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samedi 9 février 2019

Led Zeppelin

LED ZEPPELIN




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Tu le sais, je suis pas fan de Led Zeppelin. 

Jamais été.  Désolé.

Ce blog, les lecteurs le savent, c’est pas une encyclopédie du rock. C’est pas un coin savant, ou on redit, une fois encore, et d’un ton docte, tout ce que tout le monde sait sur les groupes, en grand spécialiste.

Depuis 2013, le ton que je donne à ces pages est plus personnel, plus de l’ordre de “ah, j’écoutais ça avant…” ou “A l’époque ou c’est sorti, je me souviens que….”.

Et justement, Led Zep, pourtant un sommet du rock, j’ai pas de réel souvenir, d’émotion particulière, qui reviennent quand j’écoute un titre. J’en demande pardon aux fans! Je peux comprendre leur plaisir à écouter ce groupe, qui a évidemment marqué l’histoire du rock!!!

Association de musiciens hors pair, le cocktail est explosif et devrait me ravir. 

J’y peux rien…

La voix de Robert Plant me stresse, et le talent de Jimmy Page, immense, la pêche de John Paul Jones,  qui frise le génie, ne compensent pas; pas plus que la frappe phénoménale de John Bonham et son sens du groove rock…

A lire ça, on va penser que j’impute à ce pauvre Plant ma non adhésion à ce groupe… c’est pas ça… et malgré le répertoire riche, varié et puisant dans les sources de la culture rock, blues et au delà…. Non, j’y arrive pas.

J’ai pas l’habitude de faire des chroniques “pas sympa”, à charge. Celle-ci ne déroge pas à cette règle, et je ne veux pas ici, loin de là, critiquer ce groupe: 

Qui serais-je pour me permettre ça?

Non, je suis plus dans le constat, factuel et peut être tristement étonné. 

On m’explique? Qui me guide vers le plaisir à écouter Led Zep?

Suis-je un cas isolé? Un imbécile? 

Pardon, mais je n'ai pas senti l’âme de ce groupe. J'écoute et je ressens rien. Du gros, du vrai talent, mais no feeling for me. 

Pourquoi je ressent rien quand j’écoute Led Zep? Keith Moon, qui un temps a failli rejoindre le groupe lors de sa formation, m’aurait-il aidé à apprécier?
On ne le saur jamais…


samedi 27 août 2016

The Who, Substitute, 1966

The Who, la désunion fait la force



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Quelques mois plus tôt, dans "The Kids Are Alright", Roger Daltrey avait déjà modérément apprécié de devoir chanter "Don't mind other guys dancing with my girl" ("ça ne me dérange pas que d'autres types dansent avec ma copine") - tu parles, Daltrey est plutôt du genre à péter la gueule au premier type qui s'approcherait trop près de sa nana, ou d'ailleurs de quiconque se met sur son chemin. 

Ici, dans Substitute, le texte évoque un sentiment d'imposture et le mal-être qui en résulte. Des trucs de nana, quoi. Et dans "I'm a Boy", il est question d'un petit garçon que sa mère habille en fille... Daltrey est proche de l'implosion. Quant à "Pictures of Lilly…" Mais Daltrey chante, interprète, transcende ces titres avec talent (non sans avoir, de temps à autre, filé un bourre pif à son "frère" Townshend, celui qui lui propose ces textes, qui sont, pour ce dernier, un exutoire et une confession salvatrice… 

Ce groupe a un problème : à droite de la section rythmique il y a un guitariste, compositeur de génie en proie à des problèmes existentiels qu'il transpose dans ses textes, et à un mal de vivre qu'il expose bruyamment (j'ai failli écrire brillamment) dans des riffs de guitare rageurs.  Qui a dit précurseur du Punk? Les Punks eux-mêmes…
A gauche de la rythmique, ou plutôt face au public, un chanteur au gabarit de fort des halles et à la gueule d'ange, qui lui ne semble avoir d'autre problème que celui de tout casser, dans une société ou les gars comme lui sont souvent écrasés par des intellos de cette middle classe dont sort Townshend. 
  
Townshend, lui, éprouve donc ce besoin vital de composer et d'exulter. Mais aussi d'offrir son talent, à son public, bien sûr, mais aussi à ceux qu'il considère comme sa famille, les Who, un moyen d'exprimer leur talent, de le mettre en évidence. 
Pour Entwisle, le bassiste magique, auquel il procure le premier solo de basse de l'histoire du rock dès MY GENERATION, et des partitions mettant au premier plan cet instrument (The Real Me….). Peu de bassistes ont eu la chance d'avoir un compositeur aussi attentif, veillant à les faire  sortir de l'ombre et de la place discrète à laquelle ils se destinaient comme la plupart des bassistes du rock'n roll… Entwistle deviendra une star, et le devra bien sûr à son talent avant tout, et à sa dextérité incroyable. Mais Townshend lui aura écrit les pages de sa légende. 
  
Pour Roger Daltrey, hormis les textes cité ci-dessus, dans lequel le chanteur ne se reconnaît absolument pas, Townshed écrit les plus beaux textes et les pare des plus belles mélodies (Behind Blue Eyes, Love Regn O'er Me, Helpless Dancer, Who are You, etc etc etc). Et permet à Daltrey d'être bien plus que le chanteur Mods des … , de devenir un chanteur super star. 
  
La bonne question est comment et pourquoi ce groupe a fonctionné aussi bien? Même si aujourd'hui les Who ne représentent plus grand-chose, à force d'avoir sans doute trop voulu continuer , pour le concert de trop, le disque de trop… 
  
Justement, il est probable que l'un des ciments du groupe, et qui manquera d'ailleurs à partir de 1978, se trouve chez le batteur du groupe, le gigantesque Keith Moon, petit frère turbulent (le mot est décidément bien faible pour celui qu'on surnomme alors "Moon the Loon"), boute en train, monstre d'exubérance et fêtard démesuré. Cette démesure et son absence de toute notion de limite incite les autres membres du groupe à un instinct de protection, quand il le peuvent, et tisse entre les Who une toile étrange faite d'impossibilité de vivre ensemble autre chose qu'une relation de "travail". Keith  Moon apportait au groupe bien d'autres dimensions que celles d'un métronome (qu'il semblait d'ailleurs respecter de fort loin, alors que sa  maîtrise totale du rythme et de son instrument lui permettait d'agir en véritable soliste au sein des Who, abandonnant le rôle de simple "faiseur de rythme". (cherchez la video de Happy Jack (par exemple "beat club" au Marquee en 1967). On lui demandait un jour pourquoi il avait voulu apprendre la batterie: il a répondu qu’il ne voulait pas apprendre, qu’il voulait seulement en jouer. Voyez comment…
  
Il disait d'ailleurs "je suis n'aspire pas à être un grand batteur; tout ce qui m'attire est d'être le batteur des Who". 
  
Moon disparu, ce ciment n'a plus lieu d'être et les Who deviennent des besogneux du rock, "metro boulot dodo", et évidemment, ça se sent. La douce folie qui recouvrait chaque prestation du groupe, chaque album, a disparu. On ne peut pas s'empêcher de se dire qu'il aurait mieux valu qu'ils arrêtent. 
  
En fait, j'aurais dû faire cet article Keith Moon. On y reviendra donc….


vendredi 21 août 2015

Summertime Blues, Eddie Cochran, The Who...

Summertime Blues, Eddie Cochran, The Who...


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Qu'est-ce qui dans ma mémoire fait de ce titre un jalon de Mon Histoire du Rock


Oh, bien sûr, il y a la version presque pré-punk des Who, de Leeds à Woodstock.

Ah oui, Woodstock..... je vous laisse juge..


 
Énorme, non?

Je dis souvent qu'à la question "Beatles ou Stones" je répondais "Animals". Je crois qu'en ces années 1977/1978, les Who étaient la réponse que je faisais. Les Animals, tout comme les Kinks, étaient alors tombés dans l'oubli.

At Leeds, la vache! Ce son! Au casque, chez le disquaire de l'avenue de Saint Cloud, en contre bas, dans la contre allée! Bien que le groupe ait joué ce titre depuis ses début, sur scène, At Leeds en est le premier enregistrement. C'est un monument des live du groupe, de Monterey à Woodstock..

On racontera cet album mythique un jour.

Summertime blue, c'est la découverte d'une soirée anniversaire d'un copain qui me prêtera longtemps le LP, ainsi qu'un 33 tours d'Eugene (Vincent). Je crois d'ailleurs qu'il s'appelait Vincent aussi? Il me prêtera également un Status Quo (If You can't Stand the Heat).. et Babylon by bus de Marley. Eclectique?

Powerchords et palm mute, Pete Townshend "invente" une guitare gros son que grappilleront ensuite le hard et le punk.

Keith Moon, au destin bien triste, lui qui était si marrant, prête sa voix magnifiquement. Batteur divin, sa disparition en septembre 1978 précipitera les Who dans un chaos sans retour.

Summertime Blues quelle version préférer, donc?

Rock’ n Roll, façon Eddie Cochran, l’originale, la version des puristes ? Elle a ce parfum du rock issu de la country, plus polissé, il semble moins sortir des tripes que le rock issu du blues. A cette époque, la basse « guitare » n’a pas encore pris la place de la contrebasse.

Ou, à l’extrême, la version des Who ?

Sur scène.

Rien à voir.

Dès le premier riff, on est dans le sauvage.

La basse sauvage de John Entwistle (les Who ne joueront plus Summertime Blues après 2002, quand il ne sera plus là) écrase tout.

Avez-vous déjà écouté, vu un solo de basse de « The Ox » ? Vous devriez. Allez-y, vous n’en reviendrez pas.

Avec un bassiste pareil, un batteur comme Keith Moon, un guitarise comme Pete Townshend (qui sur ce morceau démontre sa maitrise des powerchords...) et un chanteur comme Daltrey (secondé ici par Keith Moon)…

Les Who combinent maitrise de leur instrument avec un talent scénique, une présence phénoménale!!

Ne manquait au Who qu’un manager… et un peu moins d’agressivité intestine!

Monterey, Woodstock, Wight, Leeds…. Quelle version est la plus folle ?

Car c’est évidement celle des Who qu’on préfère ici, à Mon Histoire du Rock !




samedi 8 novembre 2014

Cats on Trees

Cats on Trees

Concert au Trianon,

le 6 novembre 2014, Paris



Mon Histoire du Rock n'est pas, on l'a déjà constaté, le blog sectaire d'un rockeur borné, ne jurant que par un courant, un style, un groupe.

Pour plagier Robert Lamoureux qui disait de Coluche : « Il n'est pas vulgaire puisqu'il me fait rire », je dirai volontiers « c'est du Rock'n Roll puisque ça me plait ».

Il y a donc déjà eu ici des articles sur des sujets à la limite du Rock (Elton John, quoique celui-ci fût Rock dans les 70's, Coluche récement, Lilly Wood And The Prick, Ray Charles, Mike Oldfield…).

Cats on Trees, entre décidément dans ce schéma : Le style est de toute évidence plus pop que franchement rock'n roll, plu sprès de la ballade que du déchainement et du cri primal d'un Little Richards

A priori… mais regardons tout ça de plus près !,

On arrive au Trianon pour constater une disposition étonnante sur la scène :


Étonnante pour un groupe pop/song duquel on attend une relative douceur « calme », étonnante tout court dans l’académisme (il y en aurait un?) de l'agencement d'une scène Rock'n Roll.


En 1965, les Who révolutionnent la scène Rock en montrant leurs amplis, aujourd'hui, doit-on saluer Cats on Trees pour placer le batteur et son set AU PREMIER PLAN ??? héhé….

Et, alors qu'on aurait de prime abord tendance à décrire ce duo frenchie (saluons la maitrise de la langue de John Lennon par Nina Goern, on va y revenir) pour ses mélodies, cet ordonnancement tonne, jusqu'à ce que le groupe entre en scène.

On va avoir, pendant toute la durée du concert, les yeux rivés sur Yohan Hennequin, qu'on découvre habité par les rythmes qu'il envoie avec une apparente décontraction mêlée de puissance.

Les mélodies pop sont littéralement transformées par la richesse du jeu du batteur, puissant sans jamais écraser la voix ou le piano de sa camarade.

Il place (enfin) la batterie au rang d'instrument dans la formation rock, devient « lead batteur », existe.

Evidemment, certains me diront qu'avant lui de bien plus énormes batteurs, les Keith Moon (The Who), John Bonham ( Led Zeppelin), Charlie Watts (The Rolling Stones) ont marqué le Rock'n Roll, leur temps, l'histoire de la batterie…

Que les puristes restent quiets, ne courent pas à l'écurie chercher leurs grands chevaux pour monter dessus, il n'est pas question de comparer, rivaliser, introniser.


Juste de remarquer ce talent, vrai, et cet audace de mise au premier plan, réussie.


Cela dit ce garçon est bel et bien un grand batteur, et aucun de ceux que j'ai cité n'a eu, de la part des membres de leur groupe, droit à une telle mise en avant, de leur vivant…


… Qui plus est, il évolue sans pour autant reléguer le reste du groupe aux arrières plans.


Le dit reste du groupe étant donc constitué de la chanteuse/pianiste Nina Goern.


J'avoue l'avoir, au premier chef, cantonnée (un peu vite) à un registre là encore, folksong, pop, bluette (Tikiboy, Who you are, Too much à l'influence Sergent Peper…). Avec une voix plaisante, juste, mais qui me semblait ne pas aller au bout de ses possibilités – quoique la très belle reprise de Mad World tempère un peu ce jugement sévère !!!.


Puis le groupe se lance, et, déjà, sur le très entraînant 'ouh ouh' que la salle reprend vivement, on sent la voix de la chanteuse prête et capable d'aller vers un son plus chaud, plus profond, plus Soul…


l'honnêteté me pousse à avouer que je n'ai pas retenu le titre du dernier morceau avant les rappels, mais sur ce morceau la chanteuse plaçait sa voix dans cet esprit Soul, et vraiment c'était cool.

reprise de « Love you like a love song » me donne raison sur ce point, Cats on Trees est, ce qui est déjà pas mal, une bonne formation pop. On se prend donc à rêver que le duo aille vers les univers où les voix sont plus chaudes, plus graves et rugueuses, aux sources du Blues, pour retrouver Etta James, Aretha Franklin…