Affichage des articles dont le libellé est 2 tones. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 2 tones. Afficher tous les articles

jeudi 14 décembre 2017

Tarzan's Nuts, Madness, album One Step Beyond, 1979


Tarzan's nuts - Madness


 Lire en Français      Read in English


Hey you seen Jane?
No man
Ok I’ll catch the train
A train you’ll wait a long time
No way I’ll catch a vine
What, that’s a route
No man it’s a fruit
Give me a bite
No I’ll save it for tonight


“Madame, on pourrait traduire des paroles de chansons anglaises”…. “Ah, oui, par exemple Simon & Garfunkel” …. “Euh, non,plutôt par exemple, Madness, il y a un titre, ça s’appelle TARZAN’S NUTS…” Et là, cette prof d’anglais! Je t’ai déjà parlé de cette Dame, à qui je dois mes années londoniennes et d’avoir retrouvé l’Ami Franck, au détours de notre “Politechnics” à Hendon, NW5! Look de bourgeoise Versaillaise, visage fermé, air strict mais…. Grande dose d’humour,as you will see. Mais pas seulement. Elle voudra “garder cette classe” deux ans, et dira parfois le regretter. Elle nous aura donné, si on ne l’avais pas déjà, le goût de cette culture et de cette langue: Nous serons plusieurs à filer vers Albion, ou le nouveau monde, sitôt le BAC en poche! Mais revenons à Madness, et à Tarzan’s Nuts que nous avions forcé cette Prof à traduire à haute voix en pleine classe, croyant la gêner…
“Eh bien, mais vous le savez, et si vous croyez m’embarrasser, vous vous trompez:
TARZAN’S NUTS ce sont les couilles de TARZAN. 

Prenez une copie.” Je suis pas sûr du “prenez une copie”. Je me souviens qu’à force de pitreries, nous avions fini par fatiguer ce prof, et que pour citer Brassens (dans un blog rock, tu reconnaîtras l’audace) on avait “le sentiment qu’on le regrette”.

J’ai pris ici l’engagement de chroniquer tous les titres de l’album ONE STEP BEYOND.


Après le titre éponyme, One Step Beyond, après bed and Breakfast man, après In the Middle of the night….

Tarzan’s nuts.

7 ème et dernier morceau de la face un du 33 tours. Second instrumental après One Step beyond. Mais là, c’est étonant, on n’a pas l’impression d’un instrumental, va savoir pourquoi? Le titre inaugure ce qui fera une marque de fabrique, un élément distinctif de Madness, qui saura le réutiliser. Un artifice, un peu comme si on voulait prolonger un truc un peu court, diront les vilains, mais c’est ce qui donne au morceau sa force, sa pêche. La face 1 se termine comme elle a commencé, avec un instrumental introduit par un couplet parlé. Madness prétend (Mike Barso, in “Madness, One Step Beyond 33 1/3” (terry Edwards) que Opium Eaters, sur Seven, est une “re-écriture de Tarzan’s Nuts. OK.

Tarzan’s Nuts résonnait dans le lycée, joué sur le vieux “piano” du club musique, que “pilotait” l’ami Eric, pour notre grand délire commun. Puis, on passait le disque, ce qui était plus efficace, non parce qu’Eric le “tenait” mal, mais à sa version manquait “Ain’t seen jane”, l’accent cockney et la ligne de toms… Puis il était temps de “retourner le disque”, pour un face B tout aussi explosive. Je l’ai déjà dit, et le redira, cet album de Madness est un nid de singles, un coffre à trésor de hits. Je ne vois pas un seul “second choix”. Pourtant, rare sont ceux qui aujourd’hui donnent à cet album sa place, à ce groupe son rang, à ce titre, sa position: c’est un hit!

Et, pourquoi ce titre, Madame ma prof d’anglais? C’est, bien sur, une Ska-isation du morceau de la bande originale de la série TARZAN dans les années 60, staring Ron Ely…. Dont l’air avait dû rester dans les têtes de Madness…


jeudi 30 novembre 2017

Bed And Breakfast Man, Madness Album One Step Beyond

Bed And Breakfast Man


 Lire en Français      Read in English



J’avais annoncé dans ces pages que je bouillais d’envie de chroniquer non pas un, non pas deux, mais TOUS les titres de cet album mythique qu’est One Step Beyond de Madness.

Mythique. Comme il y va… Chroniqueur du dimanche, blogueur à la petite semaine, je m’autorise des coups de pieds dans la hiérarchie sacrée des “meilleurs album de ceci”, “chef d’oeuvre de cela”…

Pas de haute prétention ici. Mythique, pour Mon Histoire du Rock. 


Nothing more, nothing less. Le monde du rock se divise, selon moi, en deux catégorie: Ce qui me plait, ce que je connais pas et ce que j’apprécie moins. 

Ça fait trois? Ah bon. Ce que j’aime, j’ai tendance à le mythifier un brin. Ce que j’apprécie moins, je ne le juge pas…. Puisque je ne me sens pas compétent pour. L’artiste (donc femme, homme, ou groupe des uns et des autres), a, sans doute avec talent, émotion, et labeur, composé, interprété, une oeuvre. Rien que ça, déjà, hein… Que certains, dont parfois je, n’aiment pas, ne retire rien à la valeur éventuelle voire probable de l’oeuvre. Ni au talent, ni au travail de l’artiste.

Je digresse?

Bed and Breakfast Man donc. Second titre de la face B de One Step Beyond. 


Juste après In the Middle of the Night, déjà chroniqué ici, et déjà fantastique ). Comme souvent, comme sur le titre précédent, Madness nous raconte une petite histoire rigolote, tourne en dérision un truc qui pourrait être banal si ce n’était pas raconté de cette façon là!

Un truc qui est marrant dans pas mal de titres de Madness, c’est cette façon de ne pas avoir de refrain, et en tout cas de ne dire le titre du morceau qu’à la fin de celui-ci. De ne pas dire ce titre dans le refrain repris entre les couplets, quand il y a un refrain. Là, il n’y en à pas, comme parfois chez Madness (souvent..) Donc on entend l’histoire, y a un riff qui appelle le refrain, mais “oh oh oh he was, he was a bed and breakfast man” ne vient qu’à la fin. Ça fait le truc, non? Tu attends le refrain, et à la place, on entend un break. Contrairement à l’habitude prise par Madness, il n’y a pas de montée de tonalité en cours de morceau (Swan Lake, Tarzan’s nuts….).

Bed and Breakfast man s’inspire d’une personne réelle, John Hasler, pote de Chris Foreman et de Barso, et a joué avec le groupe (batteur avant Dan Woodgate, supposé avoir un comportement de pique assiette chez ses potes. Mais il semble par ailleurs que le groupe lui doive pas mal dans sa réussite des débuts.

C’est l’un des titres majeurs de Madness, toujours joué en concerts de nos jours, et c’est un titre qu’il faut ré-écouter.




vendredi 9 juin 2017

The Specials, 2 Tones , Ska, Jerry Dammers and Terry Hall

The Specials

Le Ska revival des 80's, parce qu'il n'y a pas que Madness..


 Lire en Français      Read in English


Depuis longtemps ici je clame mon affection pour Madness, acteur phare du Ska revival des années 80. C’est en effet Madness qui m’a fait découvrir ce son, si caractéristique, ensoleillé mais moins nonchalant que le reggae.
 En termes de SKA, et de fidélité au style pourtant, Madness n’est pas exempt de “reproches”. Assez rapidement, le groupe s’est orienté vers une brit’pop moins orthodoxe, s’est éloigné du dogme, pour n’y revenir que l’espace d’un instant créant pour l’occasion, à l’instar des Beatles inventant le Sgt. Pepper (…) Band, ‘The Dangermen”. 

Les Specials, issus du même courant revival, et d’ailleurs du même label, resteront eux, fidèle au Ska.. Avant de tenter des expériences diverses, et diversement appréciées du public. Ils pratiqueront d’ailleurs, dès le départ, un ska plus rugueux, plus “root”, moins “produit”, que celui de Madness.

Et fort désirable, donnant un aspect “vintage” à leur son. Notons au passage que le label 2 Tones est fondé par Jerry Dammers, par ailleurs clavier et fondateur des Specials. 

Le label est LE “repaire” de groupes Ska, 2 Tones étant plus largement que Ska l’appellation que prend ce “courrant” du rock anglais d’alors. 2 Tones évoquant le damier qui orne les chapeaux “pork pie”, mais aussi la rythmique Ska “temps/contretemps”, et aussi surtout la fraternité black men /white men prônée et appliquée par les “rude boys”, ces Skinheads pacifistes, un brin anarchistes et amateurs de reggae et de Ska. 

Oui, ça parait étrange aux frenchies qui assimilent les skinheads aux fachos: La sociologie des mouvements skinheads est plus complexe, comme me l’expliquera l’un de nos profs à Londres, qui en avait fait un sujet d’étude! 

Bon on revient aux Specials ou on digresse encore? The Specials, groupe de Coventry, fondé donc par Jerry Dammers. Le groupe est adoubé par Elvis Costello mais aussi par le Clash Joe Strummer, qui les fait jouer en 1ère partie, et leur assure notoriété! Mais une fois encore, le sacro saint John Peel assure le succès du groupe en diffusant Gangsters sur BBC1 en 1979… John Peel fera tant pour le succès des groupes Anglais!!!! Je parle ici de groupe, il faut sans doute plutôt considérer The Specials comme un “collectif”, avec 8 membres attitrés, mais pas mal de gens autour qui viennent, au gré le gré, contribuer: Chrissie Hynde, des enregistrements ou concerts communs avec d’autres groupes (Madness), ou des participations de plusieurs membres à d’autres groupes (Fun boy Three)...

 On est donc dans un concept un peu flou, à géométrie variable sur fond de générosité et de plaisir de jouer ensemble. Ce qu’on ressent particulièrement à l’écoute des Specials: pas de prise de tête, un esprit collectif (et beaucoup de monde sur scène!!!), des titres dont les textes sont souvent plus profonds que la musique semble l’indiquer (Too Much Too Young choque alors l’Angleterre puritaine.

Je dois, après avoir mentionné Jerry Dammers, citer également Terry Hall, voix si caractéristique et habile parolier du groupe, capable en bon british de dépeindre avec flegme et second degré, des situations plutôt glauques.. Le principe de base, bien sûr, est clairement revendiqué dans “Enjoy Yourself”. Gangsters, Message to you (Rudy) Rude Boys outta jail, Rat race…. 

J’avais le premier LP “Specials”, qui, c’était gentil, était vendu avec le 45 tour…. 

Stereotype était un titre dont je me souviens également (je viens de l’écouter, ça faisait longtemps et c’est toujours aussi bon!!! 

 Allez, un conseil, ré-écoutez ce super groupe, à l’efficacité redoutable pour vous mettre de bonne humeur.



vendredi 9 septembre 2016

Prince Buster, Roi du Ska, 8 Septembre 2016

Prince Buster 


 Lire en Français      Read in English

J’avais prévu cette semaine de faire honneur au synthétiseur mythique des années 80, le Yamaha DX7, à l’occasion de la sortie par Korg d’un clône dans une petite boite rigolote… Mais Prince Buster en a décidé autrement.


C’est un gros gros regret pour moi, de n’avoir pas évoqué Prince Buster autrement et davantage que dans une chronique, sur Madness (et non une chronique à part entière).


Impardonnable de ne faire cette page sur Prince Buster, Cecil Bustamente Campbell de son vrai nom, mais c’est moins joli, qu’au moment de la disparition de ce monument Jamaïcain, icone du Ska, du Rocksteady et du Reggae.

Les plus curieux d’entre vous vont aller sur Youtube, et je vous y encourage, écouter de quoi je parle. Les amateurs du revival Ska des 80’s retrouveront avec bonheur des airs entendus chez Madness et les Specials… Ceux-là ont en effet permis de redécouvrir cette musique venue de la rue, souvent jouées sur des sonos embarquées sur des camions appelés sound systems, que les smurfeurs, puis les rapeurs, hip-hopeurs emprunteront à leur tour.. Mais c’est pas le sujet.

Prince Buster, véritable initiateur du Ska, on est en 1960. Il l’apporte aux britanniques vers 1963. Bien avant le Reggae, le Ska trouve sa marque de fabrique dans une rythmique caractéristique (le Reggae sera, quelques 10 ans plus tard, un Ska ‘calme’, presque ‘mou’, mais adoptant une structure rythmique similaire. ), dans lequel la guitare (rythmique) joue à contretemps, ce qui nous faisait bien marrer, quand un disque 2 tones tomblait sur la platine de nos soirées lycéennes, où nous étions fort peu à “suivre”… Si on veut être ABSOLUMENT rigoureux, on ajoutera qu’il y a plus mou et plus lent que le Reggae: Le Rocksteady, apparu brièvement entre le Ska et le Reggae, fait effectivement passer le Reggae pour un truc vif!

En réalité, la différence des styles est, en tout cas pour en revenir à Prince Buster, par l’intention: Le Ska de Prince Buster est volontiers déconneur, un brin salace parfois (ce que Madness transcrira parfaitement), le Rocksteady est plus guimauve façon love song, quant au Reggae, il devient revendicatif, politique et souvent peace and love, époque oblige.

Si Prince Buster se laissera un temps aller vers le Rocksteady, il laissera le Reggae à d’autres… au péril de sa notoriété, et il faudra attendre les années 80 pour qu’on le redécouvre, grâce aux groupes du label 2 Tones.


2 tones, c’est le nom revendiqué de la mode revival Ska des années 80, qui intègre à la rythmique et l’esprit Ska originels le beat lourd et marqué de la New Wave…

Les Specials, les Selecters, réinterpréteront Prince Buster avec fougue et brio, mais c’est surtout Madness, d’abord par deux magnifiques reprises sur leur premier disque, ( One Step Beyond, of course, et Madness) mais aussi, et dès ce premier 33Tours, des créations originales bourrées de références et citations: In the Middle of the Night est bien dans l’esprit déconneur et coquin de Prince Buster, The Prince est carrément, vous le comprenez maintenant, une évocation du Maitre et.. Madness, le nom du groupe, la référence à l’un des titres de celui-ci!

Prince Buster sera, évidement, convié sur scène par Madness, et les Specials tireront d’Al Capone l’inspiration de leur Gangster, et reprendront aussi Enjoy Yourself.



Mais Prince Buster ne cherchera pas à tirer partie de ce second souffle pour relancer sa carrière, même si il remontera occasionnellement sur scène lors de festivals Ska (là encore, Youtube devrait vous permettre de vous faire une idée.)