »

Cet album, qui n’est pas aujourd’hui le plus souvent entendu, reste un ensemble homogène et de grande qualité, c’est bien dommage, ça nous changerait de «Magnifiscent Seven » ou « should I stay… », certes très bons, mais sans doute « trop enten
dus ».

mercredi 27 mars 2013

Ian Dury, 27 mars 2000, du rock'n roll en pleine New Wave

Le 27 mars 2000 disparaissait Ian Dury.


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En dehors d’une apparition furtive sur un clip de Madness, (rare groupe emblématique des 80s à avoir su passer le cap et persister jusqu’à aujourd’hui sans trahir l’esprit de ses débuts), Ian Dury était retombé dans l’oubli peu de temps après un succès dont le titre servit de bannière à une époque : « Sex and Drugs and Rock’n roll ».

Interdit d’antenne à la BBC à l'époque, le titre restera néanmoins célèbre, tout comme l’allure si particulière du chanteur, due à une attaque de poliomyélite mal soignée. 


A la faveur du succès de Sex and drugs and Rock’n Roll, enregistré en 1977 et ressorti en 1981, la maison de disque de Ian Dury ressortira un titre plus ancien, « Hit Me With Your Rythm Stick », qui ne réussira pas à sortir Ian Dury du statut de « One Hit Wonder ».

Sex and Drugs and Rock’n Roll est un titre composite, pas tout à fait ska, pas tout à fait reggae, pas tout a fait new wave, et finalement pas du tout punk, bien que devenu en quelque sorte l’étendard de la culture punk-rock (ouh, ces deux mots collés ensembles, alors que le punk, comme le disco, a bien failli avoir « la peau » du rock). Il y a même un groove un peu funky, des syncopes quasi jazz, et puis cet accent londonien caractéristique, effectivement, Madness n'est pas loin ce ce "mélange", cette fusion des styles dans une dérision et un humour british caractéristique! (Que l'on retrouve dans "Wake Up and Make Love To Me", que je vous recommande!!!)

Si je parle de Madness au début de ce billet, c’est que le groupe site invariablement Ian Dury comme l’un des inspirateurs du groupe.

Ian Dury se définissant lui-même comme grand fan de Gene Vincent (preuve d’un non-punkisme de Dury, puisque les punks ne revendiquaient aucune affinité avec le rock et le passé), la boucle est bouclée…



I

 




mardi 19 mars 2013

Nouvel Album de Madness! Youpi.(14/11/2012)

Nouvel Album de Madness


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Après avoir sauvé l'honneur britanique bafoué à Rock en Seine par les f...... frères Gallagher détruisant Oasis à coup de guitare Gretsch dans la G....., annulant leur prestation au mépris de leurs fans.
Après avoir grimpé sur le toit de Buckingham Palace pour un concert de Jubilé jubilatoire (où Sir Macca faisait son age).
Après avoir relevé le gant et bien porté les couleurs du "rock" anglais aux JO (là où Muse....).
Après que les Rolling Stones qui bougent encore (un peu) nous aient balancé un album avec seulement 2 titres inédits, pâles copies d'AC DC sous antidépresseurs...

Madness sort un album de Madness, ceux qui n'aiment pas Madness n'aimeront pas Madness....

Alors, oui, "Never new your name", nostalgique au possible, bien comme Madness sait le faire (NW5, Tomorrow's just another day"...) ressemble à Embarassment, façon slow. Il y a toujours, au milieu du style bien particulier de Madness, les inspirations "exotiques", qui nous rappellent que l'Empire Britanique, c'est aussi les Indes, et pas seulement la jamaïque, plus rockenrollement musicale et inspiratrice de Madness en particulier.

Ceux qui n'aiment que le Madness qui bouge seront un peu déçu (moi-même, j'aurais aimé un ou deux titres à la "Tarzan's Nuts" ou "Night Boat to Cairo".... My Girl 2 ne relève pas My Girl.... C'est moins rigolo que du temps de "In the middle of the night"... ça "bouge moins", aussi.

Mais bon, nous aussi, nous bougeons moins, et je ne suis pas certain de mimer encore Suggs et Chas Smash comme je le faisais en 1979 dans les couloirs du Lycée!

Madness