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dimanche 28 mai 2017

Sgt. Pepper Lonely Hearts Club Band - 1967

Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band: 

It was 50 years ago today…

... The Beatles ... réinventent The Beatles


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Incroyable: cet album a 50 ans…
Tout a tellement été dit sur cet album que je me demande pourquoi j’en parle aujourd’hui. A l’inverse, pourquoi je n’en ai pas parlé, avant: c’est un tel monument!

Juin 1967.
Un peu moins d’un an avant, les Beatles ont décrété qu’ils ne joueront plus en public. A l’époque, les groupes jouent dans des stades avec à peu près le même équipement que nous aujourd’hui dans la cave… tu vois le genre.
De quoi ne pas s’entendre, et saccager les efforts de composition, de création, et le rendu des balbutiements de la production d’albums un peu travaillés en studio. Revolver, sur scène, dans ce contexte… mieux vaut oublier.
Leur envie est de lâcher la bride à leur créativité, à créer des trucs dans lesquels ils n’auront pas à se freiner parce qu’il “faut jouer ça sur scène”…

Sgt Peper Lonely Hearts Club Band sera un cataclysme, encore plus fort que Rubber Soul ou Revolver. Les technologies mises à la disposition des musiciens en studio (ce n’est qu’un début) deviennent extraordinaires (la scène ne suit pas encore), mères de toutes les audaces.


13 titres, et rien à jeter. Mais les Beatles nous ont donné cette habitude!



L’album, bande son du Summer of Love, sera écrit et enregistré en quatre mois… Pendant lesquels les Beatles enregistrent aussi, quelques mois plus tôt, le fabuleux “Strawberry Field/Penny Lane” 45 tour… Deux titres qui devaient faire partie de Sgt.Pepper, concept album racontant la jeunesse des Beatles à Liverpool, mais il fallait sortir un single avant, alors… Le génie, c’est ça, non?


En 1967, je suis encore un peu jeune pour me prendre Sgt Peper en pleine figure… Mon Histoire du Rock donc, bâtira ces souvenirs là sur autre chose que le moment d’explosion… Sur l’écoute de l’album, plus tard… C’est (déjà) le 8ème album du groupe, et il n’y en aura pas autant ensuite… c’est presque le début de la fin, y compris niveau ambiance… les années passés ont été intenses et le poids commence à se faire sentir. Les tensions ne sont pas encore là, mais ils veulent être autre chose que les gentils fab four. Un album ou ils jouent à être un autre groupe???

Y a t il un titre qui émerge de ce flot de pépites? “For the Benefit of Mr Kite” a toujours exercé sur moi une espèce de fascination, “A Day in the life” est l’hymne psychédélique par excellence, et une extraordinaire référence au suréalisme, tout autant qu’un tour de force mélodique et technique… Qui par ailleurs annonce implicitement le début d’une fêlure dans la complicité des deux principaux co-auteurs du groupe: C’est un collage de deux chansons écrites séparément par chacun des deux… Mais bon, je donne un peu dans la psycho à deux balles, sur ce titre qui me semble être le sommet de l’album, s’il en est un.
Ado, j’aimais bien When I’m sixty-Four, c’était l’époque où j’apprenais l’anglais exclusivement en écoutant du rock, c’était là que j’appris cette règle d’usage du présent au futur, derrière “when”. Thank You Sir.

C’était bien, il y avait les paroles sur la pochette. Une première en 1967!!

Je ne vais pas les citer tous, “With a little Help…” transcendé ensuite par Joe Cocker.
“Fixing a Hole” , “Lucy In the Sky With Diamond” aux fantasmatiques allusions hallucinogènes…
L’époque voulait ça.
“She’s living home”, quasi journalistique, ou l’histoire de cette jeune fugueuse, et qui fait largement appel aux instruments classiques..


Chaque titre est un chef d’oeuvre, l’album est un sommet d’ingéniosité, d’inventivité, de prouesses techniques, de recherches et de production. Mais rien n’y parait quand on l’écoute. Pas de lourdeur technophile, pas de longueurs nombriliste, pas de pesanteur savante. Pop, enlevé, accessible et parfait.

Tout a déjà été dit…. Je n’ai a ajouter que mon admiration pour cet album, et une forte recommandation à retourner écouter tout l’album, ce monument pop… Sgt Pepper va avoir 50 ans, rendez-lui un digne hommage en l’écoutant attentivement, ou sous la douche, ou les deux, et passons notre chemin devant les reprises, parodies, même venant des étoiles…


dimanche 8 mars 2015

The Beatles 1967 - 1970 double album bleu

The Beatles 1967 - 1970 



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double album bleu




Second Volet de ce diptyque consacré par la maison de disque au groupe après sa disparition, son éclatement, sa fin consommée sur le toit de l’immeuble dans un ultime concert, ce double album fait donc pendant au rouge, dont j’ai déjà parlé.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le double blanc « The Beatles » n’a rien à voir, puisqu’il ne s’agit pas d’une compilation et qu’il est sorti « du vivant » du groupe… Le double « marron », « BBC Sessions », sera, lui plus proche dans la logique…

Avec « The Beatles 1967 – 1970 » la page British rock, au sens propre du terme, est définitivement tournée, et les Beatles sont entrés dans la Pop. J’ai déjà dit que le rouge avait mes faveurs, mais il est vrai que je suis un nostalgique des 60’s, du Rock, et de la British Invasion. 

En ré-écoutant pour cet article le bleu, je peux maintenant dire que ce que je croyais être une préférence pour le son et le style du rouge est en réalité une attirance pour une période antérieure à mes souvenirs. Les morceaux du bleu, eux, sont dans ma mémoire auditive, on les entendait « quand j’étais petit », quand ils sont sortis, et je m’en souviens.


Il n’en reste pas moins que ce double regorge de pépites. Psychédéliques pour la plupart, les compositions des Beatles sont maintenant plus recherchées, plus fouillées, plus construites.


Et si le rouge est plus nerveux, plus énergique, le bleu est plus savant, plus orchestré, et montre à quel point le groupe est devenu maitre dans l’art de la composition, de la production, du songwriting…


Chaque morceau est une pépite, un trésor d’inventivité, et garde, malgré tout, un côté « fouillis », expérimental.. Melotron, bandes magnétiques passées dans un sens, dans l’autre… tout a déjà été dit.


Les Beatles ont arrêté de se produire sur scène, ils ont donc plus de temps, et sont plus sereins, pour composer.. ça se sent.


Dès le premier morceau de la Compil bleue, le ton est donné : On peut tout se permettre sur Strawberry Field, puisqu’on ne jouera pas ces morceaux en live…


Bien plus tard, Lennon et Mc Cartney se chamailleront pour prétendre que les chansons de « l’autre » étaient l’objet de plus de soin…


Les Beatles vont donc redoubler d’ingéniosité, multiplier les expériences, ajouter des bruitages et des sons enregistrés, multiplier les instruments… Ils ne commettront pas la même erreur que les Who qui, jouant Quadrophenia sur scène, iront au naufrage par la faute d’une post synchro impossible..


C’en est fini des bluettes adolescentes, dialogues avec la nana convoitée, le style devient descriptif, contemplatif, nostalgique et toujours aussi moqueur. (« Are you a Mod ? Are you a Rocker ? Hmmm, I’m a Mocker » (Ringo Star).


Pour être exact, c’est en tout cas ce que reflètent les deux doubles, et la transition, très marquée dans les compils, n’est pas aussi flagrante dans les albums.


Mais pour le plus grand nombre, les Beatles se résumeront à ces deux doubles, 54 titres, qui occulteront un peu les albums originaux et les (environ) 150 autres titres de la discographie des Fab Four…


Quand sortent ces deux doubles, en 1973, le monde comprend que son rêve de voir le groupe se reformer restera un fantasme. Ces deux doubles ressemblent à un cadeau d’adieu, l’album des photos sonores qui retrace la (courte) carrière d’un phénomène de société appelé The Beatles.