samedi 28 février 2015

Exile on main street, dernier album rock des Rolling Stones, en 1971


Exile on Main Street, 


album charnière dans la carrière des Rolling Stones.


Il ne suffit pas de s'auto proclamer plus grand groupe de rock pour l'être, et le rester. Les Stones en sont la preuve.

Riche d’une discographie de 22 (+2 pour les USA) albums, les Rolling Stones passent pour avoir une longévité exceptionnelle dans le Rock’n Roll. Il est vrai que leur carrière s’étire de 1962 à aujourd’hui, en 2015 donc.


Mais à y mieux regarder, j’ai eu envie de tordre le cou à cette image d’Epinal qui fait de ce groupe le groupe fidèle au Rock’n Roll par excellence.


Et de saluer donc le dernier album digne de porter cette glorieuse étiquette, Exile on Main Street.


Après, les Rolling Stones ne composeront plus de Rock’n Roll. Ils en joueront, sur scène...

Parfois.


Exile On Main Street, qui sortira un an après le sulfureux Sticky Fingers, sera l’ultime effort, le baroud final… et le point d’orgue de la carrière des Stones.


Après, les Rolling Stones feront de la musique, de la pop, du disco, au gré des modes, mais le Rock et le Blues des Stones se conjugueront au passé.


Ce double album dont aucun titre ne fut à l’époque un hit, un tube, a longtemps joué les seconds rôles, on n’en parlait pas. Il correspond à une période trouble pour le groupe : Les finances sont au plus mal, for the benefits of Mr Klein, leur producteur, les relations entre Jagger et Richards ne sont plus ce qu’elles étaient, ce dernier sombre dans la dope, tandis que Jagger rêve d’honneurs et de Jet Set. Après avoir longtemps été à la traine des Beatles (voir leurs débuts), ils se trouvent propulsés « seuls rescapés » des 60’s depuis le 20 aout 1969, lorsque les « 4 garçons dans le vent » annoncent la fin de leur aventure… 1969, année terrible pour les Stones : Eviction, puis décès de Brian Jones, concert hyper glauque d’Altamont, où un spectateur qui brandissait un couteau est flingué par le service d’ordre…


Pour parfaire cette ambiance gueule de bois, Mick Jagger se dit, oh sacrilège, lassé du rock, veut « explorer d’autres voies ».

Richards étant le plus souvent hors d’ état, dans les bras de Sister Morphine ou d’autres substances, l’ego déjà bien dimensionné de Mick Jagger gonfle davantage, fort du succès (mérité) de Brown Suggar : C’est l’un des rares morceaux dont il peut revendiquer la paternité sans que Richards ne la lui conteste…


Avec les années, malgré son mixage imparfait, la production approximative et le manque de morceau mémorable, Exile On Main Street gagnera aux yeux des fans une place de choix dans a discographie des Stones. C’est aujourd’hui devenu « in » de citer ce double album comme un « must have ».


A dire vrai, je ne partage pas ce point de vue, et ne voit pas grand-chose de mémorable dans Exile On Main Street.

Oh, bien sûr, il y a ce parfum sulfureux, cette ambiance « fin de règne », ce côté « derniers efforts » de Mick Taylor pour exister dans le groupe (il déclarera forfait deux albums plus tard), le mythe entretenu autour de « l’exil » fiscal des Stones dans le sud de la France. Mais que pèse tout cela dans l’histoire du rock ? Comment ces clichés résistent-ils à l’écoute objective de ces 18 morceaux ?


Si seulement l’album suivant avait été celui de la renaissance, Exile aurait pu être considéré comme l’expression du contrecoup de la terrible année 1969, de la fin des 60’s, le fond touché avant de mieux renaitre de ses cendres.


Ce ne sera pas le cas. Les Rolling Stones abandonneront définitivement le Rock’n Roll au debut des années 70, et Exile sera le terne mot de la fin, sans aucun brio, sans coup d’éclat. Mick Jagger a gagné, il va pouvoir aller « explorer » d’autres musiques.

Hélas…