lundi 1 avril 2013

Ray Charles



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Ray Charles occupe une place à part

 dans mes "K7-souvenirs":

D'abord, "What I'd Say" figurait effectivement sur l'une de ces bandes magnétiques, et, avec Guitar Boogie, l'un des deux morceaux que j'ai appris à jouer à la guitare "sèche" lorsque j'étais lycéen, avant d'abandonner cet instrument pour quelques décennies...

Ensuite, lorsque nous avons abandonné les vinyles pour les CD, une compil du "Genius" figurait parmi les premiers cd acquis....

Aujourd'hui chaque écoute de ce cd ces années nous reviennent en mémoire ....

Enfin, nous avons eu l'immense plaisir d'assister à un concert de Ray Charles, en 1988, donc à la même époque, lors d'une soirée de promotion d'un fournisseur, illustrant un concours où une Ferrari était à gagner. Je n'ai pas gagné la Ferrari, mais bien mieux, on a eu un concert du "Genius", "rien que pour nous" (on était quand même au moins 2000 personnes).

Le secret de sa venue avait été bien gardé, et je me souviens encore de la standing ovation qui lui avait était faite, tous surpris d'apprendre qu'on allait assister à un concert en fin de soirée.

On n’en revenait pas. Ray Charles n’était plus tout jeune, il faisait un concert alimentaire, lui qui avait déjà joué partout, devant tant de grands, dans tant d’endroits mythiques.

Il donna cependant un concert inoubliable, et semblait se donner à fond.

Que raconter de plus sur « the Genius » ? Comme pour pas mal de trucs que j’aborde dans ce blog, des bouquins, des films (celui sur Ray Charles me parait très, très bon et je le recommande), je n’ai pas la prétention d’ajouter quelque chose, de dévoiler un truc, de fournir une analyse pertinente au-delà de ce que j’ai pu ressentir en entendant cette musique.

Ray Charles est intéressant en ce qu’il a établi un pont entre le soul et le rock, rassemblant les deux, et décevant aussi parfois les puristes de chacun des « deux mondes ».

What I'd Say date de 1959. c'est à l'origine une impro de Ray Charles lors d'un concert. Caractéristique, reconnaissable entre toutes, l'intro au piano électrique Wurlitzer...

Le morceau avait été jugé tellement long qu'il a été édité en 2 parties, la seconde, fameuse pour son dialogue avec les Raelettes, mais aussi le public....Il fut interdit sur de nombreuses radios, jugeant obscène ce long morceau qui commençait comme un gospel et se terminant comme un râle érotique et bestial. Quelle époque! Le film qui porte son nom montre bien sa capacité à utiliser les affres de sa vie privé pour en imaginer des titres et des façon de les chanter (ou faire chanter par ses choristes) propres à nous faire vibrer (What Kind Of Man Are You, Hit the Road…)

Je cherche souvent, et ne peux me remémorer quel fut le premier morceau de rock que j’entendais, et qui m’a marqué. Oui, je dois dire que ça me « travaille » souvent. Confusément, je crois que certains titres de Ray Charles évoquent des souvenirs de petite enfance, sans qu’aucune certitude ne me soit permise : aucun indice du genre 33 ou 45 t retrouvé chez mes parents ne me permettent de « résoudre cette énigme ». Des trucs comme I Had a Dream, I Gotta Woman, My Bonnie, pourtant, semblent réveiller quelque chose??

Évidement, j'écris tout ça en écoutant, à chaque fois, les morceaux que je commente. Bine sûr, je reprends souvent le texte plusieurs fois. Et là, aujourd'hui, sans doute parce qu'ayant écrit ce qui précède il y a quelque temps, mon cerveau a continué à chercher « en tâche de fond », me revient un souvenir enfoui depuis longtemps.

Oui, J'ai entendu Ray Charles étant tout petit, à Lille, je devais avoir 5 ou 6 ans maxi. Je vois le salon de l'HLM familial, une jeune fille au pair qui venait nous garder, passait des 45t sur l’électrophone familial, en fumant des clopes, et c'était (sans doute pas toujours) Ray Charles. Je me souviens de ma sœur (ainée) disant « T'as vu ELLE SE DROGUE » car elle fumait, et « faudra pas le dire, hein », disait la minette. Je crois qu’on l’avait « dit », Ray Charles n’est pas revenu.

Bref, le vieux Ray est définitivement un mythe de mon histoire du Rock. Le grand-père toujours souriant que la vie n’avait pourtant pas épargné, semblait toujours optimiste et devoir nous mettre de bonne humeur avec son art… Souvenons-nous également de l'apparition de Ray Charles en prêteur sur gage dans les BluesBrothers op1....