jeudi 24 juillet 2014

Madness, The Rise And Fall 1982

Madness….

The Rise and Fall



Connu surtout par ici pour avoir commercialement lancé le « SKA », façon 80’s, ce Reggae rapide et rythmé (avec d’autres, les Specials, les Selecters...

Les 80’s, époque où nait la New Wave, mais aussi une espèce de nostalgie d’« avant » (j’en sait quelque chose…), que les Who cultiveront avec Quadrophenia, mais qui fera naitre aussi les Stray Cats dans la nostalgie rockabilly, et dans laquelle tous (Billy Joel, reprenant Elvis, etc, etc..) tomberont.

Madness, déniché par le Specials Jerry Dammers, voudra remettre à l’honneur cette interprétation jamaïcaine du boogie woogie, et fêter à l’envie Prince Buster, le Héros du genre.

« Well, Listen Buster, you’d better start to move your feet… » scande le chanteur Chas Smash en introduction de One Step Beyond, reprise-hommage au « créateur » du genre.


Voilà pour l’intro, le contexte.

En 1982 sort le quatrième album de Madness. Celui-ci se démarque franchement des 3 premiers, très typés ska même si la tendance s’émoussait au gré des albums.

The Rise And Fall est, comme le sera bien plus tard The Liberty Of Norton Folgate une espèce de Concept Album, sonnant bien plus pop que le très radical premier album.

C’est la première fois que Madness s’aventure en dehors des sentiers du Ska, du Rocksteady, des racines musicales 50’s et jamaïcaines. Mais la continuité vient du fait que Madness reste un groupe qui, au gré des titres, raconte une histoire, parfois burlesque, souvent nostalgique, toujours humaniste malgré l’image (facho) débile dont ils ont été à tort affublés, alors que c’est tout le contraire.


The Rise And Fall, égratignant l’ère Tatcher ("Blue Skinned Beast", étonnamment assez brouillon), est, plus encore que les clownesques évocations des personnages de One Step Beyond (In the Middle of The Night, Bed And Breakfast Man), une peinture de la société britannique, acidulée, bouffonne mais toujours tendre et gentiment moqueuse.

Madness est rarement dans le « I love you », « You are my …‘whatever’ » ou le « she’s pretty »…

Our House reste le titre qui vient à l’esprit de tous quand on évoque cet album, et parfois plus, quand on évoque ce groupe, au point d’éclipser non seulement le reste de l’album pourtant souvent bien supérieur (Madness is all in me mind, Pimrose Hill, Rise And Fall, ce dernier d'une nostalgie magnifique..etc..), mais au point même que pour certains, Madness est une sorte de One Hit Wonder qui n’aurait produit que Our House.

Ce même Our House, dont on entend le riff sur « Just My Imagination » des Cranberries... on va dire que les Cranberries aiment bien Madness et que c'est un hommage ! Hommage ici, donc

Pour ce qui me concerne, ce titre est de loin l’un de ceux que j’aime le moins, sans doute pour l’avoir, à cette époque, trop entendu !

L’album célèbre Primrose Hill mais c’est Parliament Hill, dans Hampstead Heath, qui illustre la couverture de l’album. Ce disque est donc lié dans a mémoire au souvenir que j’ai de cet endroit étonnant que nous avons découvert à l’époque.

Nous logions pas très loin, Hampstead Heath était à 2 stations de Tube de là. L’été venant il nous est arrivé souvent d’aller, après une journée dans Londres, une virée aux puces de Camden Town, d’aller finir la soirée dans le parc.

Je me souviens parfaitement d’avoir « posé un cul » sur ce banc que l’on voir sur la pochette de l’album. La vue y est magnifique sur Londres et je me souviens d’avoir été frappé, au milieu du silence de la nuit, par le ronronnement et le halo de lumière qui montait de la ville.


Malgré cet album moins typé, qui montre la capacité de Madness à sortir d’un carcan trop étroit pour devenir un grand groupe de la scène musicale rock, le succès restera très britannique et Madness continue aujourd’hui encore à acquérir le statut de vrai grand groupe rock qu’il mérite pourtant. Il faut ré-écouter The Rise And Fall et oublier Our House. Pour cela je propose « Madness is All In Me Mind ».