samedi 3 octobre 2015

Brian Jones, The Rolling Stones, également du Club des 27, 1942, 1969

Qui était véritablement Brian Jones? Comment est-il passé du statut de fondateur des Rolling Stones, grand amateur de Blues, initiateur de la vague blues revival (avec d'autres, hein, évidement), à celui de membre écarté des même Rolling Stones?



Était-il l'ange mythique souvent décrit, ou un personnage bien plus noir et complexe? Quels complexes le rendaient si noir?

Sa mort, comme pour beaucoup d'autres, est-elle due à l'excès de substances énervantes et prohibée, la fatigue d'un corps épuisé (on pense à Jim Morisson)? A-t-il été "poussé dans la piscine" dans son manoir (qui avait appartenu à Lewis Carrol), après avoir été poussé hors des Rolling Stones? On pense aussi à Syd Barrett, devenu, comme Brian Jones, le fantôme de lui même, s'excluant de ce fait du groupe qu'il avait fondé!
Il meurt donc à 27 ans, et sera (trop vite) rejoint dans ce foutu club des 27 par Jimi Hendrix et Janis Joplin, avant que Jim Morisson (qui disait: je serai le quatrième "J") n'y tombe à son tour, en 1971.

L'iconographie Rock'n Roll présente Brian Jones comme un gentil et doux rêveur, musicien terriblement talentueux, et fédérateur de ce groupe de type méchants, sales et désœuvrés que sont Bill Wyman, Charlie Watts, Ian Stewart, Mick Jagger et Keith Richards.

First of all, l'image de vilains garçon est très, très exagérée, et constitue plus un positionnement "marketing" du manager des Stones, Andrew Loog Oldham, qui cherche à créer une opposition avec les "gentils" Beatles. Cela étant, Jagger, Richards et Jones ont mené à leur débuts une existence crasseuse dans un quasi squat glacial, crevant la dalle et dormant peu, par terre, autour d'un electrophone et serrant leur guitare, dans le quartier de Chelsea, à Londres, pour ceux qui connaissent ou voudront visiter (102, Edith Grove).

Mais ces types sont issus de la Middle Class et sont loin du working class heroe que décriera plus tard Lennon (qui, lui, peut s'en revendiquer) (on le dit, ça, "peut s'en revendiquer? Non? Tant pis )

Revenons à Brian Jones. C'est bien lui est à l'origine du groupe, recrutant les autres membres par petite annonce. Le nom du groupe est aussi une de ses idées, en référence à un titre de Muddy Waters, qui est pour lui comme pour Jagger et Richards, "the reference". Ils feront un groupe de blues revival. C'est comme ça qu'ils voient les choses.

Brian et Keith (je me permets de vous appeler par vos petits noms, shouldn't I?) passent le plus clair de leur temps, ensemble et dans une grande complicité, à tenter de reproduire les riffs, grilles, solis qu'ils entendent sur leur electrophone (disques imports USA, Muddy Waters, écurie de Leonard Chess…). Là encore, l'image d'une rivalité entre les deux est pure invention (bon, ça se gâtera ensuite..).

Brian Jones, qui prétend à juste titre, l'honneur d'avoir été à l'initiative de la création du groupe (le genre "créateur du nom", etc), pousse un peu loin, au gout 'des autres', au point de demander en douce un cachet supérieur pour lui, et de préparer l'éviction de Ian Steward avec Andrew Loog Oldham (aucun des membres du groupe n'ayant fait preuve de beaucoup de "courage" sur ce coup là.

De quoi écorner l'image angélique de Brian Jones. Il se sait par ailleurs musicien talentueux, mais ce talent ne va pas de pair avec un excès de modestie, et il a furieusement tendance à minimiser le rôle et l'importance de ses compairs… que ça énerve un tantinet!

De là sans doute l'origine de l'animosité croissante au sein du groupe. Cette animosité est exacerbée par les mois de vache maigre, et tout autant par le soudain succès. Les Stones prennent la grosse tête, abusent de ces substances illicites qui donnent l'illusion de pouvoir tenir le coup (longues prestations, journées de répètes..). Dès les premiers concerts (Marquee Club, 1962), Jones doit être passablement "fatigué" pour que Richards lui "balance" 'tu dépasseras pas 30 ans, hein" (cité par François Bon in "Rolling Stones, une biographie", 2002).

Le répertoire reste très fidèle au blues (reprises de Willie Dixxon, Muddy Waters, et plus tard, découverte de l'accord ouvert auprès des grands Bluesmen). Lire à ce sujet les pages consacrés au sujet par Keith Richards dans Life: étonnant de modestie et de révérence envers les "anciens".

Contrairement aux Beatles qui semblent mener, à la ville, une vie paisible (ouais, faut voire..), les Stones attirent autour d'eux les foudres de la justice et des forces de police, qui ont décidé de se les payer, de préférence les mains dans la chnouf.

Richards et Jones sont particulièrement visés, mais Jones ajoute à cela un comportement particulièrement misogyne à l'égard de ses conquêtes: il aura 6 enfants, et peu de considération pour eux ni pour leur mère. Ses compagnes le décrivent volontiers comme aussi violent et instable en privé que discret en société.

Reste que Brian Jones était, je l'ai écrit plus haut, un musicien autodidacte hors pair, capable de maitriser sans pareille un instrument qu'il découvrait à peine. Richards, avare de compliment, dira de lui que s'il était incapable de composer un titre de bout en bout, il excellait en revanche dans l'art d'ajouter des arrangements somptueux, sur le premier instrument qu'il avait sous la main, et la liste est longue!