dimanche 8 mars 2015

The Beatles 1967 - 1970 double album bleu



Second Volet de ce diptyque consacré par la maison de disque au groupe après sa disparition, son éclatement, sa fin consommée sur le toit de l’immeuble dans un ultime concert, ce double album fait donc pendant au rouge, dont j’ai déjà parlé.


Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le double blanc « The Beatles » n’a rien à voir, puisqu’il ne s’agit pas d’une compilation et qu’il est sorti « du vivant » du groupe… Le double « marron », « BBC Sessions », sera, lui plus proche dans la logique…


Avec « The Beatles 1967 – 1970 » la page British rock, au sens propre du terme, est définitivement tournée, et les Beatles sont entrés dans la Pop. J’ai déjà dit que le rouge avait mes faveurs, mais il est vrai que je suis un nostalgique des 60’s, du Rock, et de la British Invasion. En ré-écoutant pour cet article le bleu, je peux maintenant dire que ce que je croyais être une préférence pour le son et le style du rouge est en réalité une attirance pour une période antérieure à mes souvenirs. Les morceaux du bleu, eux, sont dans ma mémoire auditive, on les entendait « quand j’étais petit », quand ils sont sortis, et je m’en souviens.


Il n’en reste pas moins que ce double regorge de pépites. Psychédéliques pour la plupart, les compositions des Beatles sont maintenant plus recherchées, plus fouillées, plus construites.


Et si le rouge est plus nerveux, plus énergique, le bleu est plus savant, plus orchestré, et montre à quel point le groupe est devenu maitre dans l’art de la composition, de la production, du songwriting…


Chaque morceau est une pépite, un trésor d’inventivité, et garde, malgré tout, un côté « fouillis », expérimental.. Melotron, bandes magnétiques passées dans un sens, dans l’autre… tout a déjà été dit.


Les Beatles ont arrêté de se produire sur scène, ils ont donc plus de temps, et sont plus sereins, pour composer.. ça se sent.


Dès le premier morceau de la Compil bleue, le ton est donné : On peut tout se permettre sur Strawberry Field, puisqu’on ne jouera pas ces morceaux en live…


Bien plus tard, Lennon et Mac Cartney se chamailleront pour prétendre que les chansons de « l’autre » étaient l’objet de plus de soin…


Les Beatles vont donc redoubler d’ingéniosité, multiplier les expériences, ajouter des bruitages et des sons enregistrés, multiplier les instruments… Ils ne commettront pas la même erreur que les Who qui, jouant Quadrophenia sur scène, iront au naufrage par la faute d’une post synchro impossible..


C’en est fini des bluettes adolescentes, dialogues avec la nana convoitée, le style devient descriptif, contemplatif, nostalgique et toujours aussi moqueur. (« Are you a Mod ? Are you a Rocker ? Hmmm, I’m a Mocker » (Ringo Star).


Pour être exact, c’est en tout cas ce que reflètent les deux doubles, et la transition, très marquée dans les compils, n’est pas aussi flagrante dans les albums.


Mais pour le plus grand nombre, les Beatles se résumeront à ces deux doubles, 54 titres, qui occulteront un peu les albums originaux et les (environ) 150 autres titres de la discographie des Fab Four…


Quand sortent ces deux doubles, en 1973, le monde comprend que son rêve de voir le groupe se reformer restera un fantasme. Ces deux doubles ressemblent à un cadeau d’adieu, l’album des photos sonores qui retrace la (courte) carrière d’un phénomène de société appelé The Beatles.