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vendredi 21 juin 2019

Electro, de Kraftwerk à Daft Punk à la Philarmonie



Une promesse de grand moment….

Une exposition qui porte sur la musique, c’est forcément une bonne nouvelle…

Dans un lieu qui lui est dédié, whaou..

Sur un thème à priori pas hyper porteur, enfin, c’est ce que j’avais bien voulu croire…
Car tout indique que je me suis emballé un peu vite, que j’ai “mal lu”…

Je croyais venir et apprendre, comprendre, enrichir mon histoire du rock, sur la genèse, l’histoire, les techniques et “outils” de la musique synthétique, électronique.

Repartir en “sachant tout” des ancêtres des sampleurs et des boites à rythmes modernes, sur le passage du courant dans des tubes, puis des transistors, puis des circuits intégrés….
Entendre et lire les acteurs actuels de l’electro se référer à leurs mentors (ce que laisse croire l’affiche..)

Voir, entendre surtout et pourquoi pas “toucher” un Fairlight CMi, un Vocoder en action (et pas tout en haut d’un présentoir)..

Comprendre pourquoi la synthèse FM chère à nos DX7 est différente de la synthèse soustractive....

Avoir des trucs à entendre et à lire sur les groupes, Kraftwerk, Tangerine Dream, Gershon Kingsley...
.... Vangelis? Georgio Moroder....

On le comprend, l’expédition à la Philharmonie a été un tantinet décevante.
Oh, il y a bien une dizaine (suis-je mesquin? Est-ce que je compte mal?) d’instruments, dont quelques ancêtres remarquables: Ondes Martenot, Thelarmonium, et quelques synthés mythiques sont bien là, mais l’expo est plus un parcours contextuel qu’une expo destinée aux musiciens.

Le commissaire de l’exposition, Jean-Yves Leloup le précise d’ailleurs “On aurait pu sous-titrer l’exposition 'Codes et cultures' ou 'Cultures et imaginaires'. “. C’est assez vrai, et cela aurait été peut être plus juste.


Je n’ai donc pas tout à fait trouvé ce que j’étais venu chercher, mais n’en fais pas le reproche à ceux qui ont œuvré pour cette exposition: sociologique et culturelle plus que musicale ou technique,
"Electro : de Kraftwerk à Daft Punk" ne démérite pas. Le parti pris est clair, et la démarche expliquée et justifiée.

La critique (au sens littéral) que je fais ici ne remet pas en cause la qualité de ce qui est présenté, de la façon dont c'est présenté, mais plutôt un regret de ce que je n'ai pas trouvé, parce que j'ai cru que c'est ce que j'allais y trouver.

Gardons le regret que les instruments, ceux qui sont présentés (hommage ici à Jean-Michel Jarre qui prête une belle partie de sa collection) soient un peu “relégués au second plan”. Et espérons que les non initiés arrivent à comprendre que ce truc sous vitrine exposé dans une reconstitution de studio est la harpe laser qu’il utilise en concert!.

mardi 28 juillet 2015

Popcorn le premier tube electro rock

POPCORN


 Lire en Français      Read in English




Popcorn symbolise dans mon "inconscient musical", dans Mon Histoire du Rock, mon arrivée en région parisienne. 


Il y a donc sans doute dans ma mémoire un décalage: Si la version originale de ce titre date effectivement de 1969, la version "commerciale", du même auteur (l'Allemand Gershon Kingsley), apparaîtra deux ans plus tard.



Y a pas de guitares, y a pas de batterie… c'est y du Rock? J'en sais rien, ma foi. Mais peu importe, Pop Corn est, un poil avant Kraftwerk, un standard du synthpop, et a marqué ma mémoire. Il se doit donc de figurer ici.

On a là véritablement le premier morceau de musique pop (pour populaire) synthétique (électronique) de l'histoire. Le premier morceau composé dans un format lui permettant d'être largement diffusé, à la radio. Et donc de connaitre le succès, de passer à la postérité.

Popcorn, c'est un peu le Louie-Louie de la synth pop. On ne compte plus les reprises, et tout groupe revendiquant de près ou de loin une affinité avec le genre "se doit" d'avoir sa cover (voir le cas "récent" de Muse).

Pour être exact d'ailleurs, la version que nous avons tous en tête (tant il est vrai que pour historique que soit ce morceau, il n'en est pas moins entêtant au-delà du raisonnable), n'est pas la version originale, ni même sa revision par l'auteur quelques mois plus tard, pour en faire une version moins "expérimentale", dans le cadre du groupe qu'il crée pour "tourner": le First Moog Quartet, qui porte bien son nom.

A l'époque des balbutiements du synthétiseur, alors que sa manipulation tient plus de l'ingénierie que de la pratique instrumentale, peu sont ceux qui s'aventurent à trimbaler ces objets sur scène.


Emerson Lake and Palmer (cliquez, c'est édifiant) seront parmi les rares à le faire, et à s'aventurer dans d'interminables improvisations sans filet: Il s'agit en effet de combiner jeu au clavier et connexion de câbles à la volée et rotation de potentiomètres, acrobaties hasardeuses s'il en est.

Gershon Kingsley, et le Quartet qu'il crée, puis ensuite Hot Butter (dont les membres sont en partie issus du Quartet) joueront sur un autre registre (haha): celui du morceau court, chantants, facile à retenir.


Et on a retenu!


Pour ceux d'entre vous qui veulent voir à quel point le fonctionnement des premiers synthétiseurs était compliqué...





samedi 22 mars 2014

Jean-Michel Jarre

Jean Michel Jarre




La musique electronique sort des studios et devient prog pop... bientôt la New Wave fera exploser le genre et on dansera dessus!

Vous avez méprisé Jarre et taxé sa musique de musique d'ascenseur??? Lui aussi..

J'achetais le 33t en pleine période' Kraftwerk', un jour où j'étais parti pour acheter" the man machine", mais la première écoute m'avait déçu... je l'achèterai plus tard.

Jarre, qu'il 'convient' de 'moquer' dans les milieux autorisés du rock et de la pop, est pourtant non seulement un véritable précurseur, un grand musicien et un véritable passionné: je maintiens qu'il a sa place ici, dans Mon Histoire du Rock, quelque part entre Krafwerk et OMD, près de Mike Oldfield et de Vangelis, pas non plus très loin de la pop synthétique New Wave des 80's, mais aussi proche de certaines tentatives du Who Pete Townshend.

D'abord compositeur pour les autres, la vocation lui vient alors qu'il enregistre avec Christophe un album, et découvre un nouveau type de synthé. D'abord très proche des compositeurs de musique contemporaine, la première de ses compositions sera destinée à être jouée pour l'inauguration du plafond peint par Chagal à l'opéra Garnier... il s'éloignera de cette approche expérimentale pour tout dire assez fermée et un brin élitiste par bravoure et esprit de défit quand il s'entendra dire qu'avec ce type de musique, personne ne pourrait jamais réunir de grandes foules pour des prestations 'live'... « Chiche ?? » la suite prouvera le contraire, de la place de la Concorde à la place Tien an Men en passant par la place d'arme du Palais de Versailles (ou j'ai pu l'entendre, voiture arrêtée en plein milieu de l’avenue de Paris bloquée pour l’occasion, les enfants debout sur le toit de la bonne vieille CX.. ) :



Il prendra visiblement plaisir à prouver sans relâche le contraire, s'efforçant de donner à des prestations de prime abord hermétiques une dimension visuelle forte, dans des lieux choisis avec soin, pour un spectacle non dénué d’une certaine mystique: plus encore qu'avec Vangelis, le synthé gagnait avec Jarre sa place au rang des instruments de musique. Pour preuve, l'utilisation d'effets visuels (il a un temps travaillé avec le "magicien" Dominique Webb), le recours à des instruments plus demonstratifs que les claviers et pupitres de programmeurs (harpe laser), et la recherche de lieux emblématiques pour ses concerts "landart" en quelque sorte..

Cette popularité nuira, comme souvent, à son image auprès des « puristes », pour lesquels grande popularité rime avec facilité et médiocrité.

L'écoute d'Equinoxe, second album de JM Jarre, démontre bien la distance prise avec la pop froide des machines de Kraftwerk: le parti pris par les uns et l'autre est ici évident :


Tout en gardant une forme proche du rock symphonique et des longues compositions prog-rock, jarre parvient à donner une dimension, un rythme jusqu'alors inconnu sur de telles longueurs dans la musique synthétique: on semble quitter le domaine de la musique expérimentale et la démonstration de performance technique pour atteindre une virtuosité au service de la mélodie. Plaisante sans être simpliste, élaborée sans céder ni a la facilite ni a la tentation de l’exercice de style, écrite pour le plaisir de jouer, et d'écouter.

Jarre, conscient sans doute de la critique qui ne manquera pas de lui être faite (musique facile, musique de masse), composera un morceau "exclusif" puisque édité à un seul exemplaire et nommé comme une pirouette "musique d'ascenseur".

Il reste pour la musique électronique un précurseur, et le co-inventeur de nombreux « instruments ».

La video du jour montre JM Jarre décrivant quelques un de ses instruments, dont certains sont absolument mythiques (Putney VCS3, ARP 2500, Moog ( Modular, portatif) mais aussi certains dont j'ai déjà parlé (Melotron, Theremin) ainsi que ceux qu'il a conçu.(Matrisequenseur, Digiséquenseur). La video est longuette mais elle vaut le détour, car il joue de chaque instrument, et c'est..... magique!!!





vendredi 29 mars 2013

Vangelis ou les premiers pas de la musique electro

VANGELIS

 Lire en Français      Read in English


Intrusion dans la pop electronique, 

le prog rock, le rock planant,

 comme on voudra...

Vangelis, (pour faire stylé prononcer VangUelis), c’est pas le nom d’un groupe, c’est le nom d’un gars. Un grec, dont on fète aujourd’hui l’anniversaire. On le connait surtout pour être le compositeur de musiques de films qui ont marqué les esprit (les musiques, parfois plus que les films, d’ailleurs !). Chariots of Fire, 1492, et, au début, les films animaliers de Frédéric Rossif (apocalypse des animaux, les quinquagénaire se souviendront peut-être de ces films prise de conscience écolo post soixante huitards : Hulot n’a rien inventé).




Evángelos Odysséas Papathanassíou, (il signera ses premiers disques « Vangelis Papathanassiou", et tout le monde trouvait ça joli (comme disait Desproges) puisque c’est son imprononçable nom, est un autodidacte qui prétend ne pas connaitre le solfège. C’est aussi l’un des précurseurs de la musique électronique, bien avant notre Jean-Michel Jarre national.

Pour revenir aux débuts, Vangelis, fuit la Grèce des colonels en 1968, arrive à Paris et fonde, avec un certain Demis Roussos le groupe Aphrodite Childs. On se souvient du titre Rain and Tears, à la mélodie pompée sur le canon de Pachelbel écrit au 17ème siècle, mais qui bizarrement venait de « sortir de l’oubli », et qu’on entendait, à l’époque, à toutes les sauces.

Vangelis travaillera ensuite avec le groupe Yes (qui ressurgira dans les années 80 avec un tube « rock fm » « Owner of a Lonely Heart », assez vigoureux), qui faisait dans le planant psychédélique avec des morceaux de 20 à 30 minutes..

S’ensuivront plus tard des titres co-signés « Jon and Vangelis » comme par exemple « The Friends of Mr Cairo », espèce de story-telling song avec bruitages de poursuites auto et coups de feu, sur un rythme parfois un peu trop disco, mais qui reste agréable à écouter et dans les bon souvenirs des années 80.

Un peu avant, dans une période où j’écoutais les Allemands de Kraftwerk, découverts en 1975/76, j’écoutais également le Vangelis d’Albedo 039, planant, presque pink-floydien et à vrai dire un peu chiant :

Je me souviens d’avoir eu le 33T, je n’en ai aucun souvenir musical, si ce n’est la voix d’outre je ne sais ou, égrenant les indices de réflexion solaire des planètes de notre système, pour en arriver au titre de l’album, Albedo 039. C’était branché (juste après juillet 1969, « on a marché sur la lune »), baba cool et technophile, mais chiant.

Pour être sincère, autant je me souvenais de "Friends of M Cairo", des musiques de film, autant j'avais oublié Albedo 039, que je ré-écoute aujourd'hui. Il y a, bien sûr, là-dedans, un côté musique d'ascenseur. Mais on ne peut pas nier (à salade) un optimisme, un élan, bien loin du rock planant de Yes par exemple. Bref, j'aurai pas dû écrire que c'était chiant.