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samedi 9 décembre 2017

Elle vient du Blues... Johnny Hallyday



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Je suis pas un fan du rock français, pas un fan de Johnny Hallyday. A dire vrai, je connais peu sa discographie, dès qu’on sort des titres que je cite, un peu plus bas.

Je me souviens dans les années 70, d’un copain qui était fan, et regardait un soir un show à la télévision, scotché devant l’écran. Je trouvais ça proprement ridicule et un peu ringard. Dans le même temps, un concert des Stones, des Who, Woodstock, me fascinaient. Snobisme?
May be.

Aujourd’hui le dédain, voire l’aigreur, de certains commentaires, et les mouvements de masse et de pleurs, me paraissent tout aussi ridicules. Les deux extrêmes, la fanatitude, à laquelle on peut reprocher l’excès de naïveté, et le dédain, les critiques acerbes et hautaines auxquelles on peut reprocher l’excès d’agressivité, me paraissent hors de proportion.

Il reste que c'était un immense artiste, de façon incontestable. Sans doute un grand bluesman.

The House of The Rising Sun est, pour Mon Histoire du Rock, une madeleine de Proust. Naturellement, ce lien entre Johnny Hallyday, et les Animals, est donc le titre que je choisis ici pour cet hommage: On le sait, Hallyday a fait découvrir Jimi Hendrix à la France. Jimi lui a été présenté par Chas Chandler, ex bassiste des Animals. Hendrix, Chas Chandler, House of the rising sun… la boucle est bouclée.

Comment ne pas respecter celui qui a porté le blues et le rock aux oreilles des français, pas très faites pour ça?

Au delà de toute polémique, raillerie, snobisme, au delà des excès du fanatisme, il faut effectivement reconnaître à Johnny Hallyday un vrai sens du blues, un tempérament rock, et plus encore, une soif de découvrir, de porter, les talents qu'il croisait, cherchait à croiser, et encourageait. Hendrix, évidemment, mais aussi tant d'autres. Il est celui qui, au tout début des années 60, à, mieux que les autres, a importé le blues, et le rock, chez nous. Alors, bien sûr, après, le syndrome variété propre à notre culture nationale a pris le dessus. Mes repères Hallydiens sont assez limités, à Toute la musique, Gabrielle, le Pénitencier, Noir c’est Noir, et peut être quelques autres. Mais retenons effectivement, non seulement le découvreur d'Hendrix: C’était aussi le type qui s'entourait de Norbert Krief, de Yodelice, M, Yarol Poupaud, Greg Ziap, etc, etc, etc... L'hommage que lui rendent les musiciens est, évidement, un peu show biz, mais aussi de toute évidence une véritable reconnaissance de cette facette de l’artiste et une marque de respect.

La cérémonie des obsèques de Johnny Hallyday, dans les rues de Paris, et dans l’église de la Madeleine ( à deux pas de l’Elysée, dans le quartier “établi” de la capitale), réconcilie les “élites” (politiques, médiatiques) (et même, même si on peut soupçonner l’envie d’une récup), le rock (et même, même si on peut soupçonner l’envie d’une récup) , le “peuple” des fans et amateurs et le tout, dans une église. Même si on peut soupçonner l’envie d’une récup, d’un “coup”.

Il reste un “moment”, où la musique semble vouloir rassembler, au delà des clivages, autour d’accords de blues. Gardons ça.

Philippe Manoeuvre commente et dit “on se croirait lors d’un office à la Nouvelle Orleans”.


 Oui, Philippe (je me permets cette familiarité, puisque tout le monde s’aime): elle vient de là, elle vient du blues. J’au passage salue ici la lecture du bouquin de Philippe Manoeuvre sur la tournée américaine de l’artiste, auquel je dois d’avoir découvert ce côté authentiquement blues de Hallyday. Je ne soupçonnais pas. J’ai découvert. Je n’étais pas Fan, ne le suis pas devenu. Mais j’écoute plus simplement ces quelques bon vieux morceaux, qui entrent peu à peu dans Mon Histoire du Rock.


Hier, MysteryVan a joué Gabrielle, et le dernier couplet de House of the rising sun, en français, façon Pénitencier.,



samedi 30 janvier 2016

Elvis Presley, 1954

Elvis Presley,


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ou l'antithèse de Mon Histoire du Rock ?


Elvis Presley n'a jamais fait partie de Mon Histoire du Rock. c'était, déjà, "de mon temps", un type fini, has been, hors jeu.

Difficile aujourd'hui d'imaginer que ce type adipeux, vêtu comme un sapin de noel, feulant devant un parterre de vielles radasses à Las Vegas (cf Celine Dion au même endroit!!!) des crooneries italisantes (It's now or never, O Sole Moi revu pour l'occasion), avait pu être la révélation rock'n Roll tant espérée par Sam Philips au milieu des annéées 50.

L'histoire raconte que Sam Philips recherchait un blanc capable de chanter, et de danser, comme le faisait, selon l'image d'épinal un rien raciste, les noirs.

Le gars Elvis va chez Sun records, d'abord enregistrer dans une cabine mise à disposition des quidams pour s'auto enregistrer. La légende dit qu'il enregistrait le disque pour sa mère, à laquelle il vouait une dévotion sans bornes. Il semble qu'il voulait surtout entendre et juger sa propre voix.

Sam Philips, qui avait un flair incroyable pour déceler les talents (on lui doit d'avoir découvert et lancé Howling Wolf BB King, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins, Johnny Cash, Roy Orbison…. ), est certain que s'il trouve cette perle rare, il deviendra riche à millions.

L'avenir lui donnera à la fois tord et raison: raison parce qu'Elvis Presley ouvrira en effet une voie (voix?), tord parce qu'Elvis tombera dans les griffes du damned "colonel" Parker, pour son malheur et celui du Rock'n Roll… La fortune sera donc là, mais pour un autre…

Cela étant, le "brillant" Parker, qui n'était pas plus Colonel que moi entraînera Elvis Presley sur la pente douteuse du cinema de série B, lui qui semblait fait pour la scène live et la musique. De navet en navet, il tombera ensuite dans un style crooner à paillette que j'évoquais plus haut. Bye bye le rocker blanc, bye bye le groove et le déhanchement sensuel et le rock primal.

L'autre rocker blanc, Jerry Lee Lewis, pourra s'en réjouir un instant, lui qui considérait tous les autres comme des minables et Elvis comme un plouc. Mais c'est une autre histoire. Finalement, ni Jerry Lee, trop politiquement incorrect, on en a déjà parlé, ni Gene Vincent, trop sauvage, ni Eddie Cochran, mort trop tôt, ni Johnny Cash, trop bad boy, ne profiteront de la descente d'Elvis Presley du panthéon du rock.

Mais lui-même ne reprendra jamais le titre, et qui se souvient aujourd'hui de l'Elvis de "That's all right, Mamma"?