samedi 14 décembre 2013

Kraftwerk

Au commencement (de la synth pop) était Kraftwerk



OMD, Depeche Mode, suivront et s'inspireront (bien) des "anciens"!!





Un nom pas très fluide, pas très chantant, pas très Rock’n Roll, à dire vrai… Un truc découvert en 1975 ou 1976. En cinquième ou en quatrième un prof avait demandé à chaque élève d’apporter un disque d’un truc qui nous plaisait. J’avais, mais c’est une autre histoire, apporté la BOF de Woodstock, CountryJoe & the Fish, « I Feel like I m Fixing To Die », qui à Woodstock commençait par « Give me an F… Give me a U… Give me a C… Give me a K… now what do you get… ?? ». Une nenette avait apporté Radioactivity, et ça a été, sans doute, un des premiers disques que j’ai acheté, bien avant les plus traditionnels Animals, Beatles, Chuck Berry, Rolling Stones, (remarquez l’ordre consensuello-alphabetique).

Mélange d’une absolue modernité (en 75, la musique synthétique, le recours exclusif à des machines électroniques pour produire des sons, balbutient) et (thèmes, graphisme des pochettes, tenue des membres du groupes) d’une nostalgique, référence aux années 30 (on est parfois à la limite du dérapage quand l’un des membres déclare « nous voulons que le monde entier sache que nous sommes originaires d’Allemagne parce que la mentalité allemande –qui est plus évoluée – fera toujours partie de notre comportement. » (Interview de 1975, retrouvée sur Wikipedia).)

Musiciens accomplis, ces types qui n’auront de cesse que de rester le plus loin possible du star système en cultivant l’anonymat, derrière leur musique, loin du star system, non sans faire preuve d’une mégalomanie galopante. Lors de leurs premières prestations live, ils adoptent une inexpressivité et un costume anonyme, et l’attitude de techniciens programmant des machines et disparaissant derrière elles, pour (à partir du bien nommé Man Machine) se faire remplacer par des robots à leur effigie.

Parallèlement ils vont parcourir un cheminement logique et progressif vers la « computerisation » de leur musique : Usant d’instruments « traditionnels » ou électriques au début, le recours aux instruments électroniques est d’abord partiel, puis se systématise à partir de 1974 avec leur premier vrai succès, Autobahn, pour progressivement migrer à nouveau de l’univers « électronique » à l’informatisation du modèle.

Le 33 tours Radio-activity, par lequel j’ai donc fait connaissance avec ce groupe, marque le début d’une tendance à revenir sur un format plus commercial : le point d’orgue sera The Man Machine. Les mélodies et les rythmes, mais aussi le format des morceaux eux-mêmes, se pliera davantage encore aux nécessités des diffusions radio (durée, paroles chantées selon un schéma couplet/refrain…). Tout en restant fidèle au concept album (tous les titres sont articulés autour d’un thème central), le groupe s’éloigne alors du format en vogue dans les années 70 avec des titres très long (22 minutes, une face de 33 tour…), ou à l’inverse des trucs super courts (autour d’une minute) et souvent peu mélodieux.

Le titre Radio-Activity arrive justement sur un enchainé avec le « mini-morceau » précédent « Geiger-Counter ». Le morceau est à la foi un hommage à la modernité et à « Madame Curie », et un inquiétant message (It’s in the air, for you and me), qui coïncidait avec la grande vague de contestation et les premiers élans écologistes autour de la construction des centrales nucléaires.

Kraftwerk sera une source d'inspiration pour pas mal de groupes des années 80, parmi lesquels Orchestral Manoeuvre in the Dark, dont on reparlera, mais aussi Depeche Mode, et bien d'autres...