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dimanche 1 mai 2016

Histoire de Melody Nelson Serge Gainsbourg

Histoire de Melody Nelson

Serge Gainsbourg


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Premier concept album français, 


On cantonne trop Serge Gainsbourg - mais il y est pour quelque chose - aux frasques et débordements du personnage, Gainsbarre, qu'il avait fini par créer dans les années 80. 


Ceux qui ont lu Evgueny Sokolov savent à quel point l'homme était déchiré entre un ego surdimensionné et le sentiment d'être un raté, qui par manque de talent était passé à côté de la reconnaissance dans l'un des arts dits par lui majeurs, et en particulier la peinture.

J'avais lu ce bouquin dans les années 80 période Camden Town (dans quelque pub anglais du nord de Londres). Prêté par une copine (coucou Madame la Vigneronne), ce bouquin m'avait sidéré et marqué, il éclairait le parcours de l'homme à tête de choux.

Mon histoire du rock va donc tenter de remettre un peu d'ordre dans tout ça. 
J’ai déjà parlé de Gainsbourg, on n’a pas tant de personnages dans le rock français. 

Je vais insister ici sur l’abum-concept où Gainsbourg innove, par le format, le phrasé qu’il conservera ensuite, l’inspiration Jazz qu'il intègre à la forme pop rock (il a côtoyé Boris Vian avec qui il a compris que le format chanson pouvait véhiculer sa poésie. 

Non, Serge Gainsbourg n'est pas qu'un monstre de provocation ayant élevé l'auto-destruction médiatisée au rang de sacerdoce. Non, Serge Gainsbourg n'est pas un alcoolique mondain, petomane vulgaire. Enfin, pas seulement. 
Et probablement ces deux artefacts ont-ils été créés par Lucien Ginsburg, de son vrai nom, comme des personnages chargés de le représenter au monde, un peu comme le fera David Bowie… en plus trash.

Serge Gainsbourg n'est pas non plus le plagieur plus ou moins génial (suivant qui en parle), capable de malaxer quelques grandes œuvres classiques (Chopin, Dvorak entre autres) pour les besoins de son œuvre (BB Initials, Lemon incest ….). Du moins ne l'est-il pas par facilité mais par respect et en hommage à ceux auxquels il emprunte ces thèmes. A la manière des compositeurs classiques qui se faisaient un devoir, pour montrer à quel point ils vénéraient l'œuvre de leurs maitres, d'en inclure et adapter des phrases dans leur propre création.

Il y a malgré tout un peu de tout cela, commence à être enfin considéré à sa juste valeur, comme étant le premier, et sans doute le seul, album concept français de l'histoire de la musique populaire.

En dehors du "tube" Ballade de Melody Nelson",  le reste de l'album, inspiré par sa muse british Jane Bikin, est plutôt inconnu. Il s'écoute pourtant d'un trait, sans interruption entre les morceaux (concept album oblige!!). Le format "chansons" est bien présent: la durée des titres est raisonnable, les plus longs (l'intro et la clôture) dépassent raisonnablement les 7 minutes. On n'est pas dans les titres fleuves de la grande époque prog rock avec des titres de 25 minutes! Gainsbourg montre ici son talent rythmique, sa capacité à syncoper les textes en osmose avec le tempo. Il dévoile ses origines jazzy, son gout des percussions (qu’il a déjà montré en 1964, consacrant un Album éponyme au sujet).

Gainsbourg rôde le style parlé qui fera date, en calquant son phrasé sur la rythmique, syncopant d'une façon qui lui est propre les vers, de façon volontairement déséquilibrée: après le premier groupe de mots, ou avant le dernier. Il poussera plus loin encore l'exercice, permettant à la fois d'accentuer le propos, mais surtout ici d'accompagner la rythmique et de créer une attente chez l'auditeur. Nul doute que Gainsbourg puise ici sa maîtrise du rejet auprès des poètes qu'il vénère, au rang desquels Rimbaud, Baudelaire, Verlaine. Mais on s'écarte de Melody Nelson…

En musique comme en poésie, Gainsbourg aura fait sien le principe omniprésent chez les musiciens classiques, consistant à rendre hommage aux illustres anciens en "citant" leurs œuvres dans ses propres créations



samedi 8 novembre 2014

Cats on Trees

Cats on Trees

Concert au Trianon,

le 6 novembre 2014, Paris



Mon Histoire du Rock n'est pas, on l'a déjà constaté, le blog sectaire d'un rockeur borné, ne jurant que par un courant, un style, un groupe.

Pour plagier Robert Lamoureux qui disait de Coluche : « Il n'est pas vulgaire puisqu'il me fait rire », je dirai volontiers « c'est du Rock'n Roll puisque ça me plait ».

Il y a donc déjà eu ici des articles sur des sujets à la limite du Rock (Elton John, quoique celui-ci fût Rock dans les 70's, Coluche récement, Lilly Wood And The Prick, Ray Charles, Mike Oldfield…).

Cats on Trees, entre décidément dans ce schéma : Le style est de toute évidence plus pop que franchement rock'n roll, plu sprès de la ballade que du déchainement et du cri primal d'un Little Richards

A priori… mais regardons tout ça de plus près !,

On arrive au Trianon pour constater une disposition étonnante sur la scène :


Étonnante pour un groupe pop/song duquel on attend une relative douceur « calme », étonnante tout court dans l’académisme (il y en aurait un?) de l'agencement d'une scène Rock'n Roll.


En 1965, les Who révolutionnent la scène Rock en montrant leurs amplis, aujourd'hui, doit-on saluer Cats on Trees pour placer le batteur et son set AU PREMIER PLAN ??? héhé….

Et, alors qu'on aurait de prime abord tendance à décrire ce duo frenchie (saluons la maitrise de la langue de John Lennon par Nina Goern, on va y revenir) pour ses mélodies, cet ordonnancement tonne, jusqu'à ce que le groupe entre en scène.

On va avoir, pendant toute la durée du concert, les yeux rivés sur Yohan Hennequin, qu'on découvre habité par les rythmes qu'il envoie avec une apparente décontraction mêlée de puissance.

Les mélodies pop sont littéralement transformées par la richesse du jeu du batteur, puissant sans jamais écraser la voix ou le piano de sa camarade.

Il place (enfin) la batterie au rang d'instrument dans la formation rock, devient « lead batteur », existe.

Evidemment, certains me diront qu'avant lui de bien plus énormes batteurs, les Keith Moon (The Who), John Bonham ( Led Zeppelin), Charlie Watts (The Rolling Stones) ont marqué le Rock'n Roll, leur temps, l'histoire de la batterie…

Que les puristes restent quiets, ne courent pas à l'écurie chercher leurs grands chevaux pour monter dessus, il n'est pas question de comparer, rivaliser, introniser.


Juste de remarquer ce talent, vrai, et cet audace de mise au premier plan, réussie.


Cela dit ce garçon est bel et bien un grand batteur, et aucun de ceux que j'ai cité n'a eu, de la part des membres de leur groupe, droit à une telle mise en avant, de leur vivant…


… Qui plus est, il évolue sans pour autant reléguer le reste du groupe aux arrières plans.


Le dit reste du groupe étant donc constitué de la chanteuse/pianiste Nina Goern.


J'avoue l'avoir, au premier chef, cantonnée (un peu vite) à un registre là encore, folksong, pop, bluette (Tikiboy, Who you are, Too much à l'influence Sergent Peper…). Avec une voix plaisante, juste, mais qui me semblait ne pas aller au bout de ses possibilités – quoique la très belle reprise de Mad World tempère un peu ce jugement sévère !!!.


Puis le groupe se lance, et, déjà, sur le très entraînant 'ouh ouh' que la salle reprend vivement, on sent la voix de la chanteuse prête et capable d'aller vers un son plus chaud, plus profond, plus Soul…


l'honnêteté me pousse à avouer que je n'ai pas retenu le titre du dernier morceau avant les rappels, mais sur ce morceau la chanteuse plaçait sa voix dans cet esprit Soul, et vraiment c'était cool.

reprise de « Love you like a love song » me donne raison sur ce point, Cats on Trees est, ce qui est déjà pas mal, une bonne formation pop. On se prend donc à rêver que le duo aille vers les univers où les voix sont plus chaudes, plus graves et rugueuses, aux sources du Blues, pour retrouver Etta James, Aretha Franklin…