L’idée, l’envie, d’utiliser la fée électricité et des « machines » pour produire des sons et des rythmes remonte à loin, très loin, bien avant l’évènement de l’informatique musicale.
Dès 1919, l’invention du russe L Termen, le Theremin, montre le chemin.
musique est produite par l’oscillation du courant électrique, et non par l’oscillation physique d’un corps (corde, peau, etc). D’autres instruments du même type suivront (Ondes Martenot, en France, Tannerin, aux USA).
C’est d’abord un instrument dit classique, joué par des virtuoses classiques (comme Clara Rockmore, ancienne violoniste), et il y aura, au début du XX siècle, un engouement pour l’instrument auprès des compositeurs de musique dite contemporaine.
Le rock s’appropriera cet instrument plus tard, dans les années 60 avec les Beach Boys (Good Vibrations) Eh oui, les dites vibrations sont émise par un Tannerin (en gros, un Theremin à clavier), ce qui donne un côté envoutant à ce morceau. Theremin et Tannerin sont techniquement très proches, et leurs sonorités voisines.
Le Theremin restera relativement utilisé, pour ses sonorités aériennes et féériques, y compris par des groupes inattendus (Led Zepelin) dans ce registre…
Bien sûr, les champions de la musique electronique (Vangelis, Pink Floyd..) y seront fidèles, mais c’est surtout Jean-Michel Jarre qui, toujours à l’affut de nouveaux instruments, et véritablement novateur dans le domaine de la musique synthétique, conservera l’utilisation du Theremin, d’autant plus que la pratique de l’instrument en public donne une dimension scénique certaine à une musique très « assisse devant un pupitre de commande (ainsi que de la harpe laser pour les mêmes raisons).
Je n’ai en revanche pas connaissance d’une utilisation du Tannerin ailleurs que chez les Beach Boys : l’instrument est resté quasi-unique, et semble avoir souffert de la comparaison avec les synthétiseurs Moog, plus compacts et solides car utilisant la toute naissante technologie des transistors, plus puissants aussi, puisque disposant de plusieurs timbres.
Plusieurs timbres, plusieurs sonorités, mais dans un (long) premier temps ces premiers synthé resteront monophoniques (au contraire de polyphoniques et non de stéréo, hein..) c’est-à-dire qu’on ne peut y jouer qu’une seule note à la fois (écoutez Popcorn, ou Dervish D de Vangelis, c’est frappant)
Il faudra attendre les années 70 et les progrès de l’electronique pour que le concept évolue, avec les synthétiseurs Moog, puis Korg, et Vox (The Doors). Ils reprendront le principe de leurs ainés, en augmentant les possibilités offertes, et en ouvrant la voie à la musique electronique.
Le Theremin continue cependant d’être utilisé et ses sonorités, toujours aussi féériques, quasi magiques, proches de la voix humaine et de la scie musicale, possèdent, pour de nombreux « petits jeunes » l’attrait vintage depuis l’apparition des appareils numériques, du sampling.
Mon histoire du Rock se penche sur les claviers du rock!
Wurlitzer, qui peut être autre chose qu'un juke box..
Orgue Wurlitzer
Moog...
J'ai souvent parlé d' "orgue Moog" pour nommer l'instrument caractéristique des 60's, d'Alan Price (The Animals, reconnaissables entre tous non seulement par la voix de Black blanc d'Eric Burdon, mais aussi par ce son de caractéristique de la partie clavier...)des Doors (même traitement, l’instrument de Ray Manzarek étant aussi caractéristique que la voix de Morisson). "Orgue Moog", ça sonnait bien....
Eh bien je disais des conneries. Ce son, le son des 60's, ne doit rien (évidement diront ceux qui savent) à M Moog. M Moog a bien créé des "instruments" electroniques, mais environ 10 ans plus tard, puisque le premier succès joué avec un orgue Moog, tout le monde le connait, c'est Popcorn!
Synthétiseur Moog
On le connait dans sa version "2", qui date de 1974, je croyais d'ailleurs que c'était LA version originale, en 1974...
Les instrument de Moog sont des synthétiseurs, des bidules à lampes, puis à transistor, puis à microprocesseurs qui transforment un courant électrique en oscillations qui sont ensuite filtrées, mélangées, etc. Tout le monde s’en fout mais je me souviens que mon père avait un cousin qui bossait à la maintenance du radar d’Orly et qui fabriquait à temps perdu tout un tas de bidules électroniques, j’adorais ça… Il avait fabriqué un synthé à transistor, c’était super. J’ai eu envie, plus tard, d’essayer de faire le concours d’entrée à L’Enac pour bosser « là-dedans », mais fallait être super balaise en math et bosseur. Mon ami Gilles L le fera, lui, et sera contrôleur aérien… J’abandonnerai l’idée de bidouiller l’électronique, ma capacité se limite à faire 4 soudures pour changer les composants de ma vieille guitare (Merci d’ailleurs Guitar’n Blues (http://www.guitarnblues.fr) qui fournit d’excellents composants).
Donc, l’instrument de Moog « descend » du Theremin, (on joue sur l’oscillation d’une onde)
Theremin
pas très loin des « Ondes Martenot » (très joli aussi):
Moog ira donc plus loin, grâce à l’arrivée du transistor et après avoir fabriqué des Theremin à transistor, on arrivera aux instruments electroniques appelés synthétiseurs, comme dans Popcorn donc.
Je m'en souviens encore, je pourrai presque dire quand je l'ai entendu la première fois, Popcorn: j'avais 11 ans. Mais la version originale est plus ancienne, 1969. Je revois le « poste de radio à transistor », de marque Grundig, à l’époque c’était de la bonne came, Sony viendrait, plus tard, balaiera tout ça. Le poste donc, monophonique évidement, mais y avait la FM… sur laquelle trônaient royalement les radios de l’ORTF France Musique et FIP « France Inter Paris », radio qui diffusait en quasi continue de la zique, plutôt de la zique « bobo » avant la lettre, et aussi des infos, un peu, et des conseils routiers distillés par des nanas à la voix suave et sans doute agaçante pour l’automobiliste enbouchonné…
Bref le « poste » trone sur un meuble de la salle à manger au rdc du pav’ de banlieue (ville nouvelle) où nous avons posé nos malles, en arrivant de ch’nord. C’est marrant, je revois bien le truc, et Popcorn qui joue « dans le poste »… J’adorais, et très vite, j’en viens à Kraftwerk, but c’est une autre histoire (c’est déjà assez fouilli comme ça)
Revenons à nos melotrons, enfin, à nos synthés, enfin, aux ORGUES WURLIZER ! (le melotron, une autre fois). Donc le Moog est un synthétiseur, un bidule eletronique, fait avec des transistors, et capable de simuler plus ou moins bien plusieurs instruments, des ryhtmes, etc. Vangelis (déjà entendu parler….) JM Jarre, Kraftwerk, et plein d'autres, populariseront le truc. La BOF de Clockwork Orange est jouée sur Moog (mais si, la cover de l'ouverture de Guillaume Tell.... La 9ème de Beethoven???).
Rien de tout ça pour nos Animals, Doors (Ray Manzarek !!), plein d'autres et même plus tard, et plus près de nous, Supertramp (ah, oui, Supertramp !!!!), et last but not least Madness ! Là, il s'agit non pas d'un synthétiseur, donc non seulement le terme ORGUE MOOG (Moog n’est pas un « orgue ») est impropre, mais en plus ces groupes, utilisent bien un « orgue », mais rien à voir avec les instrument Moog ! Il s’agit bien d’un orgue, electrique: les sons fabriqués sont sensés s'approcher des sons d'un orgue: on n'essaie pas de reproduire d'autres choses que des sons "d'orgue", dans un format compact (l'ancêtre étant l'orgue Hammond, conçu à l'origine comme alternative low cost destinée aux églises qui n'avaient pas les moyens d'acquérir un vrai orgue, mais vite utilisé par les jazzmen et autres soulmen). On obtient le son en faisant tourner des roues crantées devant un micro (bobine+aimant), et en amplifiant tout ça !!!
Mais le mythe reste attaché au Wurlitzer, peut-être à cause de son nom rigolo ? L’objet en question a pour nom sa marque, qui deviendra quasi générique : Wurlitzer. Ray Charles l’adoptera, sans doute, dans les « premiers », (What I’d Say serait le premier titre enregistre sur l’engin) suivi par tous ceux qui voudront associer ce son au son des 60’s et de la soul. D’autres fabricants se rueront dans la brèche (Fender, Yamaha…)
J'ai fini par mettre les Doors sur mes K7; J'ai mis le temps avant de découvrir ce groupe mystico-mythique.
Je crois que c'est dans la BO du film Apocalypse Now, et qu'avant, je n'avais pas prêté attention à ce groupe. Apocalypse now, premier fil que je vais voir en arrivant à Londres. Un vrai choc, sans doute en partie dû au fait que c’est le premier film que je « vois en VO » dans cette période d’immersion totale dans la perfide Albion. La bande son de ce grand film y est forcément également pour quelque chose, ce qui nous ramène aux Doors.
Etonnants, ces types, étudiants en cinéma, qui montent un groupe de rock avant tout pour "make money", et deviendront, au fil (et après, surtout après) une carrière de moins de 10 ans, un monument du rock « psychédélique » mais pas seulement, leur son devant également beaucoup au blues.
Bien sûr, la mort accidentelle de Jim Morisson, à Paris, dans des circonstance sinon mystérieuses, du moins fort glauques y est pour beaucoup. Après celle de Jimmy Hendrix, de Janis Joplin et de Brian Jones, (les fameux 4 J morts à 27 ans), elle fera couler beaucoup d'encre et sera parée, comme celles des autres "J" de la panoplie sulfureuse de la théorie du complot...
Morisson devait avoir une personnalité assez tourmentée, « artistique », adulée pour des raisons qui peuvent aussi le rendre prodigieusement agaçant : ego surdimensionné, complexe de supériorité, « instinct » d’autodestruction : Pour « vivre vite et mourir jeune », il n’avait pas besoin de l’aide d’un complot…
Mais avant cela, le groupe avait déjà sa petite réputation, "grâce" aux "prestations" scéniques de Jim Morrisson : revoir le film d'Oliver Stones, et, surtout "le concert de Miami" en 1969, année érotique...
Reste un groupe aux qualités musicales du coup oubliées, des compositions (le guitariste Robbie Krieger) qui collent bien aux textes de Morisson, mais que l'aura du chanteur/compositeur ont éclipsé : Non, les Doors, ce n’est pas « que » Jim Morisson. Deux d’entre eux (Ray Manzarek, membre fondateur, et Robby Krieger) tenteront d’ailleurs, (contre l’avis du batteur Densmore et de la famille Morisson) :opportunisme, besoin de cash, ou envie sincère, de faire revivre le groupe sans Morisson? Copeland, le batteur de Police, fera partie de l’un des « revivals ». Une chose est certaine, les Doors, qui doivent beaucoup à Morisson (surtout mais pas seulement par l'aura post mortem du chanteur), doivent également énormément au clavieriste Mazarek: ce son si particulier, très daté 60's, dû a l'usage d'instruments de type orgue electronique (Fender Rhodes par exemple).
On dit souvent que les Doors sont un groupe que l'on écoute, ado, puis qu'on délaisse ensuite. Je ne suis pas trop d'accord avec ça, et je continue à écouter... encore aujourd'hui, ce son et ce feeling blues envoutant... l'œuvre d'un groupe, et non pas seulement d'un chanteur...
The Doors, Blues and Rock'n Roll the Californian way
After some years, I ended up having some Doors tracks on my stereotapes.
I had listened to The Doors prior to this, but the strongest “auditive image” I recall sticks to “Apocalypse Now” soundtrack. To be strict, as strict as my memory can be, Coppola’s movie is the first I went to see when I arrived in London, somewhere round Leicester Sq. What an emotional shock! Probably partly due to the fact that it’s the first movie I hear in english in this total immersion in britain. We talk english, eat english, study in english, and may be some other things not to be told here… Even do we “rest” (sleep, dream) in english, and of course, going to the pictures, which could be a time ‘off’, still is a time when we go on with the language.
Not to say it’s of any difficulty. Just to underline we get the full impact of this movie right in the good tone, without any translation or changes of tone due to dubbing. Right from the screen to the brain.
And teh comes The Doors sound, in dolby surround. “This is the End da da da….”. Well, for us, this was precisely… the beggining!
Strange destiny (People are strange), those young blokes, art and cinema student, who decide to be famous and make money, as a rock’n roll band. We’re in 1965, the British Invasion is 3 years old, the Beatles have 2 years to go… and the Doors, in a 4 years career (Morrison dies in 1971 in Paris), are to become a psychedelic blues rock icon.
The Doors fame might be beyond other US groups of the time. Even if Jefferson Airplane, CCR, Grateful Dead, still have their groups of fans, followers, (whatever you call them), The Doors have gained a stronger notoriety, a longer recognition. This is probably due partly to Morrison, for two reasons.
The first to come in mind is the tragedy of his death. A member of the 27th club assures you fame, morbideous recognition and an aura of drama. Janis Joplin, Brian Jones and Jimi Hendrix know what I refer to.
More of this, Morisson was so self destructive, and eager to play that part “officially” (when Joplin depressive addictions and Hendrix compulsive consumption where rather hidden and “private”). Far before the tragic night in Paris, Morisson was used to expose in a provocative and overdrunk attitude on stage, his difficulty to cope with the state of his mind. Many shows had to be postponed, many sets were interrupted, many songs had to be played by a band keeping on playing the intro or solo waiting for King Lizzard to recover from a tnrase half due to self hypnotic conditionning and half to alcohool abuse. On the provocative side, see Miami set in 1969, and the trial that followed..
But far appart from this, the Doors is a band with true musical qualities, and talent. The sound of the Doors, often mention after (or hidden by) the quality of Morisson’s Lyrics, is to be put in the light again. We mentionned Manzarek keyboard expression, sensitivity and cleverness a few days ago. We must mention Robbie Krieger, who mainly composed the band soundtrack, with a music that perfectly sticks to Morisson’s writing, and perfectly recalls the blues roots…
But what shall the Doors be after Morisson’s last dance? Krieger and Manzarek had several attempts at a band’s revival, against Denismore (The Doors drummer) aknowledgement.
Many people say the Doors is a band one listens to as a teenager, and then go for more elaborate listening. I pretend those who say that never had a clever ear for the Doors, and do not know what the Blues is. I keep on listening to the Doors. And so shall you.
On a
appris hier soir le décès de Ray Manzarek. J'avais "par devers moi" un billet sur les Doors, que j'imaginais poster ces jours-ci. Ne voulant pas mêler (comme tant d'autres) l'hommage à un homme et l'histoire du groupe, et donc de Jim Morisson, je repousse à plus tard le billet sur The Doors.
Les
hommages ne se bousculent pas pour cet artiste oublié, caché dans l'ombre de
Morisson: la plupart des notices nécrologiques publiées ce matin ne peuvent
éviter de mentionner (trop) longuement le chanteur des Doors dans la bio de Ray
Manzarek. C'est nul. Ce grand pianiste aux influences Jazz a réellement marqué
le rock, donné au groupe The Doors un son inimitable auquel le succès du groupe
doit beaucoup. Merci à lui, ne serait-ce que pour le solo extraordinaire sur Light My Fire, aérien et envoutant, mais la partition de Break on Through n'est pas mal, non plus... Bref, ré-écoutez The Doors en prêtant, il est temps, davantage attention aux claviers... Les observateurs auront not que ce groupe n'a pas de bassiste:
c'est la main gauche de Manzarek, encore lui, qui joue la partition basse au
clavier!
Ray Manzarek
I initially wrote this text in memories of Ray Manzarek, Doors keyboard player. The Doors are in my opinion too often limited to Jim Morisson personnality, hiding the greatness of the others members of the group. Even on the day of his death, most comments mention Morisson in Manzarek tributes…
Thats a shame!!
Manzarek was indeed a great pianist, a great jazzman of great influence on Rock’n roll scene. The Doors’sound owe him a lot, an so does the group success.
Go and listen “Break on Through” “light my fire” again, thinking of him, paying attention to this keyboard playing, this sound…